jeudi 16 octobre 2014
Les pacifistes et les terroristes
Le principal mérite du texte constitue son désir justement de tenir compte d'un de ces "cas limites" où la position pacifiste devient, selon certains, une position abstraite et non opérante. Un autre cas serait l'invasion du domicile par une personne malveillante : que fait alors le pacifiste ? Comme pour toute discussion éthique, le point de départ dans la réflexion du chrétien, me semble-t-il, doit être : comment être pleinement fidèle à l'enseignement et au modèle du Christ dans la réalité brute et crasse qui est la nôtre ? Je crois que c'est le point de départ pris par les auteurs du texte.
La position du Bienenberg ne sera certainement pas retenue par la majorité des Occidentaux (ni même des chrétiens), mais c'est un texte à lire pour une perspective qui n'est pas souvent présentée dans les médias. Si le lecteur qui n'est pas pacifiste ne "basculera" probablement pas vers cette position à la lecture du texte, il pourrait à tout le moins y voir des pistes intéressantes pour ne pas avoir recours seulement à la violence, qui devrait de toute façon (même les partisans de la guerre juste le diront), être une solution de dernier recours et jamais la seule réponse à un conflit.
mercredi 14 mars 2012
Le célibat des prêtres
Le livre constitue aussi une (trop) rare occasion de dialogue entre un catholique et un évangélique québécois. Bien que les deux textes ne se répondent pas de façon suivie, il est rare que les perspectives évangélique et catholique se côtoient dans un même livre.
Le lancement officiel aura lieu le 29 mai à la librairie Paulines. Consultez ce blogue à l'approche de l'évènement pour connaître l'heure exacte et l'adresse. Toutefois, sachez que le livre devrait déjà être en vente dans toutes les bonnes librairies québécoises (bon, disons les librairies catholiques pour commencer) et sous peu en Europe francophone. À mes amis européens : si vous payez mon billet d'avion, je suis prêt à aller signer votre exemplaire.
Et pour tous ceux qui se le demandent, non, Benoît XVI ne m'a pas convoqué d'urgence au Vatican pour discuter du sujet. Mais bon, je sais qu'il est très occupé, c'est peut-être une question de jours.
dimanche 21 novembre 2010
À propos des jeunes qui quittent l'Église
lundi 1 novembre 2010
La tentation de la pomme
lundi 13 septembre 2010
Lancement et vernissage
mercredi 1 septembre 2010
Jésus ou le politique
jeudi 13 mai 2010
Suggestion de lecture
vendredi 26 mars 2010
Suggestion de lecture
mardi 9 mars 2010
La mondialisation
jeudi 4 février 2010
Suggestion de visionnement
lundi 1 février 2010
Heureuse nouvelle !
vendredi 30 octobre 2009
Suggestions de lectures anabaptistes
jeudi 15 octobre 2009
Les études bibliques à Sheffield
J'ai écrit dans ce blogue quelques réflexions sur la pertinence de la théologie en contexte universitaire dans cette entrée et surtout dans celle-ci.
vendredi 2 octobre 2009
Suggestions de lecture et de visionnements
Vous pouvez aussi consulter les vidéos suivants sur l'histoire des mennonites. Merci au blogue du Centre mennonite de Paris d'avoir attiré mon attention sur ces courts films.
Deux rencontres avec des anabaptistes
Voici deux articles intéressants racontant des rencontres avec des anabaptistes. Le premier article, en français, raconte la rencontre de Ruben Saillens au 19e siècle avec un anabaptiste. C'est un très beau récit qui illustre bien certains aspects de certaines communautés anabaptistes. Le deuxième article, en anglais, raconte une rencontre d'un luthérien avec des amish. Ce dernier article permet notamment de souligner les ecclésiologies (compréhensions de ce qu'est (sont) l'Église (les églises)) différentes présentes dans les églises luthériennes et les églises anabaptistes, ainsi que leurs visions différentes du rôle du chrétien dans le monde. Évidemment, l'ecclésiologie et la vision du rôle du chrétien dans le monde chez les amish ne représentent pas la vision anabaptiste dans son ensemble (notamment, d'autres anabaptistes estiment que les chrétiens doivent s'engager davantage dans la société). Toutefois, il s'agit bien d'une certaine vision anabaptiste qui a des ressemblances avec la perspective de nombreux autres anabaptistes. Pour prendre l'analogie d'une onde, on pourrait dire qu'on joue dans les mêmes fréquences, mais que les amplitudes sont différentes. Ceux qui veulent en savoir davantage sur les amish peuvent lire un excellent ouvrage en français sur le sujet (et une myriade d'ouvrages en anglais), soit Les amish. Une énigme pour le monde moderne. Vous pouvez consulter une description de ce livre en consultant les publications de la série Perspectives anabaptistes, une série dirigée par le Centre mennonite de Paris.
