<?xml version='1.0' encoding='UTF-8'?><?xml-stylesheet href="http://www.blogger.com/styles/atom.css" type="text/css"?><feed xmlns='http://www.w3.org/2005/Atom' xmlns:openSearch='http://a9.com/-/spec/opensearchrss/1.0/' xmlns:georss='http://www.georss.org/georss' xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'><id>tag:blogger.com,1999:blog-21708733</id><updated>2012-02-06T21:31:54.679-05:00</updated><category term='Suivance'/><category term='sens de la vie'/><category term='Évangile'/><category term='Christ seul'/><category term='Lien'/><category term='Alliance'/><category term='Théologie'/><category term='Musique'/><category term='Culture'/><category term='Résurrection'/><category term='Postmodernité'/><category term='Revivalisme'/><category term='Art'/><category term='Mort'/><category term='Théologie deutéronomiste'/><category term='Salut'/><category term='Prophétisme'/><category term='Catholicisme'/><category term='Québec'/><category term='Spiritualité'/><category term='Littérature'/><category term='Fondamentalisme'/><category term='Évangélisme'/><category term='Technocratie'/><category term='Justice'/><category term='Suggestions de lecture'/><category term='Évangile de la prospérité'/><category term='CÉAM'/><category term='Culte'/><category term='Environnement'/><category term='Jeunesse'/><category term='Société'/><category term='Histoire'/><category term='Anabaptisme'/><category term='Orient ancien'/><category term='Calendrier liturgique'/><category term='Suggestion de visionnement'/><category term='Éducation'/><category term='Responsabilité'/><category term='Modernité'/><title type='text'>Je suis anabaptiste mais je me soigne</title><subtitle type='html'>Réflexions théologiques et bibliques</subtitle><link rel='http://schemas.google.com/g/2005#feed' type='application/atom+xml' href='http://marcpare.blogspot.com/feeds/posts/default'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default?max-results=100'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://marcpare.blogspot.com/'/><link rel='hub' href='http://pubsubhubbub.appspot.com/'/><author><name>Marc D. Paré</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04687580388426445946</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_VMt-Dg9gsuk/SNqLrG0RP9I/AAAAAAAAABE/wD31Tql9uo8/S220/IMG_7492.jpg'/></author><generator version='7.00' uri='http://www.blogger.com'>Blogger</generator><openSearch:totalResults>62</openSearch:totalResults><openSearch:startIndex>1</openSearch:startIndex><openSearch:itemsPerPage>100</openSearch:itemsPerPage><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-21708733.post-5349906995584426875</id><published>2012-02-01T14:09:00.003-05:00</published><updated>2012-02-01T15:47:27.515-05:00</updated><title type='text'>Newt Testament</title><content type='html'>Enfin un évangélique états-unien qui pose la question que je ne m'autorisais pas à poser publiquement, n'étant pas États-unien et ne voulant pas paraître pour un de ces Québécois impérialistes qui veulent imposer leur volonté à un pays étranger. Tony Campolo dans ce &lt;a href="http://www.redletterchristians.org/evangelicals-support-newt-gingrich/" target="_blank"&gt;billet&lt;/a&gt; semble un peu perplexe devant l'appui massif des évangéliques de Caroline du sud à un homme adultère marié plusieurs fois qui devient soudainement le champion des bonnes vieilles valeurs états-uniennes. Précisons : je crois comme Campolo en la grâce et le pardon, mais comment se fait-il que si quelqu'un se déclare conservateur il est automatiquement considéré comme dans le bon camp, peu importe ses actions, alors qu'on regarde avec soupçons et désapprobation un autre qui vit d'une façon plus conservatrice (du genre, ne pas tromper sa femme comme on boit du Coke aux États-Unis) parce qu'il n'est pas pro-vie, ni contre les mariages gais, etc. ? Tony Campolo se demande ainsi pourquoi la repentance de Newt Gingrich semble acceptée alors que celle de Bill Clinton a été refusée. Y aurait-il de la politicaillerie là-dessous ?&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/21708733-5349906995584426875?l=marcpare.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://marcpare.blogspot.com/feeds/5349906995584426875/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=21708733&amp;postID=5349906995584426875' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/5349906995584426875'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/5349906995584426875'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://marcpare.blogspot.com/2012/02/newt-testament.html' title='Newt Testament'/><author><name>Marc D. Paré</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04687580388426445946</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_VMt-Dg9gsuk/SNqLrG0RP9I/AAAAAAAAABE/wD31Tql9uo8/S220/IMG_7492.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-21708733.post-6811668802895947466</id><published>2011-10-28T13:07:00.000-04:00</published><updated>2011-10-28T13:07:09.857-04:00</updated><title type='text'>Avertissement : lire la Bible peut vous rendre libéral ! (musique d'orgue)</title><content type='html'>À lire, un &lt;a href="http://www.christianitytoday.com/ct/2011/october/survey-bible-reading-liberal.html"&gt;article&lt;/a&gt;  fort intéressant où l'on apprend que la lecture régulière de la Bible  est associée aux vues plus "libérales", c'est-à-dire que ceux qui lisent  souvent la Bible ont moins tendance à adopter des positions sociales et  politiques conservatrices. Au fond, ce n'est pas très étonnant si l'on  imagine que les gens qui lisent souvent la Bible devraient normalement finir par la  comprendre, et par conséquent savoir que Dieu n'est pas &lt;i&gt;forcément&lt;/i&gt; un républicain qui astique ses armes amoureusement en imaginant qu'il débarrasse le monde des pauvres et des criminels &lt;i&gt;the American way&lt;/i&gt;  (non pas que tous les républicains aient ce fantasme). L'article ne  précise pas quelles sont les habitudes de lecture de Sarah Palin.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/21708733-6811668802895947466?l=marcpare.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://marcpare.blogspot.com/feeds/6811668802895947466/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=21708733&amp;postID=6811668802895947466' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/6811668802895947466'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/6811668802895947466'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://marcpare.blogspot.com/2011/10/avertissement-lire-la-bible-peut-vous.html' title='Avertissement : lire la Bible peut vous rendre libéral ! (musique d&apos;orgue)'/><author><name>Marc D. Paré</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04687580388426445946</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_VMt-Dg9gsuk/SNqLrG0RP9I/AAAAAAAAABE/wD31Tql9uo8/S220/IMG_7492.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-21708733.post-1478631777869892538</id><published>2011-10-13T09:05:00.001-04:00</published><updated>2011-10-31T21:29:30.608-04:00</updated><title type='text'>Décès d'Éric Wingender (1957-2011)</title><content type='html'>C'est avec tristesse que je souligne le décès inattendu de mon cher collègue Éric Wingender. Éric a succombé à une crise cardiaque le soir du 5 octobre. Avec Éric part une partie de l'expertise dans le travail d'inculturation amorcé ces dernières décennies dans les églises évangéliques québécoises. D'abord chargé de cours, il s'est joint au corps professoral de l'École de théologie évangélique de Montréal en 1996 et a occupé différentes fonctions administratives, dont le poste de Directeur pendant une dizaine d'années. En tant que Directeur, Éric a mis sa marque, notamment en initiant et conduisant le dossier du changement de nom de l'école et celui du déménagement près du campus de l'Université de Montréal. Personnellement, je perds un collègue de longue date puisque j'ai côtoyé Éric à l'ETEM depuis 1998. Ce sont nos discussions théologiques qui me manqueront le plus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nos prières vont à la famille Wingender, son épouse Farah-Chanel et leurs fils : Jean-François, Sydney et Spencer. Les funérailles auront lieu ce samedi (15 octobre) à 13h30 à l'Église St-James à Montréal (1439 rue Ste-Catherine ouest). Plutôt que des fleurs, la famille a demandé à ceux qui désirent honorer la mémoire d'Éric de faire un don à l'ETEM en précisant que le don sert à mettre sur pied la Fondation Éric Wingender qui servira à offrir des bourses d'études. Comme Éric gardait un oeil ouvert à l'extérieur de la théologie, il est approprié que ces bourses ne seront pas réservées aux études théologiques seules.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/21708733-1478631777869892538?l=marcpare.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://marcpare.blogspot.com/feeds/1478631777869892538/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=21708733&amp;postID=1478631777869892538' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/1478631777869892538'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/1478631777869892538'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://marcpare.blogspot.com/2011/10/deces-deric-wingender-1957-2011.html' title='Décès d&apos;Éric Wingender (1957-2011)'/><author><name>Marc D. Paré</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04687580388426445946</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_VMt-Dg9gsuk/SNqLrG0RP9I/AAAAAAAAABE/wD31Tql9uo8/S220/IMG_7492.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-21708733.post-7439769509623351746</id><published>2011-04-08T09:36:00.000-04:00</published><updated>2011-04-08T09:36:22.472-04:00</updated><title type='text'>Colloque sur l'histoire anabaptiste</title><content type='html'>Pour ceux qui seront de ce côté de l'Atlantique à ce moment, un &lt;a href="http://az.bienenberg.ch/fr/index.php?option=com_content&amp;amp;view=article&amp;amp;id=152&amp;amp;Itemid=145"&gt;colloque&lt;/a&gt; bilingue (allemand/français) qui risque d'intéresser premièrement les anabaptistes et ceux qui s'intéressent à l'histoire des églises libres aura lieu les 1er et 2 septembre 2011 au Centre de Formation et de Rencontre Bienenberg. Le Bienenberg et le joli coin de pays où il se situe (en Suisse, tout près de la frontière avec la France) valent déjà le détour.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/21708733-7439769509623351746?l=marcpare.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://marcpare.blogspot.com/feeds/7439769509623351746/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=21708733&amp;postID=7439769509623351746' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/7439769509623351746'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/7439769509623351746'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://marcpare.blogspot.com/2011/04/colloque-sur-lhistoire-anabaptiste.html' title='Colloque sur l&apos;histoire anabaptiste'/><author><name>Marc D. Paré</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04687580388426445946</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_VMt-Dg9gsuk/SNqLrG0RP9I/AAAAAAAAABE/wD31Tql9uo8/S220/IMG_7492.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-21708733.post-73889063257359029</id><published>2011-04-04T12:06:00.000-04:00</published><updated>2011-04-04T12:06:23.554-04:00</updated><title type='text'>Être chrétien et "pertinent" (?)</title><content type='html'>Hans Küng n'est pas un théologien qui fait l'unanimité. On peut voir &lt;a href="http://www.egards.qc.ca/?p=36"&gt;ici&lt;/a&gt; et &lt;a href="http://www.egards.qc.ca/?p=86"&gt;ici&lt;/a&gt; (merci à mon ami Dominic qui a attiré mon attention vers ces billets) des exemples des critiques parfois virulentes dont il est l'objet, particulièrement dans le monde catholique (on est souvent plus sévère envers les "ennemis de l'intérieur"). On lui a notamment reproché de trop concéder à "l'esprit du temps" et de compromettre la radicalité et même l'essentiel de l'Évangile. Il arrive toutefois que de bons mots nous rejoignent même s'ils émanent de quelqu'un avec qui nous ne partageons pas les vues. Cela s'est passé cette semaine quand j'ai lu dans &lt;i&gt;Être chrétien&lt;/i&gt; de Küng un extrait dans lequel l'auteur (qui parle d'abord de l'Église catholique, mais aussi des autres Églises) affirme, en réponse aux critiques contre les "progressistes" comme lui qui sont accusés de compromettre l'Évangile en concédant trop à la Modernité et à la société :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"C'est précisément l'Église de l'époque moderne qui a, de plus en plus, compromis et altéré le message chrétien. À la différence des époques antérieures, l'Église moderne a surtout adopté, en face des évolutions nouvelles, une attitude de dénonciation, de réaction et, quand elle l'a pu, de restauration, sans apporter de contribution critique et créatrice au façonnement de son époque" (p. 25).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Que l'on soit d'accord ou non avec la tentative de Küng de combler la lacune qu'il identifie, la dénonciation de cette lacune me semble tout à fait juste, ici. Il est vrai que le désir de "pertinence" ou d'adaptation ne devrait pas guider la proclamation de l'Évangile, mais il faut reconnaître que l'Église oublie parfois ses rôles de médiation et d'intercession. Il peut être réconfortant de se réfugier aux marges de la société, mais il ne faut pas confondre cela avec la fidélité à l'Évangile. La fidélité n'est pas de renoncer à son rôle prophétique. Il ne faut pas simplement rejeter en bloc ce qui nous indispose mais proposer une conscience alternative compréhensible et "acceptable", au sens où il est possible de l'accepter ou de la rejeter et non nécessaire de la disqualifier d'office à la vue de ses habits sectaires ou pharisiens. Ceux qui rejetteront la proclamation rejetteront alors non pas notre frilosité mais le message que l'Église est censée porter.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/21708733-73889063257359029?l=marcpare.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://marcpare.blogspot.com/feeds/73889063257359029/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=21708733&amp;postID=73889063257359029' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/73889063257359029'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/73889063257359029'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://marcpare.blogspot.com/2011/04/etre-chretien-et-pertinent.html' title='Être chrétien et &quot;pertinent&quot; (?)'/><author><name>Marc D. Paré</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04687580388426445946</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_VMt-Dg9gsuk/SNqLrG0RP9I/AAAAAAAAABE/wD31Tql9uo8/S220/IMG_7492.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-21708733.post-226526532165651898</id><published>2010-11-21T09:13:00.005-05:00</published><updated>2010-11-21T09:25:23.013-05:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Jeunesse'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Société'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='sens de la vie'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Postmodernité'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Modernité'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Évangélisme'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Culture'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Suggestions de lecture'/><title type='text'>À propos des jeunes qui quittent l'Église</title><content type='html'>À lire, un &lt;a href="http://www.christianitytoday.com/ct/2010/november/27.40.html"&gt;article&lt;/a&gt; sur les jeunes qui quittent l'Église en grand nombre aux États-Unis. L'article fait référence à certaines des mêmes préoccupations que j'avais soulevées dans ce blogue en deux entrées (&lt;a href="http://marcpare.blogspot.com/2010/05/parler-de-foi-sans-perdre-la-raison-i.html"&gt;ici&lt;/a&gt; et &lt;a href="http://marcpare.blogspot.com/2010/08/parler-de-foi-sans-perdre-la-raison-ii.html"&gt;ici&lt;/a&gt;) sur l'importance de "discuter de la foi sans perdre la raison". Ce qui s'applique à notre discours invitant les gens à l'extérieur de l'Église s'applique aussi aux jeunes à l'intérieur de l'Église qui se posent souvent les mêmes questions quant à la foi, notamment lorsqu'ils entreprennent des études collégiales ou universitaires.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/21708733-226526532165651898?l=marcpare.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://marcpare.blogspot.com/feeds/226526532165651898/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=21708733&amp;postID=226526532165651898' title='6 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/226526532165651898'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/226526532165651898'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://marcpare.blogspot.com/2010/11/propos-des-jeunes-qui-quittent-leglise.html' title='À propos des jeunes qui quittent l&apos;Église'/><author><name>Marc D. Paré</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04687580388426445946</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_VMt-Dg9gsuk/SNqLrG0RP9I/AAAAAAAAABE/wD31Tql9uo8/S220/IMG_7492.jpg'/></author><thr:total>6</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-21708733.post-6179649341561832122</id><published>2010-11-01T09:47:00.007-04:00</published><updated>2010-11-01T16:16:38.845-04:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Suggestions de lecture'/><title type='text'>La tentation de la pomme</title><content type='html'>&lt;a href="http://blog.beliefnet.com/jwalking/2007/06/appleism-kuo.html"&gt;Voici un article&lt;/a&gt; plutôt divertissant sur le "culte d'Apple" par les inconditionnels des produits Mac, iPhone, iPod, iPad, etc. (dont je suis, je le confesse). Un peu caricatural, mais parfois assez juste. Peut-être surtout un rappel à l'approche de Noël que Mammon prend des formes différentes à travers le temps (rappel qui me retient toujours d'acheter un iPad).&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/21708733-6179649341561832122?l=marcpare.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://marcpare.blogspot.com/feeds/6179649341561832122/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=21708733&amp;postID=6179649341561832122' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/6179649341561832122'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/6179649341561832122'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://marcpare.blogspot.com/2010/11/la-tentation-de-la-pomme.html' title='La tentation de la pomme'/><author><name>Marc D. Paré</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04687580388426445946</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_VMt-Dg9gsuk/SNqLrG0RP9I/AAAAAAAAABE/wD31Tql9uo8/S220/IMG_7492.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-21708733.post-5347499935894527384</id><published>2010-10-25T09:00:00.005-04:00</published><updated>2010-10-25T09:10:54.704-04:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Suggestion de visionnement'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Société'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Évangile'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Culture'/><title type='text'>Un éditorial sur la post-chrétienté</title><content type='html'>Dans des termes qui rappellent ceux de Stuart Murray, qui &lt;a href="http://marcpare.blogspot.com/2010/09/conferences-de-stuart-murray-au-centre.html"&gt;sera à Montréal&lt;/a&gt; dans quelques semaines, Frédéric Lenoir prononce un &lt;a href="http://www.lemondedesreligions.fr/chroniques/editorial/la-chretiente-est-morte-vive-l-evangile-01-09-2010-671_161.php"&gt;éditorial vidéo&lt;/a&gt; sur la post-chrétienté intitulé "La chrétienté est morte. Vive l'évangile !". Il est très intéressant que des gens d'horizons aussi différents parviennent à des constats similaires sur l'échec de la chrétienté et l'avenir du christianisme.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/21708733-5347499935894527384?l=marcpare.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://marcpare.blogspot.com/feeds/5347499935894527384/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=21708733&amp;postID=5347499935894527384' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/5347499935894527384'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/5347499935894527384'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://marcpare.blogspot.com/2010/10/un-editorial-sur-la-post-chretiente.html' title='Un éditorial sur la post-chrétienté'/><author><name>Marc D. Paré</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04687580388426445946</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_VMt-Dg9gsuk/SNqLrG0RP9I/AAAAAAAAABE/wD31Tql9uo8/S220/IMG_7492.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-21708733.post-4190788171553012200</id><published>2010-10-04T15:42:00.006-04:00</published><updated>2010-10-04T15:52:02.686-04:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Histoire'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Orient ancien'/><title type='text'>Conférences sur l'Égypte ancienne</title><content type='html'>L'&lt;a href="http://www.aepoa.umontreal.ca/"&gt;Association&lt;/a&gt; des études du Proche-Orient ancien en collaboration avec la Faculté d'études religieuses de l'Université McGill organise une série de conférences sur l'Égypte les 12, 13 et 14 octobre. Ces conférences peuvent être stimulantes pour quiconque veut mieux comprendre le contexte historique général dans lequel ont été écrits les textes de l'Ancien Testament. Les conférences ont lieu à l'Université McGill et à l'UQÀM. Vous trouverez l'horaire et les titres des conférences &lt;a href="http://www.etem.ca/MarcPare/ConfAssmann.JPG"&gt;ici&lt;/a&gt;.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/21708733-4190788171553012200?l=marcpare.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://marcpare.blogspot.com/feeds/4190788171553012200/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=21708733&amp;postID=4190788171553012200' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/4190788171553012200'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/4190788171553012200'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://marcpare.blogspot.com/2010/10/lassociation-des-etudes-du-proche.html' title='Conférences sur l&apos;Égypte ancienne'/><author><name>Marc D. Paré</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04687580388426445946</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_VMt-Dg9gsuk/SNqLrG0RP9I/AAAAAAAAABE/wD31Tql9uo8/S220/IMG_7492.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-21708733.post-2520727746833953826</id><published>2010-09-23T11:49:00.001-04:00</published><updated>2010-09-23T11:51:21.941-04:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Fondamentalisme'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Théologie'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Évangélisme'/><title type='text'>L'Antéchrist sera Roumain</title><content type='html'>Voici un &lt;a href="http://www.etem.ca/MarcPare/Dispensationalisme.pdf"&gt;article&lt;/a&gt; sur le dispensationalisme que j'ai écrit avec Steve Robitaille et qui est paru dans Scriptura 6/1 (2004): 101-117.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/21708733-2520727746833953826?l=marcpare.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://marcpare.blogspot.com/feeds/2520727746833953826/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=21708733&amp;postID=2520727746833953826' title='3 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/2520727746833953826'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/2520727746833953826'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://marcpare.blogspot.com/2010/09/lantechrist-sera-roumain.html' title='L&apos;Antéchrist sera Roumain'/><author><name>Marc D. Paré</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04687580388426445946</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_VMt-Dg9gsuk/SNqLrG0RP9I/AAAAAAAAABE/wD31Tql9uo8/S220/IMG_7492.jpg'/></author><thr:total>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-21708733.post-5390814528561205039</id><published>2010-09-20T13:23:00.006-04:00</published><updated>2010-09-20T13:32:33.568-04:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Société'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Anabaptisme'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Postmodernité'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Évangélisme'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='CÉAM'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Culture'/><title type='text'>Conférences de Stuart Murray au Centre anabaptiste</title><content type='html'>Le Centre d'études anabaptistes de Montréal a l'honneur d'accueillir le prestigieux auteur Stuart Murray qui donnera des conférences à Montréal les 12 et 13 novembre. Pour plus d'information, consultez la &lt;a href="http://www.etem.ca/pubstuart.pdf"&gt;publicité&lt;/a&gt;  ou remplissez le &lt;a href="http://www.etem.ca/formulaire.pdf"&gt;formulaire&lt;/a&gt; d'inscription  (pour le formulaire en anglais, cliquez plutôt &lt;a href="http://www.etem.ca/form.pdf"&gt;ici&lt;/a&gt;). À ne pas manquer si l'on s'intéresse à l'avenir du mouvement évangélique en contexte post-chrétien, aux églises émergentes ou à l'anabaptisme.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/21708733-5390814528561205039?l=marcpare.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://marcpare.blogspot.com/feeds/5390814528561205039/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=21708733&amp;postID=5390814528561205039' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/5390814528561205039'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/5390814528561205039'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://marcpare.blogspot.com/2010/09/conferences-de-stuart-murray-au-centre.html' title='Conférences de Stuart Murray au Centre anabaptiste'/><author><name>Marc D. Paré</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04687580388426445946</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_VMt-Dg9gsuk/SNqLrG0RP9I/AAAAAAAAABE/wD31Tql9uo8/S220/IMG_7492.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-21708733.post-1664363730587654799</id><published>2010-09-13T11:54:00.003-04:00</published><updated>2010-09-13T12:03:41.187-04:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Littérature'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Art'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Culture'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Suggestions de lecture'/><title type='text'>Lancement et vernissage</title><content type='html'>C'est avec grand plaisir que je vous invite au lancement du premier roman de mon ami Sacha Queval le samedi 16 octobre à l'&lt;a href="http://www.etem.ca"&gt;École de théologie évangélique de Montréal&lt;/a&gt;. Pour en savoir davantage, consultez le site &lt;a href="http://sachaqueval.blogspot.com/"&gt;suivant&lt;/a&gt;. Le lancement s'accompagne d'un vernissage de toiles de Magalie Queval, l'artiste qui a aussi produit la couverture du livre.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/21708733-1664363730587654799?l=marcpare.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://marcpare.blogspot.com/feeds/1664363730587654799/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=21708733&amp;postID=1664363730587654799' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/1664363730587654799'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/1664363730587654799'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://marcpare.blogspot.com/2010/09/lancement-et-vernissage.html' title='Lancement et vernissage'/><author><name>Marc D. Paré</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04687580388426445946</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_VMt-Dg9gsuk/SNqLrG0RP9I/AAAAAAAAABE/wD31Tql9uo8/S220/IMG_7492.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-21708733.post-8847370973010984798</id><published>2010-09-01T18:00:00.004-04:00</published><updated>2010-09-01T18:13:28.225-04:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Société'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Évangélisme'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Suggestions de lecture'/><title type='text'>Jésus ou le politique</title><content type='html'>À lire, cet &lt;a href="http://www.christianitytoday.com/ct/2010/septemberweb-only/45-31.0.html"&gt;article&lt;/a&gt; sur des événements plutôt surréalistes illustrant comment le combat politique est devenu central pour plusieurs évangéliques, au point qu'il semble plus important que les points de foi. Parmi les perles : "These men and women here don't agree on fundamentals. They don't agree on everything that every church teaches. What they do agree on is God is the answer." On peut se demander si, une fois que l'on accepte que Dieu est la réponse, on peut préciser de quelle réponse il s'agit si on ne s'entend sur rien en parlant de Dieu. Cela me fait penser à la déclaration du Président Eisenhower : « Our government makes no sense, unless it is founded in a deeply felt religious faith – &lt;i&gt;and I don’t care what it is &lt;/i&gt;».&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/21708733-8847370973010984798?l=marcpare.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://marcpare.blogspot.com/feeds/8847370973010984798/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=21708733&amp;postID=8847370973010984798' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/8847370973010984798'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/8847370973010984798'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://marcpare.blogspot.com/2010/09/jesus-ou-le-politique.html' title='Jésus ou le politique'/><author><name>Marc D. Paré</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04687580388426445946</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_VMt-Dg9gsuk/SNqLrG0RP9I/AAAAAAAAABE/wD31Tql9uo8/S220/IMG_7492.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-21708733.post-4439611024460147015</id><published>2010-08-23T09:36:00.006-04:00</published><updated>2010-09-13T12:02:17.690-04:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Suivance'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Société'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Anabaptisme'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Postmodernité'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Théologie'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Modernité'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Évangélisme'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='CÉAM'/><title type='text'>Conférence de Neal Blough au Centre anabaptiste</title><content type='html'>Neal Blough, Directeur du &lt;a href="http://www.centre-mennonite.fr/"&gt;Centre mennonite de Paris&lt;/a&gt; et Professeur à Vaux-sur-Seine (Paris) est l'un des évangéliques les plus influents en France. Il donnera deux conférences gratuites au Centre d'études anabaptistes de Montréal le mercredi 8 septembre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les conférences sont les suivantes :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Récit, communauté ecclésiale, et interprétation biblique" (13h00-16h00)&lt;br /&gt;Dans cette conférence, Monsieur Blough parlera notamment de la question délicate de l'utilisation des récits en foi chrétienne. Comment les récits, qui constituent une part importante de la Bible, doivent-ils être interprétés et comment peuvent-ils faire autorité dans la communauté de foi ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"L'apport anabaptiste à l'héritage évangélique" (19h00-21h00)&lt;br /&gt;Dans cette conférence, Monsieur Blough apportera des réflexions essentielles sur l'identité évangélique. Il abordera principalement le cas français, qui s'avère toutefois remarquablement éclairant pour  comprendre la réalité évangélique en contexte québécois. L'analyse de Monsieur Blough trace une voie pour l'avenir du mouvement évangélique au Québec.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les conférences ont lieu dans les locaux de l'&lt;a href="http://www.etem.ca/"&gt;École de théologie évangélique de Montréal&lt;/a&gt; au 4824 Côte-des-neiges, suite 301. On peut s'inscrire au 514-331-0878 poste 221.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les conférences seront suivies d'une discussion. On peut assister à une seule conférence ou aux deux. Tous sont bienvenus.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/21708733-4439611024460147015?l=marcpare.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://marcpare.blogspot.com/feeds/4439611024460147015/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=21708733&amp;postID=4439611024460147015' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/4439611024460147015'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/4439611024460147015'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://marcpare.blogspot.com/2010/08/conference-de-neal-blough-au-centre.html' title='Conférence de Neal Blough au Centre anabaptiste'/><author><name>Marc D. Paré</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04687580388426445946</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_VMt-Dg9gsuk/SNqLrG0RP9I/AAAAAAAAABE/wD31Tql9uo8/S220/IMG_7492.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-21708733.post-3794796160058622647</id><published>2010-08-23T09:03:00.001-04:00</published><updated>2010-08-23T09:03:35.065-04:00</updated><title type='text'>Parler de foi sans perdre la raison (II)</title><content type='html'>&lt;p&gt;Voici la deuxi&amp;#232;me partie de l'entr&amp;#233;e du 7 mai sur ce blogue. Il s'agit d'un article paru dans Le Lien 27/3 (2010). Ces deux articles ont &amp;#233;t&amp;#233; publi&amp;#233;s sous une forme modifi&amp;#233;e et en un seul article sous le titre &amp;quot;Discussing our Faith without Losing our Minds&amp;quot; dans le Mennonite Brethren Herald 49/3 (Mars 2010) puis sur &lt;a href="http://www.christianity.ca/netcommunity/Page.aspx?pid=7396" target="_blank"&gt;Christianity.ca&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Dans le num&amp;#233;ro pr&amp;#233;c&amp;#233;dent du &lt;i&gt;Lien&lt;/i&gt;, nous avons vu que la t&amp;#226;che apolog&amp;#233;tique devait tenir compte de la raison et de la science pour &amp;#234;tre efficace, vu que notre monde a adopt&amp;#233; des &amp;#233;pist&amp;#233;mologies (th&amp;#233;ories de la connaissance et du savoir) o&amp;#249; la raison et la m&amp;#233;thode scientifique occupent une place fondamentale. On ne saurait donc se satisfaire d&amp;#8217;arguments du type &amp;#171; l&amp;#8217;ath&amp;#233;isme conduit &amp;#224; croire qu&amp;#8217;il n&amp;#8217;y a pas de sens &amp;#224; la vie, ce qui prouve que Dieu existe &amp;#187;. En effet, ce type d&amp;#8217;argument offense la raison et revient &amp;#224; dire &amp;#171; si &amp;#231;a marche, c&amp;#8217;est que c&amp;#8217;est vrai &amp;#187;, ou plut&amp;#244;t &amp;#171; si &amp;#231;a ne marche pas, c&amp;#8217;est que c&amp;#8217;est faux &amp;#187;, une variante de l&amp;#8217;&amp;#201;vangile de la prosp&amp;#233;rit&amp;#233; (&amp;quot;si tu as du succ&amp;#232;s, c&amp;#8217;est que Dieu te b&amp;#233;nit&amp;quot;) que la Bible elle-m&amp;#234;me contredit, avec pour contre-exemple ultime la crucifixion de J&amp;#233;sus.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;b&gt;Il n&amp;#8217;y a pas que la raison&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Est-ce que cette dimension rationnelle de l&amp;#8217;apolog&amp;#233;tique veut dire que l&amp;#8217;&amp;#233;vang&amp;#233;lisation est une affaire purement &amp;#171; philosophique &amp;#187; ? Certainement pas ! La pr&amp;#233;sentation de la foi comprend aussi une dimension &amp;#171; exp&amp;#233;rientielle &amp;#187;. Nous sommes d&amp;#8217;abord et avant tout t&amp;#233;moins d&amp;#8217;une exp&amp;#233;rience et d&amp;#8217;une personne. La t&amp;#226;che apolog&amp;#233;tique et k&amp;#233;rygmatique (proclamation essentielle sur le Christ) du chr&amp;#233;tien est d&amp;#8217;abord et avant tout de rendre t&amp;#233;moignage au Christ, &amp;#224; sa relation avec lui et au sens que prend sa vie gr&amp;#226;ce &amp;#224; lui. Cette dimension est centrale &amp;#224; l&amp;#8217;apolog&amp;#233;tique, sans toutefois &amp;#233;liminer le besoin d&amp;#8217;une dimension rationnelle.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&amp;#201;videmment (et heureusement ?), nous n&amp;#8217;avons pas &amp;#224; en appeler uniquement &amp;#224; la raison des gens. On peut d&amp;#8217;ailleurs tr&amp;#232;s bien convaincre quelqu&amp;#8217;un rationnellement sans pour autant le pousser &amp;#224; changer d&amp;#8217;avis ou de comportement. Ceci est d&amp;#251; au fait que les questions de sens et d&amp;#8217;absolu, incluant les questions de moralit&amp;#233; et de foi, peuvent difficilement &amp;#234;tre r&amp;#233;solues seulement par la raison, ce qui explique en partie la multiplicit&amp;#233; des opinions tenues par des gens intelligents et rationnels.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Toute croyance a forc&amp;#233;ment des &amp;#171; pr&amp;#233;engagements &amp;#187; philosophiques, existentiels et moraux chez celui qui la porte. On ne peut &amp;#234;tre scientifiquement, empiriquement et rationnellement certain de rien dans ce monde. Nous avons tous des axiomes, des pr&amp;#233;suppos&amp;#233;s non d&amp;#233;montr&amp;#233;s (et souvent inv&amp;#233;rifiables) qui constituent le fondement de nos croyances, valeurs et comportements. Ce qui ne nous emp&amp;#234;che pas de nous lever le matin et de vivre &amp;#171; comme si &amp;#187; nous &lt;i&gt;savions&lt;/i&gt; que le monde (et notre propre personne) existe et qu&amp;#8217;il correspond &amp;#224; peu pr&amp;#232;s &amp;#224; l&amp;#8217;id&amp;#233;e que l&amp;#8217;on s&amp;#8217;en fait. Nous devons chaque jour faire des choix, comme ne pas quitter notre conjoint, m&amp;#234;me si nous ne pouvons th&amp;#233;oriquement &amp;#234;tre certain qu&amp;#8217;il ou elle nous est fid&amp;#232;le et qu&amp;#8217;il ou elle est bien la personne que nous avons mari&amp;#233;e plut&amp;#244;t qu&amp;#8217;une r&amp;#233;plique parfaite envoy&amp;#233;e par les habitants de la plan&amp;#232;te Omicron 4 pour nous observer. Nous ne pouvons m&amp;#234;me pas &amp;#234;tre certain que notre conjoint existe vraiment, puisque nous ne pouvons d&amp;#233;terminer cette existence que par l&amp;#8217;entremise de nos sens, que nous savons parfois trompeurs.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;De m&amp;#234;me, lorsque nous conduisons une voiture, nous &amp;#233;valuons qu&amp;#8217;il est tr&amp;#232;s probable que les v&amp;#233;hicules autour de nous offriraient une r&amp;#233;sistance nous mettant en danger advenant une collision, plut&amp;#244;t que de v&amp;#233;rifier s&amp;#8217;il nous est possible de passer &amp;#224; travers, bien que la m&amp;#233;canique quantique admette cette possibilit&amp;#233;. Autrement dit, n&amp;#8217;&amp;#233;tant pas Vulcains, la raison n&amp;#8217;est pas le seul facteur dirigeant notre vie. Chaque jour, nous faisons des sauts de foi qui rel&amp;#232;vent d&amp;#8217;une posture existentielle plut&amp;#244;t que purement rationnelle. &lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;b&gt;La vraie raison d&amp;#8217;&amp;#234;tre de l&amp;#8217;apolog&amp;#233;tique&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;L&amp;#8217;apolog&amp;#233;tique peut ainsi &amp;#234;tre vue non pas comme l&amp;#8217;art de trouver l&amp;#8217;argument massue qui convaincra tout le monde sauf les insens&amp;#233;s, mais comme l&amp;#8217;art de proposer des solutions raisonnables aux obstacles rationnels ou existentiels &amp;#224; la foi. Comme un amoureux qui a encore des doutes avant de s&amp;#8217;engager pleinement dans une relation et qui doit atteindre un certain niveau de satisfaction (et non de certitude) face &amp;#224; ces doutes, l&amp;#8217;incroyant qui contemple la possibilit&amp;#233; de dire &amp;#171; oui &amp;#187; &amp;#224; Dieu doit recevoir une r&amp;#233;ponse, ne serait-ce que partielle, aux questions et aux doutes qui l&amp;#8217;emp&amp;#234;chent de s&amp;#8217;engager.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Dans certains cas, ces obstacles peuvent &amp;#234;tre de mauvaises exp&amp;#233;riences v&amp;#233;cues &amp;#171; aux mains &amp;#187; de chr&amp;#233;tiens ou de l&amp;#8217;&amp;#201;glise : &amp;#171; Comment peut-il y avoir un (bon) Dieu si mon voisin qui dit lui ob&amp;#233;ir est aussi d&amp;#233;sagr&amp;#233;able ? &amp;#187; Rappelons ici que le Qu&amp;#233;bec a connu un traumatisme collectif face &amp;#224; certaines pratiques de l&amp;#8217;&amp;#201;glise catholique d&amp;#8217;une autre &amp;#233;poque, ce qui l&amp;#8217;a en quelque sorte &amp;#171; immunis&amp;#233; &amp;#187; contre le christianisme. C. S. Lewis, en faisant r&amp;#233;f&amp;#233;rence aux traumatismes similaires de soci&amp;#233;t&amp;#233;s que nous appellerions aujourd&amp;#8217;hui &amp;#171; postchr&amp;#233;tiennes &amp;#187; a &amp;#233;crit qu&amp;#8217;on ne courtise pas une divorc&amp;#233;e comme on courtise une vierge.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Dans d&amp;#8217;autres cas, les obstacles &amp;#224; la foi peuvent &amp;#234;tre des &amp;#171; blocages &amp;#187; rationnels ou existentiels du genre : &amp;#171; si Dieu existe, pourquoi y a-t-il tant de souffrance dans le monde ? &amp;#187; Qu&amp;#8217;on le veuille ou non, ce besoin de confirmer ses choix existentiels en r&amp;#233;pondant aux doutes et questionnements qu&amp;#8217;ils suscitent est une n&amp;#233;cessit&amp;#233; de l&amp;#8217;existence humaine. C&amp;#8217;est m&amp;#234;me une t&amp;#226;che qui ne sera jamais termin&amp;#233;e, que l&amp;#8217;on opte pour la croyance ou l&amp;#8217;incroyance. Il y a, en effet, de bonnes raisons et arguments pour croire et ne pas croire.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;La question est : quelle option nous semble &amp;#234;tre la meilleure ? Comme l&amp;#8217;&amp;#233;poux aura toujours des raisons de demeurer dans la relation ou d&amp;#8217;en sortir, la foi du croyant et de l&amp;#8217;ath&amp;#233;e sera parfois &amp;#171; test&amp;#233;e &amp;#187;. Vivre, c&amp;#8217;est toujours choisir entre diff&amp;#233;rentes options, sans jamais &amp;#234;tre s&amp;#251;r de la validit&amp;#233; de ses choix, mais sans jamais non plus pouvoir se permettre d&amp;#8217;attendre d&amp;#8217;avoir atteint la certitude avant de choisir.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Cette question du choix plac&amp;#233; devant nous est centrale &amp;#224; la pr&amp;#233;sentation biblique de la condition humaine. Elle traverse la Bible de l&amp;#8217;Ancien Testament, o&amp;#249; Isra&amp;#235;l doit choisir de demeurer dans l&amp;#8217;Alliance ou d&amp;#8217;en sortir (voir par exemple Dt 30,15-20), jusqu&amp;#8217;au Nouveau Testament, o&amp;#249; J&amp;#233;sus appelle d&amp;#8217;&amp;#233;ventuels disciples &amp;#224; aller &amp;#224; sa suite, laissant derri&amp;#232;re leur vie ancienne, ce que certains acceptent et d&amp;#8217;autres non (Mc 1,16-20 ; 10,17-31 ; Lc 9,57-62).&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;La t&amp;#226;che apolog&amp;#233;tique consiste donc non pas tant &amp;#224; d&amp;#233;montrer (au sens scientifique), mais &amp;#224; ouvrir des possibilit&amp;#233;s de croire, incluant des possibilit&amp;#233;s de sens et d&amp;#8217;exp&amp;#233;rience de Dieu &amp;#224; ceux qui h&amp;#233;sitent &amp;#224; leur &amp;#171; donner une chance &amp;#187;. Et sans conclure que &amp;#171; si &amp;#231;a a du sens &amp;#187; ou &amp;#171; si &amp;#231;a me parle &amp;#187; ou &amp;#171; si &amp;#231;a marche, c&amp;#8217;est vrai &amp;#187;, il faut bien souligner l&amp;#8217;importance de l&amp;#8217;autre sens de l&amp;#8217;&amp;#233;quation : &amp;#171; si c&amp;#8217;est vrai, cela devrait normalement marcher &amp;#187;. Autrement dit, si notre croyance ne &amp;#171; marche pas dans la vraie vie &amp;#187;, par exemple si notre fa&amp;#231;on de vivre le christianisme ne correspond pas au discours que nous utilisons pour le pr&amp;#233;senter, on donne de bonnes raisons aux gens de rejeter ce discours. Apr&amp;#232;s tout, si Dieu existe vraiment et qu&amp;#8217;il correspond en gros &amp;#224; ce que le christianisme en dit (bien qu&amp;#8217;il soit certain que, si Dieu correspond &amp;#224; ce que le christianisme en dit, il est infiniment plus que ce que nous pouvons saisir de lui), l&amp;#8217;existence humaine prend un sens extraordinaire et l&amp;#8217;agir moral de celui qui est en communion avec Dieu en est forc&amp;#233;ment affect&amp;#233;. &lt;/p&gt;  &lt;p&gt;L&amp;#8217;apolog&amp;#233;tique peut ainsi montrer que le christianisme (ou le th&amp;#233;isme) est une option &amp;#171; valable &amp;#187; d&amp;#8217;un point de vue existentiel et rationnel, comme certains philosophes ont montr&amp;#233; que l&amp;#8217;ath&amp;#233;isme est une position rationnelle. Autrement dit, si on ne peut pas prouver que Dieu existe, on ne peut pas non plus pr&amp;#233;tendre que seuls les idiots croient en Dieu, n&amp;#8217;en d&amp;#233;plaise aux &amp;#171; nouveaux ath&amp;#233;es &amp;#187; agressifs &amp;#224; la Richard Dawkins. &lt;/p&gt;  &lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/21708733-3794796160058622647?l=marcpare.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://marcpare.blogspot.com/feeds/3794796160058622647/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=21708733&amp;postID=3794796160058622647' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/3794796160058622647'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/3794796160058622647'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://marcpare.blogspot.com/2010/08/parler-de-foi-sans-perdre-la-raison-ii.html' title='Parler de foi sans perdre la raison (II)'/><author><name>Marc D. Paré</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04687580388426445946</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_VMt-Dg9gsuk/SNqLrG0RP9I/AAAAAAAAABE/wD31Tql9uo8/S220/IMG_7492.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-21708733.post-4774185420468988815</id><published>2010-06-29T13:43:00.028-04:00</published><updated>2010-09-15T12:39:58.899-04:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Société'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Postmodernité'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Modernité'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Culture'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Québec'/><title type='text'>Postquoi ?</title><content type='html'>Le postmodernisme a remis en question de nombreux excès de la modernité.  Il est clair qu'il était nécessaire de rectifier le tir sur certains  aspects. En même temps, le retour du pendule ne devrait pas tarder, la  réaction à la modernité ayant engendré quelques excès qui lui sont  propres et qui, déjà, semblent en voie d'être corrigés ou du moins  reconnus. Steve Robitaille, un ami et collègue dont vous pouvez lire le  blogue &lt;a href="http://www.steverobitaille.blogspot.com/"&gt;ici&lt;/a&gt;, a d'ailleurs rappelé dans un article à paraître que ce ne  sont pas tous qui voient dans le postmodernisme (ou dans la postmodernité) la fin de la modernité.   Nombreux sont ceux qui parlent d'une autre modernité ou d'une modernité  réflexive, consciente de ses problèmes mais toujours résolument  moderne. Il est d'ailleurs très difficile de définir positivement le  postmodernisme (ou même la postmodernité), de dire ce que c'est plutôt que ce que ce n'est pas (ou  ce que cela ne veut pas être). Cela devrait suffire pour reconnaître son caractère provisoire ou du moins inachevé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je crois donc qu'il ne faut pas  être trop intimidé ou réfractaire au postmodernisme, qui a du bon, mais  il est clair qu'il ne faut pas non plus "filtrer le moucheron et avaler  le chameau", ou rejeter la modernité pour ses défauts et accepter sans  critique la postmodernité, ce que certains semblent enclins à faire (par exemple certains "émergents").  Parmi les propositions postmodernistes qui doivent être questionnées se  trouve à mon avis l'impératif consistant à abandonner en bloc les métarécits,  ces récits qui visent à expliquer l'intégralité de l'expérience, de la  connaissance ou de l'histoire humaines et qui constituent, selon de  nombreux postmodernistes s'inspirant de Lyotard, des discours de légitimation,  des récits totalisants, au fond des idéologies et des moyens de  domination. Il faut plutôt se contenter selon eux de microrécits, des récits "vrais pour une communauté" ou " pour une situation précise".&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bien que Lyotard ne s'attaque pas au christianisme dans sa  présentation/critique des métarécits, certains voient dans le christianisme cherchant  à expliquer la condition humaine par un récit totalisant (par exemple,  l'histoire du salut, qui est une certaine présentation de la foi  chrétienne), comme dans la plupart des autres historiographies (mise en  récit de l'histoire ou écriture sur l'histoire), un métarécit, une façon  d'expliquer de façon totalisante et totalitaire la condition humaine. Le christianisme serait donc "menacé" (ou à tout le moins critiqué) par cette dimension de la postmodernité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour  tout dire, je ne suis pas sûr que le québécois (ou l'occidental) moyen, qui n'a pas lu Lyotard, soit si réfractaire aux métarécits : les  "vrais postmodernes" (oxymoron?) me semblent minoritaires de ce point de vue. Le  québécois moyen est (ou aime se croire) réfractaire au dogmatisme, à une pensée totalisante  et totalitaire, mais tous les métarécits ne sont pas forcéments  idéologiques (au sens péjoratif du terme). La prétention au sens n'est pas la  même que la prétention au monopole de la vérité ou à la vérité  exhaustive. Ce n'est pas nécessairement l'imposition de la vérité non plus. Ce n'est pas parce qu'un récit est "englobant" qu'il est  dogmatique ou qu'on ne peut reconnaître son caractère incomplet, voire  provisoire. Il me semble que la Bible propose véritablement un  métarécit, mais largement sur le plan symbolique, et la symbolique, comme  l'affirmait si bien récemment le bibliste Marc Girard dans une  conversation personnelle, c'est "l'évocation d'un monde dont on ne  comprend rien mais qui contient les solutions à tous les problèmes  humains". Je ne peux penser à une meilleure façon de voir la Bible et le christianisme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ne suis pas certain que les gens refusent par principe  d'adopter un discours ou un récit totalisant : il existe encore de tels  récits, mais les gens semblent réfractaires à faire confiance à une  autorité comme l'Église pour l'articuler. Ils préfèrent adopter le récit  du "troupeau", par exemple le récit du progrès social ("on est rendu là") qui devient parfois  intransigeant, totalisant et totalitaire, reléguant au statut d'hommes  des cavernes tous ceux qui n'adoptent pas leur récit. Il s'agit  clairement d'une prétention à la Vérité et non d'un microrécit pour une  communauté précise.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sur ce, je vais aller manger ma cuisse de mammouth.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/21708733-4774185420468988815?l=marcpare.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://marcpare.blogspot.com/feeds/4774185420468988815/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=21708733&amp;postID=4774185420468988815' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/4774185420468988815'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/4774185420468988815'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://marcpare.blogspot.com/2010/06/postquoi.html' title='Postquoi ?'/><author><name>Marc D. Paré</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04687580388426445946</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_VMt-Dg9gsuk/SNqLrG0RP9I/AAAAAAAAABE/wD31Tql9uo8/S220/IMG_7492.