jeudi 23 septembre 2010
L'Antéchrist sera Roumain
lundi 23 août 2010
Conférence de Neal Blough au Centre anabaptiste
Les conférences sont les suivantes :
"Récit, communauté ecclésiale, et interprétation biblique" (13h00-16h00)
Dans cette conférence, Monsieur Blough parlera notamment de la question délicate de l'utilisation des récits en foi chrétienne. Comment les récits, qui constituent une part importante de la Bible, doivent-ils être interprétés et comment peuvent-ils faire autorité dans la communauté de foi ?
"L'apport anabaptiste à l'héritage évangélique" (19h00-21h00)
Dans cette conférence, Monsieur Blough apportera des réflexions essentielles sur l'identité évangélique. Il abordera principalement le cas français, qui s'avère toutefois remarquablement éclairant pour comprendre la réalité évangélique en contexte québécois. L'analyse de Monsieur Blough trace une voie pour l'avenir du mouvement évangélique au Québec.
Les conférences ont lieu dans les locaux de l'École de théologie évangélique de Montréal au 4824 Côte-des-neiges, suite 301. On peut s'inscrire au 514-331-0878 poste 221.
Les conférences seront suivies d'une discussion. On peut assister à une seule conférence ou aux deux. Tous sont bienvenus.
jeudi 4 février 2010
Suggestion de visionnement
lundi 1 février 2010
Heureuse nouvelle !
jeudi 15 octobre 2009
Les études bibliques à Sheffield
J'ai écrit dans ce blogue quelques réflexions sur la pertinence de la théologie en contexte universitaire dans cette entrée et surtout dans celle-ci.
jeudi 28 août 2008
La foi qui réfléchit
Blaise Pascal a écrit que "c'est le cœur qui sent Dieu et non la raison. Voilà ce qu'est la foi, Dieu sensible au cœur, non à la raison".
Nombreux sont les évangéliques qui aiment ce genre de citation. Après tout, une des vérités fondamentales soulignées par les évangéliques (et par les Anabaptistes avant eux) est que la foi n'est pas simplement une liste de croyances ou une décision intellectuelle et rationnelle mais aussi une attitude intérieure, notamment une disposition à l'obéissance envers Dieu.
Pascal est un allié naturel pour les évangéliques. D'autres penseurs (comme Dietrich Bonhoeffer) sont également utilisés pour la démonstration de la "thèse" soulignant la primordialité des choses du cœur, voire l'inutilité d'une réflexion en profondeur au profit d'une "foi du cœur" ou d'une "foi vécue". En réalité, ce que plusieurs de ces penseurs affirment, c'est la nécessité de faire le pont entre la réflexion et la foi pratiquée et non le mépris pour la réflexion au profit d'une foi uniquement "sentie", une foi purement expérientielle et dont la raison (donc le cerveau ?) est l'ennemi principal.
L'utilisation de ces penseurs ne peut se faire que par une sélection de leurs propos. Ainsi, on mentionne moins spontanément le travail de Pascal en philosophie, en mathématiques et en théologie pour retenir davantage les citations ou éléments de sa pensée qui peuvent être utilisés pour dévaluer la réflexion philosophique ou théologique ou la démarche scientifique. Certaines citations de Pascal sont carrément oubliées par certains, telles que :
"Il faut savoir douter où il faut, assurer où il faut, en se soumettant où il faut. Qui ne fait pas ainsi n'entend pas la force de la raison".
Ou encore : "Si on soumet tout à la raison, notre religion n'aura rien de mystérieux, et de surnaturel. Si on choque les principes de la raison, notre religion sera absurde et ridicule".
La première partie de cet énoncé semble presque avoir été écrit pour les rationalistes et les intellectuels et la seconde pour les évangéliques et les piétistes.
La posture anti-intellectuelle revient périodiquement sous différentes formes dans le mouvement évangélique, surtout depuis un siècle. Le célèbre Darby (ou était-ce Scofield, je ne me souviens plus), qui a tant fait pour populariser le dispensationnalisme, affirmait qu'il avait pu correctement comprendre la Bible précisément parce qu'il n'avait pas de formation en théologie.
