lundi 20 août 2012

Le dispensationalisme

Voici un article que j'ai écrit avec Steve Robitaille et que nous avons publié dans la revue Scriptura Nouvelle série 6/1, 2004, p. 101-117. L'article s'intitule " 'L'Antéchrist sera Roumain' ou comment les dispensationalistes estiment connaître la fin des temps". Nous nous penchons notamment sur certains problèmes théologiques et herméneutiques liés au dispensationalisme.

Bien que le dispensationalisme ne soit plus vraiment en vogue pour beaucoup d'évangéliques québécois, son influence sur l'herméneutique évangélique demeure préoccupante.

mardi 7 août 2012

La toison de Gédéon (Jg 6-8)

Cet article est paru dans Le Lien 29/2 (2012) : 18-20.

De tout temps, l’humain a cherché à recevoir des signes de la part de Dieu, des dieux ou d’une force cosmique quelconque. Le désir d’être guidé par l’au-delà est fort, comme en fait foi le recours aux cartomanciennes, médiums et autres « spécialistes » du genre, même dans une société comme la nôtre, si réfractaire au fait religieux. Pendant l’Antiquité, on avait recours à une panoplie de techniques divinatoires[i], comme l’hépatoscopie (l’examen du foie d’un animal sacrifié), l’ornithomancie (l’examen du vol des oiseaux) ou l’astrologie.

La Bible a été écrite dans un tel contexte, et il n’est pas surprenant que Dieu ait pris soin à plusieurs endroits dans la Bible d’encadrer ce genre d’activité pour protéger son peuple de l’égarement ou des abus des profiteurs. Certains des moyens utilisés pour consulter Dieu sont encouragés dans la Bible, comme la prophétie, alors que d’autres sont condamnés, comme la divination, et d’autres encore ont un statut ambigu, comme les signes et l’interprétation des rêves.

L’ambiguïté concernant les signes et les rêves vient en partie du fait que plusieurs textes qui y font référence sont des récits, des histoires, plutôt que des textes législatifs. En effet, il n’y a pas de commandement : « tu ne chercheras pas de signes », mais il y a quelques histoires où les signes ou les rêves sont utilisés par des personnages bibliques. La question devient alors : est-ce que le texte biblique approuve le comportement rapporté ou le relate-t-il simplement, avec une attitude plus ou moins critique ?

Un exemple : Gédéon

La question se pose notamment avec le juge[ii] Gédéon, dont l’histoire est racontée dans les chapitres 6 à 8 des Juges. Rappelons d’abord quelques éléments de l’histoire, en commençant par la vocation de Gédéon. Fait intéressant, celle-ci ressemble à l’appel de Moïse en certains points. Dans les deux cas, l’Ange de Yahvé apparaît à la personne, qui craint de voir Dieu. Dieu donne pour mission de délivrer son peuple de l’oppression et la personne mandatée doute de sa capacité à accomplir la mission. Un signe rassurant est ensuite donné à la personne.

Gédéon, tout comme Moïse, n’est pas très brave au début, mais il se fait rassurer par Dieu, par ses paroles et par les signes qu’il donne. Dieu appelle Gédéon un « vaillant guerrier » alors qu’il est loin de l’être : le texte dit qu’il « battait le blé dans le pressoir pour le soustraire à Madiân ». On battait habituellement le blé à l’air pour séparer la paille du grain. Gédéon se cache dans le pressoir pour que les Madianites ne le voient pas. Pourtant, Dieu a vu dans cet homme le potentiel d’un vaillant guerrier. Et pour le rassurer, Dieu lui dit que c’est lui-même qui l’envoie et il lui promet d’être avec lui.

Mais Gédéon n’a pas immédiatement confiance en cette promesse et il remet en doute la parole de Dieu. En 6,13, on voit que Gédéon doute des prodiges d’autrefois : « Pardon mon seigneur, mais si le Seigneur est avec nous, pourquoi tout cela nous est-il arrivé ? Où sont tous ses actes étonnants que nos pères nous racontent, quand ils disent : “Le Seigneur ne nous a-t-il pas fait monter d’Égypte ?” Maintenant, le Seigneur nous a délaissés, il nous a livrés à Madiân ! » (comparer avec Jg 6,8-9). Puis Gédéon demande un premier signe en 6,17-18. Gédéon a besoin d’un signe pour s’assurer que c’est bien Yahvé qui lui parle. Le feu qui sort alors du rocher et consume le sacrifice de Gédéon constitue déjà une confirmation miraculeuse de ce qu’a dit l’ange, un plus grand signe que ce qu’aucun de nous ne peut espérer recevoir au cours de sa vie.