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-21708733.post-7213172197107192002</id><published>2010-05-13T11:25:00.001-04:00</published><updated>2010-05-13T11:27:23.447-04:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Société'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Anabaptisme'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Suggestions de lecture'/><title type='text'>Suggestion de lecture</title><content type='html'>Sur un sujet connexe à celui touché récemment dans ce blogue sur la &lt;a href="http://marcpare.blogspot.com/2010/05/bible-et-culture-aux-etats-unis_07.html"&gt;culture  étatsunienne&lt;/a&gt;, voir l'&lt;a href="http://www.centre-mennonite.fr/blog/index.php?2010/03/25/133-les-mennonites-americains-et-le-patriotisme"&gt;entrée&lt;/a&gt;  du blogue du Centre mennonite de Paris sur les mennonites états-uniens  et le patriotisme.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/21708733-7213172197107192002?l=marcpare.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://marcpare.blogspot.com/feeds/7213172197107192002/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=21708733&amp;postID=7213172197107192002' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/7213172197107192002'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/7213172197107192002'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://marcpare.blogspot.com/2010/05/suggestion-de-lecture.html' title='Suggestion de lecture'/><author><name>Marc D. Paré</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04687580388426445946</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_VMt-Dg9gsuk/SNqLrG0RP9I/AAAAAAAAABE/wD31Tql9uo8/S220/IMG_7492.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-21708733.post-7800879442673544829</id><published>2010-05-07T15:43:00.003-04:00</published><updated>2010-11-21T09:23:40.047-05:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Modernité'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Lien'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Culture'/><title type='text'>Parler de foi sans perdre la raison (I)</title><content type='html'>&lt;p&gt;Cet article a été publié dans Le Lien 27/2 (Mars-Avril 2010). La seconde partie sera publiée dans Le Lien 27/3 (Mai-Juin 2010), puis dans ce blogue. Ces deux articles ont été publiés sous une forme modifiée et en un seul article dans le Mennonite Brethren Herald 49/3 (Mars 2010) sous le titre "Discussing our Faith without Losing our Minds" puis sur &lt;a href="http://www.christianity.ca/netcommunity/Page.aspx?pid=7396" target="_blank"&gt;Christianity.ca&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;À 18 ans, j’étais à la croisée des chemins entre l’athéisme et la foi chrétienne. La faiblesse de nombreux arguments défendant le théisme (croyance en Dieu) me dirigeait tout droit vers l’athéisme ou du moins au rejet formel de la foi chrétienne. Il s’agissait d’arguments tels que « l’athéisme conduit à croire qu’il n’y a pas de sens à la vie, ce qui prouve que Dieu existe ». Ce type d’argument me posait problème puisqu’il est fondé sur une opinion, soit que la vie a (ou doit avoir) un sens, opinion qui n’est pas partagée par tous. Au fond, cet argument revient à dire « si ça marche, c’est que c’est vrai », ou plutôt « si ça ne marche pas, c’est que c’est faux ». Mais on peut se demander si l’athéisme est faux simplement parce que ses conclusions sont déprimantes.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Plus fondamentalement, ce type d’argument ne répondait pas aux vrais problèmes que j’avais avec la foi chrétienne. La raison pour laquelle j’ai finalement rejeté l’athéisme et choisi la foi chrétienne est que j’ai pu, grâce au dialogue avec un chrétien, répondre à deux types d’obstacles à la foi, soit des questions d’ordre rationnel et existentiel. En me fondant sur mon expérience, j’aimerais suggérer quelques réflexions dans le but d’encourager un meilleur dialogue avec les athées et les non-croyants. Dans ce premier article, je vais mettre l’accent sur la dimension rationnelle du témoignage chrétien, alors que dans le suivant je soulignerai sa dimension existentielle.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;b&gt;Foi et raison&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Notre monde moderne est fondé sur des épistémologies (théories de la connaissance et du savoir) où la raison et la méthode scientifique occupent une place fondamentale. Cela implique que la présentation de la foi chrétienne ne doit pas choquer inutilement la raison ni la démarche scientifique. Ce qui ne veut pas dire que nous ne pouvons pas remettre en question certaines positions philosophiques ou scientifiques. Après tout, la résurrection était une folie pour les Grecs, mais les premiers chrétiens ne pouvaient faire de compromis sur ce sujet pour satisfaire la sagesse humaine.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Cependant, nous savons que plusieurs apôtres et Pères de l’Église ont cherché à présenter la foi d’une façon qui était intellectuellement admissible pour les gens de leur époque. Augustin croyait que la présentation naïve de l’univers que proposaient certains chrétiens de son époque et qui ne tenait pas compte des avancées philosophiques et « scientifiques » du temps faisait plus de tort que de bien puisqu’elle incitait les gens savants à rejeter la foi chrétienne sous prétexte qu’elle était fondée sur des connaissances et compréhensions périmées et clairement fausses.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Un des projets fondamentaux de l’histoire du christianisme, qui a notamment occupé de nombreux Pères de l’Église, a été l’articulation de la foi chrétienne en employant les moyens intellectuels de l’époque, notamment la philosophie grecque. Cette entreprise s’explique notamment par le désir des Pères de démontrer que la foi chrétienne pouvait résister même à la rigueur de la reine des philosophies et des savoirs. Plus fondamentalement, les Pères estimaient qu’il était permis (non, nécessaire) de se servir des meilleurs moyens intellectuels disponibles pour réfléchir à la foi chrétienne et à ses implications. Cela a donné naissance à des formulations aussi remarquables que la doctrine de la Trinité.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Ainsi, s’il n’est pas nécessaire de se soumettre entièrement à la science et à la raison, il est inadmissible d’en faire fi. Il n’est pas nécessaire d’éteindre son cerveau pour croire en Dieu ; au contraire, la raison peut être utile à la foi. La présentation de la foi, surtout si elle inclut des arguments de type philosophique ou scientifique, ne doit faire fi ni de la logique, ni de la raison ou de la démarche scientifique. Les questions de l’existence de Dieu et du sens de la vie sont des questions on ne peut plus légitimes, pertinentes et raisonnables, particulièrement depuis le 18&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; siècle. Et ces questions ne devraient pas occuper seulement les agnostiques qui ne se sont pas (encore ?) fait une opinion sur le sujet, à supposer que les agnostiques soient des « indécis » plutôt que des gens qui ont conclu qu’il (leur) est impossible de trancher la question. En effet, même les croyants et les athées peuvent pousser leur réflexion plus loin en revisitant en profondeur ces questions.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Ainsi, sans devoir (ou pouvoir) nécessairement démontrer rationnellement l’existence de Dieu, il demeure nécessaire de ne pas offenser la raison et de « rendre compte de la foi » (1 P 3,15) d’une façon intelligente, en faisant usage de la raison. Bien entendu, ce ne sont pas tous les chrétiens qui doivent devenir des philosophes ou des scientifiques, mais le discours global véhiculé par tous les chrétiens (la somme des arguments et des discussions auxquelles participent les chrétiens) devrait inclure une présentation rationnelle de la foi et contenir le minimum d’arguments fallacieux, au risque de rebuter inutilement les gens. On doit se rappeler le souci de Paul de se faire « tout à tous, afin d’en sauver à tout prix quelques-uns » (1 Co 9,19-23).&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;b&gt;Il n’y en aura pas de faciles&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Malheureusement, la mauvaise presse dont souffre le christianisme dans de nombreux milieux intellectuels et scientifiques est due à une présentation intellectuellement médiocre de la foi. Si on veut espérer un réel dialogue avec ceux qui n’adoptent pas la foi chrétienne, il faut notamment éviter de caricaturer la position critiquée (les athéismes, les paganismes, les sécularismes, les postmodernismes, les évolutionnismes, etc.) pour ensuite facilement (évidemment) la déconstruire. Pour être réel, le dialogue demande que l’on écoute ce que « l’autre » affirme pour s’assurer de bien comprendre plutôt que de croire que tous ceux qui n’adoptent pas nos croyances et raisonnements sont forcément idiots ou endurcis, et que leurs positions peuvent être réduites à des constructions ridicules, irrationnelles ou immorales. &lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Il faut donc larguer les discours simplistes qui disent par exemple que les athées sont tous malheureux et amoraux et sont &lt;i&gt;donc&lt;/i&gt; dans l’erreur alors que tous les chrétiens sont heureux et vertueux et ont &lt;i&gt;donc&lt;/i&gt; raison. La Bible elle-même n’endosse jamais l’équation simpliste : « si ça marche, c’est que c’est vrai » ou ses mutations, comme le soi-disant « Évangile de la prospérité » qui afflige certaines églises. Rappelons-nous des nombreux exemples bibliques contredisant ce paradigme totalitaire qui fait correspondre le succès à la véracité ou à la fidélité à Dieu. Un de ces exemples est ce que dit l’Ancien Testament à propos du peuple d’Israël du 8&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; siècle av. J.-C. À cette époque, Israël a connu une grande prospérité et un développement important. Les Israélites croyaient être bénis par Yahvé puisque les sanctuaires étaient pleins et les sacrifices abondaient. Dieu, repu, se devait donc de bénir son peuple en retour. Or, Amos et Osée n’attribuent pas la prospérité d’Israël à sa fidélité ou aux bénédictions divines et annoncent la destruction d’Israël.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Et ils ne sont pas les seuls prophètes dont le message ou la vie et le ministère contredisent la formule « le succès est conséquence de la véracité et de la fidélité ». En fait, la plupart des prophètes, incluant Jésus, ont eu de grandes difficultés personnelles et un ministère dont le succès a été pour le moins mitigé. Disons-le franchement, le ministère et la prédication de la plupart des prophètes (incluant Jésus) ont été un échec cuisant, du moins de leur vivant, surtout si on évalue le succès de la prédication prophétique en fonction de la repentance des masses. Rappelons-nous comment les Évangiles présentent même les disciples comme étant souvent incapables de comprendre ou d’accepter l’enseignement de Jésus (sans parler de la trahison de Judas). Mais le succès mitigé des prophètes et leurs échecs ne sont-ils pas dus précisément au fait qu’ils communiquaient fidèlement la Parole de Dieu à un peuple qui n’en avait strictement rien à cirer (voir Ez 2,7 ; 3,7) ?&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;On peut se demander pourquoi les choses devraient nécessairement être différentes aujourd’hui. « Si ça marche, c’est que c’est vrai ». Ah oui ? Dites-cela à Jean-Baptiste ou à Jérémie ! Il semble que l’incapacité à suivre Dieu et l’utilisation d’un substitut plus pratique comme un code bien défini ou des recettes à la mode (qui ont du succès ! qui marchent !) soient une caractéristique de l’humanité et même du peuple de Dieu qui perdure de génération en génération. Les Pharisiens n’avaient pas de problème de recrutement au temps de Jésus. Était-ce parce qu’ils avaient raison ?&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Lors du prochain numéro du &lt;i&gt;Lien&lt;/i&gt;, nous verrons que, bien que la tâche apologétique doive tenir compte de la raison, elle dépasse cette seule dimension et doit prendre en compte également la dimension existentielle de l’être humain.&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/21708733-7800879442673544829?l=marcpare.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://marcpare.blogspot.com/feeds/7800879442673544829/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=21708733&amp;postID=7800879442673544829' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/7800879442673544829'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/7800879442673544829'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://marcpare.blogspot.com/2010/05/parler-de-foi-sans-perdre-la-raison-i.html' title='Parler de foi sans perdre la raison (I)'/><author><name>Marc D. Paré</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04687580388426445946</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_VMt-Dg9gsuk/SNqLrG0RP9I/AAAAAAAAABE/wD31Tql9uo8/S220/IMG_7492.jpg'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-21708733.post-321645129842997499</id><published>2010-05-07T15:33:00.001-04:00</published><updated>2010-05-07T15:52:40.313-04:00</updated><title type='text'>Bible et culture aux États-Unis</title><content type='html'>&lt;p&gt;Cet article est paru dans Theoforum 37 (2006) : 197-222.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Lorsqu&amp;#8217;on vit au Qu&amp;#233;bec et m&amp;#234;me au Canada fran&amp;#231;ais, on peut se demander si la Bible a une r&amp;#233;elle influence sur la culture. Notre soci&amp;#233;t&amp;#233; est caract&amp;#233;ris&amp;#233;e par la marginalisation du christianisme et l&amp;#8217;absence de connaissances bibliques minimales chez la plupart des gens, en particulier chez les jeunes&lt;a href="#_ftn1_8764" name="_ftnref1_8764"&gt;[1]&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Certains se permettent de g&amp;#233;n&amp;#233;raliser et d&amp;#8217;affirmer que l&amp;#8217;Occident en g&amp;#233;n&amp;#233;ral se trouve dans une situation similaire, ce qui n&amp;#8217;est pas tout &amp;#224; fait vrai. Il faut reconna&amp;#238;tre qu&amp;#8217;il y a au moins une exception (certains parleront d&amp;#8217;une aberration) : les &amp;#201;tats-Unis. Les &amp;#201;tats-Unis sont une &amp;#233;nigme pour la plupart des Qu&amp;#233;b&amp;#233;cois comme d&amp;#8217;ailleurs pour la plupart des Europ&amp;#233;ens francophones, en particulier du point de vue de la place privil&amp;#233;gi&amp;#233;e de la religion dans la sph&amp;#232;re publique, malgr&amp;#233; la s&amp;#233;paration formelle entre l&amp;#8217;&amp;#201;glise et l&amp;#8217;&amp;#201;tat.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Alors que l&amp;#8217;Occident semble devenir post-chr&amp;#233;tien, la population et les dirigeants politiques &amp;#233;tats-uniens semblent devenir plus chr&amp;#233;tiens et m&amp;#234;me plus fondamentalistes que jamais. Les &amp;#201;tats-Unis ne semblent pas press&amp;#233;s de nous rejoindre dans la marche vers la s&amp;#233;cularisation et le rejet massif de l&amp;#8217;h&amp;#233;ritage chr&amp;#233;tien. Bien que ce ne soit pas tous les &amp;#201;tats-uniens qui soient influenc&amp;#233;s par une conception religieuse du monde, la religion et les valeurs qu&amp;#8217;elle v&amp;#233;hicule ont un impact important sur le pays et sur ses politiques int&amp;#233;rieure et ext&amp;#233;rieure&lt;a href="#_ftn2_8764" name="_ftnref2_8764"&gt;[2]&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Or, &amp;#171; l&amp;#8217;anomalie &amp;#233;tats-unienne &amp;#187; nous semble importante &amp;#224; analyser non seulement pour comprendre les &amp;#201;tats-Unis, qui est tout de m&amp;#234;me le pays le plus puissant et influent de la plan&amp;#232;te&lt;a href="#_ftn3_8764" name="_ftnref3_8764"&gt;[3]&lt;/a&gt;, mais peut-&amp;#234;tre aussi pour mieux comprendre l&amp;#8217;Occident en g&amp;#233;n&amp;#233;ral puisque le cas &amp;#233;tats-unien remet en question la th&amp;#232;se annon&amp;#231;ant la fin du christianisme en Occident. En effet, les &amp;#201;tats-Unis, bien que particuliers, ne sont pas &amp;#224; notre avis compl&amp;#232;tement diff&amp;#233;rents du reste de l&amp;#8217;Occident&lt;a href="#_ftn4_8764" name="_ftnref4_8764"&gt;[4]&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Le cas &amp;#233;tats-unien pourrait-il d&amp;#233;montrer que, malgr&amp;#233; la fin de l&amp;#8217;h&amp;#233;g&amp;#233;monie de l&amp;#8217;&amp;#201;glise catholique dans la soci&amp;#233;t&amp;#233; qu&amp;#233;b&amp;#233;coise et son d&amp;#233;clin d&amp;#233;mographique, la mort imminente du christianisme en Occident annonc&amp;#233;e par certains n&amp;#8217;aura pas n&amp;#233;cessairement lieu ? Est-il possible que le christianisme soit simplement dans une p&amp;#233;riode de mutation en Occident ? Malgr&amp;#233; tout le mal qu&amp;#8217;on en pense parfois, la vitalit&amp;#233; du christianisme aux &amp;#201;tats-Unis et dans certains pays anglo-saxons comme la Grande-Bretagne, le Canada (anglais) et l&amp;#8217;Australie&lt;a href="#_ftn5_8764" name="_ftnref5_8764"&gt;[5]&lt;/a&gt;, d&amp;#233;montre que l&amp;#8217;&amp;#201;glise pourrait bien survivre encore longtemps en Occident, mais que la forme qu&amp;#8217;elle prendra risque d&amp;#8217;&amp;#234;tre diff&amp;#233;rente&lt;a href="#_ftn6_8764" name="_ftnref6_8764"&gt;[6]&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Le Pape Beno&amp;#238;t XVI, qui semble avoir fait de l&amp;#8217;Occident une priorit&amp;#233;, a par ailleurs r&amp;#233;cemment identifi&amp;#233; les &amp;#201;tats-Unis (avec l&amp;#8217;Italie) comme une &amp;#238;le religieuse en Occident qui pourrait indiquer la voie &amp;#224; suivre pour le catholicisme dans les ann&amp;#233;es &amp;#224; venir dans un Occident post-chr&amp;#233;tien&lt;a href="#_ftn7_8764" name="_ftnref7_8764"&gt;[7]&lt;/a&gt;. Il serait donc utile, en particulier pour les biblistes et th&amp;#233;ologiens, de mieux comprendre le christianisme aux &amp;#201;tats-Unis et ses interactions avec le pluralisme, le s&amp;#233;cularisme et la sph&amp;#232;re publique, en fait avec la culture &amp;#233;tats-unienne au sens large&lt;a href="#_ftn8_8764" name="_ftnref8_8764"&gt;[8]&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Bush, un innovateur ?&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;On s&amp;#8217;est beaucoup &amp;#233;tonn&amp;#233; ces derni&amp;#232;res ann&amp;#233;es de l&amp;#8217;usage fr&amp;#233;quent de m&amp;#233;taphores ou d&amp;#8217;allusions bibliques par George W. Bush. Lors du premier anniversaire des attaques du 11 septembre 2001 par exemple, Bush a dit : &amp;#171; Cet id&amp;#233;al de l&amp;#8217;Am&amp;#233;rique est l&amp;#8217;espoir de toute l&amp;#8217;humanit&amp;#233; (&amp;#8230;) Cet espoir continue &amp;#224; illuminer notre voie. Et la lumi&amp;#232;re brille dans l&amp;#8217;obscurit&amp;#233;. Et l&amp;#8217;obscurit&amp;#233; ne l&amp;#8217;a pas conquise &amp;#187;&lt;a href="#_ftn9_8764" name="_ftnref9_8764"&gt;[9]&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Pendant la campagne pr&amp;#233;sidentielle de 2004, Bush &amp;#233;voquait constamment sa foi et les &amp;#171; questions morales &amp;#187; conservatrices (comme l&amp;#8217;opposition &amp;#224; l&amp;#8217;avortement et aux mariages gais). On a moins remarqu&amp;#233; que pendant cette m&amp;#234;me campagne le candidat d&amp;#233;mocrate John Kerry (surtout vers la fin) a lui aussi fait allusion &amp;#224; sa foi et &amp;#224; la Bible, notamment en &amp;#233;voquant la parabole du Bon samaritain. John Kerry a &amp;#233;galement soulign&amp;#233; l&amp;#8217;importance d&amp;#8217;aimer son prochain et il a cit&amp;#233; L&amp;#8217;&amp;#201;p&amp;#238;tre de Jacques en disant : &amp;#171; il ne suffit pas, mon fr&amp;#232;re, de dire que tu as la foi lorsqu&amp;#8217;il n&amp;#8217;y a pas d&amp;#8217;&amp;#339;uvres (&amp;#8230;) La foi sans les &amp;#339;uvres est morte &amp;#187;&lt;a href="#_ftn10_8764" name="_ftnref10_8764"&gt;[10]&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Plus significatif encore, les r&amp;#233;f&amp;#233;rences religieuses et bibliques de George W. Bush durant sa pr&amp;#233;sidence et ses campagnes &amp;#233;lectorales n&amp;#8217;ont pas caus&amp;#233; d&amp;#8217;&amp;#233;moi chez la plupart des &amp;#201;tats-uniens. En 2003, 62% des &amp;#201;tats-uniens pensent que Bush a &amp;#171; r&amp;#233;ussi &amp;#224; trouver l&amp;#8217;&amp;#233;quilibre souhaitable entre religion et politique et 59% jugent que son recours &amp;#224; la religion, lors de sa prise de d&amp;#233;cisions, est opportun &amp;#187;&lt;a href="#_ftn11_8764" name="_ftnref11_8764"&gt;[11]&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Alors qu&amp;#8217;on d&amp;#233;crit parfois George W. Bush comme &amp;#233;tant en rupture avec le pass&amp;#233;, nous pensons au contraire que Bush est pour l&amp;#8217;essentiel en continuit&amp;#233; avec l&amp;#8217;histoire &amp;#233;tats-unienne dans l&amp;#8217;utilisation qu&amp;#8217;il fait de la Bible pour modeler (ou du moins justifier) sa pens&amp;#233;e et son action politique.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Limites de la d&amp;#233;marche&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Le but de cette conf&amp;#233;rence est justement de montrer que l&amp;#8217;importance de la Bible dans la culture &amp;#233;tats-unienne n&amp;#8217;est pas un ph&amp;#233;nom&amp;#232;ne nouveau aux &amp;#201;tats-Unis. La Bible a &amp;#233;t&amp;#233; fr&amp;#233;quemment utilis&amp;#233;e aux &amp;#201;tats-Unis non seulement dans l&amp;#8217;&amp;#201;glise (et la synagogue), mais aussi en politique&lt;a href="#_ftn12_8764" name="_ftnref12_8764"&gt;[12]&lt;/a&gt; et dans les arts et les lettres. Comme le note Mitri,&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;les images et m&amp;#233;taphores bibliques ont &amp;#233;t&amp;#233; largement utilis&amp;#233;es &amp;#224; travers l&amp;#8217;histoire des &amp;#201;tats-Unis, non seulement par les pr&amp;#233;dicateurs et autres religieux mais aussi par les hommes politiques, depuis le temps de ceux qu&amp;#8217;on appelle commun&amp;#233;ment les P&amp;#232;res fondateurs&lt;a href="#_ftn13_8764" name="_ftnref13_8764"&gt;[13]&lt;/a&gt;. &lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Plut&amp;#244;t que d&amp;#8217;examiner l&amp;#8217;utilisation de la Bible par George W. Bush, nous nous pencherons surtout sur le contexte historique plus large pour donner une &amp;#233;paisseur historique &amp;#224; la situation pr&amp;#233;sente. Nous mettrons &amp;#233;galement l&amp;#8217;accent sur l&amp;#8217;influence g&amp;#233;n&amp;#233;rale de la Bible dans la sph&amp;#232;re publique plut&amp;#244;t que dans les arts et la litt&amp;#233;rature&lt;a href="#_ftn14_8764" name="_ftnref14_8764"&gt;[14]&lt;/a&gt;. Nous ne parlerons pas de l&amp;#8217;influence de la religion en g&amp;#233;n&amp;#233;ral ou de l&amp;#8217;influence de la Bible dans les religions et confessions, cette derni&amp;#232;re &amp;#233;tant &amp;#233;vidente, mais bien de celle de la Bible en particulier dans la culture ou la soci&amp;#233;t&amp;#233; &amp;#233;tats-unienne&lt;a href="#_ftn15_8764" name="_ftnref15_8764"&gt;[15]&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;La myopie historique&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;La couverture m&amp;#233;diatique du ph&amp;#233;nom&amp;#232;ne religieux &amp;#233;tats-unien depuis 2000 a &amp;#233;t&amp;#233; tellement mauvaise, simpliste et myope du point de vue historique qu&amp;#8217;elle a introduit une confusion dans la population mais aussi chez les intellectuels, en particulier au Qu&amp;#233;bec et en France&lt;a href="#_ftn16_8764" name="_ftnref16_8764"&gt;[16]&lt;/a&gt;. Par exemple, les journalistes et intellectuels d&amp;#233;crivent parfois l&amp;#8217;&amp;#233;lection de Bush comme l&amp;#8217;&amp;#233;lection du premier Pr&amp;#233;sident &amp;#233;vang&amp;#233;lique aux &amp;#201;tats-Unis, ce qui est faux, et comme l&amp;#8217;indice d&amp;#8217;une rupture avec le pass&amp;#233;, ce qui est &amp;#233;galement faux.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;En fait, pour comprendre la situation religieuse et socio-politique actuelle aux &amp;#201;tats-Unis, dont l&amp;#8217;utilisation de la Bible dans la sph&amp;#232;re publique (ce qui nous int&amp;#233;resse ici), y compris l&amp;#8217;utilisation (voire l&amp;#8217;instrumentalisation) de la Bible et de la religion par les politiciens, il faut remonter loin derri&amp;#232;re. En effet, et contrairement &amp;#224; ce que semblent croire certains journalistes et intellectuels qu&amp;#233;b&amp;#233;cois et franco-europ&amp;#233;ens, la religion et la droite religieuse ont commenc&amp;#233; &amp;#224; avoir une influence culturelle et politique aux &amp;#201;tats-Unis bien avant l&amp;#8217;arriv&amp;#233;e au pouvoir de George W. Bush. On se souviendra au moins de l&amp;#8217;&amp;#233;lection de Ronald Reagan en 1980&lt;a href="#_ftn17_8764" name="_ftnref17_8764"&gt;[17]&lt;/a&gt; o&amp;#249; certains avaient attribu&amp;#233; la victoire de Reagan en partie &amp;#224; l&amp;#8217;influence de la droite religieuse&lt;a href="#_ftn18_8764" name="_ftnref18_8764"&gt;[18]&lt;/a&gt;, avec entre autres l&amp;#8217;appui de la &lt;i&gt;Moral Majority&lt;/i&gt; de Jerry Falwell, un groupe compos&amp;#233; surtout de fondamentalistes mais aussi d&amp;#8217;&amp;#233;vang&amp;#233;liques&lt;a href="#_ftn19_8764" name="_ftnref19_8764"&gt;[19]&lt;/a&gt;. &lt;/p&gt;  &lt;p&gt;En r&amp;#233;alit&amp;#233;, il faut remonter bien avant 1980&lt;a href="#_ftn20_8764" name="_ftnref20_8764"&gt;[20]&lt;/a&gt;. L&amp;#8217;&amp;#233;lection de Reagan, si on l&amp;#8217;attribue en partie au vote &amp;#171; religieux &amp;#187;, est le r&amp;#233;sultat non pas de la naissance d&amp;#8217;un ph&amp;#233;nom&amp;#232;ne nouveau mais d&amp;#8217;un retour des fondamentalistes et des &amp;#233;vang&amp;#233;liques &amp;#224; la vie publique active et de leur alignement graduel vers la droite et le parti r&amp;#233;publicain. En effet, les fondamentalistes et les &amp;#233;vang&amp;#233;liques avaient connu aux &amp;#201;tats-Unis quelques d&amp;#233;cennies de repli de la vie politique et publique depuis le milieu des ann&amp;#233;es 1920. Ils sont revenus en force dans les ann&amp;#233;es 1970 et 1980. Dans un pays o&amp;#249; le taux de participation aux &amp;#233;lections est tr&amp;#232;s faible, le vote de la droite religieuse compte maintenant pour davantage que son poids d&amp;#233;mographique r&amp;#233;el puisque la droite religieuse est fortement politis&amp;#233;e et mobilis&amp;#233;e. Elle a donc une importance disproportionnelle &amp;#224; sa taille. &lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Mais cette r&amp;#233;cente mont&amp;#233;e de la droite religieuse ne doit pas cacher le fait qu&amp;#8217;en r&amp;#233;alit&amp;#233; la religion et la Bible jouissent aux &amp;#201;tats-Unis d&amp;#8217;une influence consid&amp;#233;rable sur la vie publique et politique depuis les temps coloniaux, donc avant m&amp;#234;me la cr&amp;#233;ation du pays.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Pr&amp;#233;sence de la Bible&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;La d&amp;#233;signation d&amp;#8217;une partie des &amp;#201;tats-Unis comme la &amp;#171; &lt;i&gt;Bible Belt &lt;/i&gt;&amp;#187; illustre l&amp;#8217;importance qu&amp;#8217;occupe la Bible dans de nombreux &amp;#233;tats du sud, mais l&amp;#8217;influence de la Bible est beaucoup plus &amp;#233;tendue dans l&amp;#8217;espace et dans le temps que dans cette &lt;i&gt;Bible Belt&lt;/i&gt; des 20&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; et 21&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&amp;#232;cles. Ce sont pratiquement tous les &amp;#233;tats depuis leur fondation qui ont &amp;#233;t&amp;#233; fortement influenc&amp;#233;s par la religion (en particulier protestante) et par la Bible. Jusque dans les ann&amp;#233;es 1950, certains &amp;#233;tats exigeaient qu&amp;#8217;on lise des extraits de la Bible et qu&amp;#8217;on r&amp;#233;cite le Notre p&amp;#232;re au d&amp;#233;but de la journ&amp;#233;e&lt;a href="#_ftn21_8764" name="_ftnref21_8764"&gt;[21]&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Aujourd&amp;#8217;hui encore, la majorit&amp;#233; des &amp;#201;tats-uniens vivants ont &amp;#233;t&amp;#233; influenc&amp;#233;s par la Bible directement ou indirectement au cours de leur existence. Par exemple, la moiti&amp;#233; des &amp;#201;tats-uniens dans les ann&amp;#233;es 1980 consid&amp;#233;raient que &amp;#171; la Bible est la Parole de Dieu et [que] tout ce qu&amp;#8217;elle dit est vrai &amp;#187;&lt;a href="#_ftn22_8764" name="_ftnref22_8764"&gt;[22]&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;En m&amp;#234;me temps, l&amp;#8217;influence de la Bible est plut&amp;#244;t s&amp;#233;lective. En effet, alors m&amp;#234;me que 6 &amp;#201;tats-uniens sur 7 estimaient que la Bible &amp;#233;tait la Parole inspir&amp;#233;e de Dieu dans les ann&amp;#233;es 1950, plus de la moiti&amp;#233; des adultes &amp;#233;taient incapables de nommer un seul des 4 &amp;#201;vangiles !&lt;a href="#_ftn23_8764" name="_ftnref23_8764"&gt;[23]&lt;/a&gt; De m&amp;#234;me, alors que 6 &amp;#201;tats-uniens sur 7 estimaient dans les ann&amp;#233;es 1980 que les 10 commandements &amp;#233;taient applicables aujourd&amp;#8217;hui, seulement 3 de ces 6 arrivaient &amp;#224; en nommer au moins quatre !&lt;a href="#_ftn24_8764" name="_ftnref24_8764"&gt;[24]&lt;/a&gt;. &lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Malgr&amp;#233; la superficialit&amp;#233; de la connaissance de la Bible des &amp;#201;tats-uniens, les chiffres r&amp;#233;v&amp;#232;lent l&amp;#8217;importance de la Bible &amp;#224; leurs yeux et l&amp;#8217;aura qu&amp;#8217;on lui attribue encore. Les &amp;#201;tats-Unis se distinguent en cela de tous les autres grands pays industrialis&amp;#233;s au moins depuis plusieurs d&amp;#233;cennies&lt;a href="#_ftn25_8764" name="_ftnref25_8764"&gt;[25]&lt;/a&gt;. Les illustrations de ce caract&amp;#232;re &amp;#171; distinct &amp;#187; incluent les r&amp;#233;centes d&amp;#233;cisions de la Cour supr&amp;#234;me concernant la pr&amp;#233;sence de monuments ou de reproductions des 10 commandements dans les palais de justice et d&amp;#8217;autres b&amp;#226;timents publics aux &amp;#201;tats-Unis. Rappelons que certaines de ces d&amp;#233;cisions ont &amp;#233;t&amp;#233; positives en permettant de tels monuments ou reproductions, quoique la tendance est &amp;#224; encadrer l&amp;#8217;utilisation de tels monuments.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Mark Noll estime d&amp;#8217;ailleurs que sans la Bible, il est impossible de rendre compte de l&amp;#8217;histoire des &amp;#201;tats-Unis ou de ses id&amp;#233;aux&lt;a href="#_ftn26_8764" name="_ftnref26_8764"&gt;[26]&lt;/a&gt;. Alexis de Tocqueville dans sa &lt;i&gt;D&amp;#233;mocratie en Am&amp;#233;rique&lt;/i&gt; affirmait d&amp;#233;j&amp;#224; en 1835 qu&amp;#8217;il n&amp;#8217;y avait pas de pays dans le monde o&amp;#249; la religion chr&amp;#233;tienne avait autant d&amp;#8217;influence sur les &amp;#226;mes des hommes qu&amp;#8217;en Am&amp;#233;rique&lt;a href="#_ftn27_8764" name="_ftnref27_8764"&gt;[27]&lt;/a&gt;. En r&amp;#233;alit&amp;#233;, Tocqueville est &amp;#224; son &amp;#233;poque le t&amp;#233;moin d&amp;#8217;un trait culturel qui est d&amp;#233;j&amp;#224; plus que centenaire.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Les puritains&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Au d&amp;#233;but du 17&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&amp;#232;cle les puritains fuyant la Grande-Bretagne des Stuarts ont fond&amp;#233; en Am&amp;#233;rique des colonies dont Plymouth (1620) et la Massachusetts Bay Colony. Le gouverneur de cette derni&amp;#232;re, John Winthrop, a d&amp;#233;clar&amp;#233; en 1630 que cette soci&amp;#233;t&amp;#233; serait une &amp;#171; ville sur une colline &amp;#187; (&lt;i&gt;a city upon a hill&lt;/i&gt;), &amp;#171; le phare de la libert&amp;#233; pour les autres peuples &amp;#187;, un mod&amp;#232;le d&amp;#8217;&amp;#201;tat chr&amp;#233;tien pour le monde entier faisant de la Bible le guide supr&amp;#234;me pour la construction d&amp;#8217;une nouvelle soci&amp;#233;t&amp;#233;&lt;a href="#_ftn28_8764" name="_ftnref28_8764"&gt;[28]&lt;/a&gt;. Il s&amp;#8217;agit bien s&amp;#251;r d&amp;#8217;une expression tir&amp;#233;e du Sermon sur la montagne (Mt 5,13-16). L&amp;#8217;Ancien Testament &amp;#233;tait particuli&amp;#232;rement important pour les puritains puisqu&amp;#8217;il y &amp;#233;tait question de la soci&amp;#233;t&amp;#233; cr&amp;#233;&amp;#233;e par Dieu, Isra&amp;#235;l&lt;a href="#_ftn29_8764" name="_ftnref29_8764"&gt;[29]&lt;/a&gt;, le mod&amp;#232;le pour l&amp;#8217;utopie puritaine.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Les puritains appliquaient &amp;#224; leur situation la th&amp;#233;ologie deut&amp;#233;ronomiste, la th&amp;#233;ologie de l&amp;#8217;alliance faisant de la relation &amp;#224; Dieu le facteur principal du succ&amp;#232;s ou de l&amp;#8217;&amp;#233;chec du peuple de Dieu. Comme Isra&amp;#235;l dans l&amp;#8217;Ancien Testament, si les puritains ob&amp;#233;issaient &amp;#224; la loi et &amp;#224; la moralit&amp;#233; de Dieu et conservaient l&amp;#8217;alliance avec Dieu, ils seraient b&amp;#233;nis dans cette nouvelle terre promise ; s&amp;#8217;ils n&amp;#8217;&amp;#233;taient pas fid&amp;#232;les &amp;#224; l&amp;#8217;appel de Dieu ils seraient punis et rejet&amp;#233;s par lui&lt;a href="#_ftn30_8764" name="_ftnref30_8764"&gt;[30]&lt;/a&gt;. Les autres colonies ont rapidement repris cette compr&amp;#233;hension puritaine de leur identit&amp;#233; et de leur destin&amp;#233;e pour se percevoir &amp;#224; leur tour comme un nouvel Isra&amp;#235;l qui avait une alliance avec Dieu et un r&amp;#244;le particulier &amp;#224; jouer dans le monde&lt;a href="#_ftn31_8764" name="_ftnref31_8764"&gt;[31]&lt;/a&gt;. Cette notion se d&amp;#233;veloppera en particulier avec la cr&amp;#233;ation du pays pour en arriver &amp;#224; la conception des &amp;#201;tats-Unis encore en vogue aujourd&amp;#8217;hui faisant de la nation &amp;#171; le phare du monde &amp;#187;, une nation qui a une &amp;#171; destin&amp;#233;e manifeste &amp;#187; et particuli&amp;#232;re&lt;a href="#_ftn32_8764" name="_ftnref32_8764"&gt;[32]&lt;/a&gt;, le concept de l&amp;#8217;exceptionalisme &amp;#233;tats-unien auquel nous reviendrons plus loin. L&amp;#8217;exceptionnalisme ira de pair avec l&amp;#8217;id&amp;#233;e d&amp;#8217;universalit&amp;#233; des valeurs (et institutions) &amp;#233;tats-uniennes, qui sont pleinement exportables. La plupart des soci&amp;#233;t&amp;#233;s qui sont priv&amp;#233;es de ces valeurs et institutions (la libert&amp;#233;, la d&amp;#233;mocratie, et &amp;#233;ventuellement la libre entreprise) d&amp;#233;sirent (et pourraient) y acc&amp;#233;der&lt;a href="#_ftn33_8764" name="_ftnref33_8764"&gt;[33]&lt;/a&gt;. &lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Il ne faut pas n&amp;#233;gliger l&amp;#8217;impact permanent du puritanisme et de l&amp;#8217;utilisation qu&amp;#8217;il fait de la Bible dans l&amp;#8217;histoire &amp;#233;tats-unienne&lt;a href="#_ftn34_8764" name="_ftnref34_8764"&gt;[34]&lt;/a&gt;. On ne se contentera pas toujours de chercher &amp;#224; inspirer les nations par l&amp;#8217;exemple d&amp;#8217;une soci&amp;#233;t&amp;#233; d&amp;#233;mocratique utopique, libre et pieuse. Le concept de destin&amp;#233;e manifeste en particulier, d&amp;#233;riv&amp;#233; de l&amp;#8217;h&amp;#233;ritage puritain, aura souvent une fonction politique servant &amp;#224; l&amp;#233;gitimer l&amp;#8217;expansion &amp;#233;tats-unienne, voire son imp&amp;#233;rialisme&lt;a href="#_ftn35_8764" name="_ftnref35_8764"&gt;[35]&lt;/a&gt;. &lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Elle permettra aux &amp;#201;tats-uniens de prendre les terres autochtones sur la base de leur sup&amp;#233;riorit&amp;#233; morale et en utilisant le pr&amp;#233;c&amp;#233;dant biblique d&amp;#8217;Isra&amp;#235;l conqu&amp;#233;rant Canaan des mains des m&amp;#233;chants pa&amp;#239;ens&lt;a href="#_ftn36_8764" name="_ftnref36_8764"&gt;[36]&lt;/a&gt;. La naissance m&amp;#234;me du concept de &amp;#171; destin&amp;#233;e manifeste &amp;#187; est d&amp;#8217;ailleurs li&amp;#233;e historiquement &amp;#224; la guerre contre le Mexique en 1848, guerre au cours de laquelle ce dernier a perdu la moiti&amp;#233; de son territoire. La d&amp;#233;couverte d&amp;#8217;or en Californie l&amp;#8217;ann&amp;#233;e suivant la victoire &amp;#233;tats-unienne (et la conqu&amp;#234;te du territoire) &amp;#233;tait une confirmation de la faveur divine. Cette perception d&amp;#8217;une nation qui a une alliance sp&amp;#233;ciale avec Dieu (et qui est donc b&amp;#233;nie de Dieu), qui est le &amp;#171; phare du monde &amp;#187; et est le &amp;#171; leader du monde libre &amp;#187;&lt;a href="#_ftn37_8764" name="_ftnref37_8764"&gt;[37]&lt;/a&gt; est demeur&amp;#233;e pr&amp;#233;sente tout au long de l&amp;#8217;histoire &amp;#233;tats-unienne&lt;a href="#_ftn38_8764" name="_ftnref38_8764"&gt;[38]&lt;/a&gt;. &lt;/p&gt;  &lt;p&gt;En fait, cette appropriation de l&amp;#8217;Ancien Testament et de notions comme l&amp;#8217;alliance d&amp;#8217;un peuple avec Dieu et la th&amp;#233;ologie deut&amp;#233;ronomiste sont des &amp;#233;l&amp;#233;ments fondamentaux dans la construction de l&amp;#8217;identit&amp;#233; &amp;#233;tats-unienne. On voit cette appropriation manifest&amp;#233;e tr&amp;#232;s t&amp;#244;t avec les puritains, mais aussi tout au long de l&amp;#8217;histoire des &amp;#201;tats-Unis, jusqu&amp;#8217;&amp;#224; aujourd&amp;#8217;hui, quoique sous une forme un peu diff&amp;#233;rente comme nous le soulignerons plus loin.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;En fait, cette fa&amp;#231;on pour les &amp;#201;tats-uniens de se comprendre et de se d&amp;#233;finir est pr&amp;#233;sente un peu partout dans leur imaginaire et dans leur perception d&amp;#8217;eux-m&amp;#234;mes. Sans r&amp;#233;duire toute l&amp;#8217;histoire &amp;#233;tats-unienne &amp;#224; la Bible et la religion, il est clair que les &amp;#233;l&amp;#233;ments religieux et bibliques ont jou&amp;#233; un r&amp;#244;le ind&amp;#233;niable &amp;#224; de nombreux moments cl&amp;#233;s de l&amp;#8217;histoire des &amp;#201;tats-Unis, constituant une partie des facteurs en cause dans les changements dans la soci&amp;#233;t&amp;#233; &amp;#233;tats-unienne.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;La Guerre de s&amp;#233;cession&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;En fait, la Bible a &amp;#233;t&amp;#233; utilis&amp;#233;e dans pratiquement tous les enjeux de soci&amp;#233;t&amp;#233; au cours de l&amp;#8217;histoire &amp;#233;tats-unienne, incluant les r&amp;#233;formes sociales, dont les longues luttes pour la prohibition de l&amp;#8217;alcool et pour l&amp;#8217;abolition de l&amp;#8217;esclavage. Le d&amp;#233;bat sur l&amp;#8217;abolition de l&amp;#8217;esclavage est particuli&amp;#232;rement int&amp;#233;ressant puisque les partis des deux c&amp;#244;t&amp;#233;s ont utilis&amp;#233; la Bible pour justifier leur point de vue.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Les abolitionnistes estimaient que l&amp;#8217;esprit de l&amp;#8217;enseignement biblique interdisait l&amp;#8217;esclavage d&amp;#8217;une race par une autre et m&amp;#234;me (la th&amp;#233;ologie deut&amp;#233;ronomiste aidant) que l&amp;#8217;esclavage &amp;#233;tait responsable de l&amp;#8217;&amp;#233;tat pitoyable de la nation&lt;a href="#_ftn39_8764" name="_ftnref39_8764"&gt;[39]&lt;/a&gt;. De leur c&amp;#244;t&amp;#233;, les esclavagistes estimaient que la Bible ne condamnait pas l&amp;#8217;esclavage et en plus elle le r&amp;#233;glementait (Pentateuque)&lt;a href="#_ftn40_8764" name="_ftnref40_8764"&gt;[40]&lt;/a&gt;. Paul demandait aux esclaves d&amp;#8217;ob&amp;#233;ir &amp;#224; leur ma&amp;#238;tre (par exemple dans Eph 6) et l&amp;#8217;&amp;#233;p&amp;#238;tre &amp;#224; Phil&amp;#233;mon faisait carr&amp;#233;ment de l&amp;#8217;esclavage une institution chr&amp;#233;tienne&lt;a href="#_ftn41_8764" name="_ftnref41_8764"&gt;[41]&lt;/a&gt;. En fait, les esclavagistes utilisaient la Bible pour soutenir l&amp;#8217;ordre social cr&amp;#233;&amp;#233; par Dieu, ordre qu&amp;#8217;on ne devait pas remettre en question entre autres en abolissant l&amp;#8217;esclavage&lt;a href="#_ftn42_8764" name="_ftnref42_8764"&gt;[42]&lt;/a&gt;. On justifiait aussi l&amp;#8217;esclavage d&amp;#8217;une race par la Mal&amp;#233;diction de Canaan par No&amp;#233; dans Gn 9,25 : &amp;#171; Maudit soit Canaan ! Qu&amp;#8217;il soit pour ses fr&amp;#232;res le dernier des esclaves ! &amp;#187;. &lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Cette utilisation de la Bible s&amp;#8217;est poursuivie durant la Guerre de s&amp;#233;cession, les nordistes comme les sudistes estimant que Dieu &amp;#233;tait de leur c&amp;#244;t&amp;#233; et utilisant des concepts bibliques dans leur propagande guerri&amp;#232;re. On estimait au Nord, comme on peut le voir dans &amp;#171; The Battle Hymn of the Republic &amp;#187;, le chant militaire des troupes unionistes, que la victoire imminente du Nord inaugurerait rien de moins que le R&amp;#232;gne du Christ sur la terre, le mill&amp;#233;nium dont parle l&amp;#8217;Apocalypse&lt;a href="#_ftn43_8764" name="_ftnref43_8764"&gt;[43]&lt;/a&gt;, pris ici au sens d&amp;#8217;un r&amp;#232;gne terrestre litt&amp;#233;ral de mille ans (nous y reviendrons plus loin). Le paradoxe est bien r&amp;#233;sum&amp;#233; par Abraham Lincoln lors de son second discours d&amp;#8217;installation o&amp;#249; il affirme &amp;#171; Les deux lisent la m&amp;#234;me Bible et prient le m&amp;#234;me Dieu et chacun demande son aide contre l&amp;#8217;autre &amp;#187;&lt;a href="#_ftn44_8764" name="_ftnref44_8764"&gt;[44]&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;C&amp;#8217;est sans parler des esclaves noirs eux-m&amp;#234;mes, qui s&amp;#8217;identifiaient aux Isra&amp;#233;lites en esclavage en &amp;#201;gypte et attendaient un nouveau Mo&amp;#239;se pour les d&amp;#233;livrer ou un Josu&amp;#233; pour les mener en terre promise&lt;a href="#_ftn45_8764" name="_ftnref45_8764"&gt;[45]&lt;/a&gt;. Les chants traditionnels des Afro-&amp;#233;tats-uniens, qui sont davantage que des cantiques religieux (ayant grandement contribu&amp;#233; &amp;#224; souder l&amp;#8217;identit&amp;#233; afro-&amp;#233;tats-unienne), d&amp;#233;bordent de telles m&amp;#233;taphores bibliques. Les esclaves noirs &amp;#233;taient familiers avec la Bible en particulier parce que les propri&amp;#233;taires d&amp;#8217;esclaves dans le Sud donnaient une Bible &amp;#224; leurs esclaves pour qu&amp;#8217;ils pensent au ciel plut&amp;#244;t qu&amp;#8217;au triste sort qui leur &amp;#233;tait r&amp;#233;serv&amp;#233; sur terre&lt;a href="#_ftn46_8764" name="_ftnref46_8764"&gt;[46]&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Cette division autour de l&amp;#8217;abolitionnisme aux &amp;#201;tats-Unis est d&amp;#8217;ailleurs per&amp;#231;ue &amp;#224; l&amp;#8217;&amp;#233;poque par de nombreux catholiques europ&amp;#233;ens comme Augustin Cochin ou les r&amp;#233;dacteurs du journal j&amp;#233;suite italien &lt;i&gt;La Civilt&amp;#224; cattolica&lt;/i&gt;, comme une cons&amp;#233;quence directe de l&amp;#8217;absence du Magist&amp;#232;re dans l&amp;#8217;interpr&amp;#233;tation de la Bible chez les protestants &amp;#233;tats-uniens&lt;a href="#_ftn47_8764" name="_ftnref47_8764"&gt;[47]&lt;/a&gt;. &amp;#192; la m&amp;#234;me &amp;#233;poque les Qu&amp;#233;b&amp;#233;cois catholiques n&amp;#8217;&amp;#233;taient pas plus impressionn&amp;#233;s par l&amp;#8217;utilisation de la Bible par les &amp;#201;tats-Uniens et ont propos&amp;#233; leur propre utilisation de la Bible, par exemple en identifiant &amp;#224; leur tour les Canadiens fran&amp;#231;ais comme un nouvel Isra&amp;#235;l en partie pour d&amp;#233;courager l&amp;#8217;&amp;#233;migration des Canadiens fran&amp;#231;ais vers les &amp;#201;tats-Unis. Louis-Fran&amp;#231;ois Lafl&amp;#232;che, l&amp;#8217;&amp;#233;v&amp;#234;que de Trois-Rivi&amp;#232;res en est un bon exemple&lt;a href="#_ftn48_8764" name="_ftnref48_8764"&gt;[48]&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Revivalisme&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Les diff&amp;#233;rences dans le rapport &amp;#224; la Bible entre le catholicisme et le protestantisme &amp;#233;tats-unien, en particulier du 17&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; au 19&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&amp;#232;cles, vont faire en sorte que la Bible jouera un r&amp;#244;le culturel beaucoup plus important aux &amp;#201;tats-Unis qu&amp;#8217;&amp;#224; peu pr&amp;#232;s partout ailleurs. Les R&amp;#233;formateurs avaient &amp;#233;videmment parti le bal en accordant &amp;#224; la Bible plut&amp;#244;t qu&amp;#8217;&amp;#224; l&amp;#8217;&amp;#201;glise l&amp;#8217;autorit&amp;#233; sur le croyant. Cependant, le &lt;i&gt;sola scriptura&lt;/i&gt; protestant ne sera men&amp;#233; au bout de sa logique qu&amp;#8217;avec les puritains et les premiers &amp;#233;vang&amp;#233;liques, les pi&amp;#233;tistes du 17&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&amp;#232;cle, deux groupes qui joueront un r&amp;#244;le important aux &amp;#201;tats-Unis du 17&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; au 19&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&amp;#232;cle. Le pi&amp;#233;tisme, n&amp;#233; au sein du luth&amp;#233;ranisme europ&amp;#233;en et d&amp;#233;velopp&amp;#233; en particulier dans le revivalisme anglo-&amp;#233;tats-unien des 18&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; et 19&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&amp;#232;cles, a d&amp;#8217;abord insist&amp;#233; pour que le croyant d&amp;#233;veloppe une exp&amp;#233;rience spirituelle personnelle plut&amp;#244;t que de se contenter d&amp;#8217;adh&amp;#233;rer &amp;#224; un cr&amp;#233;do, ce qui correspondait &amp;#224; la d&amp;#233;finition du chr&amp;#233;tien dans le protestantisme du 17&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&amp;#232;cle. Le pi&amp;#233;tisme insistait aussi pour que le croyant lise la Bible seul et en communaut&amp;#233; comme l&amp;#8217;avaient sugg&amp;#233;r&amp;#233; les r&amp;#233;formateurs, qui n&amp;#8217;&amp;#233;taient jamais pour autant arriv&amp;#233;s au succ&amp;#232;s du pi&amp;#233;tisme &amp;#224; cet &amp;#233;gard.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Puis, durant le 18&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; et surtout le 19&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&amp;#232;cle, le revivalisme, une variante du pi&amp;#233;tisme, a mis l&amp;#8217;accent sur la notion voulant que le chr&amp;#233;tien ordinaire avec &lt;i&gt;sa&lt;/i&gt; Bible &amp;#233;tait un meilleur guide et pr&amp;#233;dicateur que la personne qui avait une formation formelle en th&amp;#233;ologie&lt;a href="#_ftn49_8764" name="_ftnref49_8764"&gt;[49]&lt;/a&gt;. Dans un sens le revivalisme, une des premi&amp;#232;res formes du mouvement &amp;#233;vang&amp;#233;lique, a pouss&amp;#233; &amp;#224; l&amp;#8217;extr&amp;#234;me le d&amp;#233;sir des R&amp;#233;formateurs de replacer le croyant seul face au texte, sans l&amp;#8217;interm&amp;#233;diaire des th&amp;#233;ologiens et du clerg&amp;#233;. Il ne s&amp;#8217;agissait pas d&amp;#8217;une attitude anti-intellectuelle en soi. Le revivalisme &amp;#233;tait un produit des Lumi&amp;#232;res (dans la forme &amp;#233;cossaise), pla&amp;#231;ant la raison au centre et estimant que le revivalisme &amp;#233;tait la science de la conversion dans la tradition du &amp;#171; common sense &amp;#187; &amp;#224; la sauce baconienne&lt;a href="#_ftn50_8764" name="_ftnref50_8764"&gt;[50]&lt;/a&gt;. Par l&amp;#8217;&amp;#233;tude, la raison et l&amp;#8217;observation, on pouvait trouver les m&amp;#233;canismes conduisant &amp;#224; la conversion puisque le m&amp;#234;me Cr&amp;#233;ateur avait instaur&amp;#233; les lois r&amp;#233;gissant le monde physique et spirituel, et donc que ces domaines ob&amp;#233;issaient &amp;#224; des lois qu&amp;#8217;il suffisait &amp;#224; l&amp;#8217;homme dou&amp;#233; de raison de d&amp;#233;couvrir. Il suffisait de produire les bonnes conditions pour obtenir les effets d&amp;#233;sir&amp;#233;s, soit la conversion des individus et des masses.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Bible et Lumi&amp;#232;res&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Les revivalistes estimaient que la th&amp;#233;ologie qu&amp;#8217;on pouvait tirer de la raison et de l&amp;#8217;observation scientifique du monde et la th&amp;#233;ologie qu&amp;#8217;on pouvait tirer de la Bible &amp;#233;taient en harmonie compl&amp;#232;te, et qu&amp;#8217;en fait la science et la raison pouvaient prouver les v&amp;#233;rit&amp;#233;s du christianisme, le Cr&amp;#233;ateur de l&amp;#8217;univers &amp;#233;tant aussi l&amp;#8217;auteur de la Bible&lt;a href="#_ftn51_8764" name="_ftnref51_8764"&gt;[51]&lt;/a&gt;. Aussi &amp;#233;trange que cela puisse para&amp;#238;tre, il s&amp;#8217;agit bien d&amp;#8217;une forme de la modernit&amp;#233; naissante. La Bible &amp;#233;tait pour ainsi dire une autre banque de donn&amp;#233;es dans laquelle on pouvait puiser et &amp;#224; laquelle on pouvait appliquer la raison.