Aucun message portant le libellé Catholicisme. Afficher tous les messages
Aucun message portant le libellé Catholicisme. Afficher tous les messages

mercredi 14 mars 2012

Le célibat des prêtres

Mon livre (en co-écriture) Le célibat des prêtres vient de paraître. Voici la fiche du livre sur le site de l'éditeur, Médiaspaul. Il s'agit de deux perspectives (pour et contre) sur l'obligation du célibat chez les prêtres catholiques. Je vous laisse deviner quelle position est représentée par l'anabaptiste que je suis (allez-y, continuez à y penser, vous y êtes presque !). Évidemment, le sujet saura intéresser tout particulièrement les catholiques, mais les autres y trouveront également des réflexions théologiques sur des questions importantes comme le mariage, le célibat, la sexualité et la nature de l'Église et de la vie chrétienne. Mes réflexions tournent souvent autour d'explications de textes bibliques mais aussi de questions historiques et même sociales. Une partie de ce que j'ai écrit dans ce livre aurait pu aussi bien se retrouver dans un livre sur l'éthique sexuelle ou sur l'histoire de la sexualité dans l'Église.

Le livre constitue aussi une (trop) rare occasion de dialogue entre un catholique et un évangélique québécois. Bien que les deux textes ne se répondent pas de façon suivie, il est rare que les perspectives évangélique et catholique se côtoient dans un même livre.

Le lancement officiel aura lieu le 29 mai à la librairie Paulines. Consultez ce blogue à l'approche de l'évènement pour connaître l'heure exacte et l'adresse. Toutefois, sachez que le livre devrait déjà être en vente dans toutes les bonnes librairies québécoises (bon, disons les librairies catholiques pour commencer) et sous peu en Europe francophone. À mes amis européens : si vous payez mon billet d'avion, je suis prêt à aller signer votre exemplaire.

Et pour tous ceux qui se le demandent, non, Benoît XVI ne m'a pas convoqué d'urgence au Vatican pour discuter du sujet. Mais bon, je sais qu'il est très occupé, c'est peut-être une question de jours.

vendredi 26 mars 2010

Suggestion de lecture

À lire, un article assez intéressant de Christianity Today sur l'Annonciation. Pas autant intéressant pour la suggestion de récupérer la fête pour le "combat contre l'avortement" que pour les réflexions sur le mouvement évangélique, notamment les tentatives d'expliquer pourquoi les évangéliques ignorent largement cette fête et le calendrier liturgique en général. Une des observations plutôt "coup de gueule" : "There is, especially in American evangelicalism, a huge emphasis on pragmatic Christianity: saving souls, getting stuff done. Jesus, in his ministry, was getting stuff done. He wasn't just laying there in a womb or a manger. For Catholics and Orthodox, however, the salvation that evangelicals preach more fervently depends on the lowliness of the Christ and his incarnation. Hence, the different emphases." (L'évangélisme, notamment étatsunien, met l'accent sur un christianisme pragmatique : sauver des âmes, accomplir des choses. Jésus, durant son ministère, a accompli des choses. Il ne faisait pas que se prélasser dans un utérus ou une mangeoire. Pour les catholiques et les orthodoxes cependant, le salut, prêché par les évangéliques avec ferveur, dépend de l'humilité du Christ et de son Incarnation. Ce qui explique que l'on accentue différentes choses).

jeudi 22 novembre 2007

Les excuses du cardinal Ouellet

Les excuses du cardinal Ouellet ont suscité beaucoup de réactions au Québec, surtout des réactions négatives. On lui reproche en particulier que ses excuses ne soient pas plus exhaustives et se limitent à certains abus perpétrés par l'Église avant les années 1960s. Il y a pourtant des éléments forts intéressants liés à cet acte de contrition. D'abord, le symbole est important. Tous les Québécois à part certains membres du clergé catholique savaient que l'Église catholique s'est rendue coupable de fautes graves envers les Québécois. La reconnaissance de ce fait par le primat du Canada est un développement important. En fait, le refus de plusieurs Québécois (surtout des Québécois médiatisés pour l'instant) d'y voir un quelconque progrès en dit beaucoup plus sur leur rejet du catholicisme que sur le caractère partiel des excuses du cardinal. Beaucoup de Québécois réagissent de façon irrationnelle lorsqu'il est question de l'Église catholique, ne lui reconnaissant aucun apport positif à la société québécoise et amplifiant ses manquements et ses abus.