Pourtant, on dit en 6,36 que Gédéon demande un autre signe à Dieu. Il lui dit : « si vraiment tu veux délivrer Israël par ma main, comme tu l’as dit… » et il demande à Dieu de lui donner un deuxième signe, soit de faire en sorte qu’il y ait de la rosée seulement sur une toison qu’il étend sur le sol. Si au matin il y a de la rosée sur la toison et non sur le sol, Gédéon saura « que tu délivreras Israël par ma main, comme tu l’as dit ». Gédéon reçoit ce signe, mais il ne s’en contente pas. Il décide d’en demander un troisième. Bien que le deuxième signe devait servir à confirmer la volonté de Dieu, Gédéon demande un troisième signe qui est l’inverse du deuxième : il faut maintenant que le sol soit trempé et que la toison soit sèche. Or, Gédéon se doute que son attitude ne plaît pas à Dieu puisqu’avant de demander ce troisième signe, il dit « Ne t’irrite pas contre moi si je parle encore une fois. Permets que je fasse une dernière fois l’épreuve de la toison ».

Gédéon : un exemple à suivre ?

Durant des années, j’ai vu la demande de signes par Gédéon comme un encouragement biblique à faire usage de ce genre de technique pour trouver la volonté de Dieu. On m’avait encouragé à découvrir la volonté de Dieu en « mettant une toison » comme Gédéon et en priant : « Seigneur, si tu veux que je fasse telle chose, fais ceci et je saurai quelle est ta volonté ».

La difficulté de cette approche, c’est que le texte biblique ne décrit pas Gédéon et l’épreuve de la toison comme étant un exemple à suivre pour découvrir la volonté de Dieu. En effet, on a déjà vu que Gédéon lui-même craint que son attitude ne plaise pas à Dieu et il lui demande de ne pas se fâcher. Pire encore, le texte dit que Gédéon utilise l’épreuve de la toison précisément parce qu’il ne croit pas en la parole de Dieu : Dieu lui a déjà fait connaître sa volonté ! Gédéon ne met pas une toison pour découvrir la volonté de Dieu. Gédéon dit « si tu veux vraiment faire comme tu l’as dit alors fait ceci et je saurai que tu vas faire selon ce que tu as dit ». Gédéon met en doute la parole de Dieu, il ne croit pas que Dieu va faire ce qu’il a dit qu’il fera. En cela, Gédéon n’est certainement pas un exemple à suivre.

En fait, la Bible rapporte plusieurs cas où des gens « mettent Dieu à l’épreuve » et il ne s’agit jamais d’exemples positifs. La Bible affirme même clairement à certains endroits qu’il ne faut pas mettre Dieu à l’épreuve. Les condamnations contre Israël à ce sujet ne manquent pas lors du séjour au désert (voir Ex 17 et Nb 14,22). Un texte éclairant sur le sujet est la tentation de Jésus au désert. Luc nous apprend que Jésus a été conduit au désert après son baptême au cours duquel Dieu lui avait dit : « tu es mon fils… ». Or, au désert le diable remet en doute cette parole et dit à Jésus, après l’avoir amené au sommet du Temple : « Si tu es fils de Dieu, jette-toi d’ici en bas et Dieu va envoyer des anges pour te protéger ». Le diable demande à Jésus de prouver par un signe qu’il est le fils de Dieu alors que la seule parole de Dieu devrait suffire. Mais Jésus lui répond en citant Dt 6,16 : « Tu ne tenteras pas [ou tu ne mettras pas à l’épreuve] le Seigneur, ton Dieu ». Ailleurs, Jésus condamne vertement ceux qui lui demandent des signes (voir Mt 12,38).

Ainsi, la Bible en général et l’histoire de Gédéon en particulier ne nous encouragent pas à mettre Dieu à l’épreuve[iii], certainement pas pour valider sa parole, mais pas même pour connaître sa volonté par des signes. En fait, Gédéon semble plutôt être un exemple à ne pas suivre, du moins dans son manque de confiance envers Dieu. Toutefois, comme cela se passe si souvent dans l’histoire du peuple de Dieu, Dieu utilise cet homme craintif et imparfait pour accomplir de grandes choses, en l’occurrence sauver Israël de l’oppression madianite.