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;La Bible &amp;#233;tait per&amp;#231;ue comme l&amp;#8217;autorit&amp;#233; ou une source de donn&amp;#233;es sur tous les sujets, pas seulement la th&amp;#233;ologie et la moralit&amp;#233; mais aussi l&amp;#8217;histoire et les sciences&lt;a href="#_ftn52_8764" name="_ftnref52_8764"&gt;[52]&lt;/a&gt;. Cette attitude sera d&amp;#8217;ailleurs reprise plus tard avec la notion d&amp;#8217;inerrance, doctrine qui pr&amp;#233;tend que la Bible est sans erreur et constitue l&amp;#8217;autorit&amp;#233; supr&amp;#234;me sur tout sujet sur lequel elle se prononce, incluant des questions historiques, g&amp;#233;ologiques, arch&amp;#233;ologiques, pal&amp;#233;ontologiques, biologiques et cosmologiques&lt;a href="#_ftn53_8764" name="_ftnref53_8764"&gt;[53]&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Il faut pr&amp;#233;ciser que l&amp;#8217;inerrance est encore largement accept&amp;#233;e par les fondamentalistes et les &amp;#233;vang&amp;#233;liques conservateurs aux &amp;#201;tats-Unis, avec par exemple la question du cr&amp;#233;ationnisme qu&amp;#8217;on oppose &amp;#224; la th&amp;#233;orie de l&amp;#8217;&amp;#233;volution. Pour les cr&amp;#233;ationnistes, les biologistes doivent se tromper sur la question de l&amp;#8217;&amp;#233;volution puisqu&amp;#8217;ils contredisent les r&amp;#233;cits de cr&amp;#233;ation de Gn 1-2 interpr&amp;#233;t&amp;#233;s litt&amp;#233;ralement qui affirment que l&amp;#8217;&amp;#234;tre humain a &amp;#233;t&amp;#233; cr&amp;#233;&amp;#233; directement par Dieu. De m&amp;#234;me, les g&amp;#233;ologues doivent mal calculer l&amp;#8217;&amp;#226;ge de la terre et les astrophysiciens doivent mal calculer l&amp;#8217;&amp;#226;ge de l&amp;#8217;univers puisque Gn 1-2 parlent de 7 jours, pas de milliards d&amp;#8217;ann&amp;#233;es&lt;a href="#_ftn54_8764" name="_ftnref54_8764"&gt;[54]&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Il ne faut pas oublier qu&amp;#8217;on ne parle pas ici de la croyance de quelques hurluberlus confin&amp;#233;s &amp;#224; leur &amp;#233;glise mais bien de luttes dans la soci&amp;#233;t&amp;#233; civile, en particulier dans les commissions scolaires, o&amp;#249; on a r&amp;#233;cemment encore tent&amp;#233; d&amp;#8217;exiger l&amp;#8217;enseignement dans les &amp;#233;coles du cr&amp;#233;ationnisme ou du dessein intelligent, qui en est une mutation r&amp;#233;cente, &amp;#224; c&amp;#244;t&amp;#233; de la th&amp;#233;orie de l&amp;#8217;&amp;#233;volution, qui est per&amp;#231;ue comme d&amp;#233;ficiente (par exemple &amp;#224; Dover en Pennsylvanie l&amp;#8217;an dernier). Ces controverses s&amp;#8217;expliquent en partie par le fait que la majorit&amp;#233; des &amp;#201;tats-uniens rejettent la th&amp;#233;orie de l&amp;#8217;&amp;#233;volution&lt;a href="#_ftn55_8764" name="_ftnref55_8764"&gt;[55]&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Aussi difficile &amp;#224; comprendre que ce puisse l&amp;#8217;&amp;#234;tre pour un Canadien fran&amp;#231;ais, l&amp;#8217;affrontement entre le cr&amp;#233;ationnisme et l&amp;#8217;&amp;#233;volutionnisme constitue un r&amp;#233;el d&amp;#233;bat de soci&amp;#233;t&amp;#233; aux &amp;#201;tats-Unis qui a des cons&amp;#233;quences parfois inattendues. Par exemple, les cin&amp;#233;mas IMAX dans le sud &amp;#233;tats-unien (la &lt;i&gt;Bible Belt&lt;/i&gt;) ont d&amp;#251; &amp;#224; quelques reprises ces derni&amp;#232;res ann&amp;#233;es renoncer &amp;#224; pr&amp;#233;senter certains films qui prenaient pour acquis la th&amp;#233;orie de l&amp;#8217;&amp;#233;volution parce qu&amp;#8217;ils risquaient le boycott&lt;a href="#_ftn56_8764" name="_ftnref56_8764"&gt;[56]&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Le prestige accord&amp;#233; &amp;#224; la Bible s&amp;#8217;est poursuivi au 19&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&amp;#232;cle malgr&amp;#233; l&amp;#8217;abandon graduel des Lumi&amp;#232;res &amp;#233;cossaises. En fait, la Bible constituait encore au 19&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&amp;#232;cle la premi&amp;#232;re r&amp;#233;f&amp;#233;rence en rh&amp;#233;torique (comme l&amp;#8217;attestent les discours des pr&amp;#233;sidents &amp;#233;tats-uniens), en histoire et en litt&amp;#233;rature&lt;a href="#_ftn57_8764" name="_ftnref57_8764"&gt;[57]&lt;/a&gt;. Elle &amp;#233;tait la source principale des id&amp;#233;aux et valeurs de la soci&amp;#233;t&amp;#233; &amp;#233;tats-unienne&lt;a href="#_ftn58_8764" name="_ftnref58_8764"&gt;[58]&lt;/a&gt;. La Bible &amp;#233;tait vraiment LE livre des &amp;#201;tats-uniens, souvent leur seule litt&amp;#233;rature et le seul livre poss&amp;#233;d&amp;#233; par une famille&lt;a href="#_ftn59_8764" name="_ftnref59_8764"&gt;[59]&lt;/a&gt;. L&amp;#8217;influence de la Bible se faisait sentir de haut en bas dans la soci&amp;#233;t&amp;#233;.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;En fait, malgr&amp;#233; des changements profonds dans la soci&amp;#233;t&amp;#233; &amp;#233;tats-unienne, le 18&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&amp;#232;cle avait laiss&amp;#233; une empreinte qui non seulement constituera la synth&amp;#232;se que les fondamentalistes chercheront &amp;#224; pr&amp;#233;server &amp;#224; la fin du 19&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&amp;#232;cle et au d&amp;#233;but du 20&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; (et jusqu&amp;#8217;&amp;#224; ce jour, au fond), mais qui aura des &amp;#233;chos beaucoup plus vastes dans la soci&amp;#233;t&amp;#233;, m&amp;#234;me si celle-ci deviendra de plus en plus pluraliste et s&amp;#233;cularis&amp;#233;e.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;L&amp;#8217;application &amp;#224; la Bible des Lumi&amp;#232;res &amp;#233;cossaises a renforc&amp;#233; le principe protestant du &lt;i&gt;sola scriptura&lt;/i&gt; d&amp;#233;j&amp;#224; magnifi&amp;#233; par les puritains, en affirmant que l&amp;#8217;&amp;#201;glise devait retourner aux pratiques de l&amp;#8217;&amp;#201;glise primitive telles que rapport&amp;#233;es dans le Nouveau Testament. C&amp;#8217;&amp;#233;tait afin de s&amp;#8217;assurer que les m&amp;#233;thodes et principes, dans le fond les &amp;#171; lois &amp;#187; spirituelles, soient suivies pour cr&amp;#233;er une communaut&amp;#233; chr&amp;#233;tienne biblique, donc conforme &amp;#224; l&amp;#8217;ordre &amp;#233;tabli par Dieu, comme on s&amp;#8217;assure de suivre les lois de la nature &amp;#233;tablies par Dieu pour rendre notre agriculture plus productive&lt;a href="#_ftn60_8764" name="_ftnref60_8764"&gt;[60]&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Ceci entra&amp;#238;nait immanquablement la remise en question des &amp;#233;glises &amp;#233;tablies qui faisaient appel &amp;#224; la tradition, y compris &amp;#233;videmment les &amp;#233;glises protestantes &amp;#233;tablies&lt;a href="#_ftn61_8764" name="_ftnref61_8764"&gt;[61]&lt;/a&gt;. N&amp;#8217;importe quel quidam avec une Bible entre les mains pouvait remettre en question l&amp;#8217;ordre &amp;#233;tabli ou les pratiques et croyances d&amp;#8217;une &amp;#233;glise et m&amp;#234;me &amp;#224; la limite fonder la sienne, d&amp;#8217;o&amp;#249; la fragmentation perp&amp;#233;tuelle des &amp;#233;glises protestantes et en particulier des &amp;#233;glises &amp;#233;vang&amp;#233;liques ou fondamentalistes &amp;#224; partir &amp;#224; la fin du 19&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; et surtout au d&amp;#233;but du 20&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&amp;#232;cle. &lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Au fond, on peut dire que le fondamentalisme est une simple mutation jusqu&amp;#8217;au-boutiste du &lt;i&gt;sola scriptura&lt;/i&gt; protestant. Apr&amp;#232;s tout, si l&amp;#8217;on prend cet &amp;#233;nonc&amp;#233; au s&amp;#233;rieux&lt;a href="#_ftn62_8764" name="_ftnref62_8764"&gt;[62]&lt;/a&gt;, on appauvrit rapidement la th&amp;#233;ologie en faisant d&amp;#8217;elle une sorte de biblicisme, o&amp;#249; la th&amp;#233;ologie se r&amp;#233;sume &amp;#224; redire ce que la Bible dit, au mieux en l&amp;#8217;actualisant dans un nouveau contexte. Il n&amp;#8217;y a plus de place &amp;#224; la th&amp;#233;ologie sp&amp;#233;culative, ni &amp;#224; la th&amp;#233;ologie exp&amp;#233;rientielle (qui part de l&amp;#8217;exp&amp;#233;rience de Dieu par le croyant). Dans les faits, le fondamentalisme a &amp;#233;t&amp;#233; influenc&amp;#233; par des courants qui conservaient une dimension tr&amp;#232;s exp&amp;#233;rientielle, comme le pentec&amp;#244;tisme et le Mouvement de saintet&amp;#233; (&lt;i&gt;Holiness movement&lt;/i&gt;), ce qui a contribu&amp;#233; &amp;#224; neutraliser en partie le biblicisme strict, mais seulement dans la dimension exp&amp;#233;rientielle et non pour la th&amp;#233;ologie sp&amp;#233;culative&lt;a href="#_ftn63_8764" name="_ftnref63_8764"&gt;[63]&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Bible et &lt;i&gt;hustling&lt;a href="#_ftn64_8764" name="_ftnref64_8764"&gt;&lt;b&gt;[64]&lt;/b&gt;&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Cependant, ce rapport personnel &amp;#224; la Bible, toujours pr&amp;#234;t &amp;#224; remettre en question la tradition, l&amp;#8217;autorit&amp;#233; et le &lt;i&gt;statu quo&lt;/i&gt; a eu des cons&amp;#233;quences plus larges sur l&amp;#8217;ensemble de la soci&amp;#233;t&amp;#233; aux &amp;#201;tats-Unis. Ce rapport &amp;#224; la Bible est en fait un des facteurs convergents qui ont contribu&amp;#233; &amp;#224; cr&amp;#233;er un &lt;i&gt;ethos&lt;/i&gt; &amp;#233;tats-unien. Ainsi, on peut dire que les &amp;#201;tats-Unis font partie du Nouveau monde non seulement en ce qu&amp;#8217;il s&amp;#8217;agit d&amp;#8217;un monde red&amp;#233;couvert il n&amp;#8217;y a pas longtemps, mais surtout en ce qu&amp;#8217;il s&amp;#8217;agit d&amp;#8217;un monde qui se r&amp;#233;invente constamment, un monde o&amp;#249; l&amp;#8217;individualisme permet la contestation et la remise en question non seulement en mati&amp;#232;re religieuse, mais dans presque tout. Il faut toujours aller en avant, sans &amp;#233;gard pour la tradition (mais pas toujours sans &amp;#233;gard pour le pass&amp;#233;), sans &amp;#233;gard pour la pr&amp;#233;servation des acquis ou pour la survie des villes ou des quartiers ou du patrimoine architecturel&lt;a href="#_ftn65_8764" name="_ftnref65_8764"&gt;[65]&lt;/a&gt;. Souvent, lorsqu&amp;#8217;un quartier d&amp;#8217;une ville &amp;#233;tats-unienne est envahi par la pauvret&amp;#233; et le crime, on se met simplement &amp;#224; construire de nouveaux quartiers quelques kilom&amp;#232;tres plus loin. Quand des b&amp;#226;timents commencent &amp;#224; &amp;#234;tre vieux, on les rase et on en reconstruit de nouveaux. Les villes &amp;#233;tats-uniennes sont ainsi souvent des villes qui demeurent perp&amp;#233;tuellement jeunes ou alors qui sont remplac&amp;#233;es par de jeunes voisines, plus dynamiques, moins &amp;#233;tablies. Ce ph&amp;#233;nom&amp;#232;ne est particuli&amp;#232;rement pr&amp;#233;sent dans l&amp;#8217;Ouest, la C&amp;#244;te Est &amp;#233;tant plus sensible &amp;#224; l&amp;#8217;histoire et &amp;#224; la tradition. &lt;/p&gt;  &lt;p&gt;On conna&amp;#238;t bien le &amp;#171; r&amp;#234;ve am&amp;#233;ricain &amp;#187;, selon lequel chaque personne peut partir de rien et construire un empire grandiose, avec la mobilit&amp;#233; sociale que cela implique. On conna&amp;#238;t aussi l&amp;#8217;indiff&amp;#233;rence, voire parfois le m&amp;#233;pris de ceux qui sont laiss&amp;#233;s derri&amp;#232;re, ceux qui ne peuvent s&amp;#8217;adapter ou obtenir pareils succ&amp;#232;s, ce qui explique en partie la fragilit&amp;#233; du filet social aux &amp;#201;tats-Unis&lt;a href="#_ftn66_8764" name="_ftnref66_8764"&gt;[66]&lt;/a&gt;. On ne voudrait surtout pas que les pauvres se mettent &amp;#224; d&amp;#233;pendre du gouvernement.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Les riches sont typiquement des &amp;#171; &lt;i&gt;self-made men &lt;/i&gt;&amp;#187;, des gens qui sont partis de rien et qui ont &amp;#171; mang&amp;#233; de la cro&amp;#251;te &amp;#187; pendant des ann&amp;#233;es avant de r&amp;#233;ussir &amp;#224; construire un empire et devenir millionnaires ou milliardaires (&amp;#171; &lt;i&gt;from rags to riches &lt;/i&gt;&amp;#187;).&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;L&amp;#8217;expression &amp;#171; &lt;i&gt;Pick up your boots &lt;/i&gt;&amp;#187; est une illustration de cette mentalit&amp;#233; : si &amp;#231;a va mal, il faut avancer, il faut s&amp;#8217;en sortir soi-m&amp;#234;me. Le succ&amp;#232;s d&amp;#233;pend de l&amp;#8217;individu et non du gouvernement. La responsabilit&amp;#233; personnelle est fondamentale, au point o&amp;#249; la solidarit&amp;#233; collective est souvent minimale&lt;a href="#_ftn67_8764" name="_ftnref67_8764"&gt;[67]&lt;/a&gt;. Les groupes religieux ont contribu&amp;#233; &amp;#224; la cr&amp;#233;ation de cette mentalit&amp;#233;, en particulier avec la mutation &amp;#233;conomique &amp;#224; la fin du 19&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&amp;#232;cle o&amp;#249; le corporatisme s&amp;#8217;est d&amp;#233;velopp&amp;#233; au d&amp;#233;triment des travailleurs avec l&amp;#8217;appui tacite des &amp;#233;glises&lt;a href="#_ftn68_8764" name="_ftnref68_8764"&gt;[68]&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Il s&amp;#8217;agit en fait d&amp;#8217;une application assez crue de la th&amp;#233;ologie deut&amp;#233;ronomiste qui, jumel&amp;#233;e &amp;#224; l&amp;#8217;&amp;#233;thique protestante du travail, attribue une importance supr&amp;#234;me aux choix personnels pour le succ&amp;#232;s ou l&amp;#8217;&amp;#233;chec de l&amp;#8217;individu comme de la nation&lt;a href="#_ftn69_8764" name="_ftnref69_8764"&gt;[69]&lt;/a&gt;. Ce concept atteindra son &amp;#171; apog&amp;#233;e &amp;#187; dans les ann&amp;#233;es 1980 pour cr&amp;#233;er, en le jumelant &amp;#224; la &amp;#171; pens&amp;#233;e positive &amp;#187; (&lt;i&gt;positive thinking&lt;/i&gt;), &amp;#171; l&amp;#8217;&amp;#201;vangile de la prosp&amp;#233;rit&amp;#233; &amp;#187; (&lt;i&gt;prosperity gospel&lt;/i&gt;) de Jim et Tammy Faye Bakker (et de tous leurs &amp;#233;mules), promettant l&amp;#8217;abondance et la sant&amp;#233;&amp;#8230; &amp;#224; ceux qui soutiennent leur &amp;#339;uvre ! &lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Ce genre d&amp;#8217;appropriation de la th&amp;#233;ologie deut&amp;#233;ronomiste pose &amp;#233;videmment probl&amp;#232;me pour ceux qui ne sont pas &amp;#201;tats-uniens et qui ne font pas toujours les m&amp;#234;mes liens entre le succ&amp;#232;s des &amp;#201;tats-Unis/&amp;#201;tats-uniens et leur m&amp;#233;rite. Comme le fait remarquer Reinhold Niebuhr dans &lt;i&gt;Irony of American History&lt;/i&gt; publi&amp;#233; en 1952, alors que les &amp;#201;tats-uniens estiment que leur prosp&amp;#233;rit&amp;#233; &amp;#233;conomique est une cons&amp;#233;quence de leur vertu, le reste du monde estime que c&amp;#8217;est la cons&amp;#233;quence de leur vice&lt;a href="#_ftn70_8764" name="_ftnref70_8764"&gt;[70]&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;En contraste &amp;#224; la perspective &amp;#233;tats-unienne, on a souvent soulign&amp;#233; le rapport n&amp;#233;gatif des Qu&amp;#233;b&amp;#233;cois au succ&amp;#232;s, en particulier financier, en partie d&amp;#251; &amp;#224; l&amp;#8217;influence du catholicisme&lt;a href="#_ftn71_8764" name="_ftnref71_8764"&gt;[71]&lt;/a&gt;. Encore aujourd&amp;#8217;hui, bien apr&amp;#232;s le d&amp;#233;clin de l&amp;#8217;influence de l&amp;#8217;&amp;#201;glise catholique au Qu&amp;#233;bec, on d&amp;#233;crit la gauche qu&amp;#233;b&amp;#233;coise comme &amp;#233;tant plut&amp;#244;t r&amp;#233;fractaire &amp;#224; l&amp;#8217;enrichissement des uns, estimant souvent que cela implique l&amp;#8217;appauvrissement des autres ou que cela a quelque chose d&amp;#8217;immoral.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;On a aussi remarqu&amp;#233; que les &amp;#201;tats-Unis protestants n&amp;#8217;avaient pas du tout une telle aversion &amp;#224; l&amp;#8217;enrichissement individuel. Il est vrai que c&amp;#8217;est en partie d&amp;#251; &amp;#224; une diff&amp;#233;rence entre le protestantisme et le catholicisme dans la conception du travail lui-m&amp;#234;me qui s&amp;#8217;exprime d&amp;#232;s les premi&amp;#232;res ann&amp;#233;es de la R&amp;#233;forme, les r&amp;#233;formateurs estimant que le travail est une fa&amp;#231;on de servir Dieu, alors que les catholiques &amp;#224; l&amp;#8217;&amp;#233;poque voient plut&amp;#244;t le travail comme une n&amp;#233;cessit&amp;#233; sans fonction spirituelle en soi. Cette attitude protestante se d&amp;#233;veloppera d&amp;#8217;ailleurs en la fameuse &amp;#233;thique protestante du travail, qui a influenc&amp;#233; d&amp;#8217;autres pays que les &amp;#201;tats-Unis. On se rappellera &amp;#233;galement des th&amp;#232;ses de Max Weber (1864-1920), qui lie l&amp;#8217;&amp;#233;thique protestante et l&amp;#8217;esprit capitaliste en prenant en exemple les &amp;#201;tats-Unis en particulier.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Cependant, l&amp;#8217;influence protestante n&amp;#8217;explique pas enti&amp;#232;rement l&amp;#8217;attitude &amp;#233;tats-unienne. La th&amp;#233;ologie deut&amp;#233;ronomiste y est aussi pour quelque chose. Cette th&amp;#233;ologie est exprim&amp;#233;e souvent en termes carr&amp;#233;ment religieux, estimant que Dieu est la source de la r&amp;#233;compense ou du jugement des &amp;#201;tats-uniens, qui doivent se conformer aux conditions de l&amp;#8217;alliance qu&amp;#8217;ils ont avec Dieu. Toutefois, avec la s&amp;#233;cularisation et le pluralisme, pr&amp;#233;sent depuis le 19&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&amp;#232;cle et qui s&amp;#8217;est accentu&amp;#233; ces derni&amp;#232;res d&amp;#233;cennies, il y a parfois une d&amp;#233;personnalisation du processus qui fait que ce n&amp;#8217;est plus n&amp;#233;cessairement Dieu qui r&amp;#233;compense ou punit suite &amp;#224; l&amp;#8217;ob&amp;#233;issance ou la d&amp;#233;sob&amp;#233;issance &amp;#224; l&amp;#8217;alliance, mais une sorte de force impersonnelle qui r&amp;#233;compense les vertus &amp;#233;tats-uniennes et leur assure le succ&amp;#232;s.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Dans ce sens, et sans vouloir r&amp;#233;duire cette mentalit&amp;#233; &amp;#233;tats-unienne au &lt;i&gt;sola scriptura&lt;/i&gt; protestant puisque d&amp;#8217;autres facteurs sont aussi en cause, on peut dire que l&amp;#8217;opposition &amp;#224; l&amp;#8217;autorit&amp;#233;, &amp;#224; l&amp;#8217;&lt;i&gt;establishment&lt;/i&gt; et &amp;#224; la tradition typiques aux &amp;#201;tats-Unis va de pair avec l&amp;#8217;appel &amp;#224; la seule autorit&amp;#233; de la Bible et au rationalisme individuel (moi et ma raison, moi et ma Bible). Lorsqu&amp;#8217;on ajoute &amp;#224; cela les deux influences bibliques fondamentales que sont la th&amp;#233;ologie deut&amp;#233;ronomiste et le mill&amp;#233;narisme&lt;a href="#_ftn72_8764" name="_ftnref72_8764"&gt;[72]&lt;/a&gt; vers lesquels nous allons maintenant nous tourner, on obtient une combinaison qui explique en partie certaines particularit&amp;#233;s de la culture &amp;#233;tats-unienne, la culture religieuse bien s&amp;#251;r, mais &amp;#233;galement la culture plus large.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;La th&amp;#233;ologie deut&amp;#233;ronomiste&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Nous allons maintenant d&amp;#233;crire bri&amp;#232;vement deux influences bibliques particuli&amp;#232;rement importantes dans la culture &amp;#233;tats-unienne, la th&amp;#233;ologie deut&amp;#233;ronomiste et le mill&amp;#233;narisme. &lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Comme nous l&amp;#8217;avons d&amp;#233;j&amp;#224; soulign&amp;#233;, les puritains avaient fait leur la th&amp;#233;ologie deut&amp;#233;ronomiste, estimant qu&amp;#8217;ils avaient une alliance particuli&amp;#232;re avec Dieu, qu&amp;#8217;ils constituaient un nouvel Isra&amp;#235;l et que leur bonheur (ou malheur) d&amp;#233;pendait de leur ob&amp;#233;issance &amp;#224; l&amp;#8217;alliance. Or, cette fa&amp;#231;on de se percevoir a tr&amp;#232;s rapidement &amp;#233;t&amp;#233; reprise par la plupart des &amp;#201;tats-uniens apr&amp;#232;s l&amp;#8217;accession &amp;#224; l&amp;#8217;ind&amp;#233;pendance et m&amp;#234;me d&amp;#233;j&amp;#224; &amp;#224; l&amp;#8217;&amp;#233;poque coloniale. Cette th&amp;#233;ologie s&amp;#8217;exprimera de diverses fa&amp;#231;ons. Depuis les ann&amp;#233;es 1670 par exemple, on a pris l&amp;#8217;habitude d&amp;#8217;annoncer la catastrophe imminente mena&amp;#231;ant la nation (bien avant le code de couleurs d&amp;#8217;alerte au terrorisme de George W. Bush !), catastrophe qui serait due &amp;#224; la perte des valeurs. On a appel&amp;#233; ces annonces du malheur les &amp;#171; j&amp;#233;r&amp;#233;miades &amp;#187;, allusion aux pr&amp;#233;dictions funestes de J&amp;#233;r&amp;#233;mie devant le sort r&amp;#233;serv&amp;#233; &amp;#224; Juda pour son infid&amp;#233;lit&amp;#233; &amp;#224; Dieu.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Plus tard, et autrement, dans son second discours d&amp;#8217;installation vers la fin de la Guerre de s&amp;#233;cession, Abraham Lincoln reprendra implicitement des &amp;#233;l&amp;#233;ments de la th&amp;#233;ologie deut&amp;#233;ronomiste, mais au moyen d&amp;#8217;une citation de Mt 18,7, et sans faire r&amp;#233;f&amp;#233;rence &amp;#224; l&amp;#8217;alliance : &amp;#171; Malheur au monde &amp;#224; cause des scandales ! Il est fatal, certes, qu&amp;#8217;il arrive des scandales, mais malheur &amp;#224; l&amp;#8217;homme par qui le scandale arrive ! &amp;#187; (BJ)&lt;a href="#_ftn73_8764" name="_ftnref73_8764"&gt;[73]&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Lincoln se demande si l&amp;#8217;esclavage aux &amp;#201;tats-Unis n&amp;#8217;est pas une de ces offenses (ou scandales) qui doivent avoir lieu mais que Dieu veut maintenant &amp;#233;liminer. Et surtout, il dit que Dieu donne au Nord et au Sud cette guerre terrible comme jugement (malheur) d&amp;#251; &amp;#224; ceux par qui l&amp;#8217;offense (scandale) arrive. L&amp;#8217;esclavage est donc le scandale et la Guerre de s&amp;#233;cession est le malheur pour les &amp;#201;tats-uniens par qui le scandale est arriv&amp;#233;. Lincoln affirme ensuite que si la guerre entre le Nord et le Sud doit se poursuivre jusqu&amp;#8217;&amp;#224; la destruction de tout ce que les &amp;#201;tats-uniens ont construit au fil des si&amp;#232;cles et jusqu&amp;#8217;&amp;#224; ce que &amp;#171; le sang vers&amp;#233; par le fouet soit pay&amp;#233; par du sang vers&amp;#233; par l&amp;#8217;&amp;#233;p&amp;#233;e, nous devons tout de m&amp;#234;me dire (et il cite Ps 19,9) &amp;#8216;Les jugements du Seigneur sont vrais et justes&amp;#8217; &amp;#187;&lt;a href="#_ftn74_8764" name="_ftnref74_8764"&gt;[74]&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;La Guerre de S&amp;#233;cession est donc due selon Lincoln &amp;#224; un jugement de Dieu sur l&amp;#8217;esclavage. Lincoln, sans faire r&amp;#233;f&amp;#233;rence &amp;#224; l&amp;#8217;alliance avec Dieu, se situe tout de m&amp;#234;me pleinement dans la lign&amp;#233;e de la tradition deut&amp;#233;ronomiste qui interpr&amp;#232;te les &amp;#233;v&amp;#233;nements les plus dramatiques de l&amp;#8217;histoire d&amp;#8217;Isra&amp;#235;l et de Juda, soit la destruction de ces royaumes et la d&amp;#233;portation de leurs populations, comme des jugements de Dieu contre les fautes commises par son peuple.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Cette corr&amp;#233;lation entre des &amp;#233;v&amp;#233;nements pr&amp;#233;cis aux &amp;#201;tats-Unis et la main divine corrigeant ou b&amp;#233;nissant le peuple &amp;#233;lu a &amp;#233;t&amp;#233; postul&amp;#233;e tout au long de l&amp;#8217;histoire &amp;#201;tats-unienne, jusqu&amp;#8217;&amp;#224; ce jour&lt;a href="#_ftn75_8764" name="_ftnref75_8764"&gt;[75]&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Le mill&amp;#233;narisme&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Le mill&amp;#233;narisme chr&amp;#233;tien des 18&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; et 19&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&amp;#232;cles, cette doctrine inspir&amp;#233;e de la Bible (voir note 71), a graduellement mut&amp;#233; en une forme plus s&amp;#233;culi&amp;#232;re, qu&amp;#8217;on appelle parfois &amp;#171; mill&amp;#233;narisme civil &amp;#187;&lt;a href="#_ftn76_8764" name="_ftnref76_8764"&gt;[76]&lt;/a&gt;. Il s&amp;#8217;agit d&amp;#8217;une mythologie tr&amp;#232;s similaire au mill&amp;#233;narisme chr&amp;#233;tien mais qui substitue au r&amp;#232;gne du Christ celui de la d&amp;#233;mocratie et de la libert&amp;#233;. Les notions li&amp;#233;es au mill&amp;#233;narisme chr&amp;#233;tien puis civil ont impr&amp;#233;gn&amp;#233; la soci&amp;#233;t&amp;#233; &amp;#233;tats-unienne et les r&amp;#233;f&amp;#233;rences au mill&amp;#233;narisme sont omnipr&amp;#233;sentes, incluant le slogan sur le Billet vert, &lt;i&gt;novus ordo seclorum&lt;/i&gt;. Il ne s&amp;#8217;agit pas seulement de symboles ou de rh&amp;#233;torique mais d&amp;#8217;une id&amp;#233;ologie qui peut avoir une influence importante, notamment sur la politique &amp;#233;trang&amp;#232;re. On n&amp;#8217;a qu&amp;#8217;&amp;#224; penser &amp;#224; George W. Bush et &amp;#171; l&amp;#8217;axe du Mal &amp;#187; (et les terroristes), mais aussi &amp;#224; Reagan et sa lutte contre le m&amp;#233;chant empire sovi&amp;#233;tique. C&amp;#8217;est &amp;#224; cause de ce concept et de ses racines religieuses que les journalistes du Monde Alain Frachon et Daniel Vernet parlent d&amp;#8217;une &amp;#171; Am&amp;#233;rique messianique &amp;#187;&lt;a href="#_ftn77_8764" name="_ftnref77_8764"&gt;[77]&lt;/a&gt;. &lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Les n&amp;#233;o-conservateurs notamment, si pr&amp;#233;sents dans le gouvernement Bush mais qui ne sont pas tous religieux, ont conserv&amp;#233; et adapt&amp;#233; l&amp;#8217;h&amp;#233;ritage mill&amp;#233;nariste, jumel&amp;#233; habituellement &amp;#224; une lutte entre le Bien et le Mal, les &amp;#201;tats-Unis &amp;#233;tant &amp;#233;videmment du c&amp;#244;t&amp;#233; du Bien. On parle des &amp;#201;tats-Unis comme porteurs de l&amp;#8217;&amp;#233;tendard de la d&amp;#233;mocratie, &amp;#171; leader of the free world &amp;#187;, notion profond&amp;#233;ment ancr&amp;#233;e dans la notion plus ancienne de &amp;#171; destin&amp;#233;e manifeste &amp;#187;, les &amp;#201;tats-Unis &amp;#233;tant aussi le &amp;#171; phare du monde &amp;#187; (voir plus haut)&lt;a href="#_ftn78_8764" name="_ftnref78_8764"&gt;[78]&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Martin Luther King Jr., un pr&amp;#233;dicateur baptiste, se situe en quelque sorte &amp;#224; un point interm&amp;#233;diaire entre le mill&amp;#233;narisme chr&amp;#233;tien et le mill&amp;#233;narisme civil. L&amp;#8217;abondance de r&amp;#233;f&amp;#233;rences bibliques est notoire dans la pr&amp;#233;dication de Martin Luther King. On cite souvent en exemple son discours &amp;#171; I Have a Dream &amp;#187; livr&amp;#233; au Lincoln Memorial pour la Marche sur Washington en ao&amp;#251;t 1963, qui constitue un moment cl&amp;#233; dans la mobilisation contre la s&amp;#233;gr&amp;#233;gation qui a men&amp;#233; &amp;#224; l&amp;#8217;adoption du Civil Rights Act l&amp;#8217;ann&amp;#233;e suivante&lt;a href="#_ftn79_8764" name="_ftnref79_8764"&gt;[79]&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Ce discours, qui contient des r&amp;#233;f&amp;#233;rences &amp;#224; Lincoln, &amp;#224; la D&amp;#233;claration d&amp;#8217;Ind&amp;#233;pendance et &amp;#224; la Constitution, contient aussi &amp;#233;videmment de nombreuses allusions et r&amp;#233;f&amp;#233;rences bibliques. On notera toutefois en particulier la citation d&amp;#8217;Is 40,4-5 : &amp;#171; I have a dream that one day every valley shall be exalted, every hill and mountain shall be made low, the rough places will be made plain, and the crooked places will be made straight, and the glory of the Lord shall be revealed, and all flesh shall see it together &amp;#187; .&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Cette citation d&amp;#8217;Is 40, reprise dans les quatre &amp;#201;vangiles, n&amp;#8217;est pas innocente. Elle trahit une continuit&amp;#233; avec le mill&amp;#233;narisme protestant qui voit le destin des &amp;#201;tats-Unis comme &amp;#233;tant li&amp;#233; au r&amp;#232;gne du Christ, voire m&amp;#234;me le lien entre le destin et le leadership des &amp;#201;tats-Unis avec la venue de l&amp;#8217;&amp;#232;re messianique&lt;a href="#_ftn80_8764" name="_ftnref80_8764"&gt;[80]&lt;/a&gt;. King ne va peut-&amp;#234;tre pas jusqu&amp;#8217;&amp;#224; dire que les &amp;#201;tats-Unis inaugureront le r&amp;#232;gne du Christ dans le monde comme le pensaient les protestants des 18&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; et 19&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&amp;#232;cles, ou que les &amp;#201;tats-Unis inaugureront le r&amp;#232;gne de la d&amp;#233;mocratie et de la libert&amp;#233;, comme les n&amp;#233;o-conservateurs (entre autres) l&amp;#8217;ont affirm&amp;#233; apr&amp;#232;s lui, mais il s&amp;#8217;inscrit en continuit&amp;#233; avec le mill&amp;#233;narisme &amp;#233;tats-unien. Il est en cela un exemple de l&amp;#8217;adaptation graduelle, surtout au 20&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&amp;#232;cle, de notions bibliques dans une soci&amp;#233;t&amp;#233; &amp;#233;tats-unienne de plus en plus pluraliste. La transformation de la religion civile est un autre exemple de cette adaptation.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;La religion civile&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;La s&amp;#233;cularisation de concepts comme le mill&amp;#233;narisme a &amp;#233;t&amp;#233; une fa&amp;#231;on de pr&amp;#233;server l&amp;#8217;h&amp;#233;ritage biblique &amp;#233;tats-unien dans une soci&amp;#233;t&amp;#233; de plus en plus pluraliste. Une autre fa&amp;#231;on a &amp;#233;t&amp;#233; de promouvoir dans la sph&amp;#232;re publique une religion &amp;#171; g&amp;#233;n&amp;#233;raliste &amp;#187; qui pouvait rallier les citoyens de toutes religions ou croyances, la religion civile.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;L&amp;#8217;utilisation de la Bible dans la religion civile &amp;#233;tats-unienne constitue en soi un sujet digne d&amp;#8217;une analyse d&amp;#233;taill&amp;#233;e. Nous ne pouvons nous permettre ici que quelques lignes &amp;#224; son sujet. La religion civile, th&amp;#233;oris&amp;#233;e par Jean-Jacques Rousseau dans le &lt;i&gt;Contrat social&lt;/i&gt;, a &amp;#233;t&amp;#233; analys&amp;#233;e &amp;#224; maintes reprises dans sa forme &amp;#233;tats-unienne depuis Robert N. Bellah&lt;a href="#_ftn81_8764" name="_ftnref81_8764"&gt;[81]&lt;/a&gt;. Aux &amp;#201;tats-Unis, elle na&amp;#238;t d&amp;#232;s les premi&amp;#232;res d&amp;#233;cennies apr&amp;#232;s la naissance du pays&lt;a href="#_ftn82_8764" name="_ftnref82_8764"&gt;[82]&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Malgr&amp;#233; la s&amp;#233;paration traditionnelle entre l&amp;#8217;&amp;#201;tat et la religion aux &amp;#201;tats-Unis, avec entre autres le principe de ne pas permettre &amp;#224; l&amp;#8217;&amp;#201;tat de promouvoir un groupe religieux ou d&amp;#8217;enfreindre ses libert&amp;#233;s (1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; amendement &amp;#224; la Constitution), la politique et la religion ont r&amp;#233;guli&amp;#232;rement &amp;#233;t&amp;#233; associ&amp;#233;es. Le fait qu&amp;#8217;un groupe religieux particulier ne soit pas favoris&amp;#233; par l&amp;#8217;&amp;#201;tat n&amp;#8217;a pas eu pour cons&amp;#233;quence de s&amp;#233;parer le fait religieux de la politique, ni d&amp;#8217;interdire l&amp;#8217;utilisation de la Bible dans la sph&amp;#232;re politique. C&amp;#8217;est plut&amp;#244;t le contraire qui s&amp;#8217;est produit. Tocqueville &amp;#233;crit judicieusement que la religion aux &amp;#201;tats-Unis ne prend aucune part directe dans la gouvernance de la soci&amp;#233;t&amp;#233; mais qu&amp;#8217;elle est la plus importante de leurs institutions politiques&lt;a href="#_ftn83_8764" name="_ftnref83_8764"&gt;[83]&lt;/a&gt;. C&amp;#8217;est vrai en partie &amp;#224; cause de la religion civile.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Ce paradoxe est d&amp;#251; entre autres au fait que, depuis la R&amp;#233;volution &amp;#233;tats-unienne, on attribue un caract&amp;#232;re sacr&amp;#233; &amp;#224; la nation, ce qui constitue le fondement de la religion civile&lt;a href="#_ftn84_8764" name="_ftnref84_8764"&gt;[84]&lt;/a&gt;. Cette sacralisation de la nation rempla&amp;#231;ait originellement celle du monarque et &amp;#233;tait donc profond&amp;#233;ment &amp;#171; r&amp;#233;publicaine &amp;#187; si on peut dire. Le culte &amp;#224; la nation s&amp;#8217;est rapidement enrichi de symboles (notamment le drapeau&lt;a href="#_ftn85_8764" name="_ftnref85_8764"&gt;[85]&lt;/a&gt;), de h&amp;#233;ros mythiques/saints (tels que Washington ou Lincoln, un martyr) et de rituels, tel le serment qu&amp;#8217;on pr&amp;#234;te au drapeau (&lt;i&gt;Pledge of allegiance&lt;/i&gt;) encore aujourd&amp;#8217;hui chaque matin dans les &amp;#233;coles aux &amp;#201;tats-Unis&lt;a href="#_ftn86_8764" name="_ftnref86_8764"&gt;[86]&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;La loyaut&amp;#233; &amp;#224; la nation est rapidement devenue fondamentale pour tous les &amp;#201;tats-uniens, particuli&amp;#232;rement en temps de conflit&lt;a href="#_ftn87_8764" name="_ftnref87_8764"&gt;[87]&lt;/a&gt;. Aujourd&amp;#8217;hui encore, malgr&amp;#233; la critique de plus en plus virulente de la conduite de la guerre en Irak, on s&amp;#8217;empresse toujours de souligner son soutien aux troupes &amp;#233;tats-uniennes en Irak et son d&amp;#233;sir de les voir revenir saines et sauves, de peur d&amp;#8217;avoir l&amp;#8217;air de se rebeller contre la nation ou de ne pas &amp;#234;tre patriote. L&amp;#8217;opposition &amp;#224; la politique de George W. Bush est d&amp;#8217;ailleurs due au d&amp;#233;sir de rapatrier les troupes plut&amp;#244;t qu&amp;#8217;&amp;#224; une remise en question du droit moral ou l&amp;#233;gal des &amp;#201;tats-Unis de faire cette guerre. George W. Bush, lorsqu&amp;#8217;il n&amp;#8217;&amp;#233;tait pas aussi impopulaire, b&amp;#233;n&amp;#233;ficiait d&amp;#8217;ailleurs de la sympathie du peuple, qui estimait qu&amp;#8217;il n&amp;#8217;&amp;#233;tait peut-&amp;#234;tre pas l&amp;#233;gitime d&amp;#8217;aller en guerre mais que, puisque les &amp;#201;tats-Unis &amp;#233;taient en guerre, il fallait soutenir le Pr&amp;#233;sident, le commandant en chef de l&amp;#8217;appareil militaire.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Or, la sacralisation de la nation est fond&amp;#233;e d&amp;#232;s le d&amp;#233;part sur la notion h&amp;#233;rit&amp;#233;e des puritains identifiant les &amp;#201;tats-Unis comme un &amp;#171; nouvel Isra&amp;#235;l &amp;#187; qui a une alliance avec Dieu, ce qui garantit la b&amp;#233;n&amp;#233;diction des colonies puis de la nation par Dieu en cas de fid&amp;#233;lit&amp;#233; et son jugement en cas d&amp;#8217;infid&amp;#233;lit&amp;#233;. On peut donc dire en quelque sorte qu&amp;#8217;une des sources ultimes de la religion civile &amp;#233;tats-unienne est la th&amp;#233;ologie deut&amp;#233;ronomiste.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Cependant, la religion civile ne pouvait jamais &amp;#234;tre explicitement chr&amp;#233;tienne puisque d&amp;#232;s les origines de la nation plusieurs de ses figures dominantes &amp;#233;taient d&amp;#233;istes comme Thomas Jefferson ou Benjamin Franklin ou m&amp;#234;me anti-chr&amp;#233;tiennes comme Thomas Paine (1737-1809)&lt;a href="#_ftn88_8764" name="_ftnref88_8764"&gt;[88]&lt;/a&gt;. La religion civile &amp;#233;tats-unienne est ainsi d&amp;#233;pouill&amp;#233;e d&amp;#232;s le d&amp;#233;part (et davantage encore par la suite) de la plupart des r&amp;#233;f&amp;#233;rences religieuses propres &amp;#224; la tradition jud&amp;#233;o-chr&amp;#233;tienne&lt;a href="#_ftn89_8764" name="_ftnref89_8764"&gt;[89]&lt;/a&gt;, mais elle contient de nombreuses r&amp;#233;f&amp;#233;rences bibliques, qu&amp;#8217;il s&amp;#8217;agisse de symboles, de citations ou d&amp;#8217;allusions&lt;a href="#_ftn90_8764" name="_ftnref90_8764"&gt;[90]&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;La grand-messe de cette religion, le Discours sur l&amp;#8217;&amp;#233;tat de l&amp;#8217;Union (ou de la nation)&lt;a href="#_ftn91_8764" name="_ftnref91_8764"&gt;[91]&lt;/a&gt;, ainsi que les discours d&amp;#8217;installation ou d&amp;#8217;adieu des pr&amp;#233;sidents&lt;a href="#_ftn92_8764" name="_ftnref92_8764"&gt;[92]&lt;/a&gt;, sont souvent bourr&amp;#233;s de r&amp;#233;f&amp;#233;rences et surtout d&amp;#8217;allusions bibliques, souvent g&amp;#233;n&amp;#233;rales. On parle habituellement de Dieu et non de J&amp;#233;sus ou de Mo&amp;#239;se. On a beau d&amp;#233;crire la nation comme &amp;#233;tant &lt;i&gt;Under God&lt;/i&gt;, on ne mentionne pas de quel Dieu il s&amp;#8217;agit&lt;a href="#_ftn93_8764" name="_ftnref93_8764"&gt;[93]&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;La religion civile a pris un tournant r&amp;#233;solument g&amp;#233;n&amp;#233;ral et vague (pour ne pas dire inoffensif et n&amp;#233;buleux&lt;a href="#_ftn94_8764" name="_ftnref94_8764"&gt;[94]&lt;/a&gt;) dans les ann&amp;#233;es 1950 avec des Pr&amp;#233;sidents comme Eisenhower qui consid&amp;#233;rait que la religion &amp;#233;tait une excellente chose pour les &amp;#201;tats-Unis et a not&amp;#233; : &amp;#171; Our government makes no sense, unless it is founded in a deeply felt religious faith &amp;#8211; &lt;i&gt;and I don&amp;#8217;t care what it is &lt;/i&gt;&amp;#187;. Au d&amp;#233;but des ann&amp;#233;es 1960, John F. Kennedy, le premier pr&amp;#233;sident catholique, n&amp;#8217;a pas h&amp;#233;sit&amp;#233; &amp;#224; faire usage lui aussi des symboles de la religion civile, confirmant qu&amp;#8217;il ne s&amp;#8217;agissait pas d&amp;#8217;une religion protestante&lt;a href="#_ftn95_8764" name="_ftnref95_8764"&gt;[95]&lt;/a&gt;. Aujourd&amp;#8217;hui encore, la religion civile n&amp;#8217;est pas une religion correspondant &amp;#224; un groupe religieux particulier, bien que les &amp;#233;vang&amp;#233;liques et la droite religieuse y soient associ&amp;#233;s beaucoup depuis quelques d&amp;#233;cennies, par exemple avec l&amp;#8217;&amp;#233;vang&amp;#233;liste Billy Graham, confident de nombreux pr&amp;#233;sidents dans la seconde moiti&amp;#233; du 20&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&amp;#232;cle.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;L&amp;#8217;aspect g&amp;#233;n&amp;#233;raliste de la religion civile fait en sorte que les r&amp;#233;f&amp;#233;rences &amp;#224; la Bible sont elles aussi g&amp;#233;n&amp;#233;rales et servent surtout d&amp;#8217;inspiration, de m&amp;#233;taphores ou m&amp;#234;me de lexique pour parler de l&amp;#8217;exp&amp;#233;rience et de la grandeur &amp;#233;tats-uniennes. C&amp;#8217;est une fa&amp;#231;on ancienne d&amp;#8217;utiliser la Bible dans la politique &amp;#233;tats-unienne. Jefferson (un d&amp;#233;iste, rappelons-le), lors du discours d&amp;#8217;installation suite &amp;#224; sa r&amp;#233;&amp;#233;lection, affirme : &amp;#171; Nous sommes dans les mains de Dieu, qui mena nos anc&amp;#234;tres, comme l&amp;#8217;Isra&amp;#235;l d&amp;#8217;autrefois, hors de leur pays natal et les installa dans un pays regorgeant de tout ce qui est n&amp;#233;cessaire &amp;#224; la vie et qui en fait l&amp;#8217;agr&amp;#233;ment &amp;#187;&lt;a href="#_ftn96_8764" name="_ftnref96_8764"&gt;[96]&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;En fait, c&amp;#8217;est davantage dans la Bible que dans le protestantisme ou m&amp;#234;me dans le christianisme que la religion civile &amp;#233;tats-unienne trouve ses symboles et ses r&amp;#233;f&amp;#233;rences, incluant la conception des &amp;#201;tats-Unis comme un &amp;#171; nouvel Isra&amp;#235;l &amp;#187;, comme un &amp;#171; peuple &amp;#233;lu &amp;#187; ou un peuple &amp;#171; qui a une alliance &amp;#187; avec Dieu ou qui inaugurera le r&amp;#232;gne de la libert&amp;#233; ou de la d&amp;#233;mocratie. Ainsi, on peut dire que la soci&amp;#233;t&amp;#233; &amp;#233;tats-unienne est davantage une nation &amp;#171; biblique &amp;#187; que proprement &amp;#171; chr&amp;#233;tienne &amp;#187;. Cela est d&amp;#251; d&amp;#232;s le 18&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&amp;#232;cle en bonne partie au pluralisme protestant (m&amp;#234;me si le catholicisme et le d&amp;#233;isme sont d&amp;#233;j&amp;#224; pr&amp;#233;sents) et par la suite au pluralisme religieux tout court, en particulier &amp;#224; partir du d&amp;#233;but du 20&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&amp;#232;cle&lt;a href="#_ftn97_8764" name="_ftnref97_8764"&gt;[97]&lt;/a&gt;. &lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Au c&amp;#339;ur de la religion civile et m&amp;#234;me de la construction de l&amp;#8217;identit&amp;#233; &amp;#233;tats-unienne, on trouve les notions d&amp;#8217;&amp;#233;lection et de mission&lt;a href="#_ftn98_8764" name="_ftnref98_8764"&gt;[98]&lt;/a&gt;, deux notions qui d&amp;#233;rivent au fond respectivement de la th&amp;#233;ologie deut&amp;#233;ronomiste et du mill&amp;#233;narisme. Le pluralisme &amp;#233;tats-unien a certainement contribu&amp;#233; &amp;#224; forger des versions &amp;#171; s&amp;#233;cularis&amp;#233;es &amp;#187; de ces notions, ou plut&amp;#244;t des versions toujours religieuses, mais d&amp;#233;pouill&amp;#233;es d&amp;#8217;une partie de leur forme sp&amp;#233;cifiquement chr&amp;#233;tienne. Leur arri&amp;#232;re-plan biblique n&amp;#8217;en demeure pas moins &amp;#233;vident.&lt;/p&gt;  &lt;hr align="left" width="33%" size="1" /&gt;  &lt;p&gt;&lt;a href="#_ftnref1_8764" name="_ftn1_8764"&gt;[1]&lt;/a&gt; Sans parler de la remise en question par certains de la pertinence des &amp;#233;tudes bibliques (et de la th&amp;#233;ologie en g&amp;#233;n&amp;#233;ral) dans le monde universitaire.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;a href="#_ftnref2_8764" name="_ftn2_8764"&gt;[2]&lt;/a&gt; W. R. MEAD, &amp;#171; God&amp;#8217;s Country? &amp;#187;, &lt;i&gt;Foreign Affairs&lt;/i&gt; 85/5 (2006) : 24-43, p. 24. On n&amp;#8217;a qu&amp;#8217;&amp;#224; penser au soutien pratiquement ind&amp;#233;fectible des &amp;#201;tats-Unis &amp;#224; Isra&amp;#235;l, nourri en partie par la droite religieuse.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;a href="#_ftnref3_8764" name="_ftn3_8764"&gt;[3]&lt;/a&gt; Que l&amp;#8217;on soit d&amp;#8217;accord ou non avec la premi&amp;#232;re phrase du livre &lt;i&gt;Freedom Just Around the Corner. A New American History (1585-1828)&lt;/i&gt;, New York, Perennial, 2004/2005, p. XI&amp;#160; de l&amp;#8217;historien (&amp;#233;tats-unien, faut-il le pr&amp;#233;ciser !) W. A. McDOUGALL : &amp;#171; The creation of the United States of America is the central event of the past four hundred years &amp;#187; (rien de moins !).&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;a href="#_ftnref4_8764" name="_ftn4_8764"&gt;[4]&lt;/a&gt; En t&amp;#233;moigne la relation &amp;#171; amour-haine &amp;#187; qu&amp;#8217;entretiennent la plupart des Occidentaux avec les &amp;#201;tats-Unis, les admirant et les m&amp;#233;prisant &amp;#224; la fois, mais consommant presque toujours largement la culture (particuli&amp;#232;rement la culture populaire) et les autres produits &amp;#233;tats-uniens (du &lt;i&gt;fast-food&lt;/i&gt; &amp;#224; Wal-Mart), et adoptant souvent les id&amp;#233;aux &amp;#233;tats-uniens, dont ceux de la libert&amp;#233; et de la d&amp;#233;mocratie, quand ce n&amp;#8217;est pas carr&amp;#233;ment le lib&amp;#233;ralisme &amp;#233;conomique, pourtant si honni par d&amp;#8217;autres !&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;a href="#_ftnref5_8764" name="_ftn5_8764"&gt;[5]&lt;/a&gt; C&amp;#8217;est &amp;#233;videmment sans compter l&amp;#8217;incroyable dynamisme de l&amp;#8217;&amp;#201;glise dans les pays en voie de d&amp;#233;veloppement.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;a href="#_ftnref6_8764" name="_ftn6_8764"&gt;[6]&lt;/a&gt; Le pluralisme religieux aux &amp;#201;tats-Unis, qui date de l&amp;#8217;&amp;#233;poque coloniale (bien qu&amp;#8217;alors sans commune mesure par rapport &amp;#224; la diversit&amp;#233; actuelle), est un exemple de ce qui peut se passer quand une &amp;#233;glise ne domine pas sans partage sur la soci&amp;#233;t&amp;#233; comme ce fut le cas pendant certaines p&amp;#233;riodes de l&amp;#8217;histoire qu&amp;#233;b&amp;#233;coise.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;a href="#_ftnref7_8764" name="_ftn7_8764"&gt;[7]&lt;/a&gt; Nous paraphrasons un peu.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;a href="#_ftnref8_8764" name="_ftn8_8764"&gt;[8]&lt;/a&gt; Comme d&amp;#233;finition de &amp;#171; culture &amp;#187;, j&amp;#8217;utiliserai celle de G. M. MARSDEN, &lt;i&gt;Fundamentalism and American Culture. The Shaping of Twentieth-Century Evangelicalism (1870-1925)&lt;/i&gt;, Oxford, Oxford University Press, 1980, p. v, soit &amp;#171; l&amp;#8217;ensemble des croyances, valeurs, axiomes (&lt;i&gt;assumptions&lt;/i&gt;), engagements (&lt;i&gt;commitments&lt;/i&gt;), et id&amp;#233;aux exprim&amp;#233;s dans une soci&amp;#233;t&amp;#233; &amp;#224; travers les formes litt&amp;#233;raires et artistiques populaires et incarn&amp;#233;s (&lt;i&gt;embodied&lt;/i&gt;) dans ses institutions politiques, &amp;#233;ducationnelles et autres &amp;#187;. Nous sommes conscient qu&amp;#8217;il y a plusieurs cultures et sous-cultures &amp;#233;tats-uniennes, mais il est impossible ici de prendre le temps d&amp;#8217;expliquer les diff&amp;#233;rences entre ces cultures et d&amp;#8217;examiner l&amp;#8217;utilisation particuli&amp;#232;re de la Bible dans chacune d&amp;#8217;elle. Les consid&amp;#233;rations ici seront donc g&amp;#233;n&amp;#233;rales et, nous le pensons, appropri&amp;#233;es pour la plupart des cultures &amp;#233;tats-uniennes, que nous d&amp;#233;signerons de fa&amp;#231;on simpliste par &amp;#171; la culture &amp;#233;tats-unienne &amp;#187;, selon la d&amp;#233;finition plus haut. Pour une justification de cette approche, voir G. M. MARSDEN, &lt;i&gt;Religion and American Culture&lt;/i&gt;, Orlando, Harcourt Brace Jovanovich, 1990, p. 5. Il est de toute fa&amp;#231;on clair que les cultures &amp;#233;tats-uniennes ont beaucoup en commun en ce qui concerne la religion et l&amp;#8217;utilisation de la Bible, surtout quand on les compare aux autres cultures occidentales.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;a href="#_ftnref9_8764" name="_ftn9_8764"&gt;[9]&lt;/a&gt; J. WALLIS, &lt;i&gt;God&amp;#8217;s Politics. Why the Right Gets It Wrong and the Left Doesn&amp;#8217;t Get It&lt;/i&gt;, New York, HarperCollins, 2005, p. 142. &amp;#171; This ideal of America is the hope of all mankind (&amp;#8230;) That hope still lights our way. And the light shines in the darkness. And the darkness has not overcome it &amp;#187;. Il s&amp;#8217;agit &amp;#233;videmment d&amp;#8217;une citation d&amp;#8217;une traduction possible de Jn 1,5.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;a href="#_ftnref10_8764" name="_ftn10_8764"&gt;[10]&lt;/a&gt; WALLIS, &lt;i&gt;God&amp;#8217;s Politics&lt;/i&gt;, p. 58. Il s&amp;#8217;agit de Jc 2,14.26.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;a href="#_ftnref11_8764" name="_ftn11_8764"&gt;[11]&lt;/a&gt; Selon le sondage &lt;i&gt;Religion and Politics. Contention and Consensus&lt;/i&gt;, publi&amp;#233; le 23 juillet 2003 par le Pew Research Center for the People and the Press et cit&amp;#233; dans T. MITRI, &lt;i&gt;Au nom de la Bible, au nom de l&amp;#8217;Am&amp;#233;rique&lt;/i&gt;, Gen&amp;#232;ve, Labor et Fides, 2004, p. 146.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;a href="#_ftnref12_8764" name="_ftn12_8764"&gt;[12]&lt;/a&gt; On entend ici la politique au sens large, avec les d&amp;#233;bats de soci&amp;#233;t&amp;#233;s souvent men&amp;#233;s Bible en main par des pasteurs-activistes/politiciens, tels Martin Luther King (dont nous reparlerons plus bas), ou par de simples la&amp;#239;cs.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;a href="#_ftnref13_8764" name="_ftn13_8764"&gt;[13]&lt;/a&gt; MITRI, &lt;i&gt;Au nom de la Bible, au nom de l&amp;#8217;Am&amp;#233;rique&lt;/i&gt;, p. 15.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;a href="#_ftnref14_8764" name="_ftn14_8764"&gt;[14]&lt;/a&gt; On ne saurait m&amp;#234;me d&amp;#233;nombrer les r&amp;#233;f&amp;#233;rences bibliques pr&amp;#233;cises (sans parler des allusions) dans les &amp;#339;uvres d&amp;#8217;art et la litt&amp;#233;rature &amp;#233;tats-uniennes. Ce sujet a &amp;#233;videmment &amp;#233;t&amp;#233; &amp;#233;tudi&amp;#233; ailleurs. Pour prendre un bon exemple r&amp;#233;cent, on lira le collectif G. AICHELE, &lt;i&gt;Culture, Entertainment and the Bible&lt;/i&gt;, JSOTSS 309, Sheffield, Sheffield Academic Press, 2000, dont un article hilarant sur l&amp;#8217;utilisation de la Bible dans les tablo&amp;#239;ds &amp;#233;tats-uniens (F. C. BLACK, &amp;#171; Lost Prophecies ! Scholars Amazed ! Weekly World News and the Bible &amp;#187;, p. 20-43). Nous ne pouvons ici que noter l&amp;#8217;utilisation de la Bible dans la culture populaire comme dans les Beaux-arts (du moins &amp;#224; une certaine &amp;#233;poque), dans l&amp;#8217;industrie cin&amp;#233;matographique (des vieilles &amp;#171; &amp;#233;pop&amp;#233;es bibliques &amp;#187; aux films de Woody Allen !) et dans la musique de tout temps, plus r&amp;#233;cemment surtout dans le Country, mais aussi parfois dans le rock ou m&amp;#234;me dans la musique pop ou le heavy metal, o&amp;#249; on fait parfois usage de m&amp;#233;taphores bibliques, quoique ce soit rarement d&amp;#8217;une fa&amp;#231;on &amp;#171; confessante &amp;#187;. Le dernier exemple en liste en ce qui concerne la musique pop est probablement &lt;i&gt;Confessions&lt;/i&gt;, le spectacle de Madonna qui contient des r&amp;#233;f&amp;#233;rences bibliques et religieuses, dont une sc&amp;#232;ne o&amp;#249; la chanteuse coiff&amp;#233;e d&amp;#8217;une couronne d&amp;#8217;&amp;#233;pines est crucifi&amp;#233;e sur une croix de cristaux et de diamants. Lire &amp;#224; ce sujet A. VIGNEAULT, &amp;#171; Une machine &amp;#224; danser &amp;#187;, &lt;i&gt;La Presse&lt;/i&gt;, mardi 23 mai 2006, p.1 du cahier Arts &amp;amp; Spectacles.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;a href="#_ftnref15_8764" name="_ftn15_8764"&gt;[15]&lt;/a&gt; Bien qu&amp;#8217;il faut reconna&amp;#238;tre le r&amp;#244;le majeur que jouent les groupes religieux (et les chr&amp;#233;tiens individuels) comme m&amp;#233;dium de diffusion de r&amp;#233;f&amp;#233;rences &amp;#224; la Bible dans la culture et la soci&amp;#233;t&amp;#233; &amp;#233;tats-uniennes. En t&amp;#233;moignent les best-sellers dispensationnalistes (et chr&amp;#233;tiens) &amp;#224; saveur biblique &lt;i&gt;The Late Great Planet Earth&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;There&amp;#8217;s a New World Coming&lt;/i&gt; de Hal Lindsey vendus &amp;#224; des millions d&amp;#8217;exemplaires dans les ann&amp;#233;es 1970 (et pas seulement chez les &amp;#233;vang&amp;#233;liques) et, plus r&amp;#233;cemment, la s&amp;#233;rie de romans (et de films) &lt;i&gt;Left Behind&lt;/i&gt; de Tim LaHaye, qui a surpass&amp;#233; en popularit&amp;#233; les romans de Lindsey. Pour une introduction au dispensationnalisme et au mill&amp;#233;narisme, voir M. D. PAR&amp;#201; et S. ROBITAILLE, &amp;#171; &amp;#8216;L&amp;#8217;Ant&amp;#233;christ sera Roumain&amp;#8217; ou comment les dispensationalistes estiment conna&amp;#238;tre la fin des temps &amp;#187;, &lt;i&gt;Scriptura&lt;/i&gt; 6/1 (2004) : 101-117.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;a href="#_ftnref16_8764" name="_ftn16_8764"&gt;[16]&lt;/a&gt; Pour un excellent exemple du genre d&amp;#8217;inepties qui s&amp;#8217;&amp;#233;crivent sur le fondamentalisme en g&amp;#233;n&amp;#233;ral, consulter l&amp;#8217;article de J.-C. LECLERC (journaliste au Devoir), &amp;#171; Religions &amp;#224; l&amp;#8217;extr&amp;#234;me &amp;#187;, &lt;i&gt;Revue Notre-Dame&lt;/i&gt; 104/4 (2006) : 1-14.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;a href="#_ftnref17_8764" name="_ftn17_8764"&gt;[17]&lt;/a&gt; L&amp;#8217;&amp;#233;lection en 1976 d&amp;#8217;un d&amp;#233;mocrate &amp;#233;vang&amp;#233;lique comme Pr&amp;#233;sident, Jimmy Carter, avait eu un impact diff&amp;#233;rent. Bien que Carter &amp;#233;tait &amp;#233;vang&amp;#233;lique, la nation (et la plan&amp;#232;te) avait moins ressenti le poids du vote &amp;#233;vang&amp;#233;lique dans son &amp;#233;lection &amp;#224; la pr&amp;#233;sidence qu&amp;#8217;avec Reagan. L&amp;#8217;&amp;#233;lection de Carter avait par contre contribu&amp;#233; &amp;#224; fouetter les aspirations politiques des &amp;#233;vang&amp;#233;liques qui s&amp;#8217;&amp;#233;taient tenus &amp;#224; l&amp;#8217;&amp;#233;cart de la vie politique depuis un demi-si&amp;#232;cle. Ironiquement, en 1980 les &amp;#233;vang&amp;#233;liques d&amp;#233;&amp;#231;us par Carter (qu&amp;#8217;ils jugeaient trop mou sur des questions morales et religieuses) et la &lt;i&gt;Moral Majority&lt;/i&gt; ont contribu&amp;#233; &amp;#224; l&amp;#8217;&amp;#233;lection de Reagan, qui n&amp;#8217;&amp;#233;tait pas &amp;#233;vang&amp;#233;lique, au d&amp;#233;triment de l&amp;#8217;&amp;#233;vang&amp;#233;lique Carter qui cherchait &amp;#224; se faire r&amp;#233;&amp;#233;lire.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;a href="#_ftnref18_8764" name="_ftn18_8764"&gt;[18]&lt;/a&gt; Compos&amp;#233;e de fondamentalistes et de certains &amp;#233;vang&amp;#233;liques, mais aussi de juifs et de catholiques. Voir par exemple G. M. MARSDEN, &amp;#171; The Sword of the Lord. How &amp;#8216;otherwordly&amp;#8217; (sic) fundamentalism became a political power &amp;#187;, &lt;i&gt;Books &amp;amp; Culture&lt;/i&gt; mars/avril 2006, p.10-11 et 44-46 qui souligne la contribution de catholiques &amp;#224; plusieurs moments cl&amp;#233;s de la mont&amp;#233;e de la droite religieuse au 20&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&amp;#232;cle.