Cette attitude perdure jusqu'à ce jour dans bien des milieux. Or, Jésus a enseigné que le premier commandement était : "Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ton intelligence" (Mt 22,37). Peut-on négliger l'intelligence lorsqu'on a le cœur et l'âme ?
mardi 20 novembre 2007
La théologie, quossa donne ? - part II
Ma réflexion sur le sujet n’est pas encore très élaborée, mais j’aimerais vous soumettre en quelques mots une alternative à l’abolition de la théologie universitaire, alternative que j’entrevois mais qui doit être testée et peaufinée. J’inviterais donc vos commentaires et critiques (respectueuses si possible) afin que je puisse raffiner ce concept encore à l’état de brouillon dans ma tête. Il ne s’agit donc pas de ma position finale sur le sujet mais d’une exploration. Il est clair que cette position s’applique au contexte québécois, les situations aux États-Unis ou en France (par exemples) étant très différentes.
Il me semble qu’il est possible de justifier la place de la théologie à l’université aux côtés des sciences religieuses, et ce même dans un contexte pluraliste et laïc. La théologie en contexte universitaire est utile d’abord à l’Église et aux divers groupes religieux, mais aussi à l’université et à la société. Tout d’abord, il est clair que l’abolition de la théologie universitaire au Québec aurait des effets négatifs sur l’Église puisque la théologie ne se ferait plus que dans les églises ou dans des écoles qui développeraient rapidement le réflexe (ou plutôt amplifieraient leur tendance) consistant à produire une théologie « prête-à-consommer », pragmatique, pour utilisation « à l’interne » et sans désir réel de dialogue avec le monde académique et la société élargie. Toute tradition religieuse se doit d’être examinée de façon critique mais aussi « sympathique », avec un regard à partir de l’intérieur, plutôt que simplement de l’extérieur, comme un objet d’étude. Les sciences religieuses ne peuvent accomplir ce service, qui est utile non seulement pour l’Église, mais aussi pour la société puisque l’Église (et les religions) sans regard critique sur elle(s)-même(s) tomberont à coup sûr dans le fondamentalisme, ce qui ne sert guère l’intérêt public. Quelqu’un qui n’a pas la foi peut étudier le « phénomène » de la foi et ses expressions, mais son discours est forcément différent du théologien et ce discours sera probablement encore moins bien reçu par le croyant que le discours du théologien. En fait, et pour le dire de façon crue, sans théologie (au sens large, pas seulement comme discipline académique) il n’y aurait même pas de sciences des religions (et en fait il n’y aurait pas de religion non plus), puisque le religiologue n’aurait plus d’objet d’étude.
Dans notre contexte pluraliste et laïc, si nous ne voulons pas favoriser une tradition religieuse particulière, il faudrait peut-être envisager élargir le mandat des facultés de théologie universitaires plutôt que les abolir ou les transformer en départements de sciences religieuses. On pourrait justifier sans problème dans une ville cosmopolite comme Montréal que les facultés de théologie incluent des études islamiques et judaïques, en plus évidemment des études catholiques et protestantes. Introduire la théologie musulmane dans certaines universités québécoises serait un symbole mal perçu par plusieurs, mais il faut rappeler que nombreux sont ceux qui estiment que les musulmans doivent travailler à se sortir du fondamentalisme en repensant l’Islam en contexte de modernité. Or, souvent ces mêmes personnes ne veulent pas que les musulmans fassent de la théologie musulmane en contexte universitaire. Comment comptons-nous alors leur permettre d’accomplir l’exploit de porter un regard critique et académique sur leur tradition si nous laissons la théologie musulmane se faire uniquement dans les mosquées et que nous laissons l’étude académique de l’Islam se faire surtout par des religiologues d’arrière-plan catholique ? Il me semble que toute la société bénéficierait d’une refonte et d’un recadrage théologique de l’Islam qui offrirait une alternative au fondamentalisme. Qui de mieux pour faire une telle refonte qu’un théologien musulman ?