vendredi 18 septembre 2009
Suggestion de lecture
Un court billet (en anglais) qui contient quelques perles. Le ton ne plaira pas à tous, mais c'est une lecture fort divertissante.
Merci à Steve Robitaille d'avoir attiré mon attention sur ce billet.
lundi 16 février 2009
Dulce et decorum est pro patria vorare
Si vous vous êtes rendu jusqu'au bout du titre de cette entrée, vous aurez remarqué que j'ai trafiqué l'expression en remplaçant le verbe "mourir" par "manger". Je veux en effet vous entretenir d'un de mes passe-temps préférés -- je ne suis pas catholique en partie parce que les protestants ne considèrent pas la gourmandise comme un des péchés capitaux. C'est-à-dire que je ne veux pas parler du manger et du boire comme d'un passe-temps mais plutôt dans certaines de leurs dimensions sociales, éthiques et, oui, théologiques. En effet, manger est (devenu ?) un acte politique, on pourrait même dire "théologique" si par ce mot on entend aussi une "compréhension de Dieu qui mène à l'action".
Vous connaissez peut-être la maxime "Acheter, c'est voter", c'est-à-dire que par ce que nous achetons et n'achetons pas, nous indiquons nos préférences et contribuons à déterminer (en partie) le monde dans lequel nous vivons, notamment les pratiques commerciales, environnementales et autres des fournisseurs de produits et services. Cette maxime inclut déjà par définition la nourriture que l'on achète. Cependant, dans le cas de la nourriture le lien est encore plus immédiat parce que plus personnel. En effet, en matière alimentaire ce que nous consommons devient littéralement une partie de nous-mêmes, et les enjeux liés à l'agriculture, à l'élevage et à l'industrie agroalimentaire déterminent notre milieu de vie plus immédiatement que dans le cas d'autres biens et services. Quel genre de campagnes voulons-nous ? Les produits alimentaires que nous achetons (ou n'achetons pas) contribueront très directement à les créer.
Vous pouvez consulter la carte suivante rapportant certaines statistiques presque impossibles à accepter tellement elles sont démesurées. Et pourtant, oui, une quantité inimaginable de variétés de plantes comestibles domestiques et de races d'élevage sont déjà disparues et la situation continue à se détériorer. Nos ancêtres ont développé ces variétés à cause de leurs propriétés diverses, incluant leur rusticité ou leur capacité d'adaptation aux conditions climatiques et autres du coin (appelons ça plutôt le "terroir"), de même que pour leur goût. Or, avec l'industrialisation de l'agriculture et la création de véritables monopoles dans le commerce des semences, de moins en moins de variétés sont cultivées à une échelle de plus en plus importante, souvent dans des monocultures favorisant la fragilisation de nos ressources alimentaires, notamment en encourageant la prolifération et la résistance des agents pathogènes et des parasites.