Cet « accommodement divin » est encourageant et m’empêche d’affirmer que Dieu ne m’a jamais envoyé de signes lorsque j’ai fait usage d’une « toison » par le passé. Vous direz peut-être que c’est par un effet psychologique que j’ai trouvé des signes là où Dieu n’en avait pas envoyé. C’est possible. Mais il est aussi possible que Dieu ait bien voulu agir en tenant compte de mes nombreuses limites, incluant ma compréhension déficiente de son mode de révélation. Ultimement, toutefois, Dieu m’a appris (et m’apprends toujours) à aller au-delà de mes limites et de mes compréhensions limitées et il m’appelle à gagner en maturité.

Dieu peut nous donner des signes. Il en a évidemment le droit : il accorde d’ailleurs volontairement un quatrième signe à Gédéon (qui ne le lui a pas demandé) juste avant la bataille pour l’aider à prendre courage (Jg 7,9-11.15). Mais il ne faudrait pas s’imaginer que l’histoire de Gédéon est une promesse que Dieu accordera des signes à qui lui en demande.

Dieu nous appelle à la maturité, ce qui veut dire entre autres choses que nous devons être capables, en ayant l’Esprit du Christ et en laissant notre intelligence être renouvelée par le Saint-Esprit et par l’étude et la méditation de la Bible, de prendre des décisions selon les principes de la Parole en réfléchissant et en méditant ces principes dans la soumission à la volonté de Dieu. Après un temps, Dieu nous appelle à dépasser le stade où nous avons besoin de signes pour comprendre sa volonté.


[i] Pour définir simplement la divination, on peut dire qu’elle consiste à découvrir ce qui n’est pas possible à l’humain de connaître par des moyens naturels, par exemple en consultant les dieux.

[ii] Le terme hébreu shophet traduit par « juge » désigne davantage dans ce livre un chef militaire qu’un juge tel que nous le comprenons en Occident.

[iii] Pour l’exception qui confirme la règle, voir Mal 3,10, qui concerne toutefois une situation particulière.

lundi 28 mai 2012

Rappel : lancement de livre

Je rappelle que le lancement de mon livre (en co-écriture) Le célibat des prêtres aura lieu demain à 19h30 à la librairie Paulines (2653 Masson (2e avenue), Montréal). Vous pouvez lire ici une brève description du livre sur ce blogue, notamment une courte apologie expliquant pourquoi ceux qui ne sont pas catholiques pourraient s'intéresser à ce livre. La soirée s'annonce intéressante puisque les deux auteurs présenteront chacun une conférence (de 20 minutes), puis présenteront une réplique à l'autre auteur. Une période de discussion avec le public suivra. De bons échanges en perspective !

Aucune réservation n'est requise mais une modeste contribution est suggérée.

mardi 3 avril 2012

Entrevue à Radio Galilée et Salon du livre

Autour de la parution du livre sur le célibat des prêtres (voir billet précédent), je serai interviewé avec l'autre auteur (Alain Faucher) à l'émission De passage aujourd'hui 3 avril à Radio Galilée (vers 16h40). On peut écouter Radio Galilée en direct sur Internet.

Nous serons également au Salon du livre de Québec pour une séance de signature samedi le 14 avril 2012 de 14h00 à 15h00 (au kiosque de la maison d'édition Médiaspaul).

mercredi 14 mars 2012

Le célibat des prêtres

Mon livre (en co-écriture) Le célibat des prêtres vient de paraître. Voici la fiche du livre sur le site de l'éditeur, Médiaspaul. Il s'agit de deux perspectives (pour et contre) sur l'obligation du célibat chez les prêtres catholiques. Je vous laisse deviner quelle position est représentée par l'anabaptiste que je suis (allez-y, continuez à y penser, vous y êtes presque !). Évidemment, le sujet saura intéresser tout particulièrement les catholiques, mais les autres y trouveront également des réflexions théologiques sur des questions importantes comme le mariage, le célibat, la sexualité et la nature de l'Église et de la vie chrétienne. Mes réflexions tournent souvent autour d'explications de textes bibliques mais aussi de questions historiques et même sociales. Une partie de ce que j'ai écrit dans ce livre aurait pu aussi bien se retrouver dans un livre sur l'éthique sexuelle ou sur l'histoire de la sexualité dans l'Église.