La laïcité ne doit pas forcément conduire au sécularisme, où la religion est expurgée entièrement de la sphère publique. Elle doit plutôt permettre la cohabitation entre citoyens d’arrière-plans différents en favorisant des échanges, incluant des échanges théologiques, plutôt qu’en leur demandant de cacher ce qui les distinguent les uns des autres.
lundi 19 novembre 2007
À propos de l'anabaptisme
Il y a plusieurs traditions en lien avec le mouvement évangélique, dont les traditions réformée (calviniste), wesleyenne, mais aussi anabaptiste. Cette réalité est parfois obscurcie au Québec par le fait que la grande majorité des églises évangéliques ici (à part plusieurs églises charismatiques) sont de tradition réformée (calviniste). L'anabaptisme est toutefois une branche importante du mouvement évangélique dans d'autres pays ou même dans l'ouest canadien. Ce ne sont pas tous les Anabaptistes qui sont évangéliques, tout comme ce ne sont pas tous les Réformés ou les Wesleyens qui le sont. L'anabaptisme trouve ses origines dans les premières années de la Réforme. Il s'agit d'une forme particulière (souvent appelée "radicale") de la Réforme, caractérisée par certains traits théologiques à l'origine propres aux Anabaptistes, comme par exemple le pacifisme, le baptême des professants ou la séparation entre l'Église et l'État.
Si vous avez consulté mon profil personnel, vous savez que je suis co-directeur avec Steve Robitaille, chargé de cours à l'École de théologie évangélique de Montréal (voir lien theobeing pour son blog) du Centre d'études anabaptistes de Montréal (CÉAM). Le CÉAM est une initiative de l'organisation para-ecclésiastique appelée le Comité central mennonite (section Québec, voir lien) et de l’École de théologie évangélique de Montréal (voir lien), où je suis professeur. Le CÉAM a pour mission de favoriser le développement et la diffusion d'une théologie anabaptiste québécoise au moyen notamment de la publication, de la mise sur pied de colloques et de conférences académiques et grand public, de la création d'un site web ainsi que de l'acquisition d'une collection spécialisée d'ouvrages anabaptistes.
Le 6 septembre 2007 a eu lieu le lancement du Centre. Pour l’occasion, Steve et moi avons exposé la mission du Centre et
Neal Blough, directeur du Centre mennonite de Paris (voir lien) et théologien réputé, a donné une conférence fort appréciée dans laquelle il a souligné l’importance de développer une théologie anabaptiste francophone et urbaine en dialogue avec les autres traditions chrétiennes. C'est justement la vision que Steve et moi avons pour le Centre et pour la théologie anabaptiste.
Le Centre d’études anabaptistes de Montréal est donc un centre anabaptiste, mais ce ne sera pas seulement un Centre où on exposera la théologie et l’histoire anabaptiste. Après tout, l’anabaptisme était à l’origine, au début de la Réforme, une remise en question souvent radicale du statu quo, des pouvoirs établis et des traditions. Il serait donc étrange d’ériger l’anabaptisme en nouvelle tradition intouchable, qu’on ne peut questionner. Le Centre sera plutôt un lieu où nous partirons de la tradition anabaptiste pour faire de la théologie et des études bibliques avec un regard posé sur la situation québécoise, tout en recherchant le dialogue avec les autres traditions chrétiennes, notamment les traditions évangéliques non-anabaptistes et les traditions catholiques, avec lesquelles nous sommes naturellement en lien.
Ce dialogue m’apparaît fondamental pour favoriser l’unité de l’Église du Christ, mais aussi parce que, à mon avis, la théologie anabaptiste est une voix qui doit être entendue par l’Église universelle à différentes époques. Non pas que la théologie anabaptiste soit la reine des théologies. Mais ses accents constituent des rappels importants, voire parfois des correctifs aux autres théologies chrétiennes. Dans le grand « buffet » que sont devenus la théologie chrétienne et le christianisme, l’anabaptisme doit avoir sa place pour assurer un « repas équilibré ». Je ne suis pas sûr s’il faut considérer la théologie anabaptiste comme une entrée, un dessert, une salade ou une soupe, mais sans elle la théologie chrétienne serait un repas appauvri.