Mais comment les protestants québécois devraient-ils réagir, eux, à ces excuses ? Commençons par le plus simple : faut-il rappeler que Jésus nous a demandé de pardonner à nos offenseurs, sans qu'il soit même question qu'ils nous demandent pardon ? Il me semble que les protestants québécois se doivent d'accorder le pardon à l'Église catholique, même si les excuses du cardinal Ouellet ne sont pas des excuses officielles de l'Église catholique entière et même si pardonner n'impliquera pas que nous repartons à zéro, que nous oublions tout et refusons dorénavant de parler des erreurs du passé. Dans toute tentative future de dialogue, une réelle réconciliation devra passer par une discussion franche où les problèmes ne seront pas enfouis sous le tapis, mais où la bonne volonté des partenaires de conversation devra être présente des deux côtés (pour un exemple d'un tel dialogue, voir le lien Rapport du dialogue catholique-mennonite). On peut considérer que les catholiques ont fait un premier pas ici, il me semble.

Un autre élément devrait attirer l'intérêt des protestants. L'archevêque Ouellet affirme qu'il désire un nouveau départ pour le Québec, qu'il désire évangéliser le Québec. Les protestants, du moins les évangéliques, peuvent difficilement être contre le principe. Il faudra peut-être se demander s'il envisage uniquement un retour au catholicisme comme évangélisation adéquate, mais il faut le féliciter de reconnaître la nécessité de porter l'Évangile aux Québécois. Certains diront que cette nécessité saute aux yeux, mais n'oublions pas que le Québec a longtemps été pris pour acquis par l'Église catholique, qui s'est par conséquent permis de considérer de facto comme chrétiens tous ceux qui ne rejetaient pas très clairement l'Église.

Une dernière réflexion. Il est facile de dénoncer les fautes des autres. Or, il faut bien admettre que les protestants n'ont pas toujours fait mieux lorsqu'ils se sont retrouvés dans une position similaire à celle de l'Église catholique au Québec. Les protestants ont, eux aussi, abusé du pouvoir lorsqu'on leur a donné. Plusieurs évangéliques le font d'ailleurs encore aux États-Unis en ce moment. Une des intuitions les plus remarquables des premiers Anabaptistes était justement que, dans un désir de préserver la pureté de l'Église, il fallait se garder d'y inclure par défaut tous les habitants du pays pour favoriser la libre adhésion à l'Église et la séparation de l'Église et de l'État. L'Église pouvait ainsi exiger davantage de ses membres (notamment du point de vue éthique) et devait chercher à être l'incarnation d'une alternative à la société. L'Église devait donc jouer un rôle prophétique dans la société. Les autres protestants y ont vu une menace et ont persécuté les Anabaptistes. De leur côté, les Anabaptistes ont accepté éventuellement (en échange de la fin des persécutions) de renoncer à leur rôle prophétique et de se réfugier dans le confort de sociétés parallèles.

L'Église qui est au pouvoir aura toujours de grandes difficultés à rester fidèle à l'Évangile, particulièrement au Sermon sur la montagne, et elle aura certainement des comptes à rendre pour ses abus de pouvoir. D'un autre côté, l'Église qui renonce officiellement au pouvoir et accepte un rôle "prophétique" doit quant à elle prendre garde de ne pas se laisser récupérer par le pouvoir d'une part (voir 1 R 22) et d'autre part de ne pas cesser de prêcher l'Évangile lorsque le prix à payer devient trop grand.