Le livre constitue aussi une (trop) rare occasion de dialogue entre un catholique et un évangélique québécois. Bien que les deux textes ne se répondent pas de façon suivie, il est rare que les perspectives évangélique et catholique se côtoient dans un même livre.

Le lancement officiel aura lieu le 29 mai à la librairie Paulines. Consultez ce blogue à l'approche de l'évènement pour connaître l'heure exacte et l'adresse. Toutefois, sachez que le livre devrait déjà être en vente dans toutes les bonnes librairies québécoises (bon, disons les librairies catholiques pour commencer) et sous peu en Europe francophone. À mes amis européens : si vous payez mon billet d'avion, je suis prêt à aller signer votre exemplaire.

Et pour tous ceux qui se le demandent, non, Benoît XVI ne m'a pas convoqué d'urgence au Vatican pour discuter du sujet. Mais bon, je sais qu'il est très occupé, c'est peut-être une question de jours.

lundi 20 février 2012

Suggestion de lecture

Voici une recension que j'ai écrite pour un livre dont j'ai bien aimé faire la lecture. Il s'agit de Mélanges offerts en l'honneur d'un de mes anciens professeurs, Elmer A. Martens.

mercredi 1 février 2012

Newt Testament

Enfin un évangélique états-unien qui pose la question que je ne m'autorisais pas à poser publiquement, n'étant pas États-unien et ne voulant pas paraître pour un de ces Québécois impérialistes qui veulent imposer leur volonté à un pays étranger. Tony Campolo dans ce billet semble un peu perplexe devant l'appui massif des évangéliques de Caroline du sud à un homme adultère marié plusieurs fois qui devient soudainement le champion des bonnes vieilles valeurs états-uniennes. Précisons : je crois comme Campolo en la grâce et le pardon, mais comment se fait-il que si quelqu'un se déclare conservateur il est automatiquement considéré comme dans le bon camp, peu importe ses actions, alors qu'on regarde avec soupçons et désapprobation un autre qui vit d'une façon plus conservatrice (du genre, ne pas tromper sa femme comme on boit du Coke aux États-Unis) parce qu'il n'est pas pro-vie, ni contre les mariages gais, etc. ? Tony Campolo se demande ainsi pourquoi la repentance de Newt Gingrich semble acceptée alors que celle de Bill Clinton a été refusée. Y aurait-il de la politicaillerie là-dessous ?

vendredi 28 octobre 2011

Avertissement : lire la Bible peut vous rendre libéral ! (musique d'orgue)

À lire, un article fort intéressant où l'on apprend que la lecture régulière de la Bible est associée aux vues plus "libérales", c'est-à-dire que ceux qui lisent souvent la Bible ont moins tendance à adopter des positions sociales et politiques conservatrices. Au fond, ce n'est pas très étonnant si l'on imagine que les gens qui lisent souvent la Bible devraient normalement finir par la comprendre, et par conséquent savoir que Dieu n'est pas forcément un républicain qui astique ses armes amoureusement en imaginant qu'il débarrasse le monde des pauvres et des criminels the American way (non pas que tous les républicains aient ce fantasme). L'article ne précise pas quelles sont les habitudes de lecture de Sarah Palin.

jeudi 13 octobre 2011

Décès d'Éric Wingender (1957-2011)

C'est avec tristesse que je souligne le décès inattendu de mon cher collègue Éric Wingender. Éric a succombé à une crise cardiaque le soir du 5 octobre. Avec Éric part une partie de l'expertise dans le travail d'inculturation amorcé ces dernières décennies dans les églises évangéliques québécoises. D'abord chargé de cours, il s'est joint au corps professoral de l'École de théologie évangélique de Montréal en 1996 et a occupé différentes fonctions administratives, dont le poste de Directeur pendant une dizaine d'années. En tant que Directeur, Éric a mis sa marque, notamment en initiant et conduisant le dossier du changement de nom de l'école et celui du déménagement près du campus de l'Université de Montréal. Personnellement, je perds un collègue de longue date puisque j'ai côtoyé Éric à l'ETEM depuis 1998. Ce sont nos discussions théologiques qui me manqueront le plus.