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;a href="#_ftnref19_8764" name="_ftn19_8764"&gt;[19]&lt;/a&gt; Il s&amp;#8217;agit bien de deux groupes diff&amp;#233;rents, m&amp;#234;me s&amp;#8217;il y a des liens historiques entre les deux. Pour une discussion sur le fondamentalisme et l&amp;#8217;&amp;#233;vang&amp;#233;lisme, lire les nombreux ouvrages &amp;#233;crits sur le sujet par G. M. MARSDEN, dont &lt;i&gt;Fundamentalism and American Culture &lt;/i&gt;et &lt;i&gt;Understanding Fundamentalism and Evangelicalism&lt;/i&gt;, Grand Rapids, Eerdmans, 1991. Consulter aussi les non moins nombreux ouvrages de M. A. NOLL, dont &lt;i&gt;Protestants in America&lt;/i&gt;, New York, Oxford University Press, 2000 ; &lt;i&gt;A History of Christianity in the United States and Canada&lt;/i&gt;, Grand Rapids, Eerdmans,1992 et &lt;i&gt;The Scandal of the Evangelical Mind&lt;/i&gt;, Grand Rapids/Leicester, Eerdmans/Inter-Varsity, 1994.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;a href="#_ftnref20_8764" name="_ftn20_8764"&gt;[20]&lt;/a&gt; En fait, on pourrait m&amp;#234;me remonter avant&amp;#8230; la d&amp;#233;couverte de l&amp;#8217;Am&amp;#233;rique (!) comme le fait M.-M. LAR&amp;#200;S (dir.), &lt;i&gt;Bible et civilisation anglaise. Naissance d&amp;#8217;une tradition (Ancien Testament)&lt;/i&gt;, Litt&amp;#233;ratures 6/&amp;#201;tudes anglaises 54, Paris, Publications de la Sorbonne, 1974.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;a href="#_ftnref21_8764" name="_ftn21_8764"&gt;[21]&lt;/a&gt; MARSDEN, &lt;i&gt;Religion and American Culture&lt;/i&gt;, p. 221.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;a href="#_ftnref22_8764" name="_ftn22_8764"&gt;[22]&lt;/a&gt; MARSDEN, &lt;i&gt;Religion and American Culture&lt;/i&gt;, p. 1.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;a href="#_ftnref23_8764" name="_ftn23_8764"&gt;[23]&lt;/a&gt; MARSDEN, &lt;i&gt;Religion and American Culture&lt;/i&gt;, p. 213.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;a href="#_ftnref24_8764" name="_ftn24_8764"&gt;[24]&lt;/a&gt; MARSDEN, &lt;i&gt;Religion and American Culture&lt;/i&gt;, p. 1.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;a href="#_ftnref25_8764" name="_ftn25_8764"&gt;[25]&lt;/a&gt; MARSDEN, &lt;i&gt;Religion and American Culture&lt;/i&gt;, p. 213.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;a href="#_ftnref26_8764" name="_ftn26_8764"&gt;[26]&lt;/a&gt; M. A. NOLL, &amp;#171; The Bible in American Public Life, 1860-2005. Dilemmas at the Center, Insights from the Margins &amp;#187;, &lt;i&gt;Books &amp;amp; Culture&lt;/i&gt; sept/oct. 2005, p. 7 et 46-50, p. 7.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;a href="#_ftnref27_8764" name="_ftn27_8764"&gt;[27]&lt;/a&gt; Cit&amp;#233; dans MARSDEN, &lt;i&gt;Religion and American Culture&lt;/i&gt;, p. 1.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;a href="#_ftnref28_8764" name="_ftn28_8764"&gt;[28]&lt;/a&gt; MARSDEN, &lt;i&gt;Religion and American Culture&lt;/i&gt;, p. 16. &lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;a href="#_ftnref29_8764" name="_ftn29_8764"&gt;[29]&lt;/a&gt; MARSDEN, &lt;i&gt;Religion and American Culture&lt;/i&gt;, p. 16.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;a href="#_ftnref30_8764" name="_ftn30_8764"&gt;[30]&lt;/a&gt; MARSDEN, &lt;i&gt;Religion and American Culture&lt;/i&gt;, p. 17. Ce qu&amp;#8217; A. de TOCQUEVILLE, &lt;i&gt;De la d&amp;#233;mocratie en Am&amp;#233;rique. Premi&amp;#232;re &amp;#233;dition historico-critique revue et augment&amp;#233;e par E. Nolla&lt;/i&gt; (&amp;#233;d.), tome 1, Paris, Librairie philosophique, 1835/1990, p. 30 d&amp;#233;crit comme la cr&amp;#233;ation en 1620 d&amp;#8217;un &amp;#171; contrat social &amp;#187; entre les puritains (en reprenant l&amp;#8217;expression de Rousseau), les puritains l&amp;#8217;auraient compris comme une &lt;u&gt;alliance&lt;/u&gt; conclue entre colons devant Dieu (voir Jos 24, en particulier v. 25).&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;a href="#_ftnref31_8764" name="_ftn31_8764"&gt;[31]&lt;/a&gt; MARSDEN, &lt;i&gt;Religion and American Culture&lt;/i&gt;, p. 17. Une variante troublante de ce concept, l&amp;#8217;anglo-isra&amp;#233;lisme (doctrine datant probablement du 17&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&amp;#232;cle), pr&amp;#233;tend m&amp;#234;me que les anglo-saxons sont carr&amp;#233;ment les descendants des dix tribus &amp;#171; perdues &amp;#187; d&amp;#8217;Isra&amp;#235;l apr&amp;#232;s la destruction du Royaume du nord (en 721 av. J.-C.). Cette doctrine marginale est encore aujourd&amp;#8217;hui adopt&amp;#233;e par des fondamentalistes &amp;#233;tats-uniens et britanniques. Voir &amp;#224; ce sujet C. ROCHON, &amp;#171; L&amp;#8217;anglo-isra&amp;#233;lisme et l&amp;#8217;identit&amp;#233; chr&amp;#233;tienne &amp;#187;, &lt;i&gt;Scriptura&lt;/i&gt; 6/1 (2004) : 85-99.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;a href="#_ftnref32_8764" name="_ftn32_8764"&gt;[32]&lt;/a&gt; L&amp;#8217;expression &amp;#171; ville sur une colline &amp;#187; sera fr&amp;#233;quemment reprise dans un sens plus global pour parler des &amp;#201;tats-Unis, du particularisme &amp;#233;tats-unien et du leadership de ce pays dans le monde, par exemple par le Pr&amp;#233;sident Reagan lors de son discours d&amp;#8217;adieu et de ses deux discours d&amp;#8217;installation (voir MITRI, &lt;i&gt;Au nom de la Bible, au&lt;/i&gt;&lt;i&gt; nom de l&amp;#8217;Am&amp;#233;rique&lt;/i&gt;, Gen&amp;#232;ve, Labor et Fides, 2004, p. 16).&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;a href="#_ftnref33_8764" name="_ftn33_8764"&gt;[33]&lt;/a&gt; On pense de suite &amp;#224; la tentative sous la pr&amp;#233;sidence de Bush &amp;#171; d&amp;#8217;exporter &amp;#187; la d&amp;#233;mocratie en Irak.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;a href="#_ftnref34_8764" name="_ftn34_8764"&gt;[34]&lt;/a&gt; TOCQUEVILLE, &lt;i&gt;De la d&amp;#233;mocratie en Am&amp;#233;rique &lt;/i&gt;(p.30) note d&amp;#233;j&amp;#224; en 1835 que &amp;#171; Le puritanisme, comme je l&amp;#8217;ai dit plus haut, &amp;#233;tait presque autant une th&amp;#233;orie politique qu&amp;#8217;une doctrine religieuse &amp;#187;. Les puritains ne s&amp;#8217;en tiendront d&amp;#8217;ailleurs pas qu&amp;#8217;&amp;#224; la th&amp;#233;orie. Tocqueville note (et s&amp;#8217;&amp;#233;tonne) en effet &amp;#224; propos du code de lois adopt&amp;#233; au Connecticut en 1650 : &amp;#171; Les l&amp;#233;gislateurs du Connecticut s&amp;#8217;occupent d&amp;#8217;abord des lois p&amp;#233;nales ; et, pour les composer, ils con&amp;#231;oivent l&amp;#8217;id&amp;#233;e &amp;#233;trange de puiser dans les textes sacr&amp;#233;s : &amp;#8216;Quiconque adorera un autre Dieu que le Seigneur, disent-ils en commen&amp;#231;ant, sera mis &amp;#224; mort.&amp;#8217; Suivent dix ou douze dispositions de m&amp;#234;me nature emprunt&amp;#233;es textuellement au &lt;i&gt;Deut&amp;#233;ronome&lt;/i&gt;, &amp;#224; l&amp;#8217;&lt;i&gt;Exode&lt;/i&gt; et au &lt;i&gt;L&amp;#233;vitique&lt;/i&gt;. Le blasph&amp;#232;me, la sorcellerie, l&amp;#8217;adult&amp;#232;re, le viol, sont punis de mort ; l&amp;#8217;outrage fait par un fils &amp;#224; ses parents est frapp&amp;#233; de la m&amp;#234;me peine. On transportait ainsi la l&amp;#233;gislation d&amp;#8217;un peuple rude et &amp;#224; demi civilis&amp;#233; au sein d&amp;#8217;une soci&amp;#233;t&amp;#233; dont l&amp;#8217;esprit &amp;#233;tait &amp;#233;clair&amp;#233; et les m&amp;#339;urs douces ; aussi ne vit-on jamais la peine de mort plus prodigu&amp;#233;e dans les lois, ni appliqu&amp;#233;e &amp;#224; moins de coupables. &amp;#187; (p. 31-32).&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;a href="#_ftnref35_8764" name="_ftn35_8764"&gt;[35]&lt;/a&gt; C&amp;#8217;est en 1845 que John Sullivan, un r&amp;#233;dacteur new-yorkais, a cr&amp;#233;&amp;#233; l&amp;#8217;expression &amp;#171; destin&amp;#233;e manifeste &amp;#187; pour d&amp;#233;signer le don du continent par la providence divine (S. FATH, &lt;i&gt;Dieu b&amp;#233;nisse l&amp;#8217;Am&amp;#233;rique. La religion de la Maison-Blanche&lt;/i&gt;, Paris, Seuil, 2004, p. 49).&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;a href="#_ftnref36_8764" name="_ftn36_8764"&gt;[36]&lt;/a&gt; Voir MARSDEN, &lt;i&gt;Religion and American Culture&lt;/i&gt;, p. 18-19. &lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;a href="#_ftnref37_8764" name="_ftn37_8764"&gt;[37]&lt;/a&gt; On pourrait m&amp;#234;me dire &amp;#171; leader de droit divin &amp;#187;, quoique les expressions d&amp;#8217;inspiration monarchique n&amp;#8217;aient pas beaucoup la cote aux &amp;#201;tats-Unis pour des raisons &amp;#233;videntes.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;a href="#_ftnref38_8764" name="_ftn38_8764"&gt;[38]&lt;/a&gt; George W. Bush se gargarise de telles expressions, mais Ronald Reagan s&amp;#8217;en d&amp;#233;lectait aussi.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;a href="#_ftnref39_8764" name="_ftn39_8764"&gt;[39]&lt;/a&gt; J. B. STEWART, &amp;#171; Abolitionists, the Bible, and the Challenge of Slavery &amp;#187;, dans E. R. SANDEEN (dir.), &lt;i&gt;The Bible and Social Reform&lt;/i&gt;, Philadelphie/Chico, Fortress/Scholars, 1982, p. 31-57, p. 35.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;a href="#_ftnref40_8764" name="_ftn40_8764"&gt;[40]&lt;/a&gt; MARSDEN, &lt;i&gt;Religion and American Culture&lt;/i&gt;, p. 63-64 et S. FATH, &lt;i&gt;Militants de la Bible aux &amp;#201;tats-Unis. &amp;#201;vang&amp;#233;liques et fondamentalistes du Sud&lt;/i&gt;, Collection Fronti&amp;#232;res, Paris, Autrement, 2004, p. 54.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;a href="#_ftnref41_8764" name="_ftn41_8764"&gt;[41]&lt;/a&gt; FATH, &lt;i&gt;Militants de la Bible aux &amp;#201;tats-Unis&lt;/i&gt;, p. 54.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;a href="#_ftnref42_8764" name="_ftn42_8764"&gt;[42]&lt;/a&gt; MARSDEN, &lt;i&gt;Religion and American Culture&lt;/i&gt;, p. 7.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;a href="#_ftnref43_8764" name="_ftn43_8764"&gt;[43]&lt;/a&gt; P. BOYER, &lt;i&gt;When Time Shall Be No More. Prophecy Belief in Modern American Culture&lt;/i&gt;, Cambridge/Londres, Harvard University Press, 1992, p. 229 et MARSDEN, &lt;i&gt;Religion and American Culture&lt;/i&gt;, p. 7.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;a href="#_ftnref44_8764" name="_ftn44_8764"&gt;[44]&lt;/a&gt; MARSDEN, &lt;i&gt;Religion and American Culture&lt;/i&gt;, p. 10.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;a href="#_ftnref45_8764" name="_ftn45_8764"&gt;[45]&lt;/a&gt; MARSDEN, &lt;i&gt;Religion and American Culture&lt;/i&gt;, p. 68-69.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;a href="#_ftnref46_8764" name="_ftn46_8764"&gt;[46]&lt;/a&gt; J. WALLIS, &lt;i&gt;God&amp;#8217;s Politics&lt;/i&gt;. Il ne s&amp;#8217;agit &amp;#233;videmment pas du seul cas o&amp;#249; la Bible a &amp;#233;t&amp;#233; instrumentalis&amp;#233;e pour des desseins peu louables. On pensera aussi &amp;#224; l&amp;#8217;utilisation de la Bible par le &lt;i&gt;Ku Klux Klan&lt;/i&gt;, en particulier de la lecture de Rm 12 lors de inauguration d&amp;#8217;une nouvelle mouture du &lt;i&gt;Klan&lt;/i&gt; en 1915 (FATH, &lt;i&gt;Militants de la Bible aux &amp;#201;tats-Unis&lt;/i&gt;, p. 146).&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;a href="#_ftnref47_8764" name="_ftn47_8764"&gt;[47]&lt;/a&gt; NOLL, &amp;#171; The Bible in American Public Life &amp;#187;, p. 47-48. Dans un sens, ils avaient raison, mais c&amp;#8217;est l&amp;#224; le pari protestant : placer chaque individu plus ou moins seul devant la Bible (SA Bible diraient les pi&amp;#233;tistes) est pr&amp;#233;f&amp;#233;rable &amp;#224; l&amp;#8217;imposition d&amp;#8217;une interpr&amp;#233;tation par un organe eccl&amp;#233;sial officiel.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;a href="#_ftnref48_8764" name="_ftn48_8764"&gt;[48]&lt;/a&gt; NOLL, &amp;#171; The Bible in American Public Life &amp;#187;, p. 48.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;a href="#_ftnref49_8764" name="_ftn49_8764"&gt;[49]&lt;/a&gt; MARSDEN, &lt;i&gt;Religion and American Culture&lt;/i&gt;, p. 54.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;a href="#_ftnref50_8764" name="_ftn50_8764"&gt;[50]&lt;/a&gt; Voir &amp;#224; ce sujet en particulier D. LECOURT, &amp;#171; Th&amp;#233;ologie naturelle et fondamentalisme &amp;#187;, dans &lt;i&gt;L&amp;#8217;Am&amp;#233;rique entre la Bible et Darwin&lt;/i&gt;, Paris, PUF, 1992, p. 61-96 et NOLL, &amp;#171; The Evangelical Mind Takes Shape &amp;#8211; Revival, Revolution, and a Cultural Synthesis &amp;#187; et &amp;#171; The Evangelical Enlightenment &amp;#187;, dans &lt;i&gt;The Scandal of the Evangelical Mind&lt;/i&gt;, p. 59-82 et p. 83-108.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;a href="#_ftnref51_8764" name="_ftn51_8764"&gt;[51]&lt;/a&gt; M. D. PAR&amp;#201;, &amp;#171; L&amp;#8217;inerrance chez les &amp;#233;vang&amp;#233;liques &amp;#187;, &lt;i&gt;Scriptura&lt;/i&gt; 7/2 (2005) : 47-67, reprenant MARSDEN, &lt;i&gt;Religion and American Culture&lt;/i&gt;, p. 57-58 et MARSDEN, &lt;i&gt;Fundamentalism and American Culture&lt;/i&gt;, p. 15.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;a href="#_ftnref52_8764" name="_ftn52_8764"&gt;[52]&lt;/a&gt; M. D. PAR&amp;#201;, &amp;#171; L&amp;#8217;inerrance chez les &amp;#233;vang&amp;#233;liques &amp;#187;, p. 49, reprenant MARSDEN, &lt;i&gt;Religion and American Culture&lt;/i&gt;, p. 60.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;a href="#_ftnref53_8764" name="_ftn53_8764"&gt;[53]&lt;/a&gt; M. D. PAR&amp;#201;, &amp;#171; L&amp;#8217;inerrance chez les &amp;#233;vang&amp;#233;liques &amp;#187;, p. 52. Consulter cet article pour une discussion sur la question de l&amp;#8217;inerrance et pour un survol de son histoire, de ses origines &amp;#224; aujourd&amp;#8217;hui.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;a href="#_ftnref54_8764" name="_ftn54_8764"&gt;[54]&lt;/a&gt; M. D. PAR&amp;#201;, &amp;#171; L&amp;#8217;inerrance chez les &amp;#233;vang&amp;#233;liques &amp;#187;, p. 49. Comme nous le pr&amp;#233;cisons dans une note de cet article, il faut pr&amp;#233;ciser qu&amp;#8217;il existe diff&amp;#233;rentes &amp;#171; th&amp;#233;ories &amp;#187; cr&amp;#233;ationnistes dont la plupart tentent de r&amp;#233;concilier les donn&amp;#233;es scientifiques avec une lecture plus ou moins litt&amp;#233;rale de Gn 1-2. Certains estiment par exemple que les &amp;#171; jours &amp;#187; d&amp;#233;signent des p&amp;#233;riodes g&amp;#233;ologiques. De nombreux cr&amp;#233;ationnistes estiment toutefois que la Terre a &amp;#233;t&amp;#233; cr&amp;#233;&amp;#233;e en 7 jours de 24 heures et qu&amp;#8217;elle est &amp;#226;g&amp;#233;e de quelques mill&amp;#233;naires seulement.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;a href="#_ftnref55_8764" name="_ftn55_8764"&gt;[55]&lt;/a&gt; MEAD, &amp;#171; God&amp;#8217;s Country? &amp;#187;, p. 34.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;a href="#_ftnref56_8764" name="_ftn56_8764"&gt;[56]&lt;/a&gt; Cette remise en question de la th&amp;#233;orie de l&amp;#8217;&amp;#233;volution n&amp;#8217;est pas enti&amp;#232;rement confin&amp;#233;e aux &amp;#201;tats-Unis, comme l&amp;#8217;atteste l&amp;#8217;existence de politiciens cr&amp;#233;ationnistes au Canada anglais, dont Stockwell Day, l&amp;#8217;ancien chef du parti conservateur et l&amp;#8217;actuel ministre de la s&amp;#233;curit&amp;#233; publique.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;a href="#_ftnref57_8764" name="_ftn57_8764"&gt;[57]&lt;/a&gt; MARSDEN, &lt;i&gt;Religion and American Culture&lt;/i&gt;, p. 60.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;a href="#_ftnref58_8764" name="_ftn58_8764"&gt;[58]&lt;/a&gt; MARSDEN, &lt;i&gt;Fundamentalism and American Culture&lt;/i&gt;, p. 16.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;a href="#_ftnref59_8764" name="_ftn59_8764"&gt;[59]&lt;/a&gt; A. I. KATSH, &lt;i&gt;The Biblical Heritage of American Democracy&lt;/i&gt;, New York, KTAV, 1977, p. 139.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;a href="#_ftnref60_8764" name="_ftn60_8764"&gt;[60]&lt;/a&gt; MARSDEN, &lt;i&gt;Religion and American Culture&lt;/i&gt;, p. 59.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;a href="#_ftnref61_8764" name="_ftn61_8764"&gt;[61]&lt;/a&gt; Malgr&amp;#233; la fuite des pers&amp;#233;cutions comme facteur d&amp;#8217;immigration aux &amp;#201;tats-Unis dans les premiers si&amp;#232;cles, les &amp;#233;glises protestantes avaient eu tendance &amp;#224; reproduire le mod&amp;#232;le europ&amp;#233;en de &amp;#171; favoritisme &amp;#187; d&amp;#8217;une &amp;#233;glise sur un territoire (par exemple une colonie ou un &amp;#233;tat) donn&amp;#233;. Les &amp;#233;glises protestantes &amp;#233;tablies tendaient &amp;#224; chercher &amp;#224; pr&amp;#233;server le &lt;i&gt;statu quo&lt;/i&gt; qui les favorisait, faisant parfois de la libert&amp;#233; religieuse un concept plut&amp;#244;t abstrait puisqu&amp;#8217;il y avait un prix &amp;#224; payer &amp;#224; la dissidence.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;a href="#_ftnref62_8764" name="_ftn62_8764"&gt;[62]&lt;/a&gt; Ce que les premiers protestants n&amp;#8217;ont pas vraiment fait puisque les r&amp;#233;formateurs, comme les autres humanistes (dont &amp;#233;videmment &amp;#201;rasme), d&amp;#233;siraient non seulement un retour &amp;#224; la Bible seule mais aussi aux P&amp;#232;res de l&amp;#8217;&amp;#201;glise, un retour au&lt;u&gt;x&lt;/u&gt; source&lt;u&gt;s&lt;/u&gt; (&lt;i&gt;ad fontes&lt;/i&gt;) du christianisme.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;a href="#_ftnref63_8764" name="_ftn63_8764"&gt;[63]&lt;/a&gt; C&amp;#8217;est le constat que fait D. F. WELLS dans &lt;i&gt;No Place for Truth or Whatever Happened to Evangelical Theology ?&lt;/i&gt;, Grand Rapids, Eerdmans, 1993 (voir en particulier p. 283-301).&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;a href="#_ftnref64_8764" name="_ftn64_8764"&gt;[64]&lt;/a&gt; McDOUGALL dans &lt;i&gt;Freedom Just Around the Corner&lt;/i&gt; fait du &lt;i&gt;hustling&lt;/i&gt; une caract&amp;#233;ristique fondamentale de l&amp;#8217;&lt;i&gt;ethos&lt;/i&gt; &amp;#233;tats-unien.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;a href="#_ftnref65_8764" name="_ftn65_8764"&gt;[65]&lt;/a&gt; Voir LECOURT, &lt;i&gt;L&amp;#8217;Am&amp;#233;rique entre la Bible et Darwin&lt;/i&gt;, p. 128.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;a href="#_ftnref66_8764" name="_ftn66_8764"&gt;[66]&lt;/a&gt; Ce filet social, historiquement faible, s&amp;#8217;effrite encore un peu plus avec les deux mandats de George W. Bush, sans oublier les ann&amp;#233;es Reagan, quoique pour des raisons diff&amp;#233;rentes. La campagne de Bush pour la pr&amp;#233;sidence de 2000 o&amp;#249; il proposait un &amp;#171; conservatisme compatissant &amp;#187; n&amp;#8217;a pas &amp;#233;t&amp;#233; suivie par de r&amp;#233;els efforts pour aider les d&amp;#233;munis, malgr&amp;#233; l&amp;#8217;augmentation des d&amp;#233;penses (et des d&amp;#233;ficits) sous l&amp;#8217;administration Bush. Un livre r&amp;#233;cent par D. KUO, &lt;i&gt;Tempting Faith. An Inside Story of Political Seduction&lt;/i&gt;, New York, Free Press, 2006, fait un constat tr&amp;#232;s n&amp;#233;gatif &amp;#224; ce sujet concernant l&amp;#8217;administration Bush.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;a href="#_ftnref67_8764" name="_ftn67_8764"&gt;[67]&lt;/a&gt; Les efforts des organismes religieux contribuent &amp;#224; r&amp;#233;duire un peu les iniquit&amp;#233;s, mais les programmes sociaux sont si peu d&amp;#233;velopp&amp;#233;s pour un pays riche que les &amp;#233;carts entre les riches et les pauvres sont parmi les plus &amp;#233;lev&amp;#233;s en Occident.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;a href="#_ftnref68_8764" name="_ftn68_8764"&gt;[68]&lt;/a&gt; MARSDEN, &lt;i&gt;Religion and American Culture&lt;/i&gt;, p. 106-109.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;a href="#_ftnref69_8764" name="_ftn69_8764"&gt;[69]&lt;/a&gt; Voir &amp;#224; ce sujet MARSDEN, &lt;i&gt;Religion and American Culture&lt;/i&gt;, p. 109.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;a href="#_ftnref70_8764" name="_ftn70_8764"&gt;[70]&lt;/a&gt; Cit&amp;#233; dans MARSDEN, &lt;i&gt;Religion and American Culture&lt;/i&gt;, p. 212.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;a href="#_ftnref71_8764" name="_ftn71_8764"&gt;[71]&lt;/a&gt; C&amp;#8217;est un th&amp;#232;me r&amp;#233;current de plusieurs &amp;#233;ditorialistes qu&amp;#233;b&amp;#233;cois de centre-droite, dont Alain Dubuc (voir par exemple &lt;i&gt;&amp;#201;loge de la richesse. Des id&amp;#233;es pour donner au Qu&amp;#233;bec les moyens de ses ambitions&lt;/i&gt;, Sainte-Foy, Voix parall&amp;#232;les, 2006).&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;a href="#_ftnref72_8764" name="_ftn72_8764"&gt;[72]&lt;/a&gt; Le mill&amp;#233;narisme n&amp;#8217;est pas exactement une doctrine biblique mais est &amp;#233;videmment inspir&amp;#233; par la Bible puisqu&amp;#8217;il s&amp;#8217;agit d&amp;#8217;une interpr&amp;#233;tation plus ou moins litt&amp;#233;rale de certains textes bibliques eschatologiques, dont Ap 20. Au sein du mill&amp;#233;narisme, on doit distinguer (entre autres) le pr&amp;#233;mill&amp;#233;narisme et le postmill&amp;#233;narisme. Le pr&amp;#233;mill&amp;#233;narisme peut &amp;#234;tre d&amp;#233;fini de fa&amp;#231;on simple comme &amp;#233;tant la croyance en un r&amp;#232;gne terrestre (litt&amp;#233;ral) du Christ pendant mille ans (le mill&amp;#233;nium) apr&amp;#232;s son retour (physique) et avant le Jugement dernier. Cette doctrine a &amp;#233;t&amp;#233; assez largement adopt&amp;#233;e par les &amp;#233;vang&amp;#233;liques et les fondamentalistes &amp;#224; la fin du 19&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&amp;#232;cle et au cours d&amp;#8217;une bonne partie du 20&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&amp;#232;cle. Rappelons que cette doctrine n&amp;#8217;est pas enti&amp;#232;rement nouvelle puisqu&amp;#8217;elle &amp;#233;tait assez r&amp;#233;pandue (sous une forme un peu diff&amp;#233;rente) chez les P&amp;#232;res de l&amp;#8217;&amp;#201;glise. Le postmill&amp;#233;narisme, qui &amp;#233;tait la doctrine adopt&amp;#233;e par les &amp;#233;vang&amp;#233;liques et la plupart des protestants pendant l&amp;#8217;essentiel du 19e si&amp;#232;cle (et m&amp;#234;me avant), consid&amp;#232;re plut&amp;#244;t que le retour du Christ aura lieu apr&amp;#232;s le R&amp;#232;gne terrestre spirituel du Christ (ou de l&amp;#8217;Esprit) &amp;#224; travers l&amp;#8217;&amp;#201;glise, cr&amp;#233;ant une soci&amp;#233;t&amp;#233; utopique chr&amp;#233;tienne. Ces deux variantes du mill&amp;#233;narisme ont contribu&amp;#233; &amp;#224; leur fa&amp;#231;on au d&amp;#233;sir de voir les &amp;#201;tats-Unis (re)devenir une nation chr&amp;#233;tienne, voire m&amp;#234;me d&amp;#8217;inaugurer le mill&amp;#233;nium.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;a href="#_ftnref73_8764" name="_ftn73_8764"&gt;[73]&lt;/a&gt; &amp;#171; Woe unto the world because of offences! for it must needs be that offences come; but woe to that man by whom the offence cometh! &amp;#187;, cit&amp;#233; par NOLL, &amp;#171; The Bible in American Public Life &amp;#187;, p. 7.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;a href="#_ftnref74_8764" name="_ftn74_8764"&gt;[74]&lt;/a&gt; Cit&amp;#233; par NOLL, &amp;#171; The Bible in American Public Life &amp;#187;, p. 46.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;a href="#_ftnref75_8764" name="_ftn75_8764"&gt;[75]&lt;/a&gt; Selon un sondage r&amp;#233;alis&amp;#233; en 2002 par le &lt;i&gt;Pew Research Center for the People and the Press&lt;/i&gt;, &amp;#171; Americans Struggle with Religion&amp;#8217;s Role at Home and Abroad &amp;#187;, cit&amp;#233; par MITRI, &lt;i&gt;Au nom de la Bible&lt;/i&gt;, p. 72, 48% des &amp;#201;tats-uniens croient que les &amp;#201;tats-Unis jouissent d&amp;#8217;une protection divine sp&amp;#233;ciale. Cette protection divine est habituellement vue comme &amp;#233;tant conditionnelle au comportement des &amp;#201;tats-uniens et li&amp;#233;e &amp;#224; la notion d&amp;#8217;une forme d&amp;#8217;alliance avec Dieu remontant aux &amp;#171; P&amp;#232;res p&amp;#232;lerins &amp;#187; ou du moins aux &amp;#171; P&amp;#232;res fondateurs &amp;#187; de la nation.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;a href="#_ftnref76_8764" name="_ftn76_8764"&gt;[76]&lt;/a&gt; R. V. PIERARD et R. D. LINDER, &lt;i&gt;Civil Religion and the Presidency&lt;/i&gt;, Grand Rapids, Academic Books, 1988, p. 54-56, cit&amp;#233; par FATH, &lt;i&gt;Dieu b&amp;#233;nisse l&amp;#8217;Am&amp;#233;rique&lt;/i&gt;, p. 52.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;a href="#_ftnref77_8764" name="_ftn77_8764"&gt;[77]&lt;/a&gt; A. FRACHON et D. VERNET, &lt;i&gt;L&amp;#8217;Am&amp;#233;rique messianique. Les guerres des n&amp;#233;o-conservateurs&lt;/i&gt;, Paris, Seuil, 2004.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;a href="#_ftnref78_8764" name="_ftn78_8764"&gt;[78]&lt;/a&gt; Il faut pr&amp;#233;ciser que certains voient deux variantes de la religion civile (voir plus bas), qui est un des piliers du mill&amp;#233;narisme civil et qui en affecte l&amp;#8217;articulation. La premi&amp;#232;re, identifi&amp;#233;e souvent au lib&amp;#233;ralisme, met l&amp;#8217;accent davantage sur la b&amp;#233;n&amp;#233;diction de Dieu envers les &amp;#201;tats-Unis, b&amp;#233;n&amp;#233;diction qui serait accessible &amp;#224; tout peuple qui se soumettrait comme les &amp;#201;tats-Unis &amp;#224; la volont&amp;#233; divine. La seconde, identifi&amp;#233;e au conservatisme, met davantage l&amp;#8217;accent sur l&amp;#8217;&amp;#233;lection sp&amp;#233;ciale des &amp;#201;tats-Unis comme un second Isra&amp;#235;l (&lt;i&gt;a chosen nation&lt;/i&gt;). Au sujet de ces distinctions et des auteurs qui les d&amp;#233;fendent, voir FATH, &lt;i&gt;Dieu b&amp;#233;nisse l&amp;#8217;Am&amp;#233;rique&lt;/i&gt;, p. 50-51.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;a href="#_ftnref79_8764" name="_ftn79_8764"&gt;[79]&lt;/a&gt; MARSDEN, &lt;i&gt;Religion and American Culture&lt;/i&gt;, p. 233, NOLL, &amp;#171; The Bible in American Public Life &amp;#187;, p. 7.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;a href="#_ftnref80_8764" name="_ftn80_8764"&gt;[80]&lt;/a&gt; MARSDEN, &lt;i&gt;Religion and American Culture&lt;/i&gt;, p. 233.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;a href="#_ftnref81_8764" name="_ftn81_8764"&gt;[81]&lt;/a&gt; R. N. BELLAH, &amp;#171; Civil Religion in America &amp;#187;, &lt;i&gt;Daedalus, Journal of the American Academy of Arts and Sciences&lt;/i&gt; 96/1 (1967) : 1-21. Pour un ouvrage r&amp;#233;cent tr&amp;#232;s accessible et contenant des anecdotes int&amp;#233;ressantes, lire FATH, &lt;i&gt;Dieu b&amp;#233;nisse l&amp;#8217;Am&amp;#233;rique&lt;/i&gt;, en particulier le chapitre trois pour une pr&amp;#233;sentation succincte du fonctionnement de la religion civile.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;a href="#_ftnref82_8764" name="_ftn82_8764"&gt;[82]&lt;/a&gt; MITRI, &lt;i&gt;Au nom de la Bible&lt;/i&gt;, p. 25.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;a href="#_ftnref83_8764" name="_ftn83_8764"&gt;[83]&lt;/a&gt; Cit&amp;#233; par MARSDEN, &lt;i&gt;Religion and American Culture&lt;/i&gt;, p. 86.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;a href="#_ftnref84_8764" name="_ftn84_8764"&gt;[84]&lt;/a&gt; MARSDEN, &lt;i&gt;Religion and American Culture&lt;/i&gt;, p. 42-43.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;a href="#_ftnref85_8764" name="_ftn85_8764"&gt;[85]&lt;/a&gt; Il ne faut pas oublier l&amp;#8217;image du fameux drapeau tir&amp;#233; des d&amp;#233;combres apr&amp;#232;s les attentats du 11 septembre et qui a &amp;#233;t&amp;#233; exhib&amp;#233; fi&amp;#232;rement comme symbole de la r&amp;#233;silience &amp;#233;tats-unienne, presque comme un symbole de r&amp;#233;surrection ou plus prosa&amp;#239;quement comme un immense doigt d&amp;#8217;honneur aux terroristes.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;a href="#_ftnref86_8764" name="_ftn86_8764"&gt;[86]&lt;/a&gt; Voir MITRI, &lt;i&gt;Au nom de la Bible&lt;/i&gt;, p. 77. Voir aussi MARSDEN, &lt;i&gt;Religion and American Culture&lt;/i&gt;, p. 44. On notera aussi l&amp;#8217;existence de reliques et de textes sacr&amp;#233;s, dont la D&amp;#233;claration d&amp;#8217;Ind&amp;#233;pendance, la Constitution, la D&amp;#233;claration des droits (&lt;i&gt;Bill of Rights&lt;/i&gt;) et le discours &amp;#224; Gettysburg par Lincoln (&lt;i&gt;Gettysburg address&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;a href="#_ftnref87_8764" name="_ftn87_8764"&gt;[87]&lt;/a&gt; Rappelons que la nation et la conscience nationale ont &amp;#233;t&amp;#233; fond&amp;#233;es par un conflit avec l&amp;#8217;Angleterre.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;a href="#_ftnref88_8764" name="_ftn88_8764"&gt;[88]&lt;/a&gt; Voir MARSDEN, &lt;i&gt;Religion and American Culture&lt;/i&gt;, p. 43.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;a href="#_ftnref89_8764" name="_ftn89_8764"&gt;[89]&lt;/a&gt; MITRI, &lt;i&gt;Au nom de la Bible&lt;/i&gt;, p. 74ss.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;a href="#_ftnref90_8764" name="_ftn90_8764"&gt;[90]&lt;/a&gt; S. FATH, &lt;i&gt;Dieu b&amp;#233;nisse l&amp;#8217;Am&amp;#233;rique&lt;/i&gt;, p. 47.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;a href="#_ftnref91_8764" name="_ftn91_8764"&gt;[91]&lt;/a&gt; Une autre est la f&amp;#234;te du Jour d&amp;#8217;action de gr&amp;#226;ce (&lt;i&gt;Thanksgiving Day&lt;/i&gt;), o&amp;#249; le Pr&amp;#233;sident (entre autres) gracie une dinde qui ainsi n&amp;#8217;aura pas &amp;#224; &amp;#234;tre abattue (lors de ses deux mandats comme pr&amp;#233;sident, George W. Bush a probablement ainsi graci&amp;#233; davantage de dindes qu&amp;#8217;il a graci&amp;#233; de condamn&amp;#233;s &amp;#224; mort lors de ses mandats comme gouverneur du Texas). Cette f&amp;#234;te comm&amp;#233;more le festival de la moisson c&amp;#233;l&amp;#233;br&amp;#233; par les colons de Plymouth en 1621 suite &amp;#224; leur premi&amp;#232;re r&amp;#233;colte. Cette f&amp;#234;te a une dimension nettement plus familiale que le Discours sur l&amp;#8217;&amp;#233;tat de l&amp;#8217;Union. Elle est toutefois fond&amp;#233;e sur le principe deut&amp;#233;ronomiste de la r&amp;#233;tribution divine au peuple &amp;#233;lu, Dieu accordant l&amp;#8217;abondance (la Terre promise) &amp;#224; son peuple. Malgr&amp;#233; son caract&amp;#232;re familial, la f&amp;#234;te joue un r&amp;#244;le important dans la religion civile et l&amp;#8217;imaginaire collectif &amp;#233;tats-uniens. La colonie de Plymouth (et ses &amp;#171; P&amp;#232;res p&amp;#232;lerins &amp;#187; puritains) est souvent per&amp;#231;ue aux &amp;#201;tats-Unis comme le commencement symbolique de la nation, malgr&amp;#233; les colonies et comptoirs qui avaient &amp;#233;t&amp;#233; &amp;#233;tablis auparavant, notamment Popham au Maine (1607) et Roanoke et Jamestown en Virginie (respectivement 1585 et 1607). &lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;a href="#_ftnref92_8764" name="_ftn92_8764"&gt;[92]&lt;/a&gt; Sans parler des autres jours importants que sont (par exemple) les d&amp;#233;jeuners de pri&amp;#232;re pr&amp;#233;sidentiels (&lt;i&gt;national prayer breakfasts&lt;/i&gt;), le Jour national de pri&amp;#232;re (&lt;i&gt;National Day of Prayer&lt;/i&gt;), le &lt;i&gt;Memorial Day&lt;/i&gt; ou le 4 juillet (&lt;i&gt;Independence Day&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;a href="#_ftnref93_8764" name="_ftn93_8764"&gt;[93]&lt;/a&gt; Cette mention a &amp;#233;t&amp;#233; ajout&amp;#233;e au Serment au drapeau (&lt;i&gt;Pledge of Allegience&lt;/i&gt;) par le Congr&amp;#232;s en 1954. La devise &lt;i&gt;In God we Trust&lt;/i&gt; a quant &amp;#224; elle &amp;#233;t&amp;#233; adopt&amp;#233;e en 1952. Ces ajouts au courant des ann&amp;#233;es 1950 ne doivent pas surprendre, vu le d&amp;#233;sir de montrer la sup&amp;#233;riorit&amp;#233; morale des &amp;#201;tats-Unis devant la menace communiste ath&amp;#233;e et anti-d&amp;#233;mocratique, repr&amp;#233;sentant la vision oppos&amp;#233;e au mill&amp;#233;narisme pieux et d&amp;#233;mocratique &amp;#233;tats-unien. La Guerre froide constitue d&amp;#8217;ailleurs un haut point du mill&amp;#233;narisme, une v&amp;#233;ritable confrontation eschatologique (et m&amp;#234;me &amp;#171; apocalyptique &amp;#187;, appuy&amp;#233;e par la menace nucl&amp;#233;aire) en vue de l&amp;#8217;instauration du mill&amp;#233;nium. Sur le caract&amp;#232;re manich&amp;#233;en (par ailleurs bien attest&amp;#233; dans la litt&amp;#233;rature secondaire) de l&amp;#8217;opposition religieuse &amp;#233;tats-unienne au communisme, voir par exemple MARSDEN, &amp;#171; The Sword of the Lord &amp;#187;, p. 11.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;a href="#_ftnref94_8764" name="_ftn94_8764"&gt;[94]&lt;/a&gt; C&amp;#8217;est-&amp;#224;-dire qui est acceptable pour &amp;#224; peu pr&amp;#232;s toutes les croyances ou du moins qui n&amp;#8217;en offense aucune. Par exemple, on peut prier dans les assembl&amp;#233;es municipales ou dans d&amp;#8217;autres rencontres officielles, mais il ne faut pas mentionner J&amp;#233;sus. La foi n&amp;#8217;est pas pour autant triviale. Il &lt;u&gt;faut&lt;/u&gt; m&amp;#234;me &amp;#234;tre religieux ou du moins croyant pour esp&amp;#233;rer devenir pr&amp;#233;sident aux &amp;#201;tats-Unis, mais le contenu de la foi exprim&amp;#233;e sur la sc&amp;#232;ne publique est relativement peu important. Il ne s&amp;#8217;agit pas de relativisme religieux, les religions des &amp;#201;tats-uniens n&amp;#8217;&amp;#233;tant pas sans sp&amp;#233;cificit&amp;#233;s ou sans absolu. On peut plut&amp;#244;t consid&amp;#233;rer que les &amp;#201;tats-uniens ont une deuxi&amp;#232;me religion, th&amp;#233;oriquement commune &amp;#224; tous celle-l&amp;#224;, qui reconna&amp;#238;t la diversit&amp;#233; religieuse tout en mettant l&amp;#8217;accent sur le plus petit d&amp;#233;nominateur commun des &amp;#201;tats-uniens en mati&amp;#232;re religieuse. Cette &amp;#171; foi commune &amp;#187; est suppos&amp;#233;ment possible en partie parce que son objet principal est le mode de vie &amp;#233;tats-unien, la nation ou son patron, ce Dieu vaguement d&amp;#233;fini qui regarde avec bienveillance son peuple et lui offre sa protection. Il y a &amp;#233;videmment des exceptions &amp;#224; cette prudence puisque certains des politiciens qui sont de fervents chr&amp;#233;tiens ne sont pas tr&amp;#232;s inhib&amp;#233;s. On notera par exemple une d&amp;#233;claration (parmi d&amp;#8217;autres) du pentec&amp;#244;tiste John Aschcroft, alors ministre de la justice : &amp;#171; L&amp;#8217;Am&amp;#233;rique est unique parmi les nations. Nous n&amp;#8217;avons pas d&amp;#8217;autre roi que J&amp;#233;sus. Quand vous n&amp;#8217;avez de roi que J&amp;#233;sus, vous lib&amp;#233;rez l&amp;#8217;&amp;#233;ternel, le potentiel, le plus &amp;#233;lev&amp;#233;, le meilleur et la vertu &amp;#187; (d&amp;#233;claration faite en 2001 &amp;#224; l&amp;#8217;Universit&amp;#233; fondamentaliste Bob Jones et cit&amp;#233;e par MITRI, &lt;i&gt;Au nom de la Bible&lt;/i&gt;, p. 157). Il n&amp;#8217;est toutefois pas fr&amp;#233;quent aux 20&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; et 21&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&amp;#232;cles que les r&amp;#233;f&amp;#233;rences &amp;#224; l&amp;#8217;h&amp;#233;ritage jud&amp;#233;o-chr&amp;#233;tien soient aussi explicites chez les politiciens.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;a href="#_ftnref95_8764" name="_ftn95_8764"&gt;[95]&lt;/a&gt; Voir MARSDEN, &lt;i&gt;Religion and American Culture&lt;/i&gt;, p. 227.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;a href="#_ftnref96_8764" name="_ftn96_8764"&gt;[96]&lt;/a&gt; Cit&amp;#233; par MITRI, &lt;i&gt;Au nom de la Bible, au nom de l&amp;#8217;Am&amp;#233;rique&lt;/i&gt;, p. 77.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;a href="#_ftnref97_8764" name="_ftn97_8764"&gt;[97]&lt;/a&gt; Voir par exemple MARSDEN, &lt;i&gt;Religion and American Culture&lt;/i&gt;, p. 168.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;a href="#_ftnref98_8764" name="_ftn98_8764"&gt;[98]&lt;/a&gt; MITRI, &lt;i&gt;Au nom de la Bible&lt;/i&gt;, p. 79.&lt;/p&gt;  &lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/21708733-321645129842997499?l=marcpare.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://marcpare.blogspot.com/feeds/321645129842997499/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=21708733&amp;postID=321645129842997499' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/321645129842997499'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/321645129842997499'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://marcpare.blogspot.com/2010/05/bible-et-culture-aux-etats-unis_07.html' title='Bible et culture aux États-Unis'/><author><name>Marc D. Paré</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04687580388426445946</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_VMt-Dg9gsuk/SNqLrG0RP9I/AAAAAAAAABE/wD31Tql9uo8/S220/IMG_7492.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-21708733.post-1650520173674422706</id><published>2010-03-26T08:48:00.004-04:00</published><updated>2010-05-04T16:25:56.218-04:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Catholicisme'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Spiritualité'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Calendrier liturgique'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Évangélisme'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Suggestions de lecture'/><title type='text'>Suggestion de lecture</title><content type='html'>À lire, un &lt;a href="http://www.christianitytoday.com/ct/2010/marchweb-only/22-41.0.html?start=2"&gt;article&lt;/a&gt; assez intéressant de Christianity Today sur l'Annonciation. Pas autant intéressant pour la suggestion de récupérer la fête pour le "combat contre l'avortement" que pour les réflexions sur le mouvement évangélique, notamment les tentatives d'expliquer pourquoi les évangéliques ignorent largement cette fête et le calendrier liturgique en général. Une des observations plutôt "coup de gueule" : "There is, especially in American evangelicalism, a huge emphasis on pragmatic Christianity: saving souls, getting stuff done. Jesus, in his ministry, was getting stuff done. He wasn't just laying there in a womb or a manger. For Catholics and Orthodox, however, the salvation that evangelicals preach more fervently depends on the lowliness of the Christ and his incarnation. Hence, the different emphases." (L'évangélisme, notamment étatsunien, met l'accent  sur un christianisme pragmatique : sauver des âmes, accomplir des choses. Jésus, durant son ministère, a accompli des choses. Il ne faisait pas que se prélasser dans un utérus ou une mangeoire. Pour les catholiques et les orthodoxes cependant, le salut, prêché par les évangéliques avec ferveur, dépend de l'humilité du Christ et de son Incarnation. Ce qui explique que l'on accentue différentes choses).&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/21708733-1650520173674422706?l=marcpare.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://marcpare.blogspot.com/feeds/1650520173674422706/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=21708733&amp;postID=1650520173674422706' title='4 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/1650520173674422706'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/1650520173674422706'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://marcpare.blogspot.com/2010/03/suggestion-de-lecture.html' title='Suggestion de lecture'/><author><name>Marc D. Paré</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04687580388426445946</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_VMt-Dg9gsuk/SNqLrG0RP9I/AAAAAAAAABE/wD31Tql9uo8/S220/IMG_7492.jpg'/></author><thr:total>4</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-21708733.post-7090355533137382919</id><published>2010-03-09T13:04:00.002-05:00</published><updated>2010-03-09T14:40:43.075-05:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Société'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Modernité'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Culture'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Suggestions de lecture'/><title type='text'>La mondialisation</title><content type='html'>Je lis cette semaine Claude Lévi-Strauss (&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Tristes tropiques&lt;/span&gt;, un livre sur ma liste depuis au moins 15 ans mais que je ne commence que maintenant). Il écrit sur la modernité et la "mondialisation" telle qu'il l'a perçoit dans la 1ère moitié du 20e siècle, comme un rouleau compresseur des cultures : "Je comprends alors la passion, la folie, la duperie des récits de voyage. Ils apportent l'illusion de ce qui n'existe plus et qui devrait être encore, pour que nous échappions à l'accablante évidence que vingt mille ans d'histoire sont joués. Il n'y a plus rien à faire : la civilisation n'est plus cette fleur fragile qu'on préservait, qu'on développait à grand-peine dans quelques coins abrités d'un terroir riche en espèces rustiques, menaçantes sans doute par leur vivacité, mais qui permettaient aussi de varier et de revigorer les semis. L'humanité s'installe dans la monoculture; elle s'apprête à produire la civilisation en masse, comme la betterave. Son ordinaire ne comportera plus que ce plat (...) Car ces primitifs à qui il suffit de rendre visite pour en revenir sanctifié, ces cimes glacées, ces grottes et ces forêts profondes, temples de hautes et profitables révélations, ce sont, à des titres divers, les ennemis d'une société qui se joue à elle-même la comédie de les anoblir au moment où elle achève de les supprimer, mais qui n'éprouvait pour eux qu'effroi et dégoût quand ils étaient des adversaires véritables. Pauvre gibier pris aux pièges de la civilisation mécanique, sauvages de la forêt amazonienne, tendres et impuissantes victimes, je peux me résigner à comprendre le destin qui vous anéantit, mais non point être dupe de cette sorcellerie plus chétive que la vôtre, qui brandit devant un public avide des albums en kodachrome remplaçant vos masques détruits. Croit-il par leur intermédiaire réussir à s'approprier vos charmes ? Non satisfait encore ni même conscient de vous abolir, il lui faut rassasier fiévreusement de vos ombres le cannibalisme nostalgique d'une histoire à laquelle vous avez déjà succombé".&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/21708733-7090355533137382919?l=marcpare.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://marcpare.blogspot.com/feeds/7090355533137382919/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=21708733&amp;postID=7090355533137382919' title='4 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/7090355533137382919'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/7090355533137382919'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://marcpare.blogspot.com/2010/03/la-mondialisation.html' title='La mondialisation'/><author><name>Marc D. Paré</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04687580388426445946</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_VMt-Dg9gsuk/SNqLrG0RP9I/AAAAAAAAABE/wD31Tql9uo8/S220/IMG_7492.jpg'/></author><thr:total>4</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-21708733.post-1033056361024153481</id><published>2010-02-04T09:49:00.002-05:00</published><updated>2010-02-04T10:07:40.283-05:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Suivance'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Théologie'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Suggestions de lecture'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Salut'/><title type='text'>Suggestion de visionnement</title><content type='html'>Je vous propose un court &lt;a href="http://www.youtube.com/watch?v=fwHD9SHpKR4"&gt;vidéo&lt;/a&gt; où N. T. Wright, un excellent bibliste évangélique, parle de son livre &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Justification&lt;/span&gt;. Wright fait partie des biblistes qui adoptent la "nouvelle perspective sur Paul", qui est en fait une correction d'une vision un peu étroite non seulement de la théologie de Paul, mais (surtout) de l'oeuvre du Christ. Espérant que le vidéo vous donnera envie de lire le livre.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/21708733-1033056361024153481?l=marcpare.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://marcpare.blogspot.com/feeds/1033056361024153481/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=21708733&amp;postID=1033056361024153481' title='4 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/1033056361024153481'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/1033056361024153481'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://marcpare.blogspot.com/2010/02/suggestion-de-visionnement.html' title='Suggestion de visionnement'/><author><name>Marc D. Paré</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04687580388426445946</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_VMt-Dg9gsuk/SNqLrG0RP9I/AAAAAAAAABE/wD31Tql9uo8/S220/IMG_7492.jpg'/></author><thr:total>4</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-21708733.post-2724497115378707538</id><published>2010-02-01T10:03:00.003-05:00</published><updated>2010-02-01T10:20:03.452-05:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Théologie'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Évangélisme'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Suggestions de lecture'/><title type='text'>Heureuse nouvelle !</title><content type='html'>C'est avec joie que je vous annonce le retour sur la blogosphère de mon cher ami Steve Robitaille, l' "être" derrière &lt;a href="http://steverobitaille.blogspot.com/"&gt;theobeing&lt;/a&gt;. Son premier billet est d'ailleurs fort intéressant. Il propose une définition un peu différente de ce qu'est la théologie évangélique.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/21708733-2724497115378707538?l=marcpare.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://marcpare.blogspot.com/feeds/2724497115378707538/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=21708733&amp;postID=2724497115378707538' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/2724497115378707538'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/2724497115378707538'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://marcpare.blogspot.com/2010/02/heureuse-nouvelle.html' title='Heureuse nouvelle !'/><author><name>Marc D. Paré</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04687580388426445946</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_VMt-Dg9gsuk/SNqLrG0RP9I/AAAAAAAAABE/wD31Tql9uo8/S220/IMG_7492.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-21708733.post-1001148779671215327</id><published>2009-12-16T14:11:00.005-05:00</published><updated>2009-12-16T19:25:55.291-05:00</updated><title type='text'>Suggestion de lecture</title><content type='html'>À lire, ce court &lt;a href="http://www.firstthings.com/article/2007/01/the-evangelical-mind-today-40"&gt;article&lt;/a&gt; (en anglais) de Mark Noll, un historien évangélique que j'aime beaucoup. Il fait une sorte de micro mise à jour de son excellent livre &lt;span style="font-style: italic;"&gt;The Scandal of the Evangelical Mind&lt;/span&gt; en s'interrogant sur ce qui a changé depuis sa publication. C'est aussi une forme de résumé de ce livre, résumé qui devrait vous mettre l'eau à la bouche si vous ne l'avez pas encore lu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Merci à Steve, "l'être" derrière &lt;a href="http://steverobitaille.blogspot.com/"&gt;theobeing&lt;/a&gt;, de m'avoir fait remarquer cet article. Au plaisir de te voir revenir sur la blogosphère, Steve !&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/21708733-1001148779671215327?l=marcpare.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://marcpare.blogspot.com/feeds/1001148779671215327/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=21708733&amp;postID=1001148779671215327' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/1001148779671215327'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/1001148779671215327'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://marcpare.blogspot.com/2009/12/suggestion-de-lecture.html' title='Suggestion de lecture'/><author><name>Marc D. Paré</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04687580388426445946</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_VMt-Dg9gsuk/SNqLrG0RP9I/AAAAAAAAABE/wD31Tql9uo8/S220/IMG_7492.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-21708733.post-6680786919002532999</id><published>2009-11-12T17:39:00.001-05:00</published><updated>2009-11-12T17:39:10.143-05:00</updated><title type='text'>Plaidoyer pour une certaine diversité théologique</title><content type='html'>&lt;p&gt;Cet &amp;#233;ditorial est paru dans le magazine &lt;em&gt;Le Lien&lt;/em&gt; 26/6 novembre-d&amp;#233;cembre 2009, p.3. &lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Nous gagnerions &amp;#224; encourager une certaine diversit&amp;#233; d&amp;#8217;opinion &amp;#224; l&amp;#8217;int&amp;#233;rieur du mouvement &amp;#233;vang&amp;#233;lique. &amp;#201;videmment, il ne s&amp;#8217;agit pas de laisser place au relativisme (&amp;#171; les id&amp;#233;es se valent toutes &amp;#187;) ou aux h&amp;#233;r&amp;#233;sies, ni d&amp;#8217;abandonner nos convictions. Simplement, il faut reconna&amp;#238;tre que ce n&amp;#8217;est pas parce qu&amp;#8217;un fr&amp;#232;re est en d&amp;#233;saccord avec nous qu&amp;#8217;il est automatiquement un mauvais chr&amp;#233;tien. Sur plusieurs points, diff&amp;#233;rentes opinions peuvent &amp;#234;tre vues comme &amp;#233;tant non pas toutes aussi bonnes, mais acceptables pour un chr&amp;#233;tien. Paul affirme cela dans Rm 14 ; 1 Co 8 ; 10,23-33 et met l&amp;#8217;accent sur l&amp;#8217;accueil et l&amp;#8217;amour qu&amp;#8217;il faut manifester envers nos fr&amp;#232;res et s&amp;#339;urs qui pensent diff&amp;#233;remment. N&amp;#8217;oublions pas que nous avons tous &amp;#233;t&amp;#233; b&amp;#233;n&amp;#233;ficiaires de cet accueil &amp;#224; certains moments de notre vie chr&amp;#233;tienne. Nous avons tous d&amp;#233;fendu des id&amp;#233;es que nous avons ensuite abandonn&amp;#233;es. Nous avons tous eu cette foi immature dont Paul parle, et c&amp;#8217;est gr&amp;#226;ce &amp;#224; l&amp;#8217;accueil des autres que nous avons pu grandir en maturit&amp;#233;. &lt;/p&gt;  &lt;p&gt;La diversit&amp;#233; d&amp;#8217;opinions s&amp;#8217;explique par l&amp;#8217;immaturit&amp;#233; de certains, mais aussi par la complexit&amp;#233; de certaines questions th&amp;#233;ologiques. D&amp;#232;s les premi&amp;#232;res ann&amp;#233;es de la R&amp;#233;forme, des diff&amp;#233;rences parfois importantes se sont manifest&amp;#233;es entre les r&amp;#233;formateurs. Malgr&amp;#233; ces diff&amp;#233;rences, Calvin consid&amp;#233;rait Luther comme un pr&amp;#233;cieux instrument de Dieu. La situation actuelle n&amp;#8217;est pas plus simple qu&amp;#8217;&amp;#224; la R&amp;#233;forme et par cons&amp;#233;quent les diff&amp;#233;rences d&amp;#8217;aujourd&amp;#8217;hui ne sont pas surprenantes, surtout si nous reconnaissons nos limites personnelles (et communautaires) &amp;#224; d&amp;#233;crire avec exactitude et exhaustivit&amp;#233; toutes les grandeurs des desseins et des myst&amp;#232;res de Dieu. &lt;/p&gt;  &lt;p&gt;On peut se rapprocher de la v&amp;#233;rit&amp;#233; (et donc de Dieu) seulement si on est pr&amp;#234;t &amp;#224; apprendre, donc &amp;#224; confronter dans le respect nos id&amp;#233;es &amp;#224; celles des autres. Parfois, m&amp;#234;me si elles restent les m&amp;#234;mes, nos id&amp;#233;es peuvent se pr&amp;#233;ciser gr&amp;#226;ce au dialogue. Si on ne s&amp;#8217;explique jamais &amp;#224; ceux qui pensent autrement, on devient paresseux intellectuellement, prenant pour acquis que tous les (bons) chr&amp;#233;tiens pensent comme nous. Rappelons-nous que la diversit&amp;#233; th&amp;#233;ologique &amp;#224; l&amp;#8217;&amp;#233;poque des P&amp;#232;res de l&amp;#8217;&amp;#201;glise et de la R&amp;#233;forme a donn&amp;#233; lieu &amp;#224; une &amp;#233;bullition d&amp;#8217;id&amp;#233;es et &amp;#224; une productivit&amp;#233; th&amp;#233;ologique qui nous stimule encore aujourd&amp;#8217;hui. La diversit&amp;#233; des membres n&amp;#8217;emp&amp;#234;che pas l&amp;#8217;unit&amp;#233; du Corps du Christ : elle le nourrit (1 Co 12-13).