La perte de la biodiversité "sauvage" est évidemment une préoccupation importante. Mais notre capacité d'agir est souvent plus limitée dans ce cas. Nous pouvons bien encourager les gouvernements à agir ou nous pouvons contribuer financièrement ou par le bénévolat à des campagnes visant à sauvegarder des habitats naturels ou des espèces menacées. Cependant, au quotidien il n'est pas facile de faire beaucoup pour aider les orang-outan à survivre à l'état sauvage. Contribuer à préserver la biodiversité "domestique" est toutefois nettement plus aisé. Premièrement parce que nous mangeons tous les jours et deuxièmement parce que la solution de base au problème est en fait très simple : il suffit justement de manger pour changer le monde. Bon, disons qu'il suffit de modifier très légèrement ses habitudes pas tant alimentaires que d'achat d'aliments. On peut très bien continuer à manger la plupart des mêmes choses tout en favorisant davantage la diversité génétique en privilégiant les variétés négligées par les grandes compagnies agroalimentaires et les épiceries à grande surface. On peut manger du steak autre que de la Angus (qui n'est d'ailleurs même pas une race) avec des pommes de terre autres que la Idaho. On peut manger des raisins autres que Concord ou des tomates autres que Savoura. Évidemment, acheter des variétés ou races moins "standards" nécessitera habituellement de magasiner ailleurs en privilégiant le marché à l'épicerie. Cela excluera aussi la plupart des produits transformés (le Kraft dinner n'est pas fait avec une variété patrimoniale de blé ni avec du fromage du terroir ou d'une appellation d'origine contrôlée). Disons que l'on ne perdra pas grand-chose au change.
En fait, la seule vraie différence pour le consommateur qui privilégie les variétés négligées (mis à part une meilleure santé due à la réduction de la consommation de produits transformés) sera le goût nettement supérieur des aliments qu'il/elle se procurera ainsi. En effet, les variétés patrimoniales ont été développées par sélection génétique (et non par manipulation génétique (OGMs)) non pas pour leur rendement "surnaturel" ou leur apparence parfaite ou leur capacité à traverser un continent en conservant une apparence acceptable, mais pour leur goût (et souvent leur rusticité) ! De plus, un aliment qui n'a pas voyagé 4000 kilomètres est habituellement un aliment qui est plus frais et qui a été cueilli à maturité. C'est sans compter que l'on sait tous que les repas cuisinés à la maison sont bien meilleurs que les "repas-minute déjà préparés" de l'épicerie. Le côté "pratique" des repas et aliments tout préparés est la seule raison de leur existence, parce que côté goût ils sont toujours inférieurs aux repas faits maison (ils sont même habituellement carrément médiocres). Nous nous sommes simplement habitués à la médiocrité parce que nous arrivons du travail affamés à 18h00 et que les enfants hurlent qu'ils doivent manger dans les 5 prochaines minutes ou ils mourront (regarde, papa, mes joues rentrent dans ma bouche, mon estomac me digère de l'intérieur !). Il n'y a absolument aucune autre raison pour manger cela. Comme l'écrivait C.S. Lewis, le problème avec nous, humains, n'est pas que nous soyons trop hédonistes mais bien que nous ne le sommes pas assez : nous nous contentons de petits plaisirs médiocres alors que le Créateur a en réserve pour nous dans son monde des plaisirs tellement supérieurs !
Manger des aliments produits localement devient de plus en plus populaire, notamment avec les efforts visant la réduction des gas à effet de serre produits lors du transport des denrées alimentaires sur des milliers de kilomètres. Cependant, les effets bénéfiques pour l'environnement et la société sont beaucoup plus larges que la réduction des gas à effet de serre. Cette façon d'acheter contribue aussi à préserver les campagnes et souvent (dépendemment de quel fermier on achète ses aliments), au maintien d'une saine biodiversité dans les campagnes, de même que de la pérennité de variétés patrimoniales. L'agriculture industrielle n'est simplement pas viable à long terme. Les problèmes des derniers mois concernant le prix des aliments viennent en partie du fait que l'on produit de plus en plus pour l'exportation et de moins en moins ce qu'achètent les gens vivant autour des agriculteurs et des éleveurs. On a notamment encouragé ces dernières décennies les pays en développement, qui connaissent souvent des conditions climatiques plus clémentes, à faire pousser les aliments que l'on mange dans les pays riches (fruits exotiques, café, etc.) en leur promettant que nous avions assez de blé, de maïs et de soya pour nourrir leur population. Les quantités sont effectivement au rendez-vous, mais comme ces populations ne peuvent plus acheter nos produits avec l'augmentation récente des coûts, la situation ridicule suivante se produit : les pays en développement exportent de la nourriture vers les pays riches (aux prises avec des problèmes d'obésité) alors que les populations de ces pays en développement ne peuvent plus manger à leur faim. Autre absurdité : la famine en Éthiopie dans les années 1980s a entraîné l'importation de nourriture des pays riches au détriment de la préservation et de la mise en valeur des semences patrimoniales éthiopiennes qui sont justement mieux adaptées au climat et aux sécheresses de cette région. Cette situation a rendu les Éthiopiens encore plus vulnérables aux sécheresses. En matière alimentaire, le nationalisme est une bonne chose. Il ne doit pas s'agir de protectionnisme économique autant que de la protection de la souveraineté alimentaire et de la diversité génétique des espèces comestibles.