Nos prières vont à la famille Wingender, son épouse Farah-Chanel et leurs fils : Jean-François, Sydney et Spencer. Les funérailles auront lieu ce samedi (15 octobre) à 13h30 à l'Église St-James à Montréal (1439 rue Ste-Catherine ouest). Plutôt que des fleurs, la famille a demandé à ceux qui désirent honorer la mémoire d'Éric de faire un don à l'ETEM en précisant que le don sert à mettre sur pied la Fondation Éric Wingender qui servira à offrir des bourses d'études. Comme Éric gardait un oeil ouvert à l'extérieur de la théologie, il est approprié que ces bourses ne seront pas réservées aux études théologiques seules.

vendredi 8 avril 2011

Colloque sur l'histoire anabaptiste

Pour ceux qui seront de ce côté de l'Atlantique à ce moment, un colloque bilingue (allemand/français) qui risque d'intéresser premièrement les anabaptistes et ceux qui s'intéressent à l'histoire des églises libres aura lieu les 1er et 2 septembre 2011 au Centre de Formation et de Rencontre Bienenberg. Le Bienenberg et le joli coin de pays où il se situe (en Suisse, tout près de la frontière avec la France) valent déjà le détour.

lundi 4 avril 2011

Être chrétien et "pertinent" (?)

Hans Küng n'est pas un théologien qui fait l'unanimité. On peut voir ici et ici (merci à mon ami Dominic qui a attiré mon attention vers ces billets) des exemples des critiques parfois virulentes dont il est l'objet, particulièrement dans le monde catholique (on est souvent plus sévère envers les "ennemis de l'intérieur"). On lui a notamment reproché de trop concéder à "l'esprit du temps" et de compromettre la radicalité et même l'essentiel de l'Évangile. Il arrive toutefois que de bons mots nous rejoignent même s'ils émanent de quelqu'un avec qui nous ne partageons pas les vues. Cela s'est passé cette semaine quand j'ai lu dans Être chrétien de Küng un extrait dans lequel l'auteur (qui parle d'abord de l'Église catholique, mais aussi des autres Églises) affirme, en réponse aux critiques contre les "progressistes" comme lui qui sont accusés de compromettre l'Évangile en concédant trop à la Modernité et à la société :

"C'est précisément l'Église de l'époque moderne qui a, de plus en plus, compromis et altéré le message chrétien. À la différence des époques antérieures, l'Église moderne a surtout adopté, en face des évolutions nouvelles, une attitude de dénonciation, de réaction et, quand elle l'a pu, de restauration, sans apporter de contribution critique et créatrice au façonnement de son époque" (p. 25).

Que l'on soit d'accord ou non avec la tentative de Küng de combler la lacune qu'il identifie, la dénonciation de cette lacune me semble tout à fait juste, ici. Il est vrai que le désir de "pertinence" ou d'adaptation ne devrait pas guider la proclamation de l'Évangile, mais il faut reconnaître que l'Église oublie parfois ses rôles de médiation et d'intercession. Il peut être réconfortant de se réfugier aux marges de la société, mais il ne faut pas confondre cela avec la fidélité à l'Évangile. La fidélité n'est pas de renoncer à son rôle prophétique. Il ne faut pas simplement rejeter en bloc ce qui nous indispose mais proposer une conscience alternative compréhensible et "acceptable", au sens où il est possible de l'accepter ou de la rejeter et non nécessaire de la disqualifier d'office à la vue de ses habits sectaires ou pharisiens. Ceux qui rejetteront la proclamation rejetteront alors non pas notre frilosité mais le message que l'Église est censée porter.

dimanche 21 novembre 2010

À propos des jeunes qui quittent l'Église

À lire, un article sur les jeunes qui quittent l'Église en grand nombre aux États-Unis. L'article fait référence à certaines des mêmes préoccupations que j'avais soulevées dans ce blogue en deux entrées (ici et ici) sur l'importance de "discuter de la foi sans perdre la raison". Ce qui s'applique à notre discours invitant les gens à l'extérieur de l'Église s'applique aussi aux jeunes à l'intérieur de l'Église qui se posent souvent les mêmes questions quant à la foi, notamment lorsqu'ils entreprennent des études collégiales ou universitaires.

lundi 1 novembre 2010

La tentation de la pomme

Voici un article plutôt divertissant sur le "culte d'Apple" par les inconditionnels des produits Mac, iPhone, iPod, iPad, etc. (dont je suis, je le confesse). Un peu caricatural, mais parfois assez juste. Peut-être surtout un rappel à l'approche de Noël que Mammon prend des formes différentes à travers le temps (rappel qui me retient toujours d'acheter un iPad).