Parmi les accents fondamentaux de la théologie anabaptiste, je n’en rappellerai pour l'instant qu’un seul, présent déjà chez les premiers Anabaptistes il y a 500 ans, soit l’appel radical lancé à chacun de suivre le Christ, et non pas seulement de rechercher l’orthodoxie ou la défendre, notamment en utilisant les moyens de l’État. À une époque où la fidélité à Dieu se résume souvent à défendre l’orthodoxie ou à défendre la Bible ou alors à condamner les comportements sociaux jugés immoraux, voire à tenter de légiférer pour les interdire, la parole du Christ : « toi, suis-moi » est plus actuelle que jamais. Les premiers anabaptistes ont été prêts à donner leur vie pour ce message. Qu’il puisse inspirer l’Église de Dieu encore aujourd’hui.
jeudi 8 novembre 2007
La théologie, quossa donne ?
On oublie que la technique et les affaires, aussi nobles soient-elles, existent d’abord pour soutenir la civilisation et la vie modernes. La culture et la civilisation sont constituées d'abord (mais non exclusivement) justement des choses négligées en technocratie, comme l’art, la littérature, la spiritualité, la musique. Les connaissances techniques ne sont qu’une composante de la culture, bien qu'elles aient plein droit d'y prendre place. Même la science et la culture scientifique, qui satisfont pourtant mieux que la technique la soif de l’humain de comprendre son monde, arrivent rarement à donner un sens à ce monde. Pour beaucoup d’entre nous, c’est davantage dans les arts, la littérature, la musique, le cinéma, la religion et/ou la spiritualité (incluant la théologie au sens large et la théologie comme discipline académique) qu’on trouve ce qui nourrit notre « âme ». Malheureusement, de nombreux intellectuels aussi adoptent une attitude productiviste et technocrate, particulièrement face à la théologie, aux études bibliques et aux sciences religieuses. Les universitaires disent alors, comme beaucoup d’églises : « la théologie, quossa donne ? » Et du même souffle, les universitaires se demandent pourquoi le fondamentalisme fait de tels ravages intellectuels.
De l’autre côté, les évangéliques ont tendance à se préoccuper davantage de recettes et de trucs de marketing pour évangéliser plutôt qu’à réfléchir au contenu et à l’inculturation de l’Évangile en contexte québécois. Ils se demandent ensuite pourquoi les gens n’acceptent pas cet Évangile qu’on tente de leur vendre comme un dentifrice : « pour une âme plus blanche, achetez Jésus ». Cette attitude contraste nettement avec le travail intellectuel des premiers évangéliques du début du 18e siècle, comme Jonathan Edwards. Pour eux, une composante pleine et entière de la spiritualité était de faire de la théologie (au sens large) et d’avoir un regard réfléchi sur le monde. Les premiers évangéliques cherchaient à développer un regard chrétien sur tous les enjeux de la société et sur les différentes disciplines scientifiques, et ce pour la gloire de Dieu. Mark A. Noll dans son livre The Scandal of the Evangelical Mind déplore l’abandon de ce projet des premiers évangéliques par les dernières générations. Le scandale de la pensée évangélique selon Noll est précisément qu’il n’y a pas de pensée évangélique sur le monde. Il n’y a pas de « philosophie évangélique » ou de « sociologie évangélique » ou d’« histoire évangélique », bien qu’il y ait des évangéliques œuvrant dans ces disciplines.
Nous avons en grande partie cessé de réfléchir pour nous contenter de répéter les réflexions de nos ancêtres spirituels, ce qui crée un décalage entre notre message et les enjeux et problèmes de la société aujourd’hui. Nous n’avons souvent aucune réponse à offrir aux gens concernant les enjeux qui les préoccupent et nous ne participons pas au débat public, à moins qu’il s’agisse de moralité sexuelle, incluant l’avortement et la famille. N’avons-nous rien à dire sur l’environnement, nous qui croyons que Dieu en est le Créateur ? N’avons-nous rien à dire sur la pauvreté, alors que la Bible contient des milliers de références à ce sujet ?
Faire de la théologie en contexte universitaire sert d’une part à contrer le fondamentalisme décrié par les intellectuels qui veulent sortir la théologie de l’université et d’autre part à aider l’Église à définir ce que veut dire être chrétien au 21e siècle. Une foi qui est solide est une foi qui est prête à poser des questions. Et une foi qui pose des questions et qui est donc « théologique » (au sens large) peut mener vers la découverte de richesses insoupçonnées. Sans théologie, l’Église et la spiritualité personnelle se dessèchent et se sclérosent.