&lt;/p&gt;  &lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/21708733-6680786919002532999?l=marcpare.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://marcpare.blogspot.com/feeds/6680786919002532999/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=21708733&amp;postID=6680786919002532999' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/6680786919002532999'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/6680786919002532999'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://marcpare.blogspot.com/2009/11/plaidoyer-pour-une-certaine-diversite.html' title='Plaidoyer pour une certaine diversité théologique'/><author><name>Marc D. Paré</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04687580388426445946</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_VMt-Dg9gsuk/SNqLrG0RP9I/AAAAAAAAABE/wD31Tql9uo8/S220/IMG_7492.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-21708733.post-5851987473439815947</id><published>2009-11-04T09:36:00.023-05:00</published><updated>2009-11-04T14:35:35.642-05:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Jeunesse'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Société'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Environnement'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Responsabilité'/><title type='text'>Le filtre du carbone</title><content type='html'>Il fallait s'y attendre : certains ont encore trouvé moyen de détourner une bonne chose pour verser dans l'excès, pour ne pas dire dans le ridicule. En effet, un &lt;a href="http://www.cyberpresse.ca/environnement/200910/30/01-916922-des-credits-de-carbone-pour-la-contraception.php"&gt;débat&lt;/a&gt;  pointe son nez : selon certains, les gouvernements devraient accorder des crédits de carbone aux femmes qui se font stériliser puisque les enfants, futurs (méchants) consommateurs, produiront de grandes quantités de gaz à effet de serre. Il faut préciser tout de suite que nous ne parlons pas ici de fournir des moyens de contraception à des femmes qui ne peuvent s'en procurer dans les pays en développement et qui doivent se résigner à avoir huit enfants alors qu'elles préfèreraient n'en avoir que deux ou trois. Non, nous parlons plutôt d'éviter l'engendrement des pires enfants de la planète, soit les enfants des pays riches qui sont ceux qui consommeraient davantage au cours de leur vie et donc produiraient davantage de gaz à effet de serre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je précise tout de suite que je suis tout à fait en faveur de la mise en place de mesures importantes pour réduire la production de gaz à effet de serre et d'autres polluants. Je trouve aussi scandaleux que le gouvernement canadien se traîne les pieds dans ce dossier (et dans les autres dossiers liés à l'environnement), alors même que certaines compagnies canadiennes ont pris des mesures volontaires plus contraignantes que celles exigées par le gouvernement fédéral. Ce que je trouve surréaliste, c'est que pendant que l'on culpabilise les gens pour le fait de se reproduire ou même de vivre (après tout, même en n'achetant rien, notre respiration produit déjà du CO2 : quand va-t-on nous le reprocher ?), on permet aux gouvernements de laisser les transports en commun dans leur piètre état actuel et de ne pas légiférer pour contraindre les entreprises à apporter davantage de changements qui auraient des impacts beaucoup plus significatifs (on parle de milliards de tonnes de carbone !) que ceux que peuvent avoir les choix individuels, aussi bien intentionnés soient-ils. Bien que tous les choix soient importants, ceux qui sauveront (ou pas) la planète ne sont pas les choix individuels des citoyens comme le remplacement d'ampoules à incandescence par des fluocompactes, geste presque universellement reconnu aujourd'hui comme le strict minimum que tous ceux qui ne détestent pas l'environnement doivent poser (rassurez-vous : j'ai moi-même pris le virage fluocompacte). On aura beau bannir complètement l'ampoule à incandescence du Globe, tant que les industries ne seront pas contraintes à produire de façon moins polluante des produits eux-mêmes moins nocifs pour l'environnement, et tant que nos infrastructures ne nous permettront (voire obligeront) pas de vivre collectivement de façon plus respectueuse de l'environnement, on ne fera que filtrer le moucheron pour mieux avaler le chameau. Devons-nous vraiment choisir la stérilisation pour contrer le réchauffement de la planète alors que le remplacement relativement facile de l'exploitation des sables bitumineux, des centrales thermiques au charbon et des voitures à essence par des alternatives aurait un impact bien supérieur ? Autant ou plus d'êtres humains pourraient vivre sur cette planète tout en ayant moins d'impact sur l'environnement. Les États-Unis produisent près du quart des émissions de gaz à effet de serre tout en ne constituant pas 5% de la population mondiale. La différence ne s'explique pas seulement par le niveau de vie des Étatsuniens, incluant l'ampleur de la production manufacturière dans ce pays, mais plutôt par leurs modes de production et de consommation (et de gaspillage). La question est : sommes-nous prêts à encadrer la production pour assurer un développement durable ? Posée autrement, la question est : y a-t-il des (vrais) politiciens dans la salle ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pourquoi voulons-nous protéger l'environnement ? N'est-ce pas en partie, justement, pour assurer un monde meilleur (ou du moins éviter un monde pire) à nos ENFANTS ? S'il faut éliminer les enfants pour laisser un monde meilleur à la prochaine génération, il faut qu'on m'explique la logique adoptée. S'agit-il de laisser les pollueurs produire des biens de la même façon irresponsable jusqu'à ce qu'il n'y ait plus personne sur Terre pour les acheter ? Il se pourrait bien que le plus grand fléau mondial actuel ne soit pas l'emballement du climat mais, pour reprendre un calque de l'anglais, l'échec de notre imagination.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/21708733-5851987473439815947?l=marcpare.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://marcpare.blogspot.com/feeds/5851987473439815947/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=21708733&amp;postID=5851987473439815947' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/5851987473439815947'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/5851987473439815947'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://marcpare.blogspot.com/2009/11/le-filtre-du-carbone.html' title='Le filtre du carbone'/><author><name>Marc D. Paré</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04687580388426445946</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_VMt-Dg9gsuk/SNqLrG0RP9I/AAAAAAAAABE/wD31Tql9uo8/S220/IMG_7492.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-21708733.post-1691993439487237553</id><published>2009-10-30T09:11:00.019-04:00</published><updated>2009-10-30T13:28:40.004-04:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Histoire'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Suivance'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Anabaptisme'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Suggestions de lecture'/><title type='text'>Suggestions de lectures anabaptistes</title><content type='html'>Dans un commentaire à mon billet du 2 octobre, mon ami Oscar (que je remercie) attire mon attention sur un document qui m'avait échappé : une description de l'anabaptisme intitulé &lt;span style="font-style: italic;"&gt;What is an Anabaptist Christian?&lt;/span&gt; et publié par l'agence missionnaire de l'Église mennonite des États-Unis (le Mennonite Board of Missions de la Mennonite Church USA). Cette agence publie aussi de courts fascicules souvent très intéressants sur différents sujets dans la série &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Mission Insight&lt;/span&gt;. Vous trouverez &lt;a href="http://www.mennonitemission.net/resources/Publications/MissioDei/Default.asp"&gt;ici&lt;/a&gt; le lien vers le document si le sujet vous intéresse. C'est une perspective assez intéressante sur l'anabaptisme, la vie chrétienne et même jusqu'à un certain point l'histoire de l'Église. Je dois avouer que je n'aurais pas écrit ce document moi-même dans les mêmes termes. La présentation de l'anabaptisme par rapport au reste du protestantisme (et du christianisme) y est parfois un peu trop tranchée : nombre d'anabaptistes (dont moi-même) tendent à se situer à quelque part entre les deux extrémités du spectre présenté. Souvent (mais pas toujours), cette tension s'exprime par la double appartenance de nombreux anabaptistes à deux courants, l'évangélisme et l'anabaptisme. Sans prétendre que ce mélange constitue la recette parfaite, je crois qu'elle permet parfois d'éviter certains des excès des deux mouvements pris dans leur forme "pure". Je dois aussi avouer ne pas partager entièrement l'évaluation du document concernant notamment Constantin, Augustin et les Réformateurs. Bien que les faits (d)énoncés à leur sujet soient probablement pour l'essentiel vrais, ils ne représentent pas entièrement et avec toutes les nuances la complexité des positions qui sont résumées d'une façon à souligner à grands traits ce qui distingue l'anabaptisme des autres visions représentées par ces individus. Évidemment, c'est en se distinguant des autres que l'on définit souvent son identité, ce que fait très (trop ?) bien ce document. Toutefois, et malgré cette présentation un peu "manichéenne" de l'identité anabaptiste, le document offre une perspective intéressante et évidemment très "pro-anabaptiste" qu'il vaut la peine de consulter. Dernière précision : le document se présente en partie comme une modernisation du très influent article &lt;span&gt;"The Anabaptist Vision"&lt;/span&gt; de Harold Bender publié en 1944. Le document de l'agence missionnaire n'est probablement pas appelé à la même notoriété que l'article de Bender (que nous gagnerions à (re)lire), mais l'effort de modernisation est louable. Pour lire l'article de Bender, on peut consulter le Cahier Christ seul 4, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Vision et spiritualité anabaptistes&lt;/span&gt;, 2001, qui contient non seulement une traduction de cet article, mais également un court article de Neal Blough, directeur du Centre mennonite de Paris, sur Bender et sa réception en France.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/21708733-1691993439487237553?l=marcpare.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://marcpare.blogspot.com/feeds/1691993439487237553/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=21708733&amp;postID=1691993439487237553' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/1691993439487237553'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/1691993439487237553'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://marcpare.blogspot.com/2009/10/suggestions-de-lecture-anabaptiste.html' title='Suggestions de lectures anabaptistes'/><author><name>Marc D. Paré</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04687580388426445946</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_VMt-Dg9gsuk/SNqLrG0RP9I/AAAAAAAAABE/wD31Tql9uo8/S220/IMG_7492.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-21708733.post-2690866640397750806</id><published>2009-10-27T15:36:00.005-04:00</published><updated>2009-10-30T13:12:28.468-04:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Fondamentalisme'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Évangélisme'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Culture'/><title type='text'>Suggestion de visionnement</title><content type='html'>J'ai repéré il y a quelque temps un livre qui s'intitule &lt;span style="font-style: italic;"&gt;The Year of Living Biblically. One Man's Humble Quest to Follow the Bible as Literally as Possible&lt;/span&gt;. Il s'agit de l'expérience d'un juif agnostique qui essaie de comprendre le phénomène religieux, notamment aux États-Unis, et qui décide, en plus de rencontrer différents groupes religieux (dont des évangéliques et des amish), de s'immerger dans son sujet en cherchant à suivre toutes les règles de la Bible prises littéralement. Je n'ai malheureusement pas eu l'occasion de lire ce livre pour l'instant, mais j'ai visionné un court vidéo que vous trouverez &lt;a href="http://www.ted.com/talks/lang/eng/a_j_jacobs_year_of_living_biblically.html"&gt;ici&lt;/a&gt;. L'auteur y explique sa démarche et fait quelques observations et offre sa perception du fait religieux et de son expérience littéraliste. Les chrétiens disent souvent qu'ils aimeraient mieux comprendre ce que les gens pensent d'eux. Or, il y a dans ce vidéo certaines observations assez intéressantes. Un avertissement s'impose : le ton peut déplaire à certains. Il n'est pas irrévérencieux en tant que tel, mais il s'agit d'un humour qui ne plaira pas à tous.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/21708733-2690866640397750806?l=marcpare.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://marcpare.blogspot.com/feeds/2690866640397750806/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=21708733&amp;postID=2690866640397750806' title='3 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/2690866640397750806'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/2690866640397750806'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://marcpare.blogspot.com/2009/10/suggestion-de-visionnement.html' title='Suggestion de visionnement'/><author><name>Marc D. Paré</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04687580388426445946</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_VMt-Dg9gsuk/SNqLrG0RP9I/AAAAAAAAABE/wD31Tql9uo8/S220/IMG_7492.jpg'/></author><thr:total>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-21708733.post-2970047304889337928</id><published>2009-10-20T19:36:00.019-04:00</published><updated>2009-10-21T18:34:05.578-04:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Société'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Évangélisme'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Culture'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Québec'/><title type='text'>Plaidoyer pour un moratoire sur les plans de développement ou Le syndrome des Marthe agitées</title><content type='html'>&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Pendant qu'ils étaient en route, il entra dans un village, et une femme nommée Marthe le reçut. Sa soeur, appelée Marie, s'était assise aux pieds du Seigneur et écoutait sa parole. Marthe, qui s'affairait à beaucoup de tâches, survint et dit : Seigneur, tu ne te soucies pas de ce que ma soeur me laisse faire le travail toute seule ? Dis-lui donc de m'aider. Le Seigneur lui répondit : Marthe, Marthe, tu t'inquiètes et tu t'agites pour beaucoup de choses. Une seule est nécessaire. Marie a choisi la bonne part : elle ne lui sera pas retirée&lt;/span&gt; (Lc 10,38-42, Nouvelle Bible Segond)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En relisant ce passage, il m'est venu une actualisation, ou plutôt une extension de cette histoire en pensant à l'oeuvre chrétienne au Québec. La communauté évangélique québécoise, malgré son infime taille (40 000 membres "actifs"), a une panoplie de programmes et d'institutions, incluant un nombre impressionnant de familles d'églises, d'églises indépendantes et d'écoles (plus d'une douzaine d'écoles bibliques, théologiques et autres centres de formation !). Chaque année, plusieurs initiatives et programmes sont créés et des églises naissent. La planification stratégique est devenue une seconde nature pour la plupart des ouvriers évangéliques, avec des projections de croissance sur 5, 10 et 25 ans et des "modèles d'affaires" inspirés de grandes entreprises ou d'églises aux États-Unis (notamment les Méga-églises). Pour paraphraser un ami, à la vue de ses structures organisationnelles, on croirait parfois que le mouvement évangélique québécois est appelé à gérer le budget des États-Unis d'Amérique ! En réalité, l'organisation et la création de programmes rime rarement avec la concertation avec les institutions déjà en place ou naissantes. Pire, on a beau planifier et organiser, il règne au Québec une absence de cohésion et de collaboration, mais aussi un manque d'efforts ciblés donnant des résultats significatifs. Nous n'avons d'ailleurs pratiquement jamais le réflexe d'évaluer les résultats d'un programme ou d'un plan stratégique : à peine celui-ci terminé, nous sautons à pieds joints dans une nouvelle entreprise avec le même enthousiasme débordant (ou troublant ?) que lors des 15 tentatives infructueuses précédentes. Nos programmes vivotent ? Pas de problème ! Créons-en d'autres ! Nous finirons bien par tomber sur quelque chose qui marche.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nos efforts d'organisation et de planification ne réduisent pas le dédoublement des programmes et des institutions, ils l'accroissent. Notre niveau d'organisation (incluant les impressionnants organigrammes) est d'une ampleur qui frise souvent le ridicule, étant donnée la taille des confessions et institutions au Québec. Nous voulons chacun avoir un programme qui fait la même chose que celui de la famille d'églises ou de l'organisme voisin, peu importe si nous contribuons ainsi à la précarité de tous ces programmes. Évidemment, une partie du problème est due au couper-coller qui caractérise souvent nos programmes et institutions : nous reprenons une structure ou un programme existant ailleurs au Canada ou aux États-Unis, sans toutefois avoir la masse critique qui permet à ces multiples initiatives concurrentes d'être viables là-bas. Nous n'avons ni les moyens financiers ni les ressources humaines nécessaires pour soutenir de telles structures, et surtout nous ne prenons même pas le temps de nous demander si une adaptation du modèle (ou de la "récette") est nécessaire pour le contexte québécois. Nous oublions ainsi de faire ce que plusieurs de ces "gurus" qui nous impressionnent tant ont fait : étudier leur contexte pour mieux joindre les gens. Nous préférons reprendre un truc de marketing ou une technique comme l'ajout de musique techno (bon d'accord, disons de guitare) lors du culte (à quand le sermon &lt;span style="font-style: italic;"&gt;lip dub&lt;/span&gt; et l'évangélisation &lt;span style="font-style: italic;"&gt;flash mob&lt;/span&gt; ?) plutôt que de chercher à comprendre les gens que nous voulons joindre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au Québec, nous avons besoin de réflexion. Nous devons notamment écouter l'Esprit nous guider dans la compréhension de ce qu'est l'Évangile en terre québécoise. Nous nous agitons avec des programmes, des séminaires, des plans de développement stratégiques, etc. Or, nous ne savons même pas comment évangéliser ou former des disciples enracinés dans et en dialogue critique avec la culture québécoise. Nous voulons implanter des églises et nous ne savons même pas ce à quoi devrait ressembler l'église en sol québécois. Arrêtons tout ! Assoyons-nous aux pieds du Maître et écoutons dans la méditation, la réflexion.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans l'histoire de Lc 10, Marie écoute la parole de Jésus. Il s'agit évidemment d'un acte cognitif ou intellectuel, mais c'est aussi plus que cela. Dans Luc (comme ailleurs dans le Nouveau Testament), écouter la parole de Jésus ne constitue pas qu'un exercice cérébral : il faut écouter (et comprendre) la parole de Jésus pour ensuite la mettre en pratique (voir par exemple Lc 6,46-49 ; 8,21 ; 11,27-28). Il n'y a pas de compréhension acceptable sans mise en pratique. Mais l'inverse est aussi vrai : la mise en pratique nécessite une compréhension juste et sollicite notre réflexion. Sinon, que met-on en pratique, exactement ? On ne peut pas simplement se mettre à courir dans la forêt en espérant que l'on finira par aboutir quelque part (et, lorsqu'on se rend compte que l'on est perdu, se mettre à courir plus vite). Pourtant, il me semble que c'est exactement ce que nous faisons dans le milieu évangélique québécois.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Oui, nous avons grandement besoin de réflexion. Et notre réflexion doit aller au-delà de l'interrogation "comment implanter le plus d'églises dans les 5 prochaines années (en 3 étapes faciles) ?" pour inclure des questions comme "Comment proclamer l'Évangile au Québec ? Qu'est-ce qu'être chrétien au Québec ? Qu'est-ce qu'être fidèle à l'Évangile tout en embrassant l'incarnation de cet Évangile en contexte québécois ? Comment articuler un discours chrétien public, c'est-à-dire une théologie compréhensible et solide qui n'est pas uniquement faite pour consommation interne, autrement dit une réelle apologétique (au sens où elle a été pratiquée dans les premiers siècles de l'Église en contexte gréco-romain) ?" Sans avoir répondu au moins partiellement à ces questions, nous sommes condamnés à nous agiter pour beaucoup de choses et à accomplir bien peu.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/21708733-2970047304889337928?l=marcpare.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://marcpare.blogspot.com/feeds/2970047304889337928/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=21708733&amp;postID=2970047304889337928' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/2970047304889337928'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/2970047304889337928'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://marcpare.blogspot.com/2009/10/plaidoyer-pour-un-moratoire-sur-les.html' title='Plaidoyer pour un moratoire sur les plans de développement ou Le syndrome des Marthe agitées'/><author><name>Marc D. Paré</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04687580388426445946</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_VMt-Dg9gsuk/SNqLrG0RP9I/AAAAAAAAABE/wD31Tql9uo8/S220/IMG_7492.jpg'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-21708733.post-4951735294189173538</id><published>2009-10-15T16:54:00.006-04:00</published><updated>2009-10-15T17:41:19.147-04:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Société'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Théologie'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Éducation'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Suggestions de lecture'/><title type='text'>Les études bibliques à Sheffield</title><content type='html'>Une nouvelle intéressante concernant le programme d'études bibliques de l'Université Sheffield. Ce programme fondé par F. F. Bruce (un bibliste anglican évangélique) a une réputation internationale solide et a influencé de façon majeure les études bibliques au 20e siècle, malgré certains excès dans sa contribution à l'élaboration d'hypothèses et de théories parfois un peu douteuses ces dernières décennies. Les presses de l'Université Sheffield ont elles aussi contribué substantiellement à l'avancement des études bibliques. L'article &lt;a href="http://www.christianitytoday.com/ct/2009/octoberweb-only/141-41.0.html"&gt;suivant&lt;/a&gt; raconte que l'équivalent de la Faculté des arts et sciences de l'Université Sheffield avait songé éliminer ce programme mais a dû renoncer à le faire devant les protestations de la communauté estudiantine et de la communauté scientifique internationale. Cela rappelle la position fragile dans laquelle se trouvent la théologie et les études bibliques dans les universités publiques, mais aussi la contribution vitale de ces disciplines à la vie académique et même aux sociétés occidentales.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'ai écrit dans ce blogue quelques réflexions sur la pertinence de la théologie en contexte universitaire dans cette &lt;a href="http://marcpare.blogspot.com/2007/11/la-thologie-quossa-donne.html"&gt;entrée&lt;/a&gt; et surtout dans &lt;a href="http://marcpare.blogspot.com/2007/11/la-thologie-quossa-donne-part-ii.html"&gt;celle-ci&lt;/a&gt;.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/21708733-4951735294189173538?l=marcpare.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://marcpare.blogspot.com/feeds/4951735294189173538/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=21708733&amp;postID=4951735294189173538' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/4951735294189173538'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/4951735294189173538'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://marcpare.blogspot.com/2009/10/les-etudes-bibliques-sheffield.html' title='Les études bibliques à Sheffield'/><author><name>Marc D. Paré</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04687580388426445946</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_VMt-Dg9gsuk/SNqLrG0RP9I/AAAAAAAAABE/wD31Tql9uo8/S220/IMG_7492.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-21708733.post-4234330230151665071</id><published>2009-10-02T10:03:00.004-04:00</published><updated>2009-10-02T10:32:37.534-04:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Histoire'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Anabaptisme'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Suggestions de lecture'/><title type='text'>Suggestions de lecture et de visionnements</title><content type='html'>Pour ceux qui s'intéressent à l'anabaptisme et aux mennonites, je vous invite à lire le &lt;a href="http://www.christ-seul.fr/produits_affiche.asp?id=145"&gt;livre&lt;/a&gt; suivant sur l'histoire des mennonites. Il est écrit par le directeur du Centre mennonite de Paris, Neal Blough, un des grands spécialistes francophones de l'histoire anabaptiste.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vous pouvez aussi consulter les &lt;a href="http://archives.tsr.ch/focus-mennonite/histoire-mennonite"&gt;vidéos&lt;/a&gt; suivants sur l'histoire des mennonites. Merci au blogue du Centre mennonite de Paris d'avoir attiré mon attention sur ces courts films.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/21708733-4234330230151665071?l=marcpare.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://marcpare.blogspot.com/feeds/4234330230151665071/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=21708733&amp;postID=4234330230151665071' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/4234330230151665071'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/4234330230151665071'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://marcpare.blogspot.com/2009/10/suggestions-de-lecture-et-de-videos.html' title='Suggestions de lecture et de visionnements'/><author><name>Marc D. Paré</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04687580388426445946</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_VMt-Dg9gsuk/SNqLrG0RP9I/AAAAAAAAABE/wD31Tql9uo8/S220/IMG_7492.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-21708733.post-5515820517256779245</id><published>2009-10-02T09:45:00.002-04:00</published><updated>2009-10-02T09:58:02.877-04:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Société'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Anabaptisme'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Suggestions de lecture'/><title type='text'>Deux rencontres avec des anabaptistes</title><content type='html'>&lt;p&gt;Voici deux articles intéressants racontant des rencontres avec des anabaptistes. Le premier &lt;a href="http://rubensaillens.over-blog.org/article-14895925.html" target="_blank"&gt;article&lt;/a&gt;, en français, raconte la rencontre de Ruben Saillens au 19e siècle avec un anabaptiste. C'est un très beau récit qui illustre bien certains aspects de certaines communautés anabaptistes. Le deuxième &lt;a href="http://www.christianitytoday.com/ct/2009/september/36.58.html" target="_blank"&gt;article&lt;/a&gt;, en anglais, raconte une rencontre d'un luthérien avec des amish. Ce dernier article permet notamment de souligner les ecclésiologies (compréhensions de ce qu'est (sont) l'Église (les églises)) différentes présentes dans les églises luthériennes et les églises anabaptistes, ainsi que leurs visions différentes du rôle du chrétien dans le monde. Évidemment, l'ecclésiologie et la vision du rôle du chrétien dans le monde chez les amish ne représentent pas la vision anabaptiste dans son ensemble (notamment, d'autres anabaptistes estiment que les chrétiens doivent s'engager davantage dans la société). Toutefois, il s'agit bien d'une certaine vision anabaptiste qui a des ressemblances avec la perspective de nombreux autres anabaptistes. Pour prendre l'analogie d'une onde, on pourrait dire qu'on joue dans les mêmes fréquences, mais que les amplitudes sont différentes. Ceux qui veulent en savoir davantage sur les amish peuvent lire un excellent ouvrage en français sur le sujet (et une myriade d'ouvrages en anglais), soit &lt;em&gt;Les amish. Une énigme pour le monde moderne&lt;/em&gt;. Vous pouvez consulter une description de ce livre en consultant les &lt;a href="http://www.centre-mennonite.fr/catalogue/publications.php" target="_blank"&gt;publications&lt;/a&gt; de la série Perspectives anabaptistes, une série dirigée par le Centre mennonite de Paris. &lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/21708733-5515820517256779245?l=marcpare.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://marcpare.blogspot.com/feeds/5515820517256779245/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=21708733&amp;postID=5515820517256779245' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/5515820517256779245'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/5515820517256779245'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://marcpare.blogspot.com/2009/10/deux-rencontres-avec-des-anabaptistes.html' title='Deux rencontres avec des anabaptistes'/><author><name>Marc D. Paré</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04687580388426445946</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_VMt-Dg9gsuk/SNqLrG0RP9I/AAAAAAAAABE/wD31Tql9uo8/S220/IMG_7492.jpg'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-21708733.post-8742525609557530201</id><published>2009-09-18T13:09:00.004-04:00</published><updated>2009-09-18T13:21:31.063-04:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Suggestions de lecture'/><title type='text'>Suggestion de lecture</title><content type='html'>&lt;p&gt;Un court &lt;a href="http://faith-theology.blogspot.com/2009/09/divine-flu-health-warning.html"&gt;billet&lt;/a&gt; (en anglais) qui contient quelques perles. Le ton ne plaira pas à tous, mais c'est une lecture fort divertissante.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Merci à Steve Robitaille d'avoir attiré mon attention sur ce billet.&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/21708733-8742525609557530201?l=marcpare.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://marcpare.blogspot.com/feeds/8742525609557530201/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=21708733&amp;postID=8742525609557530201' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/8742525609557530201'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/8742525609557530201'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://marcpare.blogspot.com/2009/09/suggestion-de-lecture.html' title='Suggestion de lecture'/><author><name>Marc D. Paré</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04687580388426445946</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_VMt-Dg9gsuk/SNqLrG0RP9I/AAAAAAAAABE/wD31Tql9uo8/S220/IMG_7492.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-21708733.post-6150925025324804327</id><published>2009-09-11T09:04:00.002-04:00</published><updated>2009-09-18T13:20:02.097-04:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Lien'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Salut'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Justice'/><title type='text'>La mission de Jésus</title><content type='html'>&lt;p&gt;Cet article est paru dans le magazine Le Lien 26/5 septembre-octobre 2009, p. 8-9, 20.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Un « énoncé de mission » ?&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Être chrétien, c’est par définition chercher à suivre le Christ et à conformer sa vie à la sienne. C’est en partie ce qui explique pourquoi tant de gens ont cherché à décrire le centre de la vie, du ministère et de la mission de Jésus. Se fondant sur différents textes du Nouveau Testament, les uns ont dit que Jésus y était surtout décrit comme le sauveur de l’humanité, d’autres comme le Messie inaugurant le Règne de Dieu. D’autres ont décrit sa mission comme la réconciliation de l’humanité à Dieu et d’autres enfin ont vu en Jésus d’abord et avant tout le fondateur d’un mouvement, un prophète ou un enseignant qui visait à corriger les perspectives erronées de son peuple. Ces différents énoncés sont probablement tous descriptifs de Jésus et de son œuvre, mais décrivent-ils le « centre » de la vie et de la mission de Jésus ? Est-il possible de déterminer quel est l’élément central animant sa mission, sa vie, en fait tout son être ?&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;En l’absence d’un texte biblique qui répond directement à la question, nous devons faire preuve de prudence. Toutefois, il est raisonnable d’aborder la question non pas en examinant un texte visant à expliquer ou à justifier un acte ou un enseignement précis de Jésus, mais plutôt un texte qui aborde la mission de Jésus en termes généraux. Nombreux sont ceux qui voient un tel texte en Lc 4,16-30. Ce texte est probablement le passage des Évangiles qui ressemble le plus à ce qu’on appelle aujourd’hui un « énoncé de mission ». Il s’agit vraisemblablement d’une description sommaire de la mission de Jésus. Le passage suit immédiatement le résumé des débuts du ministère de Jésus (Lc 4,14-15), texte suivant lui-même la séquence du baptême, de la généalogie et de la tentation de Jésus (Lc 3,21-4,13). Nous sommes donc toujours en Lc 4,16-30 dans l’introduction au ministère de Jésus. Le texte décrit l’arrivée de celui-ci à Nazareth, lieu où il a grandi, et sa participation au culte à la synagogue. Jésus y fait la lecture publique de passages d’Isaïe (61,1-2 et 58,6) associés au Messie et qui font référence à l’année d’accueil (ou de grâce), c’est-à-dire à l’année du Jubilé. Après la lecture, Jésus affirme que cette écriture est accomplie, clairement par sa propre personne/son ministère. Jésus inscrit donc sa mission dans la perspective d’un Jubilé. Évidemment, il est clair dès la première lecture que le Jubilé est ici une image du salut et de la délivrance, mais pour nous assurer de bien comprendre la description de la mission de Jésus que nous avons ici, il faut mieux comprendre ce qu’était le Jubilé.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Le Jubilé&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Selon la loi de Moïse (Lv 25), lors du Jubilé, qui était censé avoir lieu tous les 50 ans, tous ceux qui étaient esclaves étaient supposés être libérés, les terres devaient être laissées en jachère, les dettes devaient être annulées et les terres et maisons vendues devaient être retournées à leur propriétaire originel. Il faut utiliser le conditionnel parce qu’il n’y a pas d’évidence que cette loi ait vraiment été appliquée. Il s’agit peut-être d’un idéal que les Israélites ont jugé trop difficile à atteindre. On voit par la prédication des prophètes qu’un tel idéal égalitaire n’a jamais pu prendre racines en Israël. Les prophètes dénoncent régulièrement l’enrichissement de l’élite au détriment des pauvres. Notamment, Is 5,8 dénonce la consolidation des terres par l’élite d’Israël, qui profitait de l’endettement de certains pour acquérir de larges domaines agricoles (voir aussi Jr 5,26-29 ; Mi 2,1-2 et Am 2,6-8 ; 8,6).&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Qu’elle ait été pratiquée ou non, la loi du Jubilé avait en partie pour but d’éviter que les familles perdent pour plus d’une génération leur terre. On assurait ainsi à tous la possession de la terre, par définition le moyen principal de subsistance dans une société agraire comme Israël aux temps de l’Ancien Testament. Puisque la terre appartenait en réalité à Yahvé (Lv 25,23), elle ne pouvait pas être vendue de façon définitive. La loi demandait donc qu’on achète la terre pour un certain nombre d’années, et que le prix d’achat soit fixé selon le nombre de récoltes entre l’achat et l’année du Jubilé, puisqu’on achetait davantage les récoltes que la terre (Lv 25,16).&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;De même, les Israélites, qui étaient considérés être les serviteurs de Yahvé, ne pouvaient pas devenir les esclaves de quelqu’un d’autre de façon permanente (Lv 25,42.54.55). Lorsqu’une famille était incapable de payer une dette, il n’était pas rare que le père vende des membres de sa famille ou qu’il se vende lui-même en esclavage au créancier. La loi permettait qu’un membre de la famille de l’esclave le rachète (ou que l’esclave se rachète lui-même) en fonction du nombre d’années qui restaient avant le Jubilé. En effet, comme on achetait les récoltes plutôt que la terre, on achetait des années de service d’un esclave plutôt que sa propre personne. Le rachat pouvait donc se faire sur la base du nombre de jours (ou d’années) pendant lesquels l’esclave aurait servi son maître avant sa libération lors de l’année jubilaire s’il était demeuré à son service jusque-là. La loi du Jubilé visait à permettre à ceux qui n’avaient pas pu se racheter ou se faire racheter (et surtout à leurs enfants) de regagner leur liberté et de donner une porte de sortie de la misère. La misère ne pouvait donc en théorie durer plus d’une génération : les enfants devaient retrouver la liberté et la terre perdues par leurs parents. Lorsqu’on pense que la misère est malheureusement une condition qui tend à se transmettre d’une génération à l’autre même dans notre société, la loi jubilaire est un énoncé puissant en faveur de la redistribution des biens et de la liberté, deux aspects centraux de ce que l’on appelle souvent la justice sociale.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Le salut&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Mais n’est-il pas étrange que la mission de Jésus soit ainsi décrite non seulement par l’annonce (et la mise en œuvre) du salut, mais aussi en évoquant la redistribution des biens, la délivrance des démunis et la correction des injustices sociales ? Tout dépend des frontières que l’on donne au concept du « salut ». S’il s’agit du salut de l’âme des appelés, cela est effectivement étrange. Mais dans la Bible, le « salut » est un concept beaucoup plus englobant. Dieu est souvent décrit comme le sauveur ou le libérateur du pauvre ou de l’opprimé (Ps 34,19 ; 40,18). À l’époque des Juges, en Israël, Dieu suscite régulièrement des sauveurs, qui délivrent le peuple de l’oppression ennemie. Dieu lui-même est décrit comme sauveur de son peuple au sens militaire du terme. C’est lui qui délivre le peuple de l’esclavage en Égypte, qui les ramène de l’exil à Babylone, etc. D’ailleurs, même dans l’Empire romain, la notion de « salut » était très répandue et elle comprenait aussi des dimensions sociales, économiques et même militaires. L’Empereur était appelé le &lt;i&gt;soter&lt;/i&gt;, le « sauveur ». Il n’est donc pas innocent dans les Évangiles d’appeler Jésus le « sauveur » : c’est lui qui peut vraiment assurer le salut des humains, l’Empereur n’est lui-même qu’un homme.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Le salut annoncé par Jésus dans les Évangiles n’est donc pas concerné uniquement par « l’âme » : il s’agit de la restauration complète de l’être. Ainsi en Mc 5,21-43, Jésus ne fait pas que guérir la femme qui a des écoulements de sang de son mal physique : il la restaure socialement et religieusement. Elle n’est plus impure et elle peut de nouveau participer à la vie sociale et religieuse de son peuple. Il en est de même pour les lépreux ou le démoniaque (Mc 5,1-20) que Jésus guérit et qui peuvent réintégrer la société qui les avait exclus.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;En utilisant l’image du Jubilé en Lc 4, Jésus fait référence au salut global qu’il va apporter aux gens, incluant leurs besoins physiques et spirituels. Jésus annonce la délivrance aux pauvres, c’est-à-dire à ceux qui connaissent des difficultés, qui sont captifs, aveugles ou opprimés (entre autres), et non seulement ceux qui sont pauvres du point de vue économique.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Plus qu’un énoncé de mission&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Cette description de la mission de Jésus n’est pas propre à Lc 4. En Mt 11,5, la mission de Jésus est résumée en termes similaires. Devant l’interrogation de Jean le Baptiste au sujet de la messianité de Jésus, ce dernier répond : « Allez rapporter à Jean ce que vous entendez et voyez : les aveugles retrouvent la vue et les boiteux marchent droit, les lépreux sont purifiés et les sourds entendent, les morts ressuscitent et la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres ». Jésus reprend ici différents textes d’Isaïe (26,19 ; 29,18-19 ; 35,5-6 ; 61,1). Il dit à Jean : voici mon œuvre. Crois-tu qu’il s’agit-là de l’œuvre du Messie ? Jean doit s’interroger sur sa conception du Messie. Peut-être avait-il, comme la plupart des Juifs de son temps, une conception trop étroite, trop nationaliste et militaire, du Messie : le Messie allait délivrer Israël de la domination païenne et instaurer le Règne de Dieu parmi son peuple. Mais Jésus inaugure le Règne de Dieu non pas en chassant les Romains mais en libérant les opprimés, en guérissant les malades et en prenant soin des gens qui sont dans le besoin, en les restaurant dans leur pleine humanité.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Et en lisant bien les Évangiles, il semble que cela ait été effectivement au centre du ministère de Jésus. Les guérisons et miracles opérés par Jésus ont bien sûr pour but de soulager la souffrance, mais aussi de démontrer non pas seulement la puissance de Jésus mais quel genre de Messie-sauveur il est : le Seigneur de la vie, qui domine sur la vie comme sur la mort, sur la santé comme sur la maladie, sur les anges comme sur les démons. Ce que Jésus affirme, c’est qu’il vient instaurer le Règne de Dieu qui remplacera le règne des hommes, et où l’oppression et l’injustice seront remplacées par la justice et la bénédiction de Dieu.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Les béatitudes (Lc 6,20-26) et le Magnificat (Lc 1,46-55), le poème de louange de Marie, soulignent à grands traits le parti pris de Dieu pour les malheureux et la puissance de Dieu pour abaisser les riches et les puissants et élever les faibles et les opprimés. Il faut reconnaître la radicalité de ces énoncés dans le contexte du 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; siècle : le Magnificat est un poème qui frise la sédition et les propos révolutionnaires dans un monde romain fortement hiérarchisé, patriarcal, et où la domination du plus fort est un mode de vie. Au moment où Marie a prononcé ces mots, César Auguste était au sommet de la pyramide qu’était l’Empire romain. Il était servi par tous et il était devenu un des hommes les plus riches de l’Antiquité. Or, Marie, pavant la voie au ministère de Jésus, affirme que Dieu « a jeté les puissants à bas de leurs trônes et il a élevé les humbles ; les affamés, il les a comblés de biens et les riches, il les a renvoyés les mains vides ». Quant à Jésus, né dans le dépouillement et vivant à la périphérie, à Nazareth, il dira des choses comme « qui est le plus grand, celui qui sert ou celui qui est à table ? (…) Or, moi, je suis au milieu de vous à la place de celui qui sert » (Lc 22,27) ou « si quelqu’un veut être grand parmi vous, qu’il soit votre serviteur » (Mt 20,26). Il lavera même les pieds des disciples, tâche réservée habituellement à l'esclave (Jn 13,1-17). Jésus renverse le système romain et son ordre social. Le Règne de Dieu et le salut apportés par Jésus sont englobant, ils ont donc aussi une dimension sociale et dérangent l’ordre social établi. Les disciples eux-mêmes auront beaucoup de peine à accepter ce renversement (Lc 9,46-48 ; Jn 13,6-8). Ils ne seront pas les seuls : depuis 2000 ans, les chrétiens peinent à accepter la radicalité du discours social de Jésus. Et pourtant, le renversement social que constitue l’éthique du Règne de Dieu est visiblement au centre de la mission de Jésus. &lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/21708733-6150925025324804327?l=marcpare.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://marcpare.blogspot.com/feeds/6150925025324804327/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=21708733&amp;postID=6150925025324804327' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/6150925025324804327'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/6150925025324804327'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://marcpare.blogspot.com/2009/09/la-mission-de-jesus.html' title='La mission de Jésus'/><author><name>Marc D. Paré</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04687580388426445946</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_VMt-Dg9gsuk/SNqLrG0RP9I/AAAAAAAAABE/wD31Tql9uo8/S220/IMG_7492.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-21708733.post-3919021999663147581</id><published>2009-08-14T15:38:00.008-04:00</published><updated>2009-08-14T15:58:26.789-04:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='sens de la vie'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Responsabilité'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Lien'/><title type='text'>Genèse 1-3 hier et aujourd'hui</title><content type='html'>Cet article est paru dans le magazine Le Lien 26/4 Juillet-Août 2009, p. 7-9,13.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme mon collègue Éric Wingender l’a expliqué dans un article de ce numéro du Lien, pour comprendre la profondeur du message de Gn 1-3, il est nécessaire de faire appel au contexte historique et culturel dans lequel ces textes ont été écrits. La préoccupation motivant la rédaction de ces textes, c’est justement de corriger des éléments problématiques des récits de création des dieux (théogonies), du monde (cosmogonies), et de l’humain (anthropogonies) répandues au Proche-Orient ancien et qui constituaient des éléments centraux de la vision du monde des voisins d’Israël et des Israélites eux-mêmes. En effet, non seulement les voisins d’Israël, mais les Israélites eux-mêmes se représentaient le monde, le(s) dieu(x) et les humains de façons qui posaient problème pour les auteurs de la Bible. On le voit souvent dans l’Ancien Testament : l’Israélite moyen n’était pas très différent du Cananéen païen polythéiste, idolâtre et superstitieux. Il fallait corriger la vision du monde des Israélites, ce qui est le but de Gn 1-3. Heureusement pour nous, la correction de la vision du monde de l’époque constitue aussi un message puissant et vital pour nous aujourd’hui. Mais avant de pouvoir l’actualiser, encore faut-il comprendre son sens à l’origine. Nous verrons donc en premier lieu une explication sommaire de la portée originelle de Gn 1-3 à la lumière de son contexte et en second lieu une piste d’actualisation de ce message. Nous nous concentrerons sur ce que le texte dit concernant l’être humain, tout en reconnaissant l’importance de ce qu’il affirme concernant le monde et Dieu.&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;&lt;br /&gt;À l’origine&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il suffira ici de résumer les éléments centraux des récits mésopotamiens pour se faire une idée du contexte de Gn 1-3. En effet, bien que l’Égypte était une grande civilisation géographiquement plus proche d’Israël, la vision du monde de l’Israélite (ou du Cananéen) moyen comportait davantage d’affinités ave celle des habitants de la Mésopotamie (grosso modo l’Irak actuel) qu’avec celle des Égyptiens(1). Alors, quelle est-elle donc, cette vision mésopotamienne de l’être humain ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Raison d’être de l’humain&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans les récits anthropogoniques mésopotamiens, l’être humain est créé pour être l’esclave des dieux, qui ont besoin de quelqu’un pour les loger et les nourrir, ce que l’humain peut accomplir par le culte. Lorsque les gens entretenaient les temples des dieux et leur offraient des sacrifices (nourriture et boisson), ils leur offraient en fait le gîte et le couvert. L’être humain existait donc pour des raisons purement utilitaires. La relation avec les dieux était minimale, telle la relation qu’un esclave doit avoir avec son maître pour pouvoir comprendre ses ordres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Explications des problèmes des humains&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On peut deviner que, vu la fonction strictement utilitaire des humains, les problèmes que pouvaient subir ces derniers n’étaient pas vraiment une préoccupation pour les dieux. En fait, de tous les problèmes que pouvaient connaître les humains, seule leur disparition complète pouvait être réellement préoccupante pour les dieux mésopotamiens (qui donc pourrait alors les servir ?). C’est d’ailleurs pour cette raison que dans un récit de déluge mésopotamien les dieux regrettent avoir exterminé les humains (heureusement que l’équivalent d’un Noé mésopotamien survit pour pouvoir les nourrir !). Qu’un être humain souffre, soit malade ou qu’il meure n’était donc habituellement sans intérêt pour les dieux mésopotamiens, en autant que d’autres humains soient en mesure d’assurer le service des dieux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Divers éléments négatifs de la condition humaine sont ainsi expliqués par l’indifférence des dieux à l’égard de la condition des humains ou par les erreurs commises dans le processus de création. Par exemple, dans le mythe d’ENKI et NINMAH, ces dieux célèbrent la création du premier homme (une sorte d’Adam mésopotamien) et en forment d’autres à partir du « prototype » mais, s’étant enivrés, ils se mettent à faire des erreurs. Ils créent notamment des eunuques et des femmes stériles. Les infirmités des humains sont ainsi attribuées à un défaut de création(2).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est intéressant de noter que les problèmes de l’humanité selon Gn 1-3 ne sont justement pas dus à un défaut de fabrication mais à la rébellion des humains contre le plan de Dieu. En fait, en comparant bien l’enseignement théologique (plutôt que les détails « techniques » comme le matériau utilisé pour faire l’humain, etc.) de Gn 1-3 et des textes mésopotamiens, il apparaît de plus en plus clairement que c’est tout Gn 1-3 qui semble avoir pour but de contrecarrer divers éléments problématiques des récits mésopotamiens quant à leur conception de l’être humain, de sa fonction, de sa relation au monde divin (sans parler de la nature même de(s) Dieu(x)).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ainsi, le dur labeur de Gn 3 fait écho au labeur imposé aux humains pour soulager les dieux mésopotamiens. Nous l’avons déjà souligné, selon les Mésopotamiens l’être humain est créé comme esclave des dieux pour assurer leur subsistance (notamment par les sacrifices). Dans Genèse, l’intention divine n’est pas de faire des esclaves travaillant dans des conditions pénibles. Les conditions de travail difficiles connues par les gens vivant aux temps bibliques sont expliquées non pas comme étant dues à la condition servile de l’humain mais à son refus de Dieu (Gn 3,17-19). De même, la mort est décrite dans Genèse comme une conséquence d’une rupture avec Dieu alors que dans les récits mésopotamiens elle est simplement le dessein des dieux pour les humains : « Lorsque les dieux créèrent l’humanité, c’est la mort qu’ils ont donnée à l’humanité ; la vie, dans leurs mains ils l’ont gardée ! »(3).