lundi 25 octobre 2010

Un éditorial sur la post-chrétienté

Dans des termes qui rappellent ceux de Stuart Murray, qui sera à Montréal dans quelques semaines, Frédéric Lenoir prononce un éditorial vidéo sur la post-chrétienté intitulé "La chrétienté est morte. Vive l'évangile !". Il est très intéressant que des gens d'horizons aussi différents parviennent à des constats similaires sur l'échec de la chrétienté et l'avenir du christianisme.

lundi 4 octobre 2010

Conférences sur l'Égypte ancienne

L'Association des études du Proche-Orient ancien en collaboration avec la Faculté d'études religieuses de l'Université McGill organise une série de conférences sur l'Égypte les 12, 13 et 14 octobre. Ces conférences peuvent être stimulantes pour quiconque veut mieux comprendre le contexte historique général dans lequel ont été écrits les textes de l'Ancien Testament. Les conférences ont lieu à l'Université McGill et à l'UQÀM. Vous trouverez l'horaire et les titres des conférences ici.

jeudi 23 septembre 2010

L'Antéchrist sera Roumain

Voici un article sur le dispensationalisme que j'ai écrit avec Steve Robitaille et qui est paru dans Scriptura 6/1 (2004): 101-117.

lundi 20 septembre 2010

Conférences de Stuart Murray au Centre anabaptiste

Le Centre d'études anabaptistes de Montréal a l'honneur d'accueillir le prestigieux auteur Stuart Murray qui donnera des conférences à Montréal les 12 et 13 novembre. Pour plus d'information, consultez la publicité ou remplissez le formulaire d'inscription (pour le formulaire en anglais, cliquez plutôt ici). À ne pas manquer si l'on s'intéresse à l'avenir du mouvement évangélique en contexte post-chrétien, aux églises émergentes ou à l'anabaptisme.

lundi 13 septembre 2010

Lancement et vernissage

C'est avec grand plaisir que je vous invite au lancement du premier roman de mon ami Sacha Queval le samedi 16 octobre à l'École de théologie évangélique de Montréal. Pour en savoir davantage, consultez le site suivant. Le lancement s'accompagne d'un vernissage de toiles de Magalie Queval, l'artiste qui a aussi produit la couverture du livre.

mercredi 1 septembre 2010

Jésus ou le politique

À lire, cet article sur des événements plutôt surréalistes illustrant comment le combat politique est devenu central pour plusieurs évangéliques, au point qu'il semble plus important que les points de foi. Parmi les perles : "These men and women here don't agree on fundamentals. They don't agree on everything that every church teaches. What they do agree on is God is the answer." On peut se demander si, une fois que l'on accepte que Dieu est la réponse, on peut préciser de quelle réponse il s'agit si on ne s'entend sur rien en parlant de Dieu. Cela me fait penser à la déclaration du Président Eisenhower : « Our government makes no sense, unless it is founded in a deeply felt religious faith – and I don’t care what it is ».

lundi 23 août 2010

Conférence de Neal Blough au Centre anabaptiste

Neal Blough, Directeur du Centre mennonite de Paris et Professeur à Vaux-sur-Seine (Paris) est l'un des évangéliques les plus influents en France. Il donnera deux conférences gratuites au Centre d'études anabaptistes de Montréal le mercredi 8 septembre.

Les conférences sont les suivantes :

"Récit, communauté ecclésiale, et interprétation biblique" (13h00-16h00)
Dans cette conférence, Monsieur Blough parlera notamment de la question délicate de l'utilisation des récits en foi chrétienne. Comment les récits, qui constituent une part importante de la Bible, doivent-ils être interprétés et comment peuvent-ils faire autorité dans la communauté de foi ?

"L'apport anabaptiste à l'héritage évangélique" (19h00-21h00)
Dans cette conférence, Monsieur Blough apportera des réflexions essentielles sur l'identité évangélique. Il abordera principalement le cas français, qui s'avère toutefois remarquablement éclairant pour comprendre la réalité évangélique en contexte québécois. L'analyse de Monsieur Blough trace une voie pour l'avenir du mouvement évangélique au Québec.

Les conférences ont lieu dans les locaux de l'École de théologie évangélique de Montréal au 4824 Côte-des-neiges, suite 301. On peut s'inscrire au 514-331-0878 poste 221.

Les conférences seront suivies d'une discussion. On peut assister à une seule conférence ou aux deux. Tous sont bienvenus.