Évidemment, l'idée n'est pas de faire de la consommation d'aliments locaux provenant de variétés patrimoniales une loi de vie immuable. On peut commencer par s'assurer de manger plus souvent des aliments achetés localement (et donc consommer davantage les aliments en saison) et provenant autant que possible de variétés patrimoniales. Un objectif de départ louable pourrait être de consommer ces aliments au moins un jour par semaine, un peu davantage en été. On peut se permettre de continuer à boire du café/thé et d'utiliser des épices qui ne pousseront jamais dans notre pays (à moins que les changements climatiques s'emballent au point de faire à nouveau du Canada un pays tropical !). On peut aussi se permettre davantage d'écarts durant l'hiver, puisque consommer localement en hiver demande plus de planification et de travail en été et en automne (congélation, voire conserves, etc.). Ce qui est certain, c'est que, avec un peu d'expérience et de recherche, on peut acheter une très grande partie de nos aliments localement et opter souvent pour des variétés patrimoniales. Et surtout, on peut éviter d'acheter des fraises ou des pommes qui proviennent de l'autre bout du continent alors qu'on est en pleine récolte chez soi !
Évidemment, les vrais gourmands apprennent à jardiner. Ils ont alors la possibilité de manger des aliments on ne peut plus locaux et de choisir les variétés les plus méconnues (voire menacées d'extinction) en se procurant des semences non pas dans une épicerie, une grande pépinière ou auprès d'un des membres de l'oligopole qu'est devenue l'industrie des semences, mais auprès de jardiniers et d'agriculteurs qui sont passionnés par la cause. Ils contribuent ainsi très directement, en cultivant eux-mêmes des variétés patrimoniales, à préserver la diversité génétique. Et pourquoi ne pas composter pour boucler la boucle !
Je vous laisse avec des suggestions de lecture sur le sujet, soit Animal, Vegetable, Miracle de Barbara Kingsolver et The Omnivore's Dilemma de Michael Pollan. Pour voir les livres, cliquez ici.
lundi 2 juin 2008
Nouveau blogue
jeudi 3 avril 2008
Suggestion de lecture (encore !)
Un des extraits que j'ai particulièrement aimés est le reproche suivant que fait le juif à l'évangélique : "You want me to trust your love. That is a problem. You are not stapled to your words or your love. Origen, Chrysostom, Eusebius, Augustine, and Aquinas are people who would have never plucked a white hair off the head of an old Jew. They are people who would have walked into the gas chambers with us. But their words did not remain within the province of spiritual and intellectual elites". Cela fait écho au théologien chrétien allemand Dietrich Bonhoeffer qui, pendant la Deuxième Guerre mondiale, a affirmé (je paraphrase de mémoire) "être chrétien aujourd'hui, c'est affirmer que Jésus était un juif". Cela fait aussi un peu écho à une réflexion que j'avais publiée sur ce blog il y a quelques mois sur les premiers chrétiens, plus précisément sur leur irréprochabilité morale aux yeux de la plupart des Romains et le contraste que cela représente avec la perception actuelle qu'ont des chrétiens (particulièrement évangéliques) la plupart de nos contemporains. Comme quoi l'évangélisation doit commencer par incarner le message du Christ dans sa propre vie, ce qui n'est pas une mince affaire.