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D’ailleurs, on peut même se demander si la mort dans Gn 3,19 fait partie du châtiment pour la faute de l’humain ou s’il en constitue la fin en mettant un terme à son labeur : « C’est à la sueur de ton visage que tu mangeras du pain (ou de la nourriture), jusqu’à ton retour à la terre, car tu as été pris d’elle ; car tu es poussière, et à la poussière tu retourneras ». Il est intéressant de noter la présence de la préposition ‘ad (= « jusqu’à »), indiquant en hébreu le terme ou la limite d’une action, ce qui suggère un terme au châtiment de Gn 3,17-19. Ce châtiment semble donc porter surtout sur le travail de l’humain qui est devenu pénible par sa faute et non sur sa mort, qui constitue une délivrance du labeur. La mort est toutefois en quelque sorte un châtiment puisque l’humain est expulsé du jardin, ce qui fait qu’il n’a plus accès à l’arbre de vie (Gn 2,17 ; 3,22-24)(4). Que la mort fasse partie du châtiment ou en constitue le terme, il est clair que le fait que le travail soit rendu pénible par le châtiment indique qu’il n’était pas prévu originellement par Dieu qu’il en soit ainsi. De même, la mort n’est attribuée aux humains dans Genèse que suite à leur faute et non dès leur création comme en Mésopotamie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La clé pour comprendre le message de Gn 1-3 est donc d’essayer de comprendre comment les Israélites, à qui le texte est adressé, comprenaient le monde, Dieu et l’être humain. Que devaient-ils apprendre par ces textes ? Il ne faut pas s’imaginer que Gn 1-3 a été écrit pour le bénéfice d’Adam et Ève, pour leur remettre le nez dans leur erreur. Ces textes s’adressent bien aux Israélites qui ont, eux aussi, à faire un choix. Ils peuvent vivre dans la Terre promise que Dieu leur a donnée, ou ils peuvent en être expulsés, comme Adam et Ève ont été expulsés du Jardin (Dt 30,15-20). Cela dépend d’eux uniquement. Ils ont donc une influence réelle sur leur destinée. C’est tout le contraire de ce que les Israélites (et les Cananéens et les Mésopotamiens) croyaient. En effet, ceux-ci se percevaient comme des esclaves, seuls dans un monde hostile plein de dangers surnaturels qui les dépassaient, sans apparent contrôle sur leur destinée et sans le soutien des dieux qui étaient indifférents à leur sort. Notez à quel point la phrase précédente demeure vraie pour beaucoup de nos contemporains si on remplace les mots « esclaves » par « produits du hasard » et « surnaturels » par « naturels ». À cela, Gn 1-3 répond aux Israélites anciens et aux humains de tout temps que Dieu veut les bénir et qu’ils peuvent entrer dans la bonté et les bénédictions de Dieu avec confiance.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Et aujourd’hui&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La conception de l’être humain, notamment de sa dignité, de sa responsabilité, et de son statut de créature à l’image de Dieu, est aussi importante aujourd’hui qu’aux temps bibliques. Cette conception aura une influence directe sur le sens que nous donnerons à notre vie et sur notre comportement, notamment à l’égard des autres. Nous devons reconnaître dans Gn 1-3 (notamment en 1,27-29) un mandat donné par Dieu aux humains pour déployer les possibilités latentes dans la création (comme l’énonce le théologien J. K. A. Smith). Que l’homme soit à l’image de Dieu veut dire rien de moins que nous sommes ses « sous-créateurs », partenaires à part entière de sa création. Cela inclut toutes les sphères de la vie, comme le développement des arts, de la culture et de la science, le développement de la civilisation et la gestion de l’environnement et des écosystèmes. Dieu est le Dieu à la fois de la rédemption et de la création. Cela veut dire que l’œuvre de rédemption et le salut de Dieu en Christ doivent s’opérer dans toutes les sphères de l’activité humaine, dans les institutions sociales, la culture, la civilisation et l’environnement. Et nous pouvons, par notre action ou notre inaction, contribuer à créer ce monde ou à le détruire(5).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Notes&lt;br /&gt;1. Ceci étant dit, il n’est pas vérifié de façon certaine que les auteurs bibliques connaissaient précisément les textes mésopotamiens que nous avons retrouvés. Cependant, ceux-ci ont suffisamment de points communs et proviennent de localités suffisamment distantes les unes des autres pour nous permettre de croire que la vision du monde que nous pouvons dégager de ces textes correspond en gros à celle qui circulait et qui a été adoptée par la majorité des peuples de la Mésopotamie à Israël et ses environs. Il est clair que de nombreux autres récits du genre ont été transmis oralement ou par écrit sans laisser de traces.&lt;br /&gt;2. G. Couturier, « La mort en Mésopotamie et en Israël. Phénomène naturel ou salaire du péché ? », dans Coll., Essais sur la mort, Héritage et Projet 29, Montréal, Fides, 1985, repris dans « En commençant par Moïse et les prophètes...  », Études vétérotestamentaires, Montréal, Fides, 2008, p. 95-135, p. 111.&lt;br /&gt;3. Extrait de l’Épopée de Guilgamesh cité dans G. COUTURIER, « La mort en Mésopotamie… », p. 112.&lt;br /&gt;4. G. Couturier, « La mort en Mésopotamie… », p. 133-135.&lt;br /&gt;5. Pour une discussion plus étendue de la théologie de Gn 1-3 et des conséquences fondamentales qu’il faut en tirer pour aujourd’hui, on peut lire P. Gilbert, Demons, Lies and Shadows. A Plea for a Return to Text and Reason, Winnipeg/Hillsboro, Kindred, 2008, notamment le chapitre deux.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/21708733-3919021999663147581?l=marcpare.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://marcpare.blogspot.com/feeds/3919021999663147581/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=21708733&amp;postID=3919021999663147581' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/3919021999663147581'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/3919021999663147581'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://marcpare.blogspot.com/2009/08/genese-1-3-hier-et-aujourdhui.html' title='Genèse 1-3 hier et aujourd&apos;hui'/><author><name>Marc D. Paré</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04687580388426445946</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_VMt-Dg9gsuk/SNqLrG0RP9I/AAAAAAAAABE/wD31Tql9uo8/S220/IMG_7492.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-21708733.post-8064046787057755541</id><published>2009-03-04T16:55:00.012-05:00</published><updated>2009-07-03T20:56:31.699-04:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Histoire'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Suivance'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Société'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='sens de la vie'/><title type='text'>À propos de la campagne sur l'athéisme</title><content type='html'>Vous avez sûrement entendu parler de la campagne internationale de publicité faisant en quelque sorte la promotion de l'athéisme avec des slogans du genre "Dieu n'existe probablement pas. Alors cessez de vous inquiéter et profitez de la vie". Certains y ont vu une campagne iconoclaste et certaines villes au Canada et ailleurs ont même refusé de l'autoriser. Toutefois, il faut reconnaître que la publicité est plutôt respectueuse (du moins au Canada) et n'attaque pas directement les religions ou même les croyances. Le slogan cité plus haut implique que l’athéisme est proposé seulement comme une hypothèse, ce qui, avouons-le, est une approche très respectueuse à cette question complexe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au-delà du ton, cette campagne a aussi le mérite de poser la question de l’existence de Dieu, probablement la question la plus fondamentale qu’un être humain puisse se poser. Or, cette question et ses implications sur le sens de la vie et sur de nombreuses questions éthiques sont souvent repoussées dans la sphère privée, en partie comme moyen d’évitement. La plupart de nos contemporains préfèrent ne pas se poser la question ou se contenter d’une réponse inoffensive, du genre : « Dieu existe, mais n’a rien à cirer de mon comportement au quotidien » ou « Dieu existe, mais il n’est qu’une force qui sourit béatement sur l’humanité ». Les implications de l’existence de Dieu ou les demandes qu’un tel Dieu pourrait faire à l’humanité sont ainsi évacuées au profit d’une conception de Dieu qui est à notre portée, accessible et utilitariste, ce qui correspond très bien à la définition d’une idole.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y a donc un grand mérite à poser publiquement une telle question. D’ailleurs, l’Alliance Évangélique Suisse &lt;a href="http://www.christianismeaujourdhui.info/article_details.php?id_article=2827&amp;style=ca&amp;sid=231e70a37d10cfd3a1d480ed0abad50c&amp;title=Campagne+d%27affichage+ath%E9e+en+Suisse%3A+l%27Alliance+%C9vang%E9lique+est+pr%EAte+%E0+la+soutenir"&gt;soutient&lt;/a&gt; l’organisation en Suisse d’une telle campagne précisément parce qu’elle aurait pour effet de pousser les Suisses à réfléchir à la question de Dieu. De même, l’Église Unie du Canada a utilisé la campagne pour tenter de lancer une discussion sur le sujet. Son slogan, paru récemment, reprend le slogan plus haut, mais y ajoute une case à cocher (comme lorsqu'on vote), de même qu'un slogan alternatif : "Dieu existe probablement. Alors cessez de vous inquiéter et profitez de la vie". Le lecteur est invité à cocher le slogan de son choix et surtout à prendre part à une &lt;a href="http://cafechange.wondercafe.ca/"&gt;discussion&lt;/a&gt; sur le sujet. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En plus des mérites liés à l'ouverture d'une discussion respectueuse, une autre considération doit nous pousser à respecter cette campagne publicitaire, soit le principe de la liberté d’expression. En effet, celle-ci existe précisément pour permettre à des voix dissidentes de s’exprimer. Si l'histoire nous a appris quelque chose, c'est bien qu'on ne peut imposer la foi chrétienne à la société. De toute façon, même l'enseignement du Nouveau Testament nous conduit à cette conclusion. Suivre le Christ doit être une décision personnelle, vu les conséquences impliquées par cette décision. Plus encore, c’est ce choix personnel que Dieu désire : que nous choisissions de le suivre librement. Il pourrait mieux que quiconque nous obliger à le suivre mais ne le fait pas. Il serait donc absurde de chercher nous-mêmes à obliger les gens à se confier en lui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La charité devrait nous pousser au respect des décisions d’autrui concernant la foi et l’obéissance au Christ, mais un autre souci moins altruiste devrait conduire les chrétiens à cette attitude, soit le souci de préserver l’intégrité de l’Église. On le sait, quand à la fin de l’Antiquité il valait mieux être chrétien que païen pour éviter la discrimination, de nombreux convertis ont été ajoutés à l’Église pour des raisons strictement sociales et politiques plutôt que par piété personnelle. Cela a paganisé l’Église, qui ne s’en est jamais remis, jusqu’à ce jour (et je ne parle pas que de l’Église catholique romaine ici). La liberté de croire, c'est aussi la possibilité pour l'Église d'être une communauté de gens unis par leur appartenance réelle au Christ par une adhésion pleine et libre.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/21708733-8064046787057755541?l=marcpare.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://marcpare.blogspot.com/feeds/8064046787057755541/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=21708733&amp;postID=8064046787057755541' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/8064046787057755541'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/8064046787057755541'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://marcpare.blogspot.com/2009/03/propos-de-la-campagne-sur-latheisme.html' title='À propos de la campagne sur l&apos;athéisme'/><author><name>Marc D. Paré</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04687580388426445946</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_VMt-Dg9gsuk/SNqLrG0RP9I/AAAAAAAAABE/wD31Tql9uo8/S220/IMG_7492.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-21708733.post-4617812879150333227</id><published>2009-02-16T21:04:00.019-05:00</published><updated>2009-11-04T14:23:45.720-05:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Société'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Environnement'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Suggestions de lecture'/><title type='text'>Dulce et decorum est pro patria vorare</title><content type='html'>Vous aurez probablement reconnu l'expression &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Dulce et decorum est pro patria mori&lt;/span&gt; (Il est doux et beau de mourir pour la patrie, vers d'Horace pour les jeunes Romains qui sont sur le point d'avoir l'opportunité d'exercer cette "vertu"). Si vous ne connaissiez pas l'expression, il faut lire plus de BDs (c'est ici mon seul mérite, puisque je ne connais malheureusement pas encore le latin). Elle se retrouve en effet dans des albums d'Astérix et des Schtroumpfs (dans Le schtroumpfissime, évidemment sous la forme "Dulce et decorum est pro patria schtroumpfi"). Ah oui ! Il y a aussi un merveilleux poème de Wilfred Owen, intitulé &lt;a href="http://www.poetseers.org/the_great_poets/british_poets/wilfred_owen_poems/dulce_et_decorum_est/"&gt;Dulce Et Decorum Est&lt;/a&gt;. À lire absolument, notamment si on est pacifiste.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si vous vous êtes rendu jusqu'au bout du titre de cette entrée, vous aurez remarqué que j'ai trafiqué l'expression en remplaçant le verbe "mourir" par "manger". Je veux en effet vous entretenir d'un de mes passe-temps préférés -- je ne suis pas catholique en partie parce que les protestants ne considèrent pas la gourmandise comme un des péchés capitaux. C'est-à-dire que je ne veux pas parler du manger et du boire comme d'un passe-temps mais plutôt dans certaines de leurs dimensions sociales, éthiques et, oui, théologiques. En effet, manger est (devenu ?) un acte politique, on pourrait même dire "théologique" si par ce mot on entend aussi une "compréhension de Dieu qui mène à l'action".&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vous connaissez peut-être la maxime "Acheter, c'est voter", c'est-à-dire que par ce que nous achetons et n'achetons pas, nous indiquons nos préférences et contribuons à déterminer (en partie) le monde dans lequel nous vivons, notamment les pratiques commerciales, environnementales et autres des fournisseurs de produits et services. Cette maxime inclut déjà par définition la nourriture que l'on achète. Cependant, dans le cas de la nourriture le lien est encore plus immédiat parce que plus personnel. En effet, en matière alimentaire ce que nous consommons devient littéralement une partie de nous-mêmes, et les enjeux liés à l'agriculture, à l'élevage et à l'industrie agroalimentaire déterminent notre milieu de vie plus immédiatement que dans le cas d'autres biens et services. Quel genre de campagnes voulons-nous ? Les produits alimentaires que nous achetons (ou n'achetons pas) contribueront très directement à les créer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vous pouvez consulter la carte &lt;a href="http://www.seedmap.org/"&gt;suivante&lt;/a&gt; rapportant certaines statistiques presque impossibles à accepter tellement elles sont démesurées. Et pourtant, oui, une quantité  inimaginable de variétés de plantes comestibles domestiques et de races d'élevage sont déjà disparues et la situation continue à se détériorer. Nos ancêtres ont développé ces variétés à cause de leurs propriétés diverses, incluant leur rusticité ou leur capacité d'adaptation aux conditions climatiques et autres du coin (appelons ça plutôt le "terroir"), de même que pour leur goût. Or, avec l'industrialisation de l'agriculture et la création de véritables monopoles dans le commerce des semences, de moins en moins de variétés sont cultivées à une échelle de plus en plus importante, souvent dans des monocultures favorisant la fragilisation de nos ressources alimentaires, notamment en encourageant la prolifération et la résistance des agents pathogènes et des parasites.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La perte de la biodiversité "sauvage" est évidemment une préoccupation importante. Mais notre capacité d'agir est souvent plus limitée dans ce cas. Nous pouvons bien encourager les gouvernements à agir ou nous pouvons contribuer financièrement ou par le bénévolat à des campagnes visant à sauvegarder des habitats naturels ou des espèces menacées. Cependant, au quotidien il n'est pas facile de faire beaucoup pour aider les orang-outan à survivre à l'état sauvage. Contribuer à préserver la biodiversité "domestique" est toutefois nettement plus aisé. Premièrement parce que nous mangeons tous les jours et deuxièmement parce que la solution de base au problème est en fait très simple : il suffit justement de manger pour changer le monde. Bon, disons qu'il suffit de modifier très légèrement ses habitudes pas tant alimentaires que d'achat d'aliments. On peut très bien continuer à manger la plupart des mêmes choses tout en favorisant davantage la diversité génétique en privilégiant les variétés négligées par les grandes compagnies agroalimentaires et les épiceries à grande surface. On peut manger du steak autre que de la Angus (qui n'est d'ailleurs même pas une race) avec des pommes de terre autres que la Idaho. On peut manger des raisins autres que Concord ou des tomates autres que Savoura. Évidemment, acheter des variétés ou races moins "standards" nécessitera habituellement de magasiner ailleurs en privilégiant le marché à l'épicerie. Cela excluera aussi la plupart des produits transformés (le Kraft dinner n'est pas fait avec une variété patrimoniale de blé ni avec du fromage du terroir ou d'une appellation d'origine contrôlée). Disons que l'on ne perdra pas grand-chose au change.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En fait, la seule vraie différence pour le consommateur qui privilégie les variétés négligées (mis à part une meilleure santé due à la réduction de la consommation de produits transformés) sera le goût nettement supérieur des aliments qu'il/elle se procurera ainsi. En effet, les variétés patrimoniales ont été développées par sélection génétique (et non par manipulation génétique (OGMs)) non pas pour leur rendement "surnaturel" ou leur apparence parfaite ou leur capacité à traverser un continent en conservant une apparence acceptable, mais pour leur goût (et souvent leur rusticité) ! De plus, un aliment qui n'a pas voyagé 4000 kilomètres est habituellement un aliment qui est plus frais et qui a été cueilli à maturité. C'est sans compter que l'on sait tous que les repas cuisinés à la maison sont bien meilleurs que les "repas-minute déjà préparés" de l'épicerie. Le côté "pratique" des repas et aliments tout préparés est la seule raison de leur existence, parce que côté goût ils sont toujours inférieurs aux repas faits maison (ils sont même habituellement carrément médiocres). Nous nous sommes simplement habitués à la médiocrité parce que nous arrivons du travail affamés à 18h00 et que les enfants hurlent qu'ils doivent manger dans les 5 prochaines minutes ou ils mourront (regarde, papa, mes joues rentrent dans ma bouche, mon estomac me digère de l'intérieur !). Il n'y a absolument aucune autre raison pour manger cela. Comme l'écrivait C.S. Lewis, le problème avec nous, humains, n'est pas que nous soyons trop hédonistes mais bien que nous ne le sommes pas assez : nous nous contentons de petits plaisirs médiocres alors que le Créateur a en réserve pour nous dans son monde des plaisirs tellement supérieurs !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Manger des aliments produits localement devient de plus en plus populaire, notamment avec les efforts visant la réduction des gas à effet de serre produits lors du transport des denrées alimentaires sur des milliers de kilomètres. Cependant, les effets bénéfiques pour l'environnement et la société sont beaucoup plus larges que la réduction des gas à effet de serre. Cette façon d'acheter contribue aussi à préserver les campagnes et souvent (dépendemment de quel fermier on achète ses aliments), au maintien d'une saine biodiversité dans les campagnes, de même que de la pérennité de variétés patrimoniales. L'agriculture industrielle n'est simplement pas viable à long terme. Les problèmes des derniers mois concernant le prix des aliments viennent en partie du fait que l'on produit de plus en plus pour l'exportation et de moins en moins ce qu'achètent les gens vivant autour des agriculteurs et des éleveurs. On a notamment encouragé ces dernières décennies les pays en développement, qui connaissent souvent des conditions climatiques plus clémentes, à faire pousser les aliments que l'on mange dans les pays riches (fruits exotiques, café, etc.) en leur promettant que nous avions assez de blé, de maïs et de soya pour nourrir leur population. Les quantités sont effectivement au rendez-vous, mais comme ces populations ne peuvent plus acheter nos produits avec l'augmentation récente des coûts, la situation ridicule suivante se produit : les pays en développement exportent de la nourriture vers les pays riches (aux prises avec des problèmes d'obésité) alors que les populations de ces pays en développement ne peuvent plus manger à leur faim. Autre absurdité : la famine en Éthiopie dans les années 1980s a entraîné l'importation de nourriture des pays riches au détriment de la préservation et de la mise en valeur des semences patrimoniales éthiopiennes qui sont justement mieux adaptées au climat et aux sécheresses de cette région. Cette situation a rendu les Éthiopiens encore plus vulnérables aux sécheresses. En matière alimentaire, le nationalisme est une bonne chose. Il ne doit pas s'agir de protectionnisme économique autant que de la protection de la souveraineté alimentaire et de la diversité génétique des espèces comestibles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Évidemment, l'idée n'est pas de faire de la consommation d'aliments locaux provenant de variétés patrimoniales une loi de vie immuable. On peut commencer par s'assurer de manger plus souvent des aliments achetés localement (et donc consommer davantage les aliments en saison) et provenant autant que possible de variétés patrimoniales. Un objectif de départ louable pourrait être de consommer ces aliments au moins un jour par semaine, un peu davantage en été. On peut se permettre de continuer à boire du café/thé et d'utiliser des épices qui ne pousseront jamais dans notre pays (à moins que les changements climatiques s'emballent au point de faire à nouveau du Canada un pays tropical !). On peut aussi se permettre davantage d'écarts durant l'hiver, puisque consommer localement en hiver demande plus de planification et de travail en été et en automne (congélation, voire conserves, etc.). Ce qui est certain, c'est que, avec un peu d'expérience et de recherche, on peut acheter une très grande partie de nos aliments localement et opter souvent pour des variétés patrimoniales. Et surtout, on peut éviter d'acheter des fraises ou des pommes qui proviennent de l'autre bout du continent alors qu'on est en pleine récolte chez soi !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Évidemment, les vrais gourmands apprennent à jardiner. Ils ont alors la possibilité de manger des aliments on ne peut plus locaux et de choisir les variétés les plus méconnues (voire menacées d'extinction) en se procurant des semences non pas dans une épicerie, une grande pépinière ou auprès d'un des membres de l'oligopole qu'est devenue l'industrie des semences, mais auprès de jardiniers et d'agriculteurs qui sont passionnés par la cause. Ils contribuent ainsi très directement, en cultivant eux-mêmes des variétés patrimoniales, à préserver la diversité génétique. Et pourquoi ne pas composter pour boucler la boucle !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je vous laisse avec des suggestions de lecture sur le sujet, soit &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Animal, Vegetable, Miracle&lt;/span&gt; de Barbara Kingsolver et &lt;span style="font-style: italic;"&gt;The Omnivore's Dilemma&lt;/span&gt; de Michael Pollan. Pour voir les livres, cliquez &lt;a href="http://www.shelfari.com/o1517936491/shelf#firstBook=0&amp;amp;list=6&amp;amp;sort=dateadded"&gt;ici&lt;/a&gt;.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/21708733-4617812879150333227?l=marcpare.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://marcpare.blogspot.com/feeds/4617812879150333227/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=21708733&amp;postID=4617812879150333227' title='4 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/4617812879150333227'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/4617812879150333227'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://marcpare.blogspot.com/2009/02/dulce-et-decorum-est-pro-patria-vorare.html' title='Dulce et decorum est pro patria vorare'/><author><name>Marc D. Paré</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04687580388426445946</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_VMt-Dg9gsuk/SNqLrG0RP9I/AAAAAAAAABE/wD31Tql9uo8/S220/IMG_7492.jpg'/></author><thr:total>4</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-21708733.post-7893482290651853538</id><published>2008-10-01T13:54:00.013-04:00</published><updated>2008-10-02T05:28:29.143-04:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Société'/><title type='text'>Mais où est donc la Main invisible ?</title><content type='html'>Les récents événements aux États-Unis ont fait la preuve de l'incapacité des marchés de s'autoréglementer (et s'autodiscipliner). Pire encore, c'est la loi du marché elle-même qui vient de démontrer sa perversion lorsqu'elle est laissée sans cadre législatif et réglementaire adéquat. Alors qu'on nous dit depuis des décennies que si seulement les gouvernements (notamment de pays en émergence) cessaient de réglementer les industries, comme par magie nous pourrions régler tous les problèmes économiques (voire sociaux). Un pays s'écrase-t-il sous le poids de ses dettes ou d'une crise quelconque ? L'Organisation mondiale du commerce, le Fonds monétaire international et une flopée de pays riches s'empressent de "voler à son secours", à condition que ce pays s'ouvre au libre-marché et entame une déréglementation systématique de plusieurs de ses industries. Le processus est décrit dans un livre de Naomi Klein, &lt;span style="font-style:italic;"&gt;The Shock Doctrine. The Rise of Disaster Capitalism&lt;/span&gt; (traduit en français par &lt;span style="font-style:italic;"&gt;La stratégie du choc. La montée d'un capitalisme du désastre&lt;/span&gt;). On peut aussi le comprendre si on a lu un  journal au cours des 10 dernières années (ce qui n'enlève rien à la qualité de l'analyse incisive de Madame Klein). On encourage ainsi les États à se départir d'une partie de leur souveraineté pour faire confiance en la fameuse "Main invisible" et bénéfique. Et, non, ce n'est pas la main de Dieu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Plusieurs membres de l'entourage de George W. Bush (notamment les Cheney et Rumsfeld) ont été des ténors de cette idéologie avant de se joindre à son administration. Il est assez ironique que la Maison-Blanche tente maintenant "d'interférer" dans un processus qui, selon la logique de la loi du marché, conduirait tout simplement à la fermeture de concurrents ineptes en faveur de compagnies financières plus performantes qui ne se sont pas enlisées dans des montages financiers ridicules. Évidemment, les milliers de petits (et gros) investisseurs seraient alors floués, de nombreux ménages perdraient leur maison et l'économie étatsunienne (et mondiale ?) connaîtrait une dépression, mais la loi du marché se chargerait de tout arranger (éventuellement) ! Assisterons-nous plutôt à la création d'une sorte de "New deal", version Bush ? Ce serait d'une ironie qui désopilerait les historiens pour des siècles à venir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je suis le premier à considérer que l'industrie est plus efficace que le gouvernement pour innover ou trouver des solutions à des problèmes complexes. Mais voilà : l'industrie a besoin d'un cadre législatif pour fixer les règles du jeu et pousser les capitalistes à faire entrer d'autres facteurs dans leurs calculs que les profits, par exemple la sécurité des employés ou des consommateurs, les impacts environnementaux, ou l'atteinte d'objectifs jugés socialement utiles. En l'absence de réglementation, les compagnies les plus responsables aux plans social et environnemental doivent faire concurrence à des compagnies qui se contentent de suivre les lois en vigueur et qui peuvent donc vendre leur papier hygiénique 10 sous moins cher, ce qui suffit pour perdre une bonne partie de la clientèle walmartisée. Mais si toutes les compagnies sont forcées par législation à inclure de tels objectifs non pécuniaires dans leur planification stratégique, il en résulte une innovation souvent bien supérieure à ce qu'un programme gouvernemental (ou une taxe !) peut atteindre, et ce, à moindre coût. Les néo-libéraux ont raison : la concurrence est souvent la meilleure façon de régler des problèmes vites et à coûts raisonnables. Encore faut-il que les gouvernements n'abdiquent pas leur responsabilité de légiférer et de réglementer ! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Assisterons-nous aux États-Unis à un de ces partenariats public-privé où le rôle du public sera (encore !) de ramasser la facture et celui du privé d'engranger les profits ? Demandez aux PDGs des institutions financières maintenant dans la dèche qui étaient payés des dizaines de millions de dollars (ou plus) par année.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/21708733-7893482290651853538?l=marcpare.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://marcpare.blogspot.com/feeds/7893482290651853538/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=21708733&amp;postID=7893482290651853538' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/7893482290651853538'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/7893482290651853538'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://marcpare.blogspot.com/2008/10/mais-o-est-donc-la-main-invisible.html' title='Mais où est donc la Main invisible ?'/><author><name>Marc D. Paré</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04687580388426445946</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_VMt-Dg9gsuk/SNqLrG0RP9I/AAAAAAAAABE/wD31Tql9uo8/S220/IMG_7492.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-21708733.post-6316657676738585098</id><published>2008-08-28T12:43:00.002-04:00</published><updated>2010-02-12T11:07:21.032-05:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Théologie'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Évangélisme'/><title type='text'>La foi qui réfléchit</title><content type='html'>&lt;p&gt;Blaise Pascal a écrit que "c'est le cœur qui sent Dieu et non la raison. Voilà ce qu'est la foi, Dieu sensible au cœur, non à la raison". &lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Nombreux sont les évangéliques qui aiment ce genre de citation. Après tout, une des vérités fondamentales soulignées par les évangéliques (et par les Anabaptistes avant eux) est que la foi n'est pas simplement une liste de croyances ou une décision intellectuelle et rationnelle mais aussi une attitude intérieure, notamment une disposition à l'obéissance envers Dieu. &lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Pascal est un allié naturel pour les évangéliques. D'autres penseurs (comme Dietrich Bonhoeffer) sont également utilisés pour la démonstration de la "thèse" soulignant la primordialité des choses du cœur, voire l'inutilité d'une réflexion en profondeur au profit d'une "foi du cœur" ou d'une "foi vécue". En réalité, ce que plusieurs de ces penseurs affirment, c'est la nécessité de faire le pont entre la réflexion et la foi pratiquée et non le mépris pour la réflexion au profit d'une foi uniquement "sentie", une foi purement expérientielle et dont la raison (donc le cerveau ?) est l'ennemi principal.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;L'utilisation de ces penseurs ne peut se faire que par une sélection de leurs propos. Ainsi, on mentionne moins spontanément le travail de Pascal en philosophie, en mathématiques et en théologie pour retenir davantage les citations ou éléments de sa pensée qui peuvent être utilisés pour dévaluer la réflexion philosophique ou théologique ou la démarche scientifique. Certaines citations de Pascal sont carrément oubliées par certains, telles que : &lt;/p&gt;  &lt;p&gt;"Il faut savoir douter où il faut, assurer où il faut, en se soumettant où il faut. Qui ne fait pas ainsi n'entend pas la force de la raison".&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Ou encore : "Si on soumet tout à la raison, notre religion n'aura rien de mystérieux, et de surnaturel. Si on choque les principes de la raison, notre religion sera absurde et ridicule".&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;La première partie de cet énoncé semble presque avoir été écrit pour les rationalistes et les intellectuels et la seconde pour les évangéliques et les piétistes. &lt;/p&gt;  &lt;p&gt;La posture anti-intellectuelle revient périodiquement sous différentes formes dans le mouvement évangélique, surtout depuis un siècle. Le célèbre Darby (ou était-ce Scofield, je ne me souviens plus), qui a tant fait pour populariser le dispensationnalisme, affirmait qu'il avait pu correctement comprendre la Bible précisément parce qu'il n'avait pas de formation en théologie.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Cette attitude perdure jusqu'à ce jour dans bien des milieux. Or, Jésus a enseigné que le premier commandement était : "Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ton intelligence" (Mt 22,37). Peut-on négliger l'intelligence lorsqu'on a le cœur et l'âme ?&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/21708733-6316657676738585098?l=marcpare.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://marcpare.blogspot.com/feeds/6316657676738585098/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=21708733&amp;postID=6316657676738585098' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/6316657676738585098'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/6316657676738585098'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://marcpare.blogspot.com/2008/08/la-foi-qui-rflchit.html' title='La foi qui réfléchit'/><author><name>Marc D. Paré</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04687580388426445946</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_VMt-Dg9gsuk/SNqLrG0RP9I/AAAAAAAAABE/wD31Tql9uo8/S220/IMG_7492.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-21708733.post-2290520578901053302</id><published>2008-06-02T11:17:00.006-04:00</published><updated>2008-09-02T18:58:51.575-04:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Société'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Suggestions de lecture'/><title type='text'>Nouveau blogue</title><content type='html'>Je vous annonce la création d'un nouveau &lt;a href="http://www.anabolisant.blogspot.com"&gt;blogue&lt;/a&gt; de réflexion théologique et sociale, celui de mon collègue Éric Wingender, Professeur et Doyen à l'École de théologie évangélique de Montréal. La première entrée traite du sujet des écarts entre les riches et les pauvres, un complément donc aux entrées récentes sur Amos dans mon blog. Bonne lecture !&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/21708733-2290520578901053302?l=marcpare.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://marcpare.blogspot.com/feeds/2290520578901053302/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=21708733&amp;postID=2290520578901053302' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/2290520578901053302'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/2290520578901053302'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://marcpare.blogspot.com/2008/06/nouveau-blog.html' title='Nouveau blogue'/><author><name>Marc D. Paré</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04687580388426445946</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_VMt-Dg9gsuk/SNqLrG0RP9I/AAAAAAAAABE/wD31Tql9uo8/S220/IMG_7492.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-21708733.post-4157308691493158390</id><published>2008-05-01T10:44:00.007-04:00</published><updated>2008-05-01T11:23:58.354-04:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Suivance'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Prophétisme'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Christ seul'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Évangile de la prospérité'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Culte'/><title type='text'>Amos III</title><content type='html'>Le mensuel mennonite français &lt;a href="http://www.christ-seul.fr/articles_intro.asp"&gt;Christ seul &lt;/a&gt;publie au cours des prochains mois une série d'articles sur le prophète Amos, dont le message est toujours d'actualité. On m'a demandé d'y contribuer en écrivant les trois premiers articles de la série. J'ai déjà repris les deux premiers articles dans ce blog (voir les entrées du 25 mars et du 17 avril). Voici le troisième et dernier, publié dans le numéro avril 2008 de la revue.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Amos et « l’évangile de la prospérité »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Amos et la justice sociale&lt;br /&gt;L’essentiel du message d’Amos concerne la justice sociale, en particulier la dénonciation de l’exploitation des pauvres par les riches. À l’époque d’Amos (vers 760 av. J.-C.), le Royaume d’Israël vit une courte période de stabilité et de prospérité. Il s’agit en fait de l’œil du cyclone : les éprouvantes Guerres araméennes du 9e siècle sont passées et le puissant Empire assyrien doit s’occuper des royaumes araméens avant d’assurer son hégémonie sur Israël et les royaumes avoisinants. Mais entre le ministère d’Amos et la destruction d’Israël aux mains des Assyriens, moins de 40 ans se seront écoulés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La brève accalmie au temps d’Amos permet notamment l’expansion du commerce international en Israël et la création d’une classe marchande qui fait l’acquisition de grands domaines agricoles. Le problème est que la prospérité se fait sur le dos des pauvres. Notamment, les marchands prêtent aux paysans à des taux usuriers (souvent à des taux de 100%, 200% ou 300%) et lorsque ceux-ci n’arrivent pas à payer leurs dettes, les marchands saisissent leurs terres et prennent leur famille en esclavage. Ce crime est d’autant plus grave que, selon la loi, la terre est un patrimoine familial qui doit assurer la subsistance des générations futures. C’est principalement contre de telles pratiques d’oppression des pauvres que le prophète Amos s’insurge.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Amos et le culte&lt;br /&gt;On peut se demander pourquoi un prophète biblique consacre son ministère à se mêler des affaires économiques du pays. Ce message peut ne pas nous sembler très spirituel. N’est-ce pas notre dévotion envers Dieu et nos croyances qui comptent, plutôt que nos vues économiques et politiques ? Pas pour Amos, qui affirme que le culte sans justice ne vaut rien et est même néfaste (Am 4,4-5 ; 5,21-24, cf Mt 5,23-24).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En fait, déjà à l’époque d’Amos, son message ne semble pas très spirituel à ses contemporains. Après tout, les Israélites ne négligent pas le culte. De quoi se plaint donc le prophète (et Yahvé) ? L’attitude des Israélites s’explique par le fait que les dieux du Proche-Orient ancien ne se préoccupent pas vraiment de ce qui se passe entre les humains. L’important pour eux est le culte, notamment l’entretien des dieux et de leurs demeures (les sanctuaires). La religion est donc d’abord une religion de riches puisque les pauvres ne peuvent se permettre d’adorer les dieux « convenablement » en leur offrant des sacrifices. Les Israélites du temps d’Amos adoptent cette vision proche-orientale dans l’adoration de Yahvé. Ils affirment leur dépendance envers Yahvé et attribuent aux bénédictions divines leur réussite financière. Ils s’imaginent que Yahvé, après avoir reçu tous ces sacrifices, doit être repu et content. En fait, il doit même être prêt à oublier quelques écarts de conduite, d’autant plus que ceux-ci sont commis envers les pauvres qui, eux, n’ont rien à offrir à Yahvé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Amos et l’Évangile de la prospérité&lt;br /&gt;L’horreur que nous ressentons devant ce culte infâme tend à se transformer en complaisance devant ses équivalents modernes. Après tout, aujourd’hui encore on espère souvent manipuler Dieu avec nos « sacrifices » ou notre culte et réduire notre adoration à une dimension « verticale ». L’Évangile de la prospérité est un exemple de mutation récente du culte pratiqué par les proche-orientaux et les Israélites du temps d’Amos. Dans cette nouvelle mouture, on estime que l’essentiel de la vie chrétienne consiste à être béni matériellement par Dieu, négligeant les exigences éthiques de l’Évangile et réduisant la responsabilité du chrétien au don d’une partie de ses biens à l’Église (ou à un télé-évangéliste).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Malheureusement pour les Israélites et leurs semblables de toutes époques, Amos affirme que Dieu n’a rien à faire de ce genre d’adoration. Toute adoration et tout sacrifice, lorsqu’ils ne sont pas accompagnés d’un comportement moral et juste envers les autres, sont en fait une abomination aux yeux de Dieu (relire Am 4,4-5 et 5,21-24). Le fait même de se présenter au sanctuaire pour adorer Dieu après avoir exploité le pauvre est considéré un péché. Louer Dieu devient un péché ! Le message d’Amos revient à dire qu’on ne peut rendre un culte à Dieu sans d’abord changer radicalement nos actions et attitudes envers les autres. En fait, notre comportement envers les autres, s’il est juste, est en lui-même une forme d’adoration envers Dieu (voir Am 5,14-15.24). Faire du bien aux autres, c’est adorer Dieu, et leur faire du mal c’est rendre nul tout acte d’adoration.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;À une époque où les écarts entre les riches et les pauvres continuent à augmenter et où les leviers de la prospérité sont entre les mains de quelques-uns, le message d’Amos est plus actuel que jamais. Si on prend ce message au sérieux, soit que Dieu se préoccupe des pauvres et de notre attitude à leur égard, aider ceux qui sont dans le besoin devient un geste d’adoration central dans la foi chrétienne (voir Mt 25,31ss).&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/21708733-4157308691493158390?l=marcpare.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://marcpare.blogspot.com/feeds/4157308691493158390/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=21708733&amp;postID=4157308691493158390' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/4157308691493158390'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/4157308691493158390'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://marcpare.blogspot.com/2008/05/amos-iii.html' title='Amos III'/><author><name>Marc D. Paré</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04687580388426445946</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_VMt-Dg9gsuk/SNqLrG0RP9I/AAAAAAAAABE/wD31Tql9uo8/S220/IMG_7492.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-21708733.post-7858242145280104052</id><published>2008-04-17T08:42:00.003-04:00</published><updated>2008-05-01T10:44:46.869-04:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Prophétisme'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Christ seul'/><title type='text'>Amos II</title><content type='html'>Le mensuel mennonite français &lt;a href="http://www.christ-seul.fr/articles_intro.asp"&gt;Christ seul &lt;/a&gt;publie au cours des prochains mois une série d'articles sur le prophète Amos, dont le message est toujours d'actualité. On m'a demandé d'y contribuer en écrivant les trois premiers articles de la série. J'ai déjà repris le premier article dans ce blog (voir l'entrée du 25 mars). Voici le deuxième, publié dans le numéro mars 2008 de la revue. Le dernier article suivra sous peu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Amos et les nations (Am 1,3-2,16)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les oracles contre les nations&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après une brève introduction, le livre d’Amos énumère une série d’oracles que les biblistes appellent des « oracles contre les nations ». Ces oracles concernent les voisins (souvent ennemis) d’Israël, dont Juda, la patrie d’Amos. Ce type d’oracles n’est pas unique à Amos. On les retrouve par exemple dans Is 9-23 ; 37,21-35 ; Jr 46-51 (voir Jr 25 et remarquer que plusieurs des nations sont les mêmes que dans Am 1-2) ; Ez 25-32 et l’essentiel de Nahum et d’Abdias (voir aussi Nb 24,15-24).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Fonction des oracles&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il n’est pas simple d’expliquer le rôle de tels oracles. Ce n’est vraisemblablement pas pour le bénéfice des nations, qui ne font pas partie de l’auditoire du prophète (mais voir Jr 1,4-5 et Jr 27,2-11). Beaucoup a donc été écrit pour tenter d’expliquer leur raison d’être dans la prédication prophétique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les oracles contre les ennemis d’Israël sont souvent vus comme des oracles de salut ou de délivrance pour Israël. Selon certains biblistes, les oracles contre les nations s’expliquent par l’association que certains font entre l’institution prophétique et la guerre. Cette association est particulièrement claire au Proche-Orient ancien, mais elle pourrait aussi avoir existé en Israël (voir 1 R 22 ; 2 R 3,4-19 ; 6,8-7,2). Il faudrait alors voir les oracles contre les nations comme une partie intégrale des rituels associés à la guerre, rituels où le prophète devait proférer des oracles annonçant l’appui de la divinité envers son camp et la destruction de l’ennemi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La difficulté que crée cette hypothèse est que dans Amos, Juda et Israël comptent au rang de ceux que Dieu châtiera. Les oracles contre les nations ne sont pas suivis d’un oracle de salut pour Israël (et Juda) et ne servent donc visiblement pas à bénir Israël. La forme des oracles contre Juda et Israël est similaire à celle des oracles contre les nations et le reste du livre d’Amos a très peu de bien à annoncer à Israël. En fait, les prophètes « nationalistes » qui condamnent les ennemis d’Israël tout en annonçant le salut du peuple de Dieu sont souvent considérés avec suspicion par les auteurs et prophètes bibliques (voir Jr 23,16-22 ; 27,12-18 ; 28,6-9). Il faut donc chercher ailleurs une explication aux oracles contre les nations dans Amos.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un dieu inter-national ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une autre hypothèse consiste à voir en ces oracles l’indication d’une vision plus large de Yahvé que celle d’un dieu national. Les oracles contre les nations souligneraient alors la souveraineté de Yahvé sur toutes les nations. C’est possible, mais il faut reconnaître que cela est plus clair chez d’autres prophètes que chez Amos (mais voir Am 9,7). En effet, les nations d’Am 1-2 sont toutes des nations qui faisaient anciennement partie de l’Empire de David et Salomon (ou de sa sphère d’influence) et qui étaient donc en principe sous la souveraineté de Yahvé. Il est donc possible qu’Amos voie ces nations comme étant soumises aux exigences de Yahvé à cause de leur association à l’Empire davidique avec lequel Yahvé était en alliance.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce qui est sûr, c’est que les oracles contre les nations dans Amos visent en premier lieu à mettre en contexte l’oracle contre Israël, beaucoup plus étendu et placé à la pointe de la série, visiblement pour créer un effet rhétorique. On peut imaginer le peuple comme étant très heureux d’entendre les malédictions contre les autres nations et donc captivé par les mots du prophète, jusqu’à ce qu’Amos annonce que le sort réservé par Dieu à ces nations pour leurs fautes s’appliquera aussi à Israël pour les siennes. La justice de Dieu, qu’on aime bien voir appliquée aux autres, s’applique aussi à nous ! Amos userait en quelque sorte de la même stratégie que Nathan avec David, qui se fait prendre à prononcer lui-même la sentence contre son crime (2 S 12,1-12).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Amos se servirait donc des autres nations pour éveiller le sens de la justice des Israélites avant de retourner cette justice contre eux. D’ailleurs, il y a probablement certains parallèles entre les fautes des Israélites et celles de leurs voisins. Par exemple, une façon de comprendre la faute de Moab est d’avoir brisé l’alliance avec l’Empire davidique en s’en prenant à Edom, un autre vassal d’Israël. Or, l’agression envers un autre vassal était prohibée par les traités d’alliance proche-orientaux. En Israël, l’oppression que des Israélites font subir à leurs concitoyens, autrement dit, à d’autres vassaux de Yahvé, peut être vu comme étant une faute du même type que celle de Moab(1).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une relecture des oracles contre les nations d’Amos à la lumière de prophètes qui lui ont succédé et de l’enseignement du Nouveau Testament incite certains à y voir une déclaration de la souveraineté de Dieu sur toutes les nations et son juste jugement envers elles. Cependant, la portée théologique de ces oracles était certainement plus limitée à l’origine. On peut néanmoins voir dans ces oracles un correctif utile même pour nous chrétiens pour qui l’accent sur la grâce peut mener à considérer les exigences de Dieu à notre égard comme étant moindres que celles que nous imposons aux autres. Amos nous rappelle que faire partie du peuple de Dieu n’est pas une raison pour être indulgents envers nous-mêmes !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(1) M. BARRÉ, « Amos » dans R. E. BROWN, J. A. FITZMYER, R. E. MURPHY, New Jerome Biblical Commentary, Londres, Geoffrey Chapman, p. 212.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/21708733-7858242145280104052?l=marcpare.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://marcpare.blogspot.com/feeds/7858242145280104052/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=21708733&amp;postID=7858242145280104052' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/7858242145280104052'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/7858242145280104052'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://marcpare.blogspot.com/2008/04/amos-ii.html' title='Amos II'/><author><name>Marc D. Paré</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04687580388426445946</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_VMt-Dg9gsuk/SNqLrG0RP9I/AAAAAAAAABE/wD31Tql9uo8/S220/IMG_7492.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-21708733.post-8471985463104515739</id><published>2008-04-03T17:39:00.009-04:00</published><updated>2008-04-03T18:19:56.655-04:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Histoire'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Suivance'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Société'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Évangélisme'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Suggestions de lecture'/><title type='text'>Suggestion de lecture (encore !)</title><content type='html'>Je vous invite à lire le &lt;a href="http://www.christianitytoday.com/ct/2008/aprilweb-only/114-33.0.html?start=1"&gt;dialogue&lt;/a&gt; entre un évangélique et un juif concernant l'évangélisation des juifs par des chrétiens. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un des extraits que j'ai particulièrement aimés est le reproche suivant que fait le juif à l'évangélique : "You want me to trust your love. That is a problem. You are not stapled to your words or your love. Origen, Chrysostom, Eusebius, Augustine, and Aquinas are people who would have never plucked a white hair off the head of an old Jew. They are people who would have walked into the gas chambers with us. But their words did not remain within the province of spiritual and intellectual elites". Cela fait écho au théologien chrétien allemand Dietrich Bonhoeffer qui, pendant la Deuxième Guerre mondiale, a affirmé (je paraphrase de mémoire) "être chrétien aujourd'hui, c'est affirmer que Jésus était un juif". Cela fait aussi un peu écho à une réflexion que j'avais publiée sur ce blog il y a quelques mois sur les &lt;a href="http://marcpare.blogspot.com/2007/11/les-premiers-chrtiens.html"&gt;premiers chrétiens&lt;/a&gt;, plus précisément sur leur irréprochabilité morale aux yeux de la plupart des Romains et le contraste que cela représente avec la perception actuelle qu'ont des chrétiens (particulièrement évangéliques) la plupart de nos contemporains. Comme quoi l'évangélisation doit commencer par incarner le message du Christ dans sa propre vie, ce qui n'est pas une mince affaire.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/21708733-8471985463104515739?l=marcpare.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://marcpare.blogspot.com/feeds/8471985463104515739/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=21708733&amp;postID=8471985463104515739' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/8471985463104515739'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/8471985463104515739'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://marcpare.blogspot.com/2008/04/suggestion-de-lecture.html' title='Suggestion de lecture (encore !)'/><author><name>Marc D. Paré</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04687580388426445946</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_VMt-Dg9gsuk/SNqLrG0RP9I/AAAAAAAAABE/wD31Tql9uo8/S220/IMG_7492.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-21708733.post-2131847409815203931</id><published>2008-04-03T11:48:00.006-04:00</published><updated>2008-04-03T18:05:13.790-04:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Évangélisme'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Éducation'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Suggestions de lecture'/><title type='text'>Suspension de Peter Enns (suite)</title><content type='html'>Voici un autre &lt;a href="http://www.christianitytoday.com/ct/2008/aprilweb-only/114-24.0.html"&gt;article&lt;/a&gt;, un peu plus complet, sur la suspension de Peter Enns. L'article contient aussi des liens intéressants, dont une &lt;a href="http://findarticles.com/p/articles/mi_qa3817/is_200606/ai_n17176285"&gt;recension &lt;/a&gt;du livre par un professeur de l'Evangelical Theological Society, la société savante dont je parlais dans la première entrée sur Peter Enns, société savante où la controverse a éclaté il y a environ deux ans concernant le livre d'Enns. Je tiens à préciser toutefois que la recension du livre ne remplace évidemment en rien la lecture du livre, que je vous recommande à nouveau de lire vous-mêmes pour vous en faire une opinion.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/21708733-2131847409815203931?l=marcpare.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://marcpare.blogspot.com/feeds/2131847409815203931/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=21708733&amp;postID=2131847409815203931' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/2131847409815203931'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/2131847409815203931'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://marcpare.blogspot.com/2008/04/suspension-de-peter-enns-suite.html' title='Suspension de Peter Enns (suite)'/><author><name>Marc D. Paré</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04687580388426445946</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_VMt-Dg9gsuk/SNqLrG0RP9I/AAAAAAAAABE/wD31Tql9uo8/S220/IMG_7492.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-21708733.post-4027784098987328766</id><published>2008-03-31T11:02:00.011-04:00</published><updated>2008-03-31T13:50:33.286-04:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Évangélisme'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Éducation'/><title type='text'>Suspension de Peter Enns</title><content type='html'>Un professeur d'Ancien Testament de Westminster Theological Seminary, &lt;a href="http://peterennsonline.com/"&gt;Peter Enns&lt;/a&gt;, vient d'être suspendu suite à la controverse autour de son &lt;a href="http://www.amazon.com/Inspiration-Incarnation-Evangelicals-Problem-Testament/dp/0801027306?ie=UTF8&amp;s=books&amp;qid=1206748294&amp;sr=8-1"&gt;livre&lt;/a&gt; &lt;em&gt;Inspiration and Incarnation. Evangelicals and the Problem of the Old Testament&lt;/em&gt;. Cliquez ici pour &lt;a href="http://www.wts.edu/stayinformed/view.html?id=104"&gt;l'annonce officielle&lt;/a&gt;. Pour des réactions à cette annonce et à la controverse, voir &lt;a href="http://www.digitalbrandon.com/?p=194"&gt;ce lien&lt;/a&gt; et &lt;a href="http://theologica.blogspot.com/2008/01/enns-vs-helm-vs-beale.html"&gt;ce lien&lt;/a&gt;. Merci à &lt;a href="http://www.steverobitaille.blogspot.com/"&gt;Steve Robitaille &lt;/a&gt; de m'avoir relayé l'information.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le livre de Peter Enns avait créé la controverse il y a deux ans lors du congrès annuel de l'Evangelical Theological Society, la société savante nord-américaine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'ai lu le livre d'Enns et je dois avouer qu'il ne propose pas grand chose de radicalement nouveau, bon ou mauvais. Le mérite du livre tient surtout à l'identification de problèmes liés à l'étude scientifique de l'Ancien Testament, problèmes par ailleurs bien connus des biblistes vétéro-testamentaires. Enns propose que l'étude scientifique informe une doctrine évangélique de la Bible, et non seulement l'inverse. Je vous invite à lire le livre pour vous faire une idée.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/21708733-4027784098987328766?l=marcpare.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://marcpare.blogspot.com/feeds/4027784098987328766/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=21708733&amp;postID=4027784098987328766' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/4027784098987328766'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/4027784098987328766'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://marcpare.blogspot.com/2008/03/suspension-de-peter-enns.html' title='Suspension de Peter Enns'/><author><name>Marc D. Paré</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04687580388426445946</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_VMt-Dg9gsuk/SNqLrG0RP9I/AAAAAAAAABE/wD31Tql9uo8/S220/IMG_7492.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-21708733.post-1396306908302803181</id><published>2008-03-31T08:27:00.009-04:00</published><updated>2008-03-31T14:04:20.858-04:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Histoire'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Christ seul'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Anabaptisme'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Suggestions de lecture'/><title type='text'>Suggestion de lecture</title><content type='html'>Je vous invite à lire un bref &lt;a href="http://www.christ-seul.fr/article.asp?id=614"&gt;article &lt;/a&gt;sur l'historien Jean Séguy qui a écrit (entre autres) un excellent livre sur l'histoire des assemblées mennonites (anabaptistes) de France. L'article est écrit par l'historien (et ami) Claude Baecher, professeur au &lt;a href="http://www.bienenberg.ch/fr/home/index.php"&gt;Centre de formation et de rencontre Bienenberg&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Merci au &lt;a href="http://www.centre-mennonite.fr/blog/"&gt;blog &lt;/a&gt;du &lt;a href="http://www.centre-mennonite.fr/"&gt;Centre mennonite de Paris &lt;/a&gt;pour le lien à cette adresse. On peut consulter le blog du CMP pour des nouvelles et commentaires intéressants.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/21708733-1396306908302803181?l=marcpare.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://marcpare.blogspot.com/feeds/1396306908302803181/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=21708733&amp;postID=1396306908302803181' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/1396306908302803181'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/1396306908302803181'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://marcpare.blogspot.com/2008/03/suggestion-de-lecture.html' title='Suggestion de lecture'/><author><name>Marc D. Paré</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04687580388426445946</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_VMt-Dg9gsuk/SNqLrG0RP9I/AAAAAAAAABE/wD31Tql9uo8/S220/IMG_7492.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-21708733.post-2210900852623080150</id><published>2008-03-25T09:43:00.006-04:00</published><updated>2008-03-31T14:05:36.505-04:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Prophétisme'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Christ seul'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Culte'/><title type='text'>Amos I</title><content type='html'>Le mensuel mennonite français &lt;a href="http://www.christ-seul.fr/articles_intro.asp"&gt;Christ seul &lt;/a&gt;publie au cours des prochains mois une série d'articles sur le prophète Amos, dont le message est toujours d'actualité. On m'a demandé de contribuer en écrivant les trois premiers articles de la série. Voici le premier, publié en février 2008. Les autres suivront sous peu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Amos, un prophète de son temps… et du nôtre&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’homme&lt;br /&gt;Amos, qui exerce son ministère autour de 760 av. J.-C., est le premier prophète dit « écrivain », c’est-à-dire dont les oracles et visions ont été recueillis dans un livre biblique. Il diffère en cela de prophètes comme Nathan, Élie et Élisée dont les actes, visions et oracles sont rapportés dans des livres historiques comme Samuel et Rois. Le titre du livre (Am 1,1-2) se distingue de celui des autres livres prophétiques en donnant le métier du prophète avant son appel. En mettant ce titre en lien avec 7,14-15, les exégètes se sont demandé si Amos n’avait pas accompli une mission prophétique ponctuelle. Après avoir livré son message en Israël, Amos serait retourné en Juda reprendre son métier d’éleveur, possiblement après avoir été expulsé de Béthel (7,12-13). Ce qui est certain c’est qu’Amos n’était pas un « prophète de métier » contrairement à d’autres prophètes de son temps. Peut-être que son appel à prophétiser fut un « changement de carrière » permanent comme ce fut le cas pour Élisée (voir 1 R 19,19-21). Mais il est aussi possible que Yahvé ait suscité quelqu’un qui n’était pas un prophète professionnel ou officiel afin de mieux critiquer l’élite d’Israël, qui incluait non seulement les prêtres, le roi et sa cour, mais aussi des prophètes associés aux sanctuaires religieux ou au palais du roi (voir 1 R 18,19 ; 22).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Amos dit (7,14-15) qu’il n’est pas un prophète mais qu’il a été chargé de prophétiser. Il est possible qu’il entende par là qu’il n’est pas un prophète de profession, mais qu’il a reçu un message à transmettre. Il existe des parallèles à ce prophétisme non professionnel dans l’AT même (par exemple 1 S 10,9-12) et surtout à Mari (tell Hariri), l’ancien royaume sur l’Euphrate, où des prophètes professionnels co-existaient avec des gens sans statut prophétique mais qui ponctuellement proféraient un oracle d’un dieu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Amos est donc prophète parce qu’il reçoit un message à transmettre de la part de Yahvé (3,3-8). Que sa vocation ait été ponctuelle ou permanente, il est clair que son rôle était d’abord d’annoncer à Israël le jugement de Yahvé pour ses fautes. On entrevoit ici une différence majeure avec la conception qu’on se fait souvent du prophète, soit un personnage fasciné par les prédictions. Amos s’intéresse plutôt au présent et voit là où le présent mène le peuple, soit au jugement et à la ruine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le message&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les prophéties bibliques doivent être comprises comme des sentences plutôt que des prédictions. Il s’agit de l’évaluation par Yahvé de la conduite du peuple et l’annonce des conséquences que cette conduite aura dans un avenir rapproché. En fait, l’avenir prédit peut même être changé par la repentance ou la prière/l’intercession (Am 5,14-15 ; 7,1-6 ; Is 38,1-5 ; Ez 3,16-21 ; Jr 36,1-3.7 ; Jon 3,1-5.10-4,2). Les oracles ont donc un rôle didactique (ou rhétorique) plutôt que prédictif.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un des principaux reproches d’Amos envers Israël est l’injustice flagrante qui y règne, de même que l’exploitation des pauvres et des faibles. Nous y reviendrons dans le numéro d’avril de CHRIST SEUL. Il suffira pour l’instant de noter qu’au temps d’Amos, Israël était prospère et en paix avec ses voisins. Malheureusement, la prospérité se faisait en partie sur le dos des faibles. Les Israélites s’imaginaient que Yahvé était content du culte qu’on lui rendait puisqu’il y avait abondance de sacrifices en cette période faste. N’était-ce pas là l’essentiel ? Pas selon Amos, pour qui le culte devait être accompagné du respect de l’Alliance et de ses dispositions éthiques. Les sacrifices sans la justice ne valent rien (4,4-5 ; 5,21-24). C’est une mise en garde que reprendra Jésus (Mt 5,23-24).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le message d’Amos peut ne pas sembler spirituel, puisqu’il est centré sur la justice sociale et l’économie. Les contemporains d’Amos arrivaient probablement à la même évaluation puisqu’au Proche-Orient ancien, les dieux ne se souciaient essentiellement que du culte et des sacrifices qui les nourrissaient. Amos nous révèle un Dieu fort différent : adorer Yahvé, c’est aussi se comporter de façon juste envers son prochain. Sans cela, notre adoration ne vaut rien. Ce rappel, de même que le discours d’Amos sur la justice sociale et les inégalités entre les riches et les pauvres, semblent avoir été écrits pour nous. Comme quoi l’humanité a bien peu changé en près de 3000 ans !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour une autre hypothèse intéressante sur le statut d'Amos, je vous conseille de lire l'article de Pierre Gilbert intitulé "A New Look at Amos' Prophetic Status" (que vous trouverez à l'adresse www.cmu.ca/faculty/pgilbert/articles/amos.shtml ou en fouillant dans le site de Pierre Gilbert (voir dans Mes liens)). Sur le rôle didactique des prophéties, consulter un autre article de Pierre Gilbert, "L'appel à la conversion chez les prophètes de l'Ancien Testament" (que vous trouverez à l'adresse http://www.cmu.ca/faculty/pgilbert/articles/conversion_art.shtml). Ce dernier article démontre bien que le rôle du prophète de l'Ancien Testament dépasse très largement le cadre qu'on lui impose souvent.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/21708733-2210900852623080150?l=marcpare.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://marcpare.blogspot.com/feeds/2210900852623080150/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=21708733&amp;postID=2210900852623080150' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/2210900852623080150'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/2210900852623080150'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://marcpare.blogspot.com/2008/03/amos-i.html' title='Amos I'/><author><name>Marc D. Paré</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04687580388426445946</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_VMt-Dg9gsuk/SNqLrG0RP9I/AAAAAAAAABE/wD31Tql9uo8/S220/IMG_7492.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-21708733.post-4094301427132157286</id><published>2008-03-18T16:40:00.003-04:00</published><updated>2008-03-18T18:25:04.485-04:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Calendrier liturgique'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='sens de la vie'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Mort'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Résurrection'/><title type='text'>Il est vivant !</title><content type='html'>Le Christ est ressuscité ! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La résurrection du Christ est sa victoire sur la mort et le péché. Sans la résurrection du Christ, par exemple si la croix (pourtant si centrale pour les évangéliques) n'est pas suivie de la résurrection, le chrétien ne peut espérer en sa propre résurrection. Et comme ce que nous croyons concernant l'après-vie a évidemment un impact sur notre vie sur Terre, la résurrection du Christ est la clé de voûte de la religion chrétienne. Le problème est que l'on comprend (ou du moins je comprends) si peu ce qu'est, au juste, la résurrection, même la seule qui a eu lieu (c'est du moins ce que nous croyons), soit celle du Christ. Aussitôt que nous tentons de dire autre chose que "il est vivant", nous sommes confrontés au mystère, à l'insondable. La résurrection du Christ n'est évidemment pas une simple réanimation physique. Elle n'est pas non plus une simple métaphore, une résurrection "spirituelle". La résurrection doit être corporelle pour avoir un réel sens (et pour être source d'espérance pour le chrétien, voir 1 Co 15), mais de quel corps s'agit-il ? De quel étrange phénomène est-il question ? Ceux qui comprennent la résurrection comme une réanimation purement physique objectent évidemment : "comment peut-il y avoir résurrection si nos molécules sont détruites après notre mort pour devenir une partie des arbres ou de l'oeil du beau-frère qui a mangé les choux qui ont poussé dans la terre nourrie par nos cadavres?"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais justement, la résurrection du Christ dans la compréhension chrétienne n'est CERTAINEMENT PAS une simple réanimation physique (ou reconstitution des molécules originelles). Les Évangiles évoquent le changement radical dans la nature du corps du Christ ressuscité, anomalie de la nature, et pourtant accomplissement parfait de la nature et de la vie. Le Ressuscité est plus vivant que tout être (corporel) vivant avant lui. Les Évangiles n'osent pas tenter d'expliquer le processus. Ils constatent que le Galiléen est de nouveau vivant. Confrontés aux apparitions déconcertantes du Ressuscité, le constat est donné, sans qu'on prétende comprendre la mécanique de la chose. Pour paraphraser Galilée : "Et pourtant, il est vivant !" Affirmer que le Christ est vivant, ce n'est pas pour autant savoir exactement comment une telle chose est possible.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Donc, l'altérité du corps du Ressuscité est radicale, mais sa corporalité n'en est pas moins évidente. De quel corps s'agit-il donc ? Et quel est le lien entre ce corps ressuscité et l'Église ? L'Église est, après tout, aussi décrite comme le corps du Christ. Quel est donc le lien, au juste, entre ce corps ressuscité et l'Église ? Une solution à ce mystère consiste à adopter une conception sacramentelle de la résurrection, qui ne nie nullement l'aspect corporel de celle-ci, mais insiste sur l'idée qu'on accède au Ressuscité par l'entremise de son corps, l'Église. C'est ce que plusieurs spécialistes de Jean perçoivent dans cet Évangile, dont Sandra M. Schneiders, que j'ai eu la joie d'entendre lors d'un passage à Montréal l'an dernier (elle a écrit abondamment sur Jean, si ces quelques lignes inspirées en partie par elle vous titillent). L'accès au Ressuscité pour le croyant se fait dans Jean notamment par l'entremise de la communauté de foi et par la participation à la célébration de la Cène. L'accès au Ressuscité ET l'espérance en la résurrection sont en effet liés en Jean à la célébration de la Cène, dont le récit est absent à la fin de Jean et est transposé aux côtés du miracle des 5000 hommes nourris par Jésus (Jn 6). Comme cela arrive souvent dans Jean, le sens du récit en est par conséquent transformé et approfondi. Plus je lis Jn 6 (et plus je lis Jean), plus j'ai l'impression de faire face à un océan dont la profondeur me donne le vertige et me réconforte à la fois.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Avez-vous compris quelque chose à mes élucubrations ? Je ne suis pas sûr d'avoir compris moi-même (je ne suis, après tout, qu'un bibliste de l'Ancien Testament). Mais je sais une chose... "Il est vivant !"&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/21708733-4094301427132157286?l=marcpare.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://marcpare.blogspot.com/feeds/4094301427132157286/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=21708733&amp;postID=4094301427132157286' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/4094301427132157286'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/4094301427132157286'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://marcpare.blogspot.com/2008/03/il-est-vivant.html' title='Il est vivant !'/><author><name>Marc D. Paré</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04687580388426445946</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_VMt-Dg9gsuk/SNqLrG0RP9I/AAAAAAAAABE/wD31Tql9uo8/S220/IMG_7492.jpg'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-21708733.post-8747157053060191734</id><published>2008-02-11T08:41:00.000-05:00</published><updated>2008-02-11T09:54:53.626-05:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Spiritualité'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Calendrier liturgique'/><title type='text'>Le carême</title><content type='html'>Nous sommes récemment entrés, mine de rien, dans la période du carême. C'était mercredi dernier, qu'on appelle techniquement le mercredi des Cendres. Le mercredi des Cendres marque l'entrée dans la période du carême et suit le mardi gras, qui lui est le dernier jour faste avant le jeûne et la prière. Pourquoi les cendres ? C'est qu'elles sont le symbole de plusieurs choses dans la tradition chrétienne. Il y a l’idée que notre existence sur terre est éphémère : nous sommes poussière/cendres/argile et nous retournerons à la poussière (Gn 3,19 ; 18,27 ; Jb 30,19 ; Ez 28,18). Il y a aussi le symbole de repentance, comme en Israël ancien où les gens se mettaient des cendres et/ou de la poussière sur la tête ou le corps en période de repentance, de deuil, de calamité ou d'appel pressant à Dieu (voir par exemple Est 4,1 ; Jr 6,26 ; Ez 27,30 ; Jon 3,6). Habituellement dans le christianisme on y va de façon plus modérée en recevant un peu de cendres sur le front lors du premier jour du carême pour marquer l'entrée dans une période de jeûne et de repentance.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le mot « carême » veut simplement dire 40e (jour avant Pâques). C’est une période importante dans l’Église depuis plus de 1500 ans. Le carême est la période de 40 jours d’abstinence, de privation et de préparation qui précède Pâques. La durée symbolique des 40 jours est basée sur les 40 jours de la tentation de Jésus au désert (où justement Jésus jeûne, voir Mt 4,1-11 et parallèles) et les 40 ans au désert des Israélites sortis d’Égypte (40 est un nombre symbolique important dans la Bible). Comme le dimanche est exempté (on peut briser les privations du carême le dimanche), la période commence 46 jours avant Pâques. Le ramadan musulman est à peu près l'équivalent du carême chrétien, bien que son sens soit évidemment différent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les gens modernes et éclairés n'ont pas toujours beaucoup de respect pour ce genre de pratique. N'est-ce pas un peu barbare et arriéré ? Prier ou lire la Bible passent pour des activités au moins "normales", mais le jeûne et la privation ? N'est-ce pas là un ritualisme dépassé et moyenâgeux ? Le film Chocolat (qui est par ailleurs très bon) illustre l'attitude que plusieurs entretiennent envers le carême : il s'agit d'une sorte de vestige de temps obscurs où les gens qui se privent sont le plus souvent des débauchés qui s'ignorent (je caricature à peine). &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Or, le carême n’est pas tant l’occasion de se faire violence à soi-même pour « faire pitié » aux yeux de Dieu que de se recentrer sur le sens ultime de son existence, fondé sur la résurrection du Christ. Pâques est la fête la plus importante du calendrier chrétien, plus encore que Noël. Sans Pâques et la résurrection du Christ, le christianisme n’a pas de sens. Pendant le carême, on est appelé pas tant à se priver pour le plaisir masochiste de se priver mais pour se consacrer à autre chose. C'est d'ailleurs là le sens du sacré dans la Bible, que ce soit l'objet, la personne ou le temps : séparé du profane, du quotidien, et consacré à Dieu. Le carême, temps sacré (et donc consacré) est basé sur une longue tradition dans le christianisme et avant ça dans le judaïsme qui valorise le sacré, de même que le jeûne et le dévouement ou la consécration à Dieu. Par exemple, Paul (qui ne parle évidemment pas du carême) dit aux Corinthiens mariés qu'ils peuvent pour un temps s'abstenir de relations sexuelles pour se consacrer à la prière et non pour se faire souffrir ou parce que Paul dévalorise la sexualité (1 Co 7,1-5). &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les évangéliques ne sont habituellement pas très intéressés par l’idée de pratiquer les privations du carême, mais nous devrions à tout le moins considérer cette période comme une période de préparation intérieure à Pâques, une période de méditation et de réflexion. Si en plus certains veulent s'engager à se priver de certaines choses et s'obliger à faire davantage de bonnes choses, l'expérience du carême n'en sera que plus riche.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/21708733-8747157053060191734?l=marcpare.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://marcpare.blogspot.com/feeds/8747157053060191734/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=21708733&amp;postID=8747157053060191734' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/8747157053060191734'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/8747157053060191734'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://marcpare.blogspot.com/2008/02/le-carme.html' title='Le carême'/><author><name>Marc D. Paré</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04687580388426445946</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_VMt-Dg9gsuk/SNqLrG0RP9I/AAAAAAAAABE/wD31Tql9uo8/S220/IMG_7492.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-21708733.post-3278161062810987286</id><published>2008-01-20T13:59:00.000-05:00</published><updated>2008-01-20T16:42:33.831-05:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Anabaptisme'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Suggestions de lecture'/><title type='text'>Des lectures anabaptistes</title><content type='html'>Que ce soit à cause de votre intelligence fulgurante ou simplement parce que vous avez lu le titre ou quelques entrées ou liens de mon blog, vous savez que je m'inscris dans la tradition anabaptiste. Si vous voulez lire davantage sur différents sujets touchant à cette tradition, je vous suggère de consulter la liste de publications (en français) à l'adresse suivante (que vous trouverez aussi grâce au lien Publications anabaptistes dans la liste Mes liens).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;www.centre-mennonite.fr/catalogue/publications.php&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Évidemment, de nombreux ouvrages ont été publiés sur l'anabaptisme ou sur différents sujets traités dans une perspective anabaptiste, surtout en anglais, mais ces livres récents en français sont un excellent point de départ. Je vous les recommande tous, et plus particulièrement Eschatologie et vie quotidienne, Agir, travailler, militer, Miroir des martyrs et Michaël Sattler. Les deux derniers sont davantage des ouvrages touchant à l'histoire anabaptiste, les deux premiers à une théologie anabaptiste contemporaine. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Exigez-les (gentiment) de votre libraire.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/21708733-3278161062810987286?l=marcpare.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://marcpare.blogspot.com/feeds/3278161062810987286/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=21708733&amp;postID=3278161062810987286' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/3278161062810987286'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/3278161062810987286'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://marcpare.blogspot.com/2008/01/des-lectures-anabaptistes.html' title='Des lectures anabaptistes'/><author><name>Marc D. Paré</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04687580388426445946</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_VMt-Dg9gsuk/SNqLrG0RP9I/AAAAAAAAABE/wD31Tql9uo8/S220/IMG_7492.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-21708733.post-8951438122516451370</id><published>2008-01-15T11:02:00.000-05:00</published><updated>2008-01-20T16:43:54.569-05:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Fondamentalisme'/><title type='text'>Une illustration de l'importance de l'herméneutique</title><content type='html'>Je vous invite à lire l'article suivant qui illustre de façon très concrète les dangers d'une lecture fondamentaliste de la Bible qui ne tient aucunement compte de l'intention des auteurs bibliques ou de leur contexte historique. C'est aussi une compréhension erronée du phénomène prophétique (j'y reviendrai dans un avenir rapproché). Comme quoi faire de l'herméneutique (réfléchir à la façon d'interpréter, notamment les textes bibliques), contrairement à ce que certains pensent, n'est pas une entreprise purement abstraite sans conséquence sur la "vraie" vie (comme s'il y avait une fausse vie).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;http://www.motherjones.com/news/feature/2008/01/let-there-be-light-crude.html&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Merci à Éric Wingender d'avoir attiré mon attention sur cet article.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/21708733-8951438122516451370?l=marcpare.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://marcpare.blogspot.com/feeds/8951438122516451370/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=21708733&amp;postID=8951438122516451370' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/8951438122516451370'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/8951438122516451370'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://marcpare.blogspot.com/2008/01/une-illustration-de-limportance-de.html' title='Une illustration de l&apos;importance de l&apos;herméneutique'/><author><name>Marc D. Paré</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04687580388426445946</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_VMt-Dg9gsuk/SNqLrG0RP9I/AAAAAAAAABE/wD31Tql9uo8/S220/IMG_7492.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-21708733.post-5768051868641872313</id><published>2008-01-09T13:05:00.000-05:00</published><updated>2008-01-20T16:50:07.734-05:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Jeunesse'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Revivalisme'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Évangélisme'/><title type='text'>La patience comme vertu</title><content type='html'>Je suis de retour après quelques semaines de silence. J'espère que cela vous a donné le temps de lire les entrées archivées :).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le temps des fêtes passé, période où nous avons été encouragés à dépenser et à offrir à nous-mêmes et aux autres ce que notre âme désire, j'aimerais aborder le sujet de la patience. On le sait, nous vivons à une époque de gratification immédiate, où la patience n'est pas souvent cultivée. Malheureusement, la patience, bien que hautement valorisée par les chrétiens depuis les origines (Ga 5,22), n'est plus très souvent cultivée dans l'Église.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La construction de l'Église, notamment en territoire postchrétien (ou préchrétien), est un travail à long terme. Or, l'identité évangélique s'est construite en partie à travers le revivalisme, avec les réveils des 18e et 19e siècles, notamment aux États-Unis et en Grande-Bretagne. Bien qu'à l'origine le revivalisme n'était pas opposé à la patience et au travail de longue haleine (notamment la réflexion et la formation académique et théologique), à la longue le revivalisme s'est appauvri et n'a souvent conservé que ses dimensions émotives, instantanées, passives (où "remettre cela entre les mains de Dieu" veut dire "attendre sans rien faire"). Cela n'a pas disposé les évangéliques au travail long et ardu accompli dans la patience. Or, il semble bien que dans la vie, la plupart des choses les plus importantes demandent des efforts. L'histoire d'Israël puis de l'Église illustre également les efforts considérables qui ont dûs être déployés par des générations de prophètes, prêtres, pasteurs, missionnaires, évangélistes et autres ouvriers et laïcs pour arriver à des résultats un tant soit peu signifiants. Il y a pourtant un décalage entre ce constat, que l'on peut tirer de l'histoire, et le discours de nombreux évangéliques. Combien de fois avons-nous entendu des conférenciers ou prédicateurs annoncer un réveil imminent qui allait, une fois pour toutes, permettre la conversion des masses et transformer la nation ? "Oubliez tout ce que vous avez accompli en 30 ans d'efforts : c'est dans les 2-3 années de réveil (qu'on dit imminent) que tout se jouera !" Une invitation à s'asseoir pour voir ce qui va se passer (Jon 4,5). &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je vois immédiatement au moins 3 problèmes majeurs avec cette attitude :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;1) en affirmant cela, nous imposons à Dieu un mode d'action particulier (Dieu agit seulement dans les réveils) sans reconnaître ce que Dieu fait déjà au milieu de nous (Dieu n'a-t-il rien fait ces 30 dernières années ?). C'est sans compter les 3000 ans d'action de Dieu dans l'histoire d'Israël et de l'Église qui semblent aussi illustrer un autre mode d'action de Dieu.&lt;br /&gt;2) la réalité ne réussit jamais à "rattraper" nos prédictions : on nous annonce un réveil au Québec depuis 30 ans. Où est-il donc ?&lt;br /&gt;3) en adoptant cette attitude passive d'attente, nous ne travaillons pas sur ce qui est le plus important, soit aider les nouveaux croyants (et être prêt à aider les futurs croyants d'éventuels réveils) à devenir des disciples de Christ Jésus, notamment en développant notre théologie, notre pensée (soit la pensée chrétienne sur le monde et ses problèmes, sur les sciences, la littérature, la culture, les arts, l'organisation sociale, la civilisation, etc.), notre éthique, notre vie d'église. N'ayant pas fait le travail de réflexion, on ne peut évidemment communiquer de telles réflexions aux croyants qui se joignent à nous. Pire encore, nous ne préparons pas la génération qui monte dans nos églises pour qu'elle puisse diriger l'Église et avoir un impact dans les milieux dans lesquels elle est et sera appelée à servir Dieu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La négligence des jeunes, notamment en les laissant à eux-mêmes quand vient le temps d'acquérir une formation et de faire le pont entre cette formation et leur foi, conduit à d'horribles résultats. La première tragédie est que certains abandonnent la foi ou du moins l'Église, incapables d'y voir une réalité compatible avec la raison ou la science qu'ils apprennent à apprécier. La seconde est que ceux qui persévèrent dans la foi sont souvent appelés à vivre une forme de schizophrénie entre leur vie intellectuelle, nourrie par leurs études et leurs lectures, et leur vie spirituelle, nourrie uniquement par les expériences et sentiments vécus à l'Église. Cela résulte dans le fait que la plupart des idées que ces chrétiens ont au sujet de l'environnement, de la société, de la justice sociale ou de l'univers dérivent uniquement de ce qu'ils lisent ou apprennent à l'extérieur de l'Église. Les évangéliques qui recyclent et compostent le font-ils parce qu'ils ont été sensibilisés à l'église ? Je n'en connais pas un seul pour qui c'est le cas. Les évangéliques prennent (parfois) soin de l'environnement parce que les médias en parlent. Or, il y aurait bien une ou deux choses à dire d'un point de vue chrétien sur l'environnement qui aurait à voir par exemple à l'importance de respecter et de prendre soin de la création de Dieu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Préparer une génération à suivre Dieu et à être transformée dans sa pensée et sa pratique demande un investissement majeur de temps et d'efforts. Ce sont malheureusement des efforts que peu de gens sont prêts à investir. Évidemment, on ne peut pas donner ce qu'on n'a pas. Il faut commencer par faire la réflexion soi-même si on veut espérer guider les autres dans leur propre réflexion.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;À ceux qui attendent le réveil, je terminerais simplement en suggérant que le Québec a déjà connu un réveil. Le problème est que nous avons laissé les nouveaux croyants largement sans direction et sans formation, avec les résultats que l'on connaît : certains ont quitté, mais surtout, le réveil s'est essoufflé puisqu'il n'avait pas de profondeur. On pourrait faire le parallèle avec la Parabole du semeur (Mt 13 // Mc 4 // Lc 8), où la semence tombée dans les endroits pierreux sans beaucoup de terre lève vite mais sèche, n'ayant pas de racines. Faudrait y mettre un peu de compost.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je vous laisse avec de la lecture fort intéressante si vous voulez lire des anecdotes historiques sur le mouvement anabaptiste. Merci à Neal Blough, directeur du Centre mennonite de Paris, qui m'a dirigé vers ce site.&lt;br /&gt;http://rubensaillens.over-blog.org/article-14895925.html&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/21708733-5768051868641872313?l=marcpare.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://marcpare.blogspot.com/feeds/5768051868641872313/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=21708733&amp;postID=5768051868641872313' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/5768051868641872313'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/5768051868641872313'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://marcpare.blogspot.com/2008/01/la-patience-comme-vertu.html' title='La patience comme vertu'/><author><name>Marc D. Paré</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04687580388426445946</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_VMt-Dg9gsuk/SNqLrG0RP9I/AAAAAAAAABE/wD31Tql9uo8/S220/IMG_7492.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-21708733.post-8058088647713050794</id><published>2007-11-26T19:24:00.001-05:00</published><updated>2007-11-26T20:54:54.245-05:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Histoire'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Société'/><title type='text'>Les premiers chrétiens</title><content type='html'>J'ai relu dernièrement des textes anciens d'auteurs païens parlant des chrétiens des premiers siècles. J'ai été interpellé par certains de ces textes, dont un texte de Pline le jeune, haut fonctionnaire romain (consul, puis légat de l'Empereur). Dans la lettre écrite en 111, on lit notamment à propos des chrétiens apostats (qui ont rejeté la foi chrétienne sous la pression romaine) :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils affirmaient que toute leur faute, ou leur erreur, s'était bornée à avoir l'habitude de se réunir à jour fixe avant le lever du soleil, de chanter entre eux alternativement un hymne au Christ comme à un dieu, de s'engager par serment non à perpétrer quelque crime mais à ne commettre ni vol, ni brigandage, ni adultère, à ne pas manquer à la parole donnée, à ne pas nier un dépôt réclamé en justice ; ces rites accomplis, ils avaient coutume de se séparer et de se réunir encore pour prendre leur nourriture, qui, quoi qu'on en dise [on accusait les chrétiens de pratiquer le cannibalisme rituel puisqu'ils se réunissaient pour manger de la chair humaine (la chair de Christ)], est ordinaire et innocente ; même cette pratique, ils y avaient renoncé après mon édit par lequel j'avais selon tes instructions interdit les hétairies. (cité dans Les Pères apostoliques, Paris, Cerf, 1991, p. 20).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce texte m'a rappelé que les premiers chrétiens, à part lorsqu'on les accusait à tort de méfaits comme le cannibalisme, étaient en réalité habituellement irréprochables. Non pas qu'ils étaient toujours parfaitement moraux (les lettres de Paul, notamment aux Corinthiens, témoignent du fait que tous ne vivent pas selon les standards de la communauté), mais comparés aux autres habitants de l'Empire romain, ils se distinguaient surtout par des comportements jugés positifs. La seule "vraie" faute dont on pouvait les accuser était de ne pas participer au culte romain officiel, soit l'adoration de la déesse Roma, patrone de l'Empire, et de l'Empereur lui-même, ce qui selon les Romains pouvait entraîner des catastrophes puisque les dieux en colère pouvaient ne plus protéger l'Empire. Ce culte officiel était donc un devoir civique que les chrétiens ne pouvaient accomplir pour des raisons évidentes. Cependant, pour le reste les chrétiens étaient en réalité de "bons habitants de l'Empire". C'est d'ailleurs en partie ce qui a fini par pousser de nombreux Romains à se demander s'il était sage de persécuter aussi sévèrement des gens qui ne font pas le mal, encourageant la "légalisation" du christianisme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je suis frappé par le contraste avec la situation actuelle où la réputation des chrétiens est en général assez mauvaise en Occident mais pour des raisons complètement différentes. On nous accuse non plus de ne pas faire nos devoirs religieux ou de calomnies, mais de manquer de compassion, de tolérance, d'amour pour les gens. Je ne veux pas dire que les gens ont raison de faire de telles accusations (quoique c'est malheureusement vrai dans certains cas), mais il me semble étrange que nous chrétiens, qui sommes disciples du Christ, ne soyons pas d'abord reconnus pour notre amour mais plutôt pour notre intolérance et notre manque de compassion.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/21708733-8058088647713050794?l=marcpare.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://marcpare.blogspot.com/feeds/8058088647713050794/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=21708733&amp;postID=8058088647713050794' title='4 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/8058088647713050794'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/8058088647713050794'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://marcpare.blogspot.com/2007/11/les-premiers-chrtiens.html' title='Les premiers chrétiens'/><author><name>Marc D. Paré</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04687580388426445946</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_VMt-Dg9gsuk/SNqLrG0RP9I/AAAAAAAAABE/wD31Tql9uo8/S220/IMG_7492.jpg'/></author><thr:total>4</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-21708733.post-131187508582115738</id><published>2007-11-22T16:12:00.000-05:00</published><updated>2007-11-23T20:06:19.378-05:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Catholicisme'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Société'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Québec'/><title type='text'>Les excuses du cardinal Ouellet</title><content type='html'>Les excuses du cardinal Ouellet ont suscité beaucoup de réactions au Québec, surtout des réactions négatives. On lui reproche en particulier que ses excuses ne soient pas plus exhaustives et se limitent à certains abus perpétrés par l'Église avant les années 1960s. Il y a pourtant des éléments forts intéressants liés à cet acte de contrition. D'abord, le symbole est important. Tous les Québécois à part certains membres du clergé catholique savaient que l'Église catholique s'est rendue coupable de fautes graves envers les Québécois. La reconnaissance de ce fait par le primat du Canada est un développement important. En fait, le refus de plusieurs Québécois (surtout des Québécois médiatisés pour l'instant) d'y voir un quelconque progrès en dit beaucoup plus sur leur rejet du catholicisme que sur le caractère partiel des excuses du cardinal. Beaucoup de Québécois réagissent de façon irrationnelle lorsqu'il est question de l'Église catholique, ne lui reconnaissant aucun apport positif à la société québécoise et amplifiant ses manquements et ses abus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais comment les protestants québécois devraient-ils réagir, eux, à ces excuses ? Commençons par le plus simple : faut-il rappeler que Jésus nous a demandé de pardonner à nos offenseurs, sans qu'il soit même question qu'ils nous demandent pardon ? Il me semble que les protestants québécois se doivent d'accorder le pardon à l'Église catholique, même si les excuses du cardinal Ouellet ne sont pas des excuses officielles de l'Église catholique entière et même si pardonner n'impliquera pas que nous repartons à zéro, que nous oublions tout et refusons dorénavant de parler des erreurs du passé. Dans toute tentative future de dialogue, une réelle réconciliation devra passer par une discussion franche où les problèmes ne seront pas enfouis sous le tapis, mais où la bonne volonté des partenaires de conversation devra être présente des deux côtés (pour un exemple d'un tel dialogue, voir le lien Rapport du dialogue catholique-mennonite). On peut considérer que les catholiques ont fait un premier pas ici, il me semble.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un autre élément devrait attirer l'intérêt des protestants. L'archevêque Ouellet affirme qu'il désire un nouveau départ pour le Québec, qu'il désire évangéliser le Québec. Les protestants, du moins les évangéliques, peuvent difficilement être contre le principe. Il faudra peut-être se demander s'il envisage uniquement un retour au catholicisme comme évangélisation adéquate, mais il faut le féliciter de reconnaître la nécessité de porter l'Évangile aux Québécois. Certains diront que cette nécessité saute aux yeux, mais n'oublions pas que le Québec a longtemps été pris pour acquis par l'Église catholique, qui s'est par conséquent permis de considérer de facto comme chrétiens tous ceux qui ne rejetaient pas très clairement l'Église.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une dernière réflexion. Il est facile de dénoncer les fautes des autres. Or, il faut bien admettre que les protestants n'ont pas toujours fait mieux lorsqu'ils se sont retrouvés dans une position similaire à celle de l'Église catholique au Québec. Les protestants ont, eux aussi, abusé du pouvoir lorsqu'on leur a donné. Plusieurs évangéliques le font d'ailleurs encore aux États-Unis en ce moment. Une des intuitions les plus remarquables des premiers Anabaptistes était justement que, dans un désir de préserver la pureté de l'Église, il fallait se garder d'y inclure par défaut tous les habitants du pays pour favoriser la libre adhésion à l'Église et la séparation de l'Église et de l'État. L'Église pouvait ainsi exiger davantage de ses membres (notamment du point de vue éthique) et devait chercher à être l'incarnation d'une alternative à la société. L'Église devait donc jouer un rôle prophétique dans la société. Les autres protestants y ont vu une menace et ont persécuté les Anabaptistes. De leur côté, les Anabaptistes ont accepté éventuellement (en échange de la fin des persécutions) de renoncer à leur rôle prophétique et de se réfugier dans le confort de sociétés parallèles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'Église qui est au pouvoir aura toujours de grandes difficultés à rester fidèle à l'Évangile, particulièrement au Sermon sur la montagne, et elle aura certainement des comptes à rendre pour ses abus de pouvoir. D'un autre côté, l'Église qui renonce officiellement au pouvoir et accepte un rôle "prophétique" doit quant à elle prendre garde de ne pas se laisser récupérer par le pouvoir d'une part (voir 1 R 22) et d'autre part de ne pas cesser de prêcher l'Évangile lorsque le prix à payer devient trop grand.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/21708733-131187508582115738?l=marcpare.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://marcpare.blogspot.com/feeds/131187508582115738/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=21708733&amp;postID=131187508582115738' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/131187508582115738'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/131187508582115738'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://marcpare.blogspot.com/2007/11/les-excuses-du-cardinal-ouellet.html' title='Les excuses du cardinal Ouellet'/><author><name>Marc D. Paré</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04687580388426445946</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_VMt-Dg9gsuk/SNqLrG0RP9I/AAAAAAAAABE/wD31Tql9uo8/S220/IMG_7492.jpg'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-21708733.post-6097121630913314734</id><published>2007-11-20T07:59:00.001-05:00</published><updated>2008-04-22T15:25:12.199-04:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Fondamentalisme'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Théologie'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Éducation'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Québec'/><title type='text'>La théologie, quossa donne ? - part II</title><content type='html'>Dans l’entrée du 8 novembre (« La théologie, quossa donne ? »), je constatais que les théologiens et l’Église se négligent mutuellement. J’offrais un très bref plaidoyer en faveur de la théologie en recadrant l’aversion de plusieurs églises et chrétiens à la théologie dans un cadre plus large, soit l’utilitarisme et la technocratie de notre société. Je devrai revenir bientôt sur l’autre partie du problème, soit la négligence de l’Église par les théologiens. Pour l’instant, je voulais revenir à un élément auquel j’ai seulement fait allusion dans cette entrée, soit le fait que la théologie est remise en question non seulement par l’Église, mais aussi par le monde universitaire. En effet, de nombreux universitaires voudraient bien voir la fin des études théologiques en contexte universitaire pour ne conserver que les sciences des religions, qui étudient (simplifions un peu ici) les religions de l’extérieur comme objet et en les mettant à égalité, sans s’inscrire dans une tradition religieuse particulière comme c’est toujours le cas en théologie. Le religiologue peut être athée sans que cela pose problème, alors que c’est beaucoup plus difficile en théologie. L’argument principal des « abolitionnistes » est (en gros) que les sciences des religions sont plus objectives et donc scientifiques et universitaires que la théologie, qui favorise toujours une tradition religieuse particulière et n’a donc pas de place dans une université pluraliste et laïque. Certains voient même les théologiens comme des « suppôts » de l’Église qui veulent diffuser sa « propagande » anti-scientifique, d’où la tendance de plusieurs théologiens universitaires de se distancer à outrance de l’Église et de la tradition chrétienne pour avoir l’air le plus « objectif » possible.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ma réflexion sur le sujet n’est pas encore très élaborée, mais j’aimerais vous soumettre en quelques mots une alternative à l’abolition de la théologie universitaire, alternative que j’entrevois mais qui doit être testée et peaufinée. J’inviterais donc vos commentaires et critiques (respectueuses si possible) afin que je puisse raffiner ce concept encore à l’état de brouillon dans ma tête. Il ne s’agit donc pas de ma position finale sur le sujet mais d’une exploration. Il est clair que cette position s’applique au contexte québécois, les situations aux États-Unis ou en France (par exemples) étant très différentes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il me semble qu’il est possible de justifier la place de la théologie à l’université aux côtés des sciences religieuses, et ce même dans un contexte pluraliste et laïc. La théologie en contexte universitaire est utile d’abord à l’Église et aux divers groupes religieux, mais aussi à l’université et à la société. Tout d’abord, il est clair que l’abolition de la théologie universitaire au Québec aurait des effets négatifs sur l’Église puisque la théologie ne se ferait plus que dans les églises ou dans des écoles qui développeraient rapidement le réflexe (ou plutôt amplifieraient leur tendance) consistant à produire une théologie « prête-à-consommer », pragmatique, pour utilisation « à l’interne » et sans désir réel de dialogue avec le monde académique et la société élargie. Toute tradition religieuse se doit d’être examinée de façon critique mais aussi « sympathique », avec un regard à partir de l’intérieur, plutôt que simplement de l’extérieur, comme un objet d’étude. Les sciences religieuses ne peuvent accomplir ce service, qui est utile non seulement pour l’Église, mais aussi pour la société puisque l’Église (et les religions) sans regard critique sur elle(s)-même(s) tomberont à coup sûr dans le fondamentalisme, ce qui ne sert guère l’intérêt public. Quelqu’un qui n’a pas la foi peut étudier le « phénomène » de la foi et ses expressions, mais son discours est forcément différent du théologien et ce discours sera probablement encore moins bien reçu par le croyant que le discours du théologien. En fait, et pour le dire de façon crue, sans théologie (au sens large, pas seulement comme discipline académique) il n’y aurait même pas de sciences des religions (et en fait il n’y aurait pas de religion non plus), puisque le religiologue n’aurait plus d’objet d’étude.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans notre contexte pluraliste et laïc, si nous ne voulons pas favoriser une tradition religieuse particulière, il faudrait peut-être envisager élargir le mandat des facultés de théologie universitaires plutôt que les abolir ou les transformer en départements de sciences religieuses. On pourrait justifier sans problème dans une ville cosmopolite comme Montréal que les facultés de théologie incluent des études islamiques et judaïques, en plus évidemment des études catholiques et protestantes. Introduire la théologie musulmane dans certaines universités québécoises serait un symbole mal perçu par plusieurs, mais il faut rappeler que nombreux sont ceux qui estiment que les musulmans doivent travailler à se sortir du fondamentalisme en repensant l’Islam en contexte de modernité. Or, souvent ces mêmes personnes ne veulent pas que les musulmans fassent de la théologie musulmane en contexte universitaire. Comment comptons-nous alors leur permettre d’accomplir l’exploit de porter un regard critique et académique sur leur tradition si nous laissons la théologie musulmane se faire uniquement dans les mosquées et que nous laissons l’étude académique de l’Islam se faire surtout par des religiologues d’arrière-plan catholique ? Il me semble que toute la société bénéficierait d’une refonte et d’un recadrage théologique de l’Islam qui offrirait une alternative au fondamentalisme. Qui de mieux pour faire une telle refonte qu’un théologien musulman ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La laïcité ne doit pas forcément conduire au sécularisme, où la religion est expurgée entièrement de la sphère publique. Elle doit plutôt permettre la cohabitation entre citoyens d’arrière-plans différents en favorisant des échanges, incluant des échanges théologiques, plutôt qu’en leur demandant de cacher ce qui les distinguent les uns des autres.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/21708733-6097121630913314734?l=marcpare.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://marcpare.blogspot.com/feeds/6097121630913314734/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=21708733&amp;postID=6097121630913314734' title='3 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/6097121630913314734'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/6097121630913314734'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://marcpare.blogspot.com/2007/11/la-thologie-quossa-donne-part-ii.html' title='La théologie, quossa donne ? - part II'/><author><name>Marc D. Paré</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04687580388426445946</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_VMt-Dg9gsuk/SNqLrG0RP9I/AAAAAAAAABE/wD31Tql9uo8/S220/IMG_7492.jpg'/></author><thr:total>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-21708733.post-6591871573773163069</id><published>2007-11-19T11:49:00.001-05:00</published><updated>2008-03-27T11:04:01.733-04:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Suivance'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Anabaptisme'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Théologie'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Évangélisme'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='CÉAM'/><title type='text'>À propos de l'anabaptisme</title><content type='html'>Certains d'entre vous auront remarqué que le titre du blog et la plupart de mes liens font référence à la tradition anabaptiste. Il s'agit de ma tradition théologique, soit anabaptiste-évangélique. J'en parlerai de temps à autre plus explicitement, mais cette tradition, sans dominer ma réflexion, teinte toute ma pensée. Il vaut donc mieux en dire déjà quelques mots.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y a plusieurs traditions en lien avec le mouvement évangélique, dont les traditions réformée (calviniste), wesleyenne, mais aussi anabaptiste. Cette réalité est parfois obscurcie au Québec par le fait que la grande majorité des églises évangéliques ici (à part plusieurs églises charismatiques) sont de tradition réformée (calviniste). L'anabaptisme est toutefois une branche importante du mouvement évangélique dans d'autres pays ou même dans l'ouest canadien. Ce ne sont pas tous les Anabaptistes qui sont évangéliques, tout comme ce ne sont pas tous les Réformés ou les Wesleyens qui le sont. L'anabaptisme trouve ses origines dans les premières années de la Réforme. Il s'agit d'une forme particulière (souvent appelée "radicale") de la Réforme, caractérisée par certains traits théologiques à l'origine propres aux Anabaptistes, comme par exemple le pacifisme, le baptême des professants ou la séparation entre l'Église et l'État.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si vous avez consulté mon profil personnel, vous savez que je suis co-directeur avec Steve Robitaille, chargé de cours à l'École de théologie évangélique de Montréal (voir lien theobeing pour son blog) du Centre d'études anabaptistes de Montréal (CÉAM). Le CÉAM est une initiative de l'organisation para-ecclésiastique appelée le Comité central mennonite (section Québec, voir lien) et de l’École de théologie évangélique de Montréal (voir lien), où je suis professeur. Le CÉAM a pour mission de favoriser le développement et la diffusion d'une théologie anabaptiste québécoise au moyen notamment de la publication, de la mise sur pied de colloques et de conférences académiques et grand public, de la création d'un site web ainsi que de l'acquisition d'une collection spécialisée d'ouvrages anabaptistes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le 6 septembre 2007 a eu lieu le lancement du Centre. Pour l’occasion, Steve et moi avons exposé la mission du Centre et&lt;br /&gt;Neal Blough, directeur du Centre mennonite de Paris (voir lien) et théologien réputé, a donné une conférence fort appréciée dans laquelle il a souligné l’importance de développer une théologie anabaptiste francophone et urbaine en dialogue avec les autres traditions chrétiennes. C'est justement la vision que Steve et moi avons pour le Centre et pour la théologie anabaptiste.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le Centre d’études anabaptistes de Montréal est donc un centre anabaptiste, mais ce ne sera pas seulement un Centre où on exposera la théologie et l’histoire anabaptiste. Après tout, l’anabaptisme était à l’origine, au début de la Réforme, une remise en question souvent radicale du statu quo, des pouvoirs établis et des traditions. Il serait donc étrange d’ériger l’anabaptisme en nouvelle tradition intouchable, qu’on ne peut questionner. Le Centre sera plutôt un lieu où nous partirons de la tradition anabaptiste pour faire de la théologie et des études bibliques avec un regard posé sur la situation québécoise, tout en recherchant le dialogue avec les autres traditions chrétiennes, notamment les traditions évangéliques non-anabaptistes et les traditions catholiques, avec lesquelles nous sommes naturellement en lien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce dialogue m’apparaît fondamental pour favoriser l’unité de l’Église du Christ, mais aussi parce que, à mon avis, la théologie anabaptiste est une voix qui doit être entendue par l’Église universelle à différentes époques. Non pas que la théologie anabaptiste soit la reine des théologies. Mais ses accents constituent des rappels importants, voire parfois des correctifs aux autres théologies chrétiennes. Dans le grand « buffet » que sont devenus la théologie chrétienne et le christianisme, l’anabaptisme doit avoir sa place pour assurer un « repas équilibré ». Je ne suis pas sûr s’il faut considérer la théologie anabaptiste comme une entrée, un dessert, une salade ou une soupe, mais sans elle la théologie chrétienne serait un repas appauvri.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Parmi les accents fondamentaux de la théologie anabaptiste, je n’en rappellerai pour l'instant qu’un seul, présent déjà chez les premiers Anabaptistes il y a 500 ans, soit l’appel radical lancé à chacun de suivre le Christ, et non pas seulement de rechercher l’orthodoxie ou la défendre, notamment en utilisant les moyens de l’État. À une époque où la fidélité à Dieu se résume souvent à défendre l’orthodoxie ou à défendre la Bible ou alors à condamner les comportements sociaux jugés immoraux, voire à tenter de légiférer pour les interdire, la parole du Christ : « toi, suis-moi » est plus actuelle que jamais. Les premiers anabaptistes ont été prêts à donner leur vie pour ce message. Qu’il puisse inspirer l’Église de Dieu encore aujourd’hui.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/21708733-6591871573773163069?l=marcpare.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://marcpare.blogspot.com/feeds/6591871573773163069/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=21708733&amp;postID=6591871573773163069' title='4 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/6591871573773163069'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/6591871573773163069'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://marcpare.blogspot.com/2007/11/propos-de-lanabaptisme.html' title='À propos de l&apos;anabaptisme'/><author><name>Marc D. Paré</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04687580388426445946</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_VMt-Dg9gsuk/SNqLrG0RP9I/AAAAAAAAABE/wD31Tql9uo8/S220/IMG_7492.jpg'/></author><thr:total>4</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-21708733.post-1669987808883295525</id><published>2007-11-12T19:16:00.000-05:00</published><updated>2007-11-13T10:04:42.929-05:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Spiritualité'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Culture'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Musique'/><title type='text'>Suggestion musicale</title><content type='html'>Une petite note pour vous suggérer un DC fort intéressant. Il s'agit de l'album "Theology" de Sinéad O'Connor. Je vous le conseille surtout pour vous permettre d'entendre des interprétations musicales nouvelles de passages bibliques. La "théologie" (justement) de certaines des autres compositions (originales) est assez vaguement biblique, mais le DC demeure très inspirant. Même les vers aux énoncés "théologiques" un peu carrés comme "Si Dieu vivait sur Terre, les gens briseraient ses fenêtres", sans être du Thomas d'Aquin, contiennent certains éléments de réflexion.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si vous choisissez d'acheter seulement quelques chansons du DC (par exemple sur iTunes), je vous conseille de commencer par If You Had A Vineyard, inspiré notamment d'Is 5, un des plus beaux textes prophétiques de l'Ancien Testament, ou alors The Glory of Jah, Something Beautiful, Out Of The Depths, 33 ou Dark I Am Yet Lovely, inspiré du Cantique des cantiques, un livre biblique trop souvent négligé. Toutes ces chansons sont à mon avis meilleures dans leur version plus dépouillée enregistrée à Dublin que dans la version enregistrée à Londres.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/21708733-1669987808883295525?l=marcpare.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://marcpare.blogspot.com/feeds/1669987808883295525/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=21708733&amp;postID=1669987808883295525' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/1669987808883295525'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/1669987808883295525'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://marcpare.blogspot.com/2007/11/suggestion-musicale.html' title='Suggestion musicale'/><author><name>Marc D. Paré</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04687580388426445946</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_VMt-Dg9gsuk/SNqLrG0RP9I/AAAAAAAAABE/wD31Tql9uo8/S220/IMG_7492.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-21708733.post-3617044884398451218</id><published>2007-11-10T12:19:00.001-05:00</published><updated>2009-09-15T16:28:04.963-04:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Suivance'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Lien'/><title type='text'>Yahvé, Dieu de la délivrance ou du quotidien ?</title><content type='html'>La spécialisation des dieux&lt;br /&gt;Une des choses qui surprennent le plus le lecteur moderne de l’Ancien Testament, c’est l’habitude tenace des Israélites d’adorer d’autres dieux que Yahvé. Il s’agit d’un comportement qui est attesté un peu partout dans l’Ancien Testament. Au 9e siècle par exemple, à l’époque du prophète Élie, les Israélites adoraient en plus de Yahvé un des dieux phéniciens, Baal, un dieu associé à la pluie et à la fertilité. Les Israélites étaient tentés d’adorer Baal non seulement à cause de l’alliance qu’ils avaient avec les Phéniciens, mais aussi parce que l’adoration d’un dieu qui accorde la pluie et la fertilité ne « pouvait pas faire de tort » aux récoltes. En effet, les dieux de l’Antiquité étaient des dieux « spécialistes » qui s’occupaient chacun d’un domaine particulier. En cas de problème, on devait faire appel au dieu approprié, celui qui avait juridiction sur ce problème. Or, les Israélites percevaient surtout Yahvé comme le dieu spécialiste de la délivrance, le dieu de la sortie d’Égypte. C’est même souvent comme ça qu’il est désigné : « Voici ton Dieu qui t’a fait monter du pays d’Égypte » (Ex 32,4 ; 1 R 12,28 ; voir aussi Jr 2,6 ; 31,32 ; etc.). Pour les récoltes, on pensait souvent qu’il valait mieux faire appel à Baal.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;1 R 17 raconte que le prophète Élie annonce (et même provoque) une sécheresse sur Israël. Élie affirme que la fin de la sécheresse n’aura lieu qu’à sa parole. Élie ne fait pas que prédire le malheur et il n’envoie pas la sécheresse simplement pour punir les Israélites de leur infidélité envers Yahvé. Sa prophétie a pour but d’enseigner les Israélites : alors que ceux-ci croient que Baal envoie la pluie et bénit les récoltes, la sécheresse démontre l’impuissance de Baal et la puissance de Yahvé, qui est celui qui a juridiction sur la pluie et celui qui donne aux Israélites ce dont ils ont besoin. On aura beau adorer Baal pendant tout ce temps de sécheresse : la pluie ne tombera pas. Il s’agit donc d’une démonstration pratique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Puis la parole de Yahvé est adressée à Élie et Yahvé demande à Élie de quitter le pays et d’aller se cacher au torrent de Kerit, où Yahvé va nourrir Élie par l’entremise de corbeaux. Le texte raconte que c’est Yahvé qui pourvoit aux besoins d’Élie, et que c’est celui qui se soumet à Yahvé qui peut recevoir la nourriture, alors que ceux qui adorent Baal en Israël subissent la sécheresse et la famine. En plus de l’eau du torrent, Yahvé donne à Élie du pain le matin et de la viande le soir, exactement comme Yahvé a nourri le peuple au désert durant l’Exode en leur donnant du pain le matin et de la viande le soir (Ex 16,8.12).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lorsque les eaux du torrent Kerit tarissent, la parole de Yahvé est de nouveau adressée à Élie et Yahvé demande à Élie d’aller près de Sidon, chez les Phéniciens. Là-bas, Yahvé va pourvoir aux besoins d’Élie par l’entremise d’une veuve. Or, la veuve subit elle aussi la sécheresse et elle n’a presque plus rien à manger. Mais selon la parole de Yahvé, la cruche d’huile ne se vide pas et la jarre de farine ne s’épuise pas. Ce miracle rappelle aussi celui de la manne dans le désert (Ex 16). Par ces deux références à l’Exode, le livre des Rois nous rappelle que Yahvé, le Dieu de la sortie d’Égypte, le Dieu de la délivrance, est aussi le Dieu qui a pourvu aux besoins du peuple (notamment en nourriture et en eau) dans le désert. Il ne doit donc pas être réduit à sa « spécialité », la délivrance.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La parole de Yahvé, mentionnée à plusieurs reprises dans le texte (17,1.2.8.14.16), annonce la prospérité. Après la résurrection de son fils par Élie, la veuve reconnaît la valeur de la parole de Yahvé et dit : « maintenant je sais que tu es un homme de Dieu et que la parole de Yahvé dans ta bouche est vérité » (v. 24). C’est donc une veuve phénicienne qui reconnaît la validité du ministère prophétique d'Élie et la véracité de sa parole, donc que Yahvé pourvoit à ses besoins quotidiens, alors que le peuple d’Israël, qui a une alliance avec Yahvé, adore Baal, un dieu phénicien, pour ses besoins quotidiens (la fertilité). Quelle ironie !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La délivrance dans le christianisme&lt;br /&gt;Le christianisme a repris sans hésitation la notion de Yahvé comme Dieu de la délivrance et du salut. Depuis, on vient souvent à Dieu pour le salut, qu’il s’agisse du salut de notre « âme » ou de la délivrance du péché ou des difficultés de la vie. Par conséquent, on accorde volontiers à Dieu la juridiction sur la délivrance, mais pas nécessairement sur les affaires quotidiennes. Dans la gestion de son argent ou dans son comportement au travail, en famille ou en voiture sur la route, on estime souvent en pratique que Dieu est hors de sa juridiction. De même, notre société exige que l’on garde la religion et la spiritualité dans la sphère privée, regardant avec méfiance toute mention ou intrusion du religieux dans la sphère publique. Cette attitude relève de l’absurde ou d’une forme de schizophrénie : je vais adorer chez moi ou à l’église le Dieu qui demande qu’on s’occupe des pauvres et des opprimés mais je ne vais rien faire moi-même ni rien exiger de ma société pour améliorer le sort des pauvres et des opprimés ! Une telle religion ressemble dangereusement au baalisme, qui n’exigeait de ses adorants qu’un culte (prières, sacrifices, etc.), sans aucun égard pour le comportement en société. J’en reparlerai dans une prochaine entrée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Or, l’histoire d’Élie montre l’importance de soumettre à Dieu toutes les sphères de notre existence. Selon Élie, Dieu n’est pas seulement le dieu de la délivrance : il est aussi le dieu du quotidien. Il faut donc faire confiance à Yahvé pour tous les aspects de notre vie, et il faut accepter sa souveraineté sur toutes les sphères de notre vie. Cela veut dire en particulier vivre toute sa vie selon les principes éthiques exigeants donnés par Dieu dans la Bible, notamment dans le Nouveau Testament. Jésus dans les Évangiles appelle les gens à le suivre, à devenir ses disciples, donc à conformer leur vie à son enseignement. Il ne demande pas seulement aux gens de venir à lui pour « être sauvés ». La conversion, ce n’est pas seulement se tourner vers Dieu pour qu’il sauve notre « âme » : c’est d’abord reconnaître sa souveraineté dans nos vies, ce qui nécessairement implique que nous devons agir différemment par la suite.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Notre monde a grand besoin de personnes qui font preuve d’intégrité, des gens qui intègrent ce qu’ils croient et ce qu’ils sont, qui intègrent ce qu’ils pensent et ce qu’ils font, pour être la même personne dans tous les domaines de leur vie. Notre monde a besoin de gens qui font de Dieu non seulement le Dieu du salut, mais aussi celui du quotidien, le Dieu de la famille, le Dieu de la communauté, le Dieu du corps, le Dieu de l’esprit (de l’intellect), le Dieu de l’environnement, le Dieu de l’abondance, le Dieu de l’économie, le Dieu de toute la création. Réduire Dieu à la délivrance, c’est rejeter sa souveraineté sur tout le reste de sa création.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(article paru sous une forme lègèrement modifiée dans Le Lien 22/3 Mai-Juin 2005)&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/21708733-3617044884398451218?l=marcpare.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://marcpare.blogspot.com/feeds/3617044884398451218/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=21708733&amp;postID=3617044884398451218' title='3 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/3617044884398451218'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/3617044884398451218'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://marcpare.blogspot.com/2007/11/yahv-dieu-de-la-dlivrance-ou-du_10.html' title='Yahvé, Dieu de la délivrance ou du quotidien ?'/><author><name>Marc D. Paré</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04687580388426445946</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_VMt-Dg9gsuk/SNqLrG0RP9I/AAAAAAAAABE/wD31Tql9uo8/S220/IMG_7492.jpg'/></author><thr:total>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-21708733.post-5606185747829882952</id><published>2007-11-08T09:19:00.002-05:00</published><updated>2008-04-22T15:31:51.879-04:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Technocratie'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Société'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Théologie'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Évangélisme'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Éducation'/><title type='text'>La théologie, quossa donne ?</title><content type='html'>Steve Robitaille a récemment souligné sur son &lt;a href="http://www.steverobitaille.blogspot.com"&gt;blogue&lt;/a&gt; que les théologiens et l’Église se négligent mutuellement. Il a malheureusement raison. J'ajouterais seulement en défense de l'Église (que je n’excuse pas pour autant) que la situation relève d’un phénomène plus vaste. Notre société utilitariste et technocrate néglige la réflexion en faveur de la production. Les gens demandent : « pourquoi étudier en histoire (ou en sociologie, en littérature, en philosophie, en anthropologie, en arts, etc.), y’a même pas d’job dans çâ ? » L'ingénierie, la médecine, les affaires, la technique (etc.), voilà les disciplines utiles ! La réforme scolaire (ou plutôt les réformes scolaires successives) au Québec illustre cette attitude technocrate et utilitariste : pourquoi connaître quand on peut « compéter » ? L'école (incluant malheureusement l'université) ne sert pas à se cultiver ou à apprendre à réfléchir mais à former la main-d'oeuvre.  « L'apprenant » qu'est devenu l'élève doit même créer ses propres règles grammaticales et syntaxiques (et évidemment son « aurttograffe ») plutôt que de devoir bêtement apprendre les conventions en usage. Consolons-nous : cette approche permettra d'engendrer la prochaine génération de « lofteurs » pour remplir la grille horaire de TQS.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On oublie que la technique et les affaires, aussi nobles soient-elles, existent d’abord pour soutenir la civilisation et la vie modernes. La culture et la civilisation sont constituées d'abord (mais non exclusivement) justement des choses négligées en technocratie, comme l’art, la littérature, la spiritualité, la musique. Les connaissances techniques ne sont qu’une composante de la culture, bien qu'elles aient plein droit d'y prendre place. Même la science et la culture scientifique, qui satisfont pourtant mieux que la technique la soif de l’humain de comprendre son monde, arrivent rarement à donner un sens à ce monde. Pour beaucoup d’entre nous, c’est davantage dans les arts, la littérature, la musique, le cinéma, la religion et/ou la spiritualité (incluant la théologie au sens large et la théologie comme discipline académique) qu’on trouve ce qui nourrit notre « âme ». Malheureusement, de nombreux intellectuels aussi adoptent une attitude productiviste et technocrate, particulièrement face à la théologie, aux études bibliques et aux sciences religieuses. Les universitaires disent alors, comme beaucoup d’églises : « la théologie, quossa donne ? » Et du même souffle, les universitaires se demandent pourquoi le fondamentalisme fait de tels ravages intellectuels.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De l’autre côté, les évangéliques ont tendance à se préoccuper davantage de recettes et de trucs de marketing pour évangéliser plutôt qu’à réfléchir au contenu et à l’inculturation de l’Évangile en contexte québécois. Ils se demandent ensuite pourquoi les gens n’acceptent pas cet Évangile qu’on tente de leur vendre comme un dentifrice : « pour une âme plus blanche, achetez Jésus ». Cette attitude contraste nettement avec le travail intellectuel des premiers évangéliques du début du 18e siècle, comme Jonathan Edwards. Pour eux, une composante pleine et entière de la spiritualité était de faire de la théologie (au sens large) et d’avoir un regard réfléchi sur le monde. Les premiers évangéliques cherchaient à développer un regard chrétien sur tous les enjeux de la société et sur les différentes disciplines scientifiques, et ce pour la gloire de Dieu. Mark A. Noll dans son livre The Scandal of the Evangelical Mind déplore l’abandon de ce projet des premiers évangéliques par les dernières générations. Le scandale de la pensée évangélique selon Noll est précisément qu’il n’y a pas de pensée évangélique sur le monde. Il n’y a pas de « philosophie évangélique » ou de « sociologie évangélique » ou d’« histoire évangélique », bien qu’il y ait des évangéliques œuvrant dans ces disciplines.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous avons en grande partie cessé de réfléchir pour nous contenter de répéter les réflexions de nos ancêtres spirituels, ce qui crée un décalage entre notre message et les enjeux et problèmes de la société aujourd’hui. Nous n’avons souvent aucune réponse à offrir aux gens concernant les enjeux qui les préoccupent et nous ne participons pas au débat public, à moins qu’il s’agisse de moralité sexuelle, incluant l’avortement et la famille. N’avons-nous rien à dire sur l’environnement, nous qui croyons que Dieu en est le Créateur ? N’avons-nous rien à dire sur la pauvreté, alors que la Bible contient des milliers de références à ce sujet ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Faire de la théologie en contexte universitaire sert d’une part à contrer le fondamentalisme décrié par les intellectuels qui veulent sortir la théologie de l’université et d’autre part à aider l’Église à définir ce que veut dire être chrétien au 21e siècle. Une foi qui est solide est une foi qui est prête à poser des questions. Et une foi qui pose des questions et qui est donc « théologique » (au sens large) peut mener vers la découverte de richesses insoupçonnées. Sans théologie, l’Église et la spiritualité personnelle se dessèchent et se sclérosent.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/21708733-5606185747829882952?l=marcpare.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://marcpare.blogspot.com/feeds/5606185747829882952/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=21708733&amp;postID=5606185747829882952' title='8 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/5606185747829882952'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/5606185747829882952'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://marcpare.blogspot.com/2007/11/la-thologie-quossa-donne.html' title='La théologie, quossa donne ?'/><author><name>Marc D. Paré</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04687580388426445946</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_VMt-Dg9gsuk/SNqLrG0RP9I/AAAAAAAAABE/wD31Tql9uo8/S220/IMG_7492.jpg'/></author><thr:total>8</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-21708733.post-7460373206654011052</id><published>2007-11-07T21:26:00.000-05:00</published><updated>2007-11-08T11:46:41.337-05:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Histoire'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Théologie deutéronomiste'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Responsabilité'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Alliance'/><title type='text'>Les leçons de l'histoire</title><content type='html'>La Bible et l’histoire&lt;br /&gt;Le genre littéraire le plus utilisé dans la Bible est le récit et une bonne partie des récits bibliques nous racontent l’histoire d’Israël. Il est un peu étrange que la Bible, le guide spirituel du chrétien, mette autant l’accent sur l’histoire, une dimension de l’existence humaine qui peut paraître plutôt « mondaine » et sans grande valeur pour la foi. D’un bout à l’autre de la Bible pourtant, une conviction profonde est communiquée : Dieu est un Dieu de l’Histoire, un Dieu qui agit dans l’histoire humaine et même un Dieu qui se révèle à travers cette histoire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si Dieu se révèle à travers l’histoire, il n’en demeure pas moins que celle-ci doit être interprétée pour nous permettre d’en comprendre le sens. Après tout, un même événement peut vouloir dire des choses bien différentes d’une personne à l’autre. Les Israélites, face à l’événement que constitue la sortie d’Égypte et la fin de l’esclavage, ne craignent-ils pas que Dieu les ait libérés pour pouvoir mieux les faire mourir dans le désert (Ex 14,11-12 ; 16,3) ? Un événement n’est donc pas en lui-même une révélation sur Dieu. Il nécessite une interprétation, une explication, ce que fait justement le livre de l’Exode qui décrit la sortie d’Égypte comme un acte libérateur de Yahvé en faveur de son peuple.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’histoire d’Israël qui est rapportée dans l’Ancien Testament est précisément une histoire expliquée, interprétée. Il ne s’agit donc pas simplement d’un condensé des événements marquants de l’histoire d’Israël mais bien d’un exposé théologique sur le sens qu’on doit leur attribuer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La théologie deutéronomiste&lt;br /&gt;Or, une bonne partie de l’histoire d’Israël est expliquée à l’aide de la théologie de l’alliance qu’on retrouve dans le Deutéronome, en particulier dans Dt 30. Dans ce chapitre, qui parle de la nécessité d’être fidèle à l’alliance avec Dieu, Dieu dit :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;je mets aujourd’hui devant toi la vie et le bonheur, la mort et le&lt;br /&gt;malheur (…) c’est la vie et la mort que j’ai mises devant vous, c’est la&lt;br /&gt;bénédiction et la malédiction. Tu choisiras la vie pour que tu vives, toi&lt;br /&gt;et ta descendance, en aimant le Seigneur ton Dieu, en écoutant sa voix&lt;br /&gt;et en t’attachant à lui. C’est ainsi que tu vivras et que tu prolongeras&lt;br /&gt;tes jours, en habitant sur la terre que le Seigneur a juré de donner à tes&lt;br /&gt;pères Abraham, Isaac et Jacob (v.15-20, TOB).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette théologie du choix, typique du Deutéronome et qu’on appelle donc la « théologie deutéronomiste », sert de perspective théologique ou de grille d’interprétation de l’histoire pour les livres historiques de Josué, Juges, (1 et 2) Samuel et (1 et 2) Rois. Ces livres, qu’on désigne collectivement (et logiquement) sous le nom d’« Histoire deutéronomiste », insistent sur le fait que l’histoire d’Israël, dans ses revers et ses succès, s’explique par la fidélité à l’alliance puisque la sécurité et la prospérité du peuple sont uniquement le don gratuit de Dieu. Par conséquent, lorsque le peuple abandonne Dieu et est laissé à lui-même, il ne peut que s’attendre au malheur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est pour cela que l’on insiste au début de chaque règne dans le livre des Rois sur l’évaluation « théologique » du roi : « il fit ce qui est mal (ou droit) aux yeux de Yahvé ». C’est cette évaluation qui compte aux yeux de l’auteur du livre des Rois davantage que les « accomplissements » du roi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une nuance doit être faite ici. La théologie de l’alliance ne prétend pas que Dieu bénit le peuple parce qu’il est fidèle à l’alliance, autrement dit parce que le peuple le « mérite ». Au contraire, l’alliance comme les bénéfices qui y sont associés (la délivrance des ennemis, par exemple lors de la sortie d’Égypte, ou le don de la terre promise aux Patriarches) sont des dons gratuits de Dieu. Pour pouvoir conserver ces dons cependant, Israël doit demeurer attaché à Dieu et doit rester fidèle à l’alliance. La sainteté de Dieu exige que le peuple se comporte d’une façon digne de lui, par exemple en n’exploitant pas les pauvres et en pratiquant la justice. Sinon, la communion avec Dieu est rompue. La « loi » (terme trop étroit pour traduire le mot hébreu torah, qui veut davantage dire « enseignement ») est donc non pas une façon de gagner la faveur de Dieu mais plutôt l’expression de l’amour et de la fidélité envers Dieu, l’expression du désir de demeurer en communion avec lui.&lt;br /&gt;Les livres de « l’Histoire deutéronomiste » (Josué, Juges, Samuel et Rois) présentent donc l’histoire d’Israël à partir du schéma suivant : &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;infidélité à l’alliance ⇒ jugement (invasion d’ennemis)&lt;br /&gt;repentance (ou fidélité à l’alliance) ⇒ délivrance et bénédiction&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est ainsi qu’on explique en particulier le plus grand malheur de l’histoire d’Israël, la destruction des royaumes d’Israël et de Juda, suivie de l’exil de leurs populations. Ces événements dramatiques (il s’agit après tout de conquêtes sanglantes et de déportations de populations) sont expliqués par l’accumulation des fautes du peuple de Dieu et la rupture de l’alliance (lire en particulier 2 R 17,5-23 ; 21,10-16 ; 24,20).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le but de(s) l’auteur(s) de l’Histoire deutéronomiste est de faire comprendre à ses lecteurs, qui vivent pendant ou après l’exil de Juda à Babylone, quelle est la cause de leurs malheurs. Face à ces malheurs, certains pensaient que Dieu avait abandonné son peuple ou qu’il ne se souciait pas de son sort (Ez 8,12 ; 9,9) ou même que Dieu avait été défait par Marduk, le dieu de Babylone. Or, la théologie deutéronomiste insiste sur le fait que les malheurs d’Israël ne sont pas dus à l’impuissance ou à l’indifférence de Dieu mais aux fautes d’Israël.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Malgré les apparences, il s’agit d’une bonne nouvelle. Dieu n’a pas abandonné son peuple, même dans le jugement que constitue l’exil. Le jugement pour les fautes a déjà eu lieu, le peuple peut espérer une amélioration de son sort s’il retourne à Dieu et se repent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une leçon pour aujourd’hui&lt;br /&gt;La théologie deutéronomiste insiste beaucoup sur la responsabilité humaine. Elle nous rappelle que le malheur des humains peut être dû à leurs mauvais choix. Ce principe est d’ailleurs reconnu dans la sagesse populaire de la plupart des peuples comme le montrent les proverbes populaires du genre « Quand on crache en l’air, ça finit par nous retomber sur le nez ». La théologie deutéronomiste devrait nous responsabiliser dans nos choix en nous évitant d’imaginer que la grâce de Dieu est une « gomme à effacer » qui annule les conséquences des fautes et des mauvais choix.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il ne faut toutefois pas faire de ce principe une loi absolue expliquant tous les malheurs. La Bible elle-même nous donne d’ailleurs des exemples de personnes fidèles à Dieu qui ont pourtant connu le malheur précisément à cause de leur fidélité (comme Jérémie ou Jésus). Et même lorsque le malheur est dû à nos mauvais choix, la Bible nous rappelle que Dieu ne nous abandonnera pas seuls à notre sort.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(article paru dans Le Lien 23/2, Mars-Avril 2006)&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/21708733-7460373206654011052?l=marcpare.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://marcpare.blogspot.com/feeds/7460373206654011052/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=21708733&amp;postID=7460373206654011052' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/7460373206654011052'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/7460373206654011052'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://marcpare.blogspot.com/2007/11/les-leons-de-lhistoire.html' title='Les leçons de l&apos;histoire'/><author><name>Marc D. Paré</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04687580388426445946</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_VMt-Dg9gsuk/SNqLrG0RP9I/AAAAAAAAABE/wD31Tql9uo8/S220/IMG_7492.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-21708733.post-464153739840255832</id><published>2007-11-06T11:28:00.002-05:00</published><updated>2008-09-02T19:36:31.984-04:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Lien'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Culture'/><title type='text'>Évangile et culture</title><content type='html'>On a souvent compris, avec raison, le récit de la visite de Paul à Athènes (Ac 17,16-34) comme un texte encourageant le chrétien à évangéliser en utilisant un vocabulaire et des exemples compréhensibles pour son auditoire. Après tout, Paul ne part-il pas d’un autel idolâtre pour expliquer l’Évangile du Dieu invisible ? Ce récit nous apprend toutefois bien davantage qu’un « truc » d’évangélisation. En fait, ce passage illustre une réalité fondamentale de l’Évangile, soit son incarnation dans la culture.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul et la culture grecque&lt;br /&gt;Il faut d’abord constater que le récit souligne que Paul est choqué de voir l’idolâtrie des Athéniens. Paul n’accepte donc pas la culture grecque en bloc, mais il ne la rejette pas sommairement non plus. Au contraire, il utilise ce que les Athéniens valorisent, soit les penseurs, poètes et philosophes grecs, pour leur expliquer l’Évangile. Il cite entre autres le poète grec Épiménide et le poète sicilien Aratos (v. 28). L’épisode à Athènes n’est pas exceptionnel. Paul, l’apôtre des Grecs, cite ou fait allusion à des auteurs grecs à plusieurs reprises dans ses lettres. Par exemple, il cite à nouveau le poète Épiménide dans Tt 1,12-13 et le poète Ménandre dans 1 Co 15,33. Paul n’utilise pas ici ces citations pour attirer l’attention des païens pour les évangéliser : il enseigne des chrétiens par ces paroles qu’il juge vraies. De même, les autres auteurs du Nouveau Testament citent ou font allusion très souvent à des auteurs païens ou juifs. Il y aurait ainsi plus d’une centaine de citations et allusions dans le Nouveau Testament à des écrits non bibliques. Les auteurs du Nouveau Testament interagissent donc d’une façon critique par rapport aux cultures juive et grecque, en y trouvant des vérités et des points de contact avec l’Évangile.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’incarnation de la Bible&lt;br /&gt;En fait, la Bible a été profondément modelée par les mondes dans lesquels elle est née. Qu’on pense seulement aux langues choisies pour l’écrire. Au Moyen-Âge, on pensait que l’hébreu était une langue divine. En réalité, l’hébreu est une langue ordinaire utilisée pour écrire l’Ancien Testament simplement parce que c’était la langue des Israélites. De même, le grec du Nouveau Testament est le grec commun utilisé dans l’est de l’Empire romain au 1er siècle. Ce n’est pas le grec des philosophes qui a été choisi pour formuler l’Évangile dans la langue la plus « raffinée » et précise de l’Antiquité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette adaptation à la culture va d’ailleurs beaucoup plus loin que la langue dans la Bible. Les institutions de l’Ancien Testament, comme les sacrifices ou le temple, existaient chez les voisins d’Israël. Même l’Alliance entre Dieu et Israël est une forme de relation qui était très répandue à l’époque. C’est justement pour ça que Dieu a utilisé ces institutions : les Israélites les comprenaient. On note toutefois que Dieu a modifié certains éléments qui pouvaient causer problème, par exemple en précisant que les sacrifices devaient être l’expression d’une attitude du cœur (gratitude, repentance, etc.) et n’étaient pas efficaces en eux-mêmes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le fait que Jésus, Dieu incarné, soit devenu un Juif, un être qui parlait une langue donnée dans une culture précise, portant les vêtements, mangeant la nourriture et dansant les danses des Juifs de son temps est bien sûr l’indice ultime de l’incarnation de la Parole de Dieu dans la culture.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’incarnation de l’Évangile&lt;br /&gt;L’interaction critique avec la culture s’est poursuivie tout au long de l’histoire de l’Église. L’Église s’est toujours adaptée à la culture dans laquelle l’Évangile a été proclamé, en réussissant plus ou moins bien à ne pas compromettre l’Évangile ni s’aliéner la culture. L’Église a donc toujours dû poser la question : « Que peut-on accepter dans la culture, et que doit-on rejeter ou modifier ? »&lt;br /&gt;Richard Niebuhr dans Christ and Culture explique 5 approches que l’Église a adoptées face à la culture. Je me contenterai ici d’énumérer 3 des 5 modèles pour illustrer la problématique. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le Christ contre la culture&lt;br /&gt;Dans ce modèle, le chrétien rejette essentiellement la culture et se retire de la société. Ce modèle a été adopté par certains chrétiens dans les premiers siècles de l’Église par la création de la vie en monastère et plus récemment par des fondamentalistes et une partie des anabaptistes conservateurs (comme les Amishs) qui se sont retirés plus ou moins complètement de la société. Ces chrétiens ont choisi de sortir littéralement de la société, pour créer une société parallèle. Ils ont donc rejeté, du moins en théorie, la culture et la société.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le Christ de la culture&lt;br /&gt;Ce modèle est à l’autre extrême et prétend que le Christ accomplit la culture, un peu comme Jésus dit qu’il est venu non pas pour abolir la loi des juifs mais pour l’accomplir. Selon ce modèle, le Christ s’insère parfaitement dans la culture et vient répondre à ses besoins et à ses aspirations. On ne ressent alors aucune tension entre l’Évangile et la culture ou entre l’Église et la société. Ce modèle a été adopté largement par les Églises protestantes dominantes (dites souvent « mainstream » ou « libérales »), qui n’ont pas adopté une attitude critique par rapport à la culture et à la société au tournant du 20e siècle. Dans ce modèle, puisque l’éthique sexuelle (par exemple) de la société est très permissive, l’éthique sexuelle de l’Église doit aussi l’être. Il n’y a pas de remise en question profonde des valeurs de la société.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le Christ qui transforme la culture&lt;br /&gt;Ce modèle a été adopté entre autres par de nombreux chrétiens des 4e et 5e siècles (dont Augustin), des églises réformées et des églises protestantes dominantes (« mainstream »), des anabaptistes, de nombreux évangéliques au 19e siècle et certains évangéliques progressistes encore aujourd’hui. Ce modèle considère que toutes les cultures et sociétés sont sous la juridiction de Dieu et sont jugées par lui. Il y a donc une attitude critique envers la culture et la société : le chrétien doit s’opposer à ce qui n’est pas conforme à l’Évangile ET bénir ce qui est compatible avec l’Évangile. En même temps, ce modèle affirme que l’Évangile a le pouvoir et le chrétien a le devoir de transformer les cultures et les sociétés, et non pas seulement de les juger. Il faut donc chercher à les rendre conforme autant que possible à l’Évangile, sans toutefois penser pouvoir faire de sa culture une culture chrétienne. Le chrétien (et l'Église) doit donc jouer un rôle « prophétique ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce modèle insiste sur le fait que la Bible ne décrit pas Dieu seulement comme le Dieu de la rédemption mais aussi le Dieu de la création, qui demeure présent dans sa création et donc dans l’humanité. Il y a donc dans les cultures et les sociétés (et dans chaque humain) des éléments qui correspondent à la vérité et à l’Évangile. On voit dans l’œuvre du Christ non seulement la rédemption du pécheur, mais aussi la conversion et la transformation de la création et de la culture sous la souveraineté du Christ. Ce modèle estime que Dieu a déjà commencé à travailler dans le monde, qu’il n’attend pas le retour du Christ pour effacer et remplacer la création et les cultures.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’Évangile au Québec&lt;br /&gt;Il va sans dire que la plupart des évangéliques au Québec adoptent une position plus ou moins proche de la dernière et voient la nécessité d’entrer dans un dialogue critique avec la culture et la société autour d’eux. Or, ce dialogue n’est qu’amorcé. Nous sommes confrontés sur une base quotidienne à des éléments de notre société qui ne correspondent pas à l’Évangile et nous nous méfions par conséquent de notre culture. Aux États-Unis, le caractère païen de la société est moins clair à première vue. Les évangéliques états-uniens pensent souvent que le paganisme chez eux vient surtout des médias et d’Hollywood, alors que la culture et la société états-uniennes sont essentiellement chrétiennes. En réalité, on ne peut penser cela que si on réduit le christianisme à une série de valeurs conservatrices comme le mariage, la famille, la position pro-vie, l’assistance à l’Église, etc. (et si on ferme les yeux sur les millions d’États-uniens qui n’adoptent pas ces valeurs). Si on pense à d’autres valeurs bibliques comme la justice sociale ou la paix, les États-Unis sont loin d’être une nation chrétienne puisque cette société est profondément violente et injuste, davantage même que le Québec.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La culture grecque n’était pas plus chrétienne que la culture québécoise. Paul et les autres auteurs du Nouveau Testament l’ont pourtant citée et utilisée dans leur proclamation de l’Évangile. Sommes-nous capables nous aussi de reconnaître et bénir ce qui est bon dans la culture québécoise ? L’évangélisation est une tâche qui nous invite à entrer en dialogue avec la culture, donc à écouter et à comprendre. Il ne s’agit pas là de marketing pour rendre l’Évangile attrayant, mais du fait que la proclamation de l’Évangile et son incarnation dans notre culture le rendent nécessaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(article paru dans Le Lien 24/6 nov-déc 2007)&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/21708733-464153739840255832?l=marcpare.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://marcpare.blogspot.com/feeds/464153739840255832/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=21708733&amp;postID=464153739840255832' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/464153739840255832'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/464153739840255832'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://marcpare.blogspot.com/2007/11/vangile-et-culture-article-paru-dans-le_06.html' title='Évangile et culture'/><author><name>Marc D. Paré</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04687580388426445946</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_VMt-Dg9gsuk/SNqLrG0RP9I/AAAAAAAAABE/wD31Tql9uo8/S220/IMG_7492.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-21708733.post-1689133692696808564</id><published>2007-11-05T11:25:00.000-05:00</published><updated>2007-11-07T21:18:21.027-05:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='sens de la vie'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Mort'/><title type='text'>La mort et le sens de la vie</title><content type='html'>Cela peut sembler étonnant, mais la Bible ne donne pas de réponse simple face aux questions de la mort et du sens de la vie. Cependant, le Nouveau Testament parle d'une espérance : puisque Dieu a ressuscité le Christ, celui qui place sa foi en lui a l’assurance d’être ressuscité à son tour. Cela ne répond pas à toutes les questions (la première étant : « qu'est-ce que la résurrection, au juste ? »), mais c’est un réconfort et une espérance devant le mystère et la tragédie de la mort. Et cette espérance doit aussi orienter la vie et le sens qu’on lui donne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La mort et la résurrection nous confrontent à la question ultime : « quel est le sens de notre existence ? » et nous font reconnaître l’absurdité de la quête de la richesse et d’un meilleur statut social puisque, comme Jésus l’a dit, on ne peut rien emporter de cela avec nous dans la tombe (Lc 12,13-21 ; Mt 6,19-20). Quelles traces reste-t-il alors de notre passage sur terre?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bien peu d’après Qohéleth (l’Écclésiaste) (voir Qo 1 ; 3 ; 9). Notre mort veut dire qu’on nous oubliera et que notre œuvre sur terre sera aussi oubliée et peut-être même corrompue par ceux qui suivront. Cela ne rend-il pas la vie absurde ? &lt;br /&gt;Pas selon Jésus, qui affirme que le bien que nous avons fait aux gens, nous l’avons fait à lui (Mt 25,31-46). Nos actions, aussi insignifiantes qu’elles soient pour la postérité, ont une importance infinie puisque Dieu leur attribue une importance infinie et que les gens que nous avons touchés ont une valeur infinie aux yeux de Dieu.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/21708733-1689133692696808564?l=marcpare.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://marcpare.blogspot.com/feeds/1689133692696808564/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=21708733&amp;postID=1689133692696808564' title='6 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/1689133692696808564'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/21708733/posts/default/1689133692696808564'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://marcpare.blogspot.com/2007/11/cela-peut-sembler-tonnant-mais-la-bible.html' title='La mort et le sens de la vie'/><author><name>Marc D. Paré</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04687580388426445946</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_VMt-Dg9gsuk/SNqLrG0RP9I/AAAAAAAAABE/wD31Tql9uo8/S220/IMG_7492.jpg'/></author><thr:total>6</thr:total></